Guerre en Ukraine: un paquet de 500 millions d’euros d’aides européennes en préparation
La Commission européenne devrait annoncer le 23 mars une aide d'urgence de 500 millions d’euros (M€) pour le secteur agricole de l’UE afin de l’aider à faire face aux conséquences de l’invasion russe de l’Ukraine. Le projet d’acte délégué en phase de finalisation précise que cette enveloppe pourra «exceptionnellement» être cofinancée par des soutiens supplémentaires des États membres à hauteur de 200% maximum, «compte tenu de l'ampleur de la crise actuelle». Ce qui porterait potentiellement le montant global de ces aides à 1,5 milliard d’euros. Sur les 500 M€ débloqués par Bruxelles, 350 proviendraient de la réserve de crise agricole. Les aides, précise le projet de texte, devront soutenir des «mesures qui contribuent à la sécurité alimentaire ou à remédier aux déséquilibres du marché». Les agriculteurs pourront en bénéficier à condition qu'ils s'engagent dans une ou plusieurs des activités suivantes: économie circulaire, gestion des nutriments, utilisation efficace des ressources et méthodes de production respectueuses de l'environnement et du climat. La Commission européenne prépare par ailleurs un dispositif d'aide au stockage privé de viande porcine, mais plusieurs États membres y sont réticents.
Sécurité alimentaire: Bruxelles prépare des réponses aux faiblesses du système européen
L'UE est largement autosuffisante en ce qui concerne la plupart des produits agricoles clés, notamment les céréales et les produits animaux, mais l'invasion de l'Ukraine met en évidence certaines faiblesses: «Notre dépendance à l'égard des importations d'énergie, d'engrais et d'aliments pour animaux». C’est le constat du projet de communication pour «préserver la sécurité alimentaire et renforcer la résilience du système alimentaire» en cours de finalisation à la Commission européenne, qui sera dévoilé le 23 mars. Le texte souligne le rôle «fondamental» de l’UE pour combler le déficit de production et faire face à la pénurie mondiale de blé attendue. Bruxelles confirme donc que, pour élargir la capacité de production de l'UE, elle va permettre aux États membres de déroger temporairement à certaines obligations de verdissement en autorisant la production de toute culture sur des terres en jachère faisant partie des zones d'intérêt écologique en 2022. Mais, prévient aussi la Commission européenne, la crise actuelle confirme la nécessité d'une réorientation fondamentale de l'agriculture et des systèmes alimentaires de l'UE vers la durabilité, conformément au Pacte vert et à la réforme de la Pac.
Pac: les ministres de l’Agriculture appellent à accélérer l’adoption des plans stratégiques
De nombreux ministres de l’Agriculture ont demandé le 21 mars, lors de leur réunion à Bruxelles, à la Commission européenne de ne pas retarder l’adoption des plans stratégiques de la future Pac qui lui ont été soumis en essayant d’imposer de nouvelles contraintes liées aux objectifs de la stratégie De la ferme à la table. Avec l’invasion russe de l'Ukraine, beaucoup ont rappelé que la question de la sécurité alimentaire était redevenue la priorité de la Pac. Pour la ministre portugaise Maria do Céu Antunes, «la Commission ne doit pas contribuer à augmenter l’incertitude pour les agriculteurs et doit donc approuver le plus rapidement possibles les plans stratégiques». Le commissaire européen à l’Agriculture Janusz Wojciechowski prévient qu’il «ne faut pas confondre vitesse et précipitation». La Commission européenne doit adopter le 30 mars les lettres de recommandations sur un premier lot de 19 plans stratégiques nationaux, puis adresser ces lettres le lendemain aux États membres. Ceux-ci devront alors adapter leurs plans en fonction des remarques qui leur auront été faites. Mais, assure Janusz Wojciechowski, «je suis optimiste. Nous n’allons pas, je peux déjà vous l’assurer, rejeter complétement de plan. Il n’y a pas de gros obstacles à leur adoption, mais bien sûr nous allons essayer de les améliorer.»
Pesticides et biodiversité: les ONG s'inquiètent du report des propositions de Bruxelles
Alors que la Commission européenne a décidé de reporter la publication des deux règlements mettant en application une partie des objectifs agricoles du Pacte vert (ceux sur les pesticides et la biodiversité), plusieurs dizaines d’ONG (Birdlife, EEB, PAN Europe…) s’inquiètent, dans une lettre adressée le 21 mars à la Bruxelles, du possible affaiblissement de ces propositions. La présentation des règlements sur la restauration de la nature et l’utilisation durable des pesticides, initialement attendue le 23 mars, a finalement été reportée à une date qui reste à déterminer («avant l'été», selon le dernier agenda de la Commission européenne) pour laisser la place à la communication sur la sécurité alimentaire en réponse à l’invasion russe de l’Ukraine. Les ONG demandent, au contraire, que ces projets de réforme ne soient pas reportés et soient suffisamment ambitieux avec des objectifs juridiquement contraignants. Elles appellent également l’exécutif européen à veiller à ce que toutes les normes de sûreté de l'UE en matière d'alimentation humaine et animale soient respectées.
