Agrafil du 19 janvier 2026

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Etats-Unis/Groenland: Trump menace plusieurs pays de l'UE dont la France de surtaxes

Donald Trump a menacé huit pays, dont la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, de surtaxes douanières face à leur opposition à ses velléités de s’emparer du Groenland, provoquant l’indignation des Européens qui cherchaient encore le 18 janvier une réponse unie à cette escalade sans précédent. Le président américain a menacé ces pays de leur imposer de nouveaux droits de douane jusqu’à ce qu’«un accord soit conclu pour la vente complète et intégrale du Groenland». Cette surtaxe, de 10%, sera effective à partir du 1er février et pourrait s’envoler à 25% au 1er juin. L’Union européenne a mis en garde contre une «spirale dangereuse». Des «menaces tarifaires inacceptables», a dénoncé Emmanuel Macron, promettant une réponse «unie» de la part des Européens. Son entourage a fait savoir dans la soirée que le chef de l’Etat français s’entretiendrait «dans les toutes prochaines heures» avec ses homologues européens, en particulier ceux qui sont directement ciblés par ces nouvelles surtaxes, rappelant que l’UE dispose «d’instruments robustes» pour riposter. Emmanuel Macron a fait savoir via son entourage que si Donald Trump instaurait ces nouvelles surtaxes douanières, il demanderait l’activation de l’instrument anti-coercition de l’UE, qui permet de limiter les importations provenant d’un pays, l’accès à certains marchés publics et de bloquer certains investissements. Le dispositif, jamais mis en oeuvre jusqu’à présent, requiert la majorité qualifiée des pays de l’UE pour être effectivement activé.

L'UE et le Mercosur signent un accord commercial «historique«

Les pays latino-américains du Mercosur et l’Union européenne (UE) ont signé samedi au Paraguay un traité qualifié d’«historique», entre ces des deux blocs représentent ensemble 30% du PIB mondial et comptent plus de 700 millions de consommateurs. L’accord était négocié depuis 1999 entre l’UE et les pays fondateurs du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay, Uruguay). Une majorité d’Etats européens l’a récemment soutenu, malgré l’opposition de plusieurs dont la France. Et de nombreuses manifestations contre ce traité ont eu lieu dans plusieurs pays de l’UE, tandis que de larges pans des sociétés civiles des pays du Mercosur y sont également opposés. «Nous optons pour un commerce juste plutôt que des droits de douane, pour un partenariat productif à long-terme plutôt que l’isolement», a déclaré la présidente de la Commission européenn, Ursula  von der Leyen, peu avant de signer l’accord. «Et par-dessus tout, nous entendons apporter des avantages concrets et tangibles à nos peuples et nos entreprises», a-t-elle ajouté. C’est un «signal clair en faveur du commerce international» dans un contexte de «tensions», a affirmé Santiago Peña, le président du Paraguay, qui assure la présidence tournante du Mercosur. Ce traité supprime les droits de douane sur plus de 90% des échanges bilatéraux et favorise les exportations européennes d’automobiles, de machines, de produits chimiques, de vins et de spiritueux. En contrepartie, il facilite l’accès au marché européen pour le boeuf, la volaille, le sucre, le riz, le miel et le soja sud-américains, avec des quotas de produits détaxés qui alarment les filières concernées.

UE-Mercosur : polémique autour de l'application de la clause de sauvegarde agricole

La mesure de sauvegarde agricole de l’accord commercial UE-Mercosur, validée par les ambassadeurs de l’UE le 9 janvier et dans l’attente du feu vert des eurodéputés, devrait bel et bien être applicable aux importations en provenance des pays du Mercosur. C’est ce qu’a confirmé, le 16 janvier, un haut fonctionnaire de la Commission européenne. A la vieille de la signature de l’accord commercial, le 17 janvier à Asuncion (Paraguay), une polémique a éclaté à la suite d’une déclaration du ministre des Affaires étrangères paraguayen, Rubén Ramírez, reprise par la presse espagnole, affirmant que ces mesures, proposées par Bruxelles en réponse aux inquiétudes agricoles, «ne font pas partie de l’accord et qu’elles ne devraient pas être incluses». Le haut fonctionnaire européen indique que le traité commercial contient un chapitre sur les sauvegardes bilatérales autorisant les parties à imposer des mesures spécifiques dans certaines conditions. Toutefois, s’ils estiment que la sauvegarde agricole viole l’accord de libre-échange, les pays du Mercosur pourraient se tourner vers le mécanisme de règlement des différends contenu dans le traité, le mécanisme de rééquilibrage ne s’appliquant pas dans ce cadre, selon cette même source européenne. 

