Pac 2023: après 67 ans, l'agriculteur choisira entre aide Pac et retraite
Comme cela était pressenti, le ministre de l'Agriculture a finalement ouvert davantage que cela était prévu en septembre la définition de l'agriculteur actif, qui déterminera le droit de bénéficier ou non des aides Pac à partir de 2023. À l'occasion d'un Conseil supérieur d'orientation (CSO) le 20 décembre, Julien Denormandie a présenté une définition qui laisse un choix à l'agriculteur entre retraite et aides Pac au moment où il atteint l'âge légal de la retraite à taux plein, aujourd'hui 67 ans. «Si j'ai atteint l'âge légal de départ à la retraite, soit je fais valoir mes aides à la retraite, et je n'ai plus le droit aux aides Pac, soit je continue mon activité avec des aides Pac et auquel cas je ne fais pas valoir mes droits à la retraite», a détaillé à la presse le cabinet du ministre, qui précise qu'un travail va se poursuivre autour de «cas particuliers». Cette position finale est donc proche de ce que proposait la FNSEA, qui ne s'était toutefois pas opposée à la première définition proposée par le ministre de retirer le bénéfice des aides après 67 ans (assorti d'exceptions), qui avait les faveurs des JA et de la Confédération paysanne. Des projections réalisées par le ministère ont évalué à environ 20000 le nombre d'agriculteurs concernés par le plafond de 67 ans en 2023. La seconde condition évoquée pour être agriculteur actif est maintenue: être adhérent à une assurance contre les accidents du travail (Atexa).
Pac 2023: les autres ultimes arbitrages avant l'envoi du PSN à Bruxelles
À l'occasion d'un Conseil supérieur d'orientation (CSO) le 20 décembre, le ministre de l'Agriculture a présenté ses ultimes arbitrages avant l'envoi du projet de déclinaison française de la Pac 2023, le Plan stratégique national (PSN), d'ici la fin de l'année. En sus de l'agriculteur actif (voir ci-dessus), Julien Denormandie a confirmé que la définition du jeune agriculteur exclura les diplômes de niveau 4 non agricoles (bac, bac pro), retoquant ainsi la demande de Régions de France. D'autres annonces plus sectorielles ont été faites durant la réunion. Le ministre a confirmé la création de MAEC dédiées aux algues vertes (réduction d'intrants, augmentations de la couverture des sols), annonçant au passage une revalorisation des montants unitaires de l'ensemble des MAEC - sans en préciser l'ampleur. Concernant l'éco-régime, il précise que certaines cultures permanentes (lavande/lavandin, asperges, artichauts, miscanthus, houblon...) seront considérées comme cultures de diversification. Enfin, la date de démarrage des nouveaux programmes opérationnels est toujours inscrite comme étant 2024 dans le document envoyé à Bruxelles, mais ils pourraient dans les faits débuter en 2023.
Influenza aviaire: premier cas dans les Pyrénées-Atlantiques
Après les Landes et le Gers quelques jours plus tôt, un foyer d'influenza aviaire H5N1 a été détecté dans un élevage des Pyrénées-Atlantiques pour la première fois depuis l'épizootie de l'hiver dernier, qui avait très durement touché le Sud-Ouest, a indiqué le 20 décembre la préfecture dans un communiqué. Cet élevage, dont les canards ont été abattus dès samedi, est situé à Came, une commune limitrophe de celle d'Hastingues (Landes) où un autre foyer d'influenza aviaire hautement pathogène de type H5N1 avait été confirmé dimanche. La préfecture ajoute dans son communiqué qu'une suspicion est «en cours de gestion» dans un autre élevage à Came, dont les animaux ont également été abattus. Une zone réglementée a par ailleurs été définie dans 16 communes des Pyrénées-Atlantiques et 16 communes des Landes, dans des périmètres de 3 km (zone de protection) et 10 km (zone de surveillance) autour des foyers, a indiqué la préfecture. Le foyer de Came est le troisième détecté dans le Sud-Ouest, grande zone d'élevage avicole et principal secteur de production de foie gras, depuis l'épizootie de grippe aviaire qui avait touché l'hiver dernier 15 départements et conduit à l'abattage de 3,5 millions de volailles d'élevage.