Nutrition animale: le Snia (fabricants) demande un soutien financier
Dans un communiqué du 21 mars, le Snia (fabricants d'alimentation animale) «alerte sur le besoin de soutenir l’activité et la compétitivité des fabricants d’aliments» face à l'accélération de la flambée des matières premières, du fait de la guerre en Ukraine. Le même jour s'est tenue une réunion sur la mise en œuvre de l'aide de 400 M€ pour les élevages fortement dépendants des achats d'aliments, dans le cadre du Plan de résilience. «Le Snia travaille à des propositions de fonctionnement afin que le dispositif bénéficie aux éleveurs de manière rapide et efficace», déclare son président François Cholat, cité dans le communiqué. Outre le rappel de sa demande d'assouplissement des règles de transport, le syndicat demande une aide face aux «incertitudes» en filières sans OGM et bio: arguant d'une «visibilité très limitée à court terme», le Snia souhaite «accroitre le besoin en fonds de roulement», «assurer le financement des entreprises» et «garantir un soutien bancaire dans les mois à venir». «Le prix de l’aliment porc, qui a déjà grimpé de 30%, va, selon les experts, afficher une nouvelle hausse de 30%», illustre de son côté Culture Viande dans sa lettre du 17 mars. «De nombreux pays dont l’Espagne ont (…) alerté sur leur stock d’alimentation animale qui ne dépasse pas quinze jours», prévient la fédération de l'abattage-découpe.
Présidentielle: Audrey Bourolleau coordinatrice agriculture de la campagne de M. Macron
Après avoir été l'une des plumes du programme agricole de 2017 d'Emmanuel Macron, Audrey Bourolleau fait à nouveau partie de l'équipe de campagne du président sortant, rapporte un autre membre de cette équipe à Agra Presse, confirmant une information du Monde. Audrey Bourolleau assure un rôle de «coordinatrice» d'un groupe de travail dédié aux questions d'agriculture et d'agroalimentaire, confirment plusieurs membre de l'équipe de campagne. Ce groupe serait composé de six personnes habilitées à formuler des propositions, centralisées par Audrey Bourolleau et transmises à la direction de l'équipe de campagne. L'ancien directrice générale de l'Ania Catherine Chapalain fait partie de ces six personnes, confirme-t-on, à la suite du Monde. Après avoir été déléguée générale de Vin et Société, puis conseillère agriculture de l'Élysée, Audrey Bourolleau a racheté une ferme dans les Yvelines, pour y construire une exploitation expérimentale en agroécologie et un campus de formation nommé Hectar, avec le soutien du milliardaire Xavier Niel.
Terra Fecundis: sept agriculteurs risquent de la prison dans le procès de Nîmes
Le vice-procureur de la République Willy Lubin a requis des amendes et des peines de prison avec sursis contre sept exploitants agricoles dans le cadre du procès contre Terra Fecundis, qui s’est tenu au tribunal correctionnel de Nîmes le 18 mars. Selon une source proche du dossier, M. Lubin a requis 375 000 euros d’amende et cinq ans d’interdiction d’exercer sur le territoire français contre l’entreprise de travail temporaire espagnole Terra Fecundis (rebaptisée Work for all), pour fraude à l'activité et dissimulation de salariés. Le magistrat a requis un an de prison avec sursis contre six exploitants agricoles situés pour la plupart dans le Gard, ainsi que dans les Bouches-du-Rhône. Un autre exploitant gardois risque deux ans d’emprisonnement avec sursis, car accusé, en plus de recourir aux travailleurs détachés par Terra Fecundis, de les héberger dans des conditions indignes. En outre, le vice-procureur a requis des amendes de 10 à 15 000 € contre les sept exploitants agricoles, et de 50 à 80 000 € contre les six entreprises agricoles concernées. C’est la première fois que des agriculteurs français risquent d’être condamnés solidairement de Terra Fecundis. Le verdict sera rendu le 1er avril.
Sucre: Haropa Port retient un projet de méga sucrerie à Rouen
Haropa Port retient le projet de la société dubaïote Al Khaleej Sugar (AKS) portant sur la construction d’une importante sucrerie à Rouen, a-t-il annoncé le 17 mars. L’investissement de «plusieurs centaines de millions d’euros» constituerait, s’il voit le jour, «l’une des plus grandes unités de ce type en activité sur le continent européen», d’après le communiqué. La production de la future usine est prévue entre 650 et 850 000 t de sucre blanc destiné à l’export. Cela représente entre 7% et 9% des importations cumulées des zones géographiques visées par AKS, à savoir le Maghreb, l’Italie, l’Espagne et le Royaume-Uni. Le projet se traduirait par des flux de 30 000 à 37 000 EVP (conteneurs Équivalent vingt pieds) à l’export. Haropa souligne la perspective de nouveaux débouchés pour les betteraviers normands. Par ailleurs, l’usine disposerait d’un méthaniseur produisant du biogaz, elle fabriquerait de la pulpe séchée et de la mélasse permettant de produire du bioéthanol. Son process intègre une chaudière à biomasse, alimentée avec des déchets de bois permettant de produire 30 MW/h d’électricité. Dans un communiqué du 21 mars, la CGB de Normandie (betteraviers, FNSEA) invite à «rester prudent sur l’aboutissement» du projet tout en le qualifiant de «sérieux».