UE-Mercosur : Bruxelles ne devrait pas appliquer l’accord sans l’aval de Strasbourg

La Commission européenne ne devrait pas mettre en œuvre les dispositions de l’accord commercial entre l’UE et les pays du Mercosur avant l’aval du Parlement européen sauf en cas de délai déraisonnable, a confirmé, le 16 janvier, un haut fonctionnaire de la Commission européenne, conformément à leur accord interinstitutionnel. Cette précision intervient alors que la saisine de la Cour de justice de l’UE concernant la compatibilité du texte avec les traités européens est soumise au vote des eurodéputés le 21 janvier. Et en cas d’adoption, le processus de ratification dans l’hémicycle serait suspendu le temps que les juges européens se prononcent, ce qui pourrait prendre de nombreux mois (potentiellement un an et demi). Bruxelles ne précise pas si ce sursis serait de nature à déclencher l’application provisoire. Et pour l’heure, l’exécutif européen rappelle qu’aucune décision n’a été prise en ce sensLa Commission européenne déclare qu’elle poursuit le dialogue avec les eurodéputés afin d’obtenir un large soutien. Initialement, cette possibilité d’appliquer provisoirement le traité commercial avait été intégrée dans le texte pour éviter qu’un seul pays du Mercosur ne prenne en otage la mise en œuvre de l’accord.

Export : des chargés de diplomatie économique sectoriels, y compris pour l'agriculture (presse)

A quelques jours du 56e Forum économique de Davos le 20 janvier, le président de la République a réuni, comme à l'accoutumé des chefs d'entreprises à l'Elysée, auxquels il a livré les conclusions du conseil présidentiel pour le commerce extérieur, lancé début 2025 face à la montée des tensions géopolitiques et commerciales, rapportent plusieurs médias spécialisés. Selon les Echos, trois mesures ont été annoncées : d'abord des «envoyés spéciaux en charge de la diplomatie économique» vont être nommés dans plusieurs secteurs «stratégiques», incluant l'agriculture. Ensuite, de «nouveaux outils d'assurance-crédit à court terme seront mis à disposition des entreprises par Business France», avec une priorité «aux PME et ETI à fort potentiel». Enfin, «la participation française sera renforcée dans les foires et salons internationaux». De son côté, le ministre chargé du Commerce extérieur Nicolas Forissier a annoncé le projet de «refondre notre politique pour les contrôles des importations d’ici la fin du premier semestre, afin de faire pleinement des douanes un outil stratégique pour notre commerce extérieur.» Il a indiqué que le gouvernement veut assurer «aux filières industrielles des conditions de concurrence loyales en recourant pleinement aux outils européens de défense commerciale comme nous l’avons fait sur les véhicules électriques et l’acier, et agirons pour mettre fin au deux poids deux mesures sur les normes agricoles.

Budget de la Pac: le rapporteur de la Comagri propose une hausse de 25,9 Md€

Le rapporteur pour avis de la commission de l’Agriculture du Parlement européen, le socialiste italien Stefano Bonaccini, propose dans son projet de porter 412,9 milliards d’euros l’enveloppe de la Pac pour 2028‑2034 soit une hausse d’environ 25,9 Md€ (+ 6,7%) par rapport à la période actuelle. Tablant sur un taux d'inflation annuel de 2%, comparé à la période 2021‑2027, il suggère 309,68 Md€ pour les paiements directs et 103,22 Md€ pour le développement rural. Dans le cadre des plans de partenariat nationaux et régionaux (le fonds unique réunissant la Pac et la politique de cohésion notamment), la Commission européenne a, elle, prévu une enveloppe de 300 milliards d’euros qui a depuis, sous pression des Etats membres et du Parlement européen, été relevée autour de 393,7 Md€. Le budget de la Pac actuelle s’élève quant à lui à 387 Md€ sur la période 2021‑2027. Les trois commissions parlementaires responsables de ce dossier (Agriculture, Budget et Régions) se réunissent le 19 janvier en marge de la plénière à Strasbourg pour commencer à en discuter. Puis, ce projet d'avis, destiné à la commission des budgets du Parlement européen, compétente sur le fond, sera discuté le 28 janvier en commission de l'Agriculture, avant un vote au sein de cette dernière, prévu le 5 mars, selon un calendrier provisoire.