Biocarburants : l'Etat doit revoir sa stratégie, dit la Cour des comptes
L'état devrait repréciser sa stratégie en matière d'agrocarburants, qui aujourd'hui réduit les gaz à effet de serre de façon limitée, pèse sur la balance commerciale et bénéficie plus à l'agro-industrie qu'aux agriculteurs, souligne la Cour des comptes dans un rapport publié le 20 décembre. Les incitations au développement des biocarburants dit "avancés" (produits à partir de matière première non destinée à l'alimentation humaine) restent en outre «insuffisantes», note la Cour. La France encourage depuis 2004 l'incorporation croissante de biocarburants dans les carburants fossiles, routiers en particulier. Le taux d'énergie renouvelable dans les transports a ainsi atteint 9,25% en 2019, un niveau «comparativement élevé" au sein de l'UE, relève la Cour des Comptes. Pour autant, ces biocarburants dits "conventionnels" affichent un bilan environnemental mitigé, note la Cour. Ils ont entraîné une réduction de GES limitée à 4,5%, par rapport aux carburants uniquement fossiles, loin de l'objectif européen de 6% en 2020. Les réductions fiscales sont en outre «appliquées sans aucune rationalité à certains d'entre eux, et sans tenir compte des surcoûts de production imputables aux biocarburants incorporés», ajoute le rapport. Enfin, ces productions conventionnelles plafonnent depuis une dizaine d'années et le solde commercial, déficitaire depuis 2016, continue à se creuser (472 millions d'euros en 2019), pointe la Cour, qui relève aussi "des bénéfices plus limités pour les agriculteurs que pour les agro-industriels».
Viande bovine: manifestation le 23 décembre contre l'obligation de contractualiser
Sous le slogan «Agriculteurs et négociants solidaires», un collectif informel et asyndical appelle à manifester jeudi 23 décembre contre la contractualisation obligatoire, qui s'appliquera le 1er janvier 2022 à certaines catégories de bovins viande (jeunes bovins, génisses et vaches allaitantes). «Agriculteurs et négociants doivent rester libres de leurs choix et de leur liberté de commercer», indique un communiqué du 16 décembre. Selon le collectif – qui a lancé en parallèle une pétition en ligne –, «la contractualisation doit demeurer un acte volontaire. Notre filière est d’une telle complexité que nous ne pouvons pas nous engager sur la contractualisation.» «Il n'y aura plus de concurrence, plus de négociants indépendants», craint l'éleveur Patrice Albespy, l'un des porte-parole du collectif, dans un entretien à Agra Presse. Selon lui, «beaucoup d'éleveurs ne sont pas au courant qu'ils doivent proposer des contrats au 1er janvier».
Porc: dissolution de l'association «pour le bien-être porcin et contre la castration»
L'association «pour le bien-être porcin et contre la castration», dirigée par l'ancien président du Marché du porc breton (MPB) Jean-Jacques Riou, a annoncé sa dissolution au 30 décembre, dénonçant «un échec total pour tous les éleveurs». La castration à vif des porcelets sera interdite à partir du 1er janvier 2022. Les éleveurs auront le choix entre l'arrêt total de la castration (porcs mâles entiers), la poursuite de cette opération avec prise en charge de la douleur, ou encore l'immunocastration (vaccin). L'association reproche aux «responsables» de la filière de ne pas avoir saisi cette occasion pour «exiger l’arrêt de la castration définitif de la majorité des porcs», synonyme selon elle d'une économie de 10 € par porc pour les éleveurs. Ces mêmes «responsables» n'ont «pas non plus pris suffisamment en compte la complexité et la pénibilité du travail supplémentaire exigé aux éleveurs» pour l'anesthésie, selon l'association. «Cet échec risque fort de conduire notre filière dans une impasse économique par manque de compétitivité», préviennent les éleveurs. «Notre production nationale va encore diminuer, craignent-ils, laissant à nouveau de la place à la production espagnole», issue de mâles non castrés à plus de 80%.