Budget 2026 : le ministère de l'Agriculture épargné par les nouvelles coupes

En quête d’un compromis sur le budget, le Premier ministre Sébastien Lecornu a présenté le 16 janvier des mesures pour tenter de convaincre les parlementaires de ne pas censurer son gouvernement. Sébastien Lecornu a indiqué que le déficit public de la France serait ramené à 5% du produit intérieur brut cette année, contre 5,4% en 2025. Mais y parvenir tient du casse-tête et des mesures d’économies drastiques se profilent dans les ministères. «Pour la première fois, les dépenses des ministères en euros courants seront inférieures à celles de l’année dernière», a dit M. Lecornu. En présentant son budget en octobre, l’Etat parlait encore d’une hausse de ses dépenses de 20 milliards d’euros. «Les efforts vont être très importants» à Bercy, a même indiqué son locataire Roland Lescure le 17 janvier. Si certains ministères ne subiront pas ce rabot (les Armées, l’Education, la Justice, l’Intérieur ou encore l’Agriculture), les collectivités vont elles aussi contribuer, «entre 2 et 2,5 milliards d’euros net», selon la ministre des Comptes public Amélie de Montchalin. Dans le projet de loi de finances initial du gouvernement, l'enveloppe du ministère de l'Agriculture n'a pas échappé aux coupes budgétaires, avec une baisse de 200 millions d'euros prévue, que sénateurs et députés ont contesté durant les débats parlementaires, plaidant pour des hausses conséquentes. Il s'agirait de la seconde année de baisse consécutive. En autorisations d’engagements, la mission Aafar était passée de 5,37 Md€ votés en LFI 2024 à 4,62 Md€ d’euros en 2025. Cette première baisse était intervenue après une hausse de plus de 1 Md€ pour le budget 2024 de la Rue de Varenne,.

Oléagineux : vers une baisse des droits de douane chinois sur le canola canadien

Le Premier ministre canadien Mark Carney a annoncé le 16 janvier à Pékin un accord entre son pays et la Chine, ouvrant la voie à une réduction des droits de douane que les deux pays s'étaient imposés réciproquement ces dernières années. Pour rappel, la Chine applique des droits de douane sur le canola canadien, empêchant ce dernier à être écoulé sur le marché chinois. « Le Canada et la Chine ont conclu un accord commercial préliminaire, mais historique, visant à éliminer les obstacles au commerce et à réduire les droits de douane. Le Canada s'attend à ce que la Chine réduise les droits de douane sur les graines de canola canadiennes d'ici au 1er mars », a déclaré M. Carney devant la presse, rapporte l'AFP, lors de la première visite d'un chef de gouvernement canadien en Chine depuis huit ans, après des années de brouille. Pour rappel, le Canada constitue le plus important exportateur mondial de graine de canola. Il était un fournisseur majeur de cette matière première à la Chine. Mais la dispute commerciale entre les deux pas a incité le Canada a réorienté ses flux, vers l’Europe notamment. Suite à cette annonce, les cours de la graine de colza sur Euronext progressaient aujourd’hui en cours de séance. 

Biocarburants : l’Indonésie abandonne son projet de lancement de B50 cette année

Selon un article de Reuters du 14 janvier, les autorités indonésiennes ont abandonné, pour cette année 2026, leur projet de lancement de biodiesel contenant 50 % d’huile végétale, de palme en l’occurrence, l’Indonésie étant le premier producteur mondial. Des problèmes techniques et de financement ont été évoqués par les responsables gouvernementaux pour justifier cette volte-face. La date d’une potentielle relance du projet est inconnue. En réponse à une question des journalistes sur la possibilité que le B50 soit relancé l’année suivante, c’est-à-dire en 2027, les autorités ont indiqué que cela dépendrait de l'écart entre les prix du diesel conventionnel et du carburant à base d'huile de palme. Le pays continuera par conséquent à utiliser le B40 (40 % d’huile de palme). Des analystes interrogés par le média indiquent que cette nouvelle est jugée baissière pour le marché des huiles et des graines oléagineuses (soja à Chicago, colza sur Euronext…), car signe de réduction de la consommation indonésienne d’huile de palme, laissant davantage de place aux exportations. 

Légumes : les serristes disposent désormais d'un tarif réduit sur le gaz naturel (syndicat)

Dans un communiqué de presse le 16 janvier, Légumes de France (producteurs de légumes, FNSEA) annonce voir obtenu la possibilité pour tous les producteurs sous serres chauffées de bénéficier d'un tarif réduit sur le gaz naturel, à 0,54€/MWh contre 17,16€/MWh. Les producteurs pourront en bénéficier dès janvier 2026. Le nouveau tarif sera appliqué en pied de facture, soit dès la livraison des quantités éligibles, au moyen de l'envoi préalable d'une attestation au fournisseur de gaz naturel. « Nos producteurs disposent désormais de la possibilité de voir appliquer sur l'ensemble de leurs outils de production de chaleur à vocation agricole, cogénérations incluses, le tarif réduit d’accise sur le gaz fixé à 0,54€/MWh contre 17,16€/MWh. Ainsi, à l’aube de la fin de contrats étatiques rémunérateurs avec EDF OA, nos exploitations retrouvent rentabilité et compétitivité face à une concurrence étrangère aux conséquences économiques de plus en plus lourdes à supporter par les trésoreries », se félicite Louis Vinet, président de la commission Energie du syndicat, cité dans le communiqué. Ce tarif est le résultat d’un lobbying de 18 mois suite à la saisie de la commission par Prince de Bretagne sur le sujet, en septembre 2024. 

Champagne: les expéditions de bouteilles encore en baisse en 2025

Les ventes de champagne ont atteint 266 millions de bouteilles en 2025, en baisse pour la troisième année consécutive, a annoncé le 17 janvier l’interprofession, expliquant cette baisse par des «crises économiques latentes», et des «évolutions sociétales». «J’aurais aimé annoncer que les contre-performances de l’an dernier étaient derrière nous (...) mais les chiffres sont têtus», a commenté Charles Goemaere, le directeur général du Comité champagne lors d’un discours prononcé à Reims à l’occasion de la Saint-Vincent. «La Champagne aura expédié 266 millions de bouteilles pour un chiffre d’affaires de près de 5,17 milliards d’euros», a-t-il précisé. En 2024, 271,4 millions de bouteilles avaient été vendues en France et à l’étranger, marquant une troisième année de baisse consécutive après des hausses liées à la reprise post-Covid. Il a évoqué comme explications à ce déclin un «monde économique» qui «n’a jamais été aussi imprévisible», ainsi que «la multiplication des conflits armés», «les crises économiques latentes dans certains de nos marchés clés», associés à des «évolutions sociétales». Les exportations se sont présentées «en léger recul», à «près de 152 millions de bouteilles» en 2025, a précisé le Comité champagne samedi soir dans un communiqué. Elles avaient représenté 153,2 millions de bouteilles en 2022. Le marché national français,  considéré comme une «référence» et «priorité absolue pour la filière» a lui représenté «environ 114 millions de bouteilles» en 2025, contre 118,2 millions en 2024.