Amende requise contre un exploitant agricole accusé de violences contre des journalistes
Le représentant du parquet au tribunal de police de Tarascon a requis, le 20 décembre, 700 euros d’amende contre un agriculteur des Bouches-du-Rhône dans une affaire qui l’oppose à deux journalistes de l’émission Envoyé spécial (France 2). Le verdict sera annoncé le 21 février. Il est reproché à l’exploitant d’avoir foncé en voiture sur les journalistes et d’avoir pilé au dernier moment pour leur faire peur, et d’avoir ensuite porté des coups. L’avocat des journalistes, Me Borten, a plaidé que «ce n’était pas qu’une agression mais plutôt une tentative d’intimidation» de journalistes qui enquêtaient «sur une affaire d’intérêt général». Au moment des faits, en septembre 2020, l’équipe de France 2 tournait un reportage sur les conditions d’hébergement de travailleurs temporaires. Contacté par Agra Presse à l’issue de l’audience, l’exploitant agricole estime que l’affaire a pris une tournure «totalement disproportionnée». «Il n’y a pas eu de coups et blessures, j’ai simplement voulu attraper la caméra qui filmait sans autorisation dans une propriété privée et cela a créé une petite altercation», a-t-il déclaré en faisant son «mea-culpa».
Syndicats: la FGA-CFDT change de nom d’usage pour CFDT Agri-Agro
Le syndicat de salariés FGA-CFDT s’appelle désormais CFDT Agri-Agro. Ce changement de nom «d’usage», assorti d’un nouveau logo, a été entériné lors du 12e congrès de l’organisation syndicale, qui s’est tenu du 16 au 19 novembre à Saint-Étienne. «Comme notre nom commençait par FGA, nos interlocuteurs ne visualisaient pas immédiatement qu’il s’agit de la CFDT dans le secteur de l’agroalimentaire. De ce fait, le nom a été modifié pour commencer par CFDT et ajouter que ce sont les activités de l'agriculture et de l’agroalimentaire qui sont concernées», explique à Agra Presse le représentant du syndicat dans les Bouches-du-Rhône Jean-Yves Constantin. Pour autant, le nom «statutaire» demeure FGA-CFDT, a précisé le conseiller économique du syndicat Gaël David, le 20 décembre.
Chili: l’eau au cœur du programme agricole du nouveau président
Avec 56% des voix remportées contre son adversaire d’extrême droite, l’ex-député de 35 ans Gabriel Boric a été élu président du Chili le 19 décembre. À la tête d’une alliance réunissant la gauche des communistes jusqu’au centre, Gabriel Boric a détaillé dans son programme de campagne des mesures pour assurer la souveraineté alimentaire chilienne grâce au développement de l’agroécologie et de «l’agriculture familiale paysanne». «Pour ralentir le processus de désertification et de changement climatique», l’eau sera au cœur de cette politique, avec 0,9% du PIB consacrés chaque année au développement de retenues et à la réduction des pertes. Le nouveau président souhaiterait également réorienter les aides à l’investissement en matériel d’irrigation «que s’accaparent aujourd’hui les grands producteurs», en encourageant «la diversification des cultures, la réhabilitation des variétés traditionnelles, et le développement de culture à basse demande hydrique». Autant de mesures qui s’accompagneront d’un «système national de gestion des eaux», destiné à gérer les volumes. Le nouveau président espère également encourager la transformation agroalimentaire «à petite échelle», ainsi que les systèmes d’élevage sans cage pour les porcs et les volailles, et le plein air pour les bovins.
Semences: Laurent Guerreiro devient président du directoire du groupe RAGT
Le conseil de surveillance du groupe RAGT a nommé, le 17 décembre, Laurent Guerreiro, président du directoire du groupe, rapporte le semencier français. Il remplace Claude Tabel, qui «a fait valoir ses droits à la retraite et poursuivra ses actions dans la profession semencière». Claude Tabel a été réélu en novembre à la présidence de l'UFS (semenciers). Biologiste moléculaire de formation, ancien de l'institut technique Arvalis, Laurent Guerreiro est membre du directoire de RAGT depuis 2015 et directeur général de RAGT Semences depuis 2017.
Agrial: Jean-Marc Faujour nommé directeur de la branche légumes et fruits frais
Jean-Marc Faujour prendra la direction générale de la branche légumes et fruits frais d’Agrial (marques Florette, Priméale, Créaline) à compter du 1er janvier 2022 et intègre à ce titre le comité exécutif, annonce le groupe coopératif dans un communiqué du 20 décembre. Actuellement directeur général adjoint, il succèdera à Bertrand Totel, qui occupait ce poste depuis 2015 et part en retraite à la fin de l’année. La branche fruits et légumes frais d’Agrial est présente dans neuf pays et représente plus de 10 000 collaborateurs et 1,4 milliard d’euros de chiffre d’affaires.