Bovins/DNC: levée de la zone réglementée en Bourgogne-Franche-Comté

Après l'Auvergne-Rhône-Alpes en décembre, c'est au tour des éleveurs de Bourgogne-Franche-Comté de voir les contraintes sanitaires liées à la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) redescendre grâce à l'absence de nouveau foyer depuis le 28 novembre, annonce le ministère de l'Agriculture dans un communiqué le 18 janvier. «A compter du 18 janvier, la zone réglementée mise en place autour des foyers du Jura et du Doubs est levée et passe en zone vaccinale», indique la Rue de Varenne. Cela «facilite les mouvements de sortie des bovins de cette zone vers la zone indemne, même s'ils restent soumis à conditions». Par ailleurs, les autorités sanitaires italiennes ont accepté des conditions de circulation des animaux identiques à celle en vigueur avec les zones vaccinales d'Auvergne-Rhône-Alpes. Les seuls zones réglementées restantes sont situées en région Occitanie. La situation sanitaire est stable en France, avec 117 foyers, le dernier datant du 31 décembre. Selon le dernier bilan officiel au 18 janvier, 94,3 % des bovins étaient vaccinés dans les dix départements du Sud-Ouest visés par la campagne de vaccination élargie, soit plus de 681 000 animaux sur un total de 750 000. De l’autre côté des Pyrénées, les autorités espagnoles ont déclaré un foyer le 5 janvier à Capmany (Catalogne), à une dizaine de kilomètres de la frontière française. Ce cas est situé dans une ancienne zone réglementée, tous les bovins du secteur étaient donc censés être vaccinés.

Influenza: la Chine se rouvre à quatre départements, nouveau foyer dans le Lot-et-Garonne

La Chine a réautorisé les importations de volaille depuis cinq départements français (Allier, Lot-et-Garonne, Pas-de-Calais, Marne, Haute-Marne), en vertu de l'accord de régionalisation conclus avec la France, a annoncé la ministre de l'Agriculture Annie Genevard, sur X le 16 janvier. Malheureusement, le Lot-et-Garonne n'en profitera pas, puisqu'un foyer d'influenza aviaire hautement pathogène a été confirmé le le même jour dans un élevage de 6.000 canards de ce département qui avait recensé un premier cas similaire mi-octobre. Les animaux, qui étaient vaccinés, ont été abattus vendredi matin, tout comme les 52 oiseaux de la basse-cour, afin d’éviter une propagation du virus, a précisé la préfecture dans un communiqué. Le premier élevage contaminé en octobre dans ce département comprenait 2.000 canards. Face à l’évolution des cas d’influenza aviaire hautement pathogène dans la faune sauvage et dans les exploitations d’élevage, la France est placée en risque élevé depuis le 22 octobre, malgré la vaccination obligatoire des canards - espèce amplificatrice du virus - qui a permis au pays d’être relativement épargné depuis sa mise en place en octobre 2023. Depuis août 2025, 110 foyers ont été recensés dans des élevages commerciaux de canards ou de volailles et 18 foyers dans des basses-cours et oiseaux captifs non commerciaux, selon le dernier point du ministère de l’Agriculture publié jeudi.

Tensions sur les oeufs: la Coordination rurale demande un «retour» des poules en cages

La Coordination rurale a appelé le 16 janvier au «retour» des poules en cages pour augmenter la production d’oeufs, une idée rejetée par l’interprofession, qui répète qu’il n’y a «pas de pénurie d’oeufs» mais seulement des tensions d’approvisionnement. «La pénurie actuelle s’explique par des facteurs structurels et économiques. L’arrêt progressif des cages fragilise l’outil de production et impose des investissements lourds. Dans ce contexte, la Coordination Rurale demande un retour aux cage», a argumenté jeudi le deuxième syndicat agricole dans un communiqué. Une position qui a fait bondir le président de l’interprofession (CNPO) Yves-Marie Baudet: «On a tracé une trajectoire visant 90% de production alternative en 2030, on s’y tiendra, il est interdit par la loi de construire de nouveaux bâtiments en cage, c’est le sens de l’histoire, le citoyen le demande». «On a un plan de filière: créer 300 bâtiments d’ici 2030, soit en poules bio, soit en plein air, soit au sol, on s’y tiendra», a-t-il déclaré à l’AFP appelant les syndicats à «la mesure». Producteurs, industriels et distributeurs français se sont pour la plupart engagés à sortir du modèle de poules en cages et une initiative a même été portée auprès de la Commission européenne pour les interdire. En 2018, la loi Egalim a interdit la construction de nouveaux bâtiments de poules en cages, tout comme leur agrandissement, et la conversion de bâtiments qui n'étaient pas destinés à ce mode de production.

Porc : la justice accorde un nouveau délai de régularisation à l’élevage Avel Vor

Via une décision du 15 janvier, le tribunal administratif de Rennes accorde un an à l’élevage porcin Avel Vor, situé à Landunvez (Finistère), pour compléter l’étude d’impact environnemental portant sur son extension et demander une nouvelle autorisation à la préfecture. D’après un communiqué, les juges ont estimé que l’étude d’impact est « insuffisante par rapport aux exigences du Code de l’environnement » sur plusieurs points (description de la situation avant l’extension, impacts cumulés « avec des exploitations voisines » en matière d’émissions d’ammoniac, sonores, olfactives et de trafic routier). Ces « insuffisances » sont « susceptibles d’être régularisées », selon le tribunal, ce qui explique le délai supplémentaire accordé. Il s’agit du deuxième sursis pour cette exploitation gérée par Philippe Bizien, par ailleurs président de l’interprofession Inaporc et du groupement de producteurs Evel’Up. Après deux extensions en 2008 et 2013, l’élevage Avel Vor compte 12 000 animaux depuis 2017, selon le collectif « Stoppons l’extension » à l’origine de la procédure. L’autorisation de cette troisième extension a été d’abord annulée en première instance en 2019, une décision confirmée en appel en 2021 ; la procédure actuelle porte sur une nouvelle autorisation de cette même extension, accordée en 2022.

Eau : le président de la Bretagne défend le «compromis» trouvé par le Sage Vilaine

Dans un communiqué du 16 janvier, le président de la Région Bretagne, Loïg Chesnais-Girard, a appelé les partenaires du Sage Vilaine à reprendre le dialogue afin de finaliser « un accord clair » sur les règles, le calendrier et l’accompagnement technique et financier des exploitations situées ans les zones de captage prioritaires. « Si un assouplissement du calendrier s’impose pour garantir une mise en œuvre réaliste et partagée, actions-le », a affirmé, M. Chesnais-Girard. Pour l'élu breton, un «compromis» a été « patiemment construit » pour concilier amélioration durable de la qualité de l’eau et accompagnement des agriculteurs dans l’évolution de leurs pratiques. Aussi, « revenir en arrière aujourd’hui serait une faute politique et collective » » prévient-il. Instaurée par la Commission locale de l’eau du bassin de la Vilaine en 2022, la révision du Sage vise à améliorer la qualité des masses d’eau, aujourd’hui très mauvaise, sur ce territoire qui englobe six départements. Depuis plusieurs semaines pourtant, la révision du Sage Vilaine fait l’objet de contestations de la part de plusieurs syndicats agricoles (FNSEA, CR, JA), ayant conduit au report de son adoption. Ces tensions s’inscrivent, dans un contexte de crise agricole, marqué par l’annonce du premier ministre Sébastien Lecornu, le 13 janvier, d’inscrire un « moratoire sur toutes les décisions » prises, jusqu'à l'inscription d’un « projet de loi d'urgence » en Conseil des ministres en mars.

Machinisme : les ETA critiquent le projet de crédit d’impôt réservé Cuma

Dans un communiqué du 16 janvier, la FNEDT, qui représente les entreprises de travaux agricoles (ETA) s’est montrée critique envers un amendement octroyant un crédit d’impôt en faveur du recours aux Cuma, dans le cadre des discussions du projet de loi de finances (PLF) pour 2026. Regrettant que l’amendement en question ait été introduit « sans étude d’impact », l’organisation juge la mesure « mal calibrée », qui menace de « déstabiliser un système agricole fondé sur la complémentarité et la diversité»,. Elle estime que le crédit d’impôt se focalise trop sur « un seul mode d’organisation (les Cuma, NDLR) alors même que celui-ci bénéficie déjà d’un cadre très favorable et de niveaux de subvention élevés ». Par ce biais, la FNEDT craint la création d’un « manque d’équité entre acteurs économiques », soit un déficit de compétitivité trop important entre entreprises de travaux agricoles et les Cuma. Elle recommande donc la suppression de l’amendement. Pour rappel, la FNEDT réclame depuis des années de bénéficier d’allègements fiscaux dont bénéficient les exploitations agricoles, notamment le dispositif TO-DE. Partageant le constat de dépenses élevées en France du secteur agricole en matière de mécanisation, elle a prôné récemment le remplacement des subventions à l'achat de matériel par des «aides à l’usage»

Négociations commerciales : les industriels vent debout contre Intermarché et Everest

L’Ilec et l’Ania se sont insurgées le 16 janvier contre les propos de Thierry Cotillard (Intermarché) et Gianluigi Ferrari, à la tête des centrales d’achat européennes Epic et Everest, tenus devant la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale le 14 janvier. « Trois quarts des entreprises remontent, au 15 janvier, que ce principe (sanctuarisation de la matière première agricole, NDLR) n’est pas respecté », écrivent-ils, alors que « Intermarché a affirmé à plusieurs reprises qu'il respectait scrupuleusement la loi Egalim ». « Everest a convoqué par vagues des industriels auxquels ont été imposées des dates butoirs (15 octobre, 15 novembre, 15 décembre), avec des demandes de déflation à deux chiffres pour certaines », soulignent l’Ania et l’Ilec. Alors que la loi française encadre les négociations entre le 1er décembre et le 1er mars. Enfin, selon eux, il est fait obligation aux industriels de contracter avec Epic, centrale d’achat de services, pour avoir le droit de négocier avec Everest alors que Gianluigi Ferrari les présente comme indépendantes. « Cette délocalisation permet manifestement d'échapper à certaines contraintes du droit français et rend plus difficile le contrôle effectif des pratiques par les autorités compétentes », jugent les industriels. 

Evènementiel : l'Ariège annule sa participation au Salon de l'agriculture

Le département de l’Ariège ne participera pas au Salon de l’agriculture 2026 compte tenu du «contexte agricole particulièrement difficile» en lien avec l’épidémie de dermatose nodulaire bovine (DNC), a-t-il annoncé le 15 janvier dans un communiqué. «Les récents événements touchant la profession agricole ne permettent pas, tant sur le plan éthique que commercial, de réunir les conditions nécessaires pour faire de ce rendez-vous national un temps de valorisation et de célébration des savoir-faire du territoire», explique le département, qui juge qu’il serait en outre «malvenu de faire la fête au salon à Paris». Le département pyrénéen de l’Ariège a été touché par trois cas de DNC et l’abattage des troupeaux concernés. Le premier, dans une ferme des Bordes-sur-Arize devant laquelle s’étaient mobilisés des centaines d’agriculteurs refusant le protocole gouvernemental, a mis le feu aux poudres mi-décembre et déclenché un mouvement de protestation agricole dans toute la France. La décision du département a été prise via un vote auquel ont participé les «ambassadeurs» ariégeois, agriculteurs et artisans qui devaient représenter l’Ariège au Salon, précise le communiqué. La Confédération paysanne de l’Ariège avait appelé lundi, «par respect pour les paysan.ne.s qui ont souffert et par solidarité avec l’ensemble des éleveurs inquiets et découragés», à annuler la participation du département au Salon.

Evènementiel : fréquentation stable pour le Sival cette année

L’édition 2026 du Sival d’Angers, salon professionnel des filières végétales spécialisées, s’est tenu entre le 13 et le 15 janvier dernier. Près de 24 000 visiteurs ont été accueillis sur les trois jours de salon, un chiffre stable par rapport à la précédente édition. Cela constitue pour les organisateurs, « une réelle performance dans un contexte économique incertain ». L’édition 2026 a été marquée un retour de l’innovation végétale : six nouvelles variétés ont été lancées à Angers. D’autre part, le salon a aussi souligné le partenariat renforcé avec le centre technique interprofessionnel de la filière fruits et légumes (CTIFL) : présence affirmée sur un stand agrandi, lancement du podcast « les racines du futur »…  Côté international, le Sival a accueilli 69 acheteurs ciblés,19 nationalités et généré plus de 330 rendez-vous dans le cadre de la convention d’affaires Vibe. « Dans un contexte économique complexe pour les filières, le Sival offre aux visiteurs et aux exposants un temps de pause et d’oxygène attendu et plébiscité » considère Albert Richard, président du salon. Le prochain Sival se tiendra entre le 12 et le 14 janvier 2027 et le salon fêtera à cette occasion son quarantième anniversaire.