Volailles: entre influenza et Ukraine, le prix de revient grimpe de 35% chez LDC
Sous l'effet des conséquences de la guerre en Ukraine et des perturbations lies à l'influenza aviaire, le groupe volailler LDC annonce «une hausse de [ses] prix de revient de 35%», d'après un communiqué du 17 mars. «À fin mars, près de la moitié aura été compensée par les revalorisations tarifaires acceptées par nos clients», précise l'industriel. Alors que le gouvernement a appelé, le 18 mars, les distributeurs et leurs fournisseurs à «se remettre autour de la table», LDC se dit «confiant pour obtenir le complément nécessaire dans les semaines à venir». Comme le rappelle le n°1 européen de la volaille, la guerre en Ukraine a provoqué «une nouvelle spéculation sans précédent sur le prix des matières premières (céréales, protéines végétales, huiles, emballages, énergies et le carburant)». Par ailleurs, l'épizootie d'influenza aviaire dans l'Ouest «entraînera une réduction d’activité d’abattage voire l’arrêt momentané de certains sites», indique le groupe basé en Sarthe. Dans son propre communiqué du 21 mars, la CFDT Agri-Agro appelle les employeurs de la filière avicole à «activer tous les dispositifs existants pour conserver l’emploi et, donc, leur capacité de production au retour à une activité plus soutenue».
Maraîchage: des syndicats accusent les employeurs de Loire-Atlantique de violer la CCN
Dans un communiqué le 21 mars, les syndicats de salariés Fnaf-CGT, FGTA-FO, CFTC-Agri et SNCEA/CFE-CGC dénoncent une attitude «volontairement agressive» des maraîchers de Loire-Atlantique. L’intersyndicale explique avoir décliné, avec la CFDT, la demande des producteurs de muguet de porter de manière dérogatoire la durée maximale de travail à 60 heures par semaine, avec des arguments «fondés» au regard des conditions de travail. En toile de fond, elle déplore surtout que les maraîchers aient «unilatéralement dénoncé» la convention collective des entreprises maraîchères de Loire-Atlantique du 25 juin 2003, sous prétexte que le secteur de la production agricole dispose d’une convention collective nationale (CCN) depuis septembre 2020. Or, la convention départementale «ne devait nullement être contestée», notamment ses dispositions mieux-disantes que la CCN, affirme le communiqué. L'intersyndicale assure que plusieurs avantages ont été abolis (prime de fin d’année, d’ancienneté, majorations de salaires le dimanche..) «sans aucune compensation et sans que, comme les accords et la loi l’exigent en cas de dénonciation, soient mis en place de nouvelles négociations paritaires».
Azote: Inaporc appelle à lever les contraintes pour utiliser les lisiers bretons
Alors que le gouvernement prépare un «plan souveraineté azote», l'interprofession porcine Inaporc demande, dans un communiqué du 17 mars, à y inclure «la valorisation des lisiers et fumiers bruts riches en azote pour faire face au manque de certains engrais». Le recours à ces effluents supposerait «une dérogation au seuil d’obligation de traitement pour les exploitations qui actuellement doivent détruire la valeur fertilisante de leurs lisiers». D'après Inaporc, la réglementation (directive nitrates, arrêtés préfectoraux et arrêté ministériel du 27 décembre 2013 sur les ICPE, installations classées pour l'environnement) oblige certains élevages à traiter leurs effluents pour en abaisser la valeur fertilisante. Spécifiques aux zones d'excédent structurel du point de vue des nitrates, ces règles occasionneraient la perte de «10 millions d'unités d'azote», car «entre 10 et 20% du lisier est traité en Bretagne». «Ces lisiers pourraient (…) être dirigés vers les surfaces d’autres exploitations agricoles qui ont des besoins en engrais», propose Inaporc. À titre de comparaison, selon les chiffres 2020 de l'Unifa (fabricants de fertilisants), les effluents des élevages français contiennent 1,25 million de tonnes d'azote, soit 1,25 milliard d'unités d'azote.
Vin rosé de Provence: les ventes sont reparties à la hausse l'an passé
Après avoir reculé de 6% en 2020, les ventes de vin de Provence rosé ont augmenté de 9% en l'an passé, annonce l'interprofession du rosé (CIVP) dans un communiqué paru le 21 mars. Elles retrouvent ce faisant «leur niveau d'avant Covid, effaçant ainsi une année 2020 marquée par le choc de la crise sanitaire ainsi que par les tensions sur le marché américain», commente le CIVP. La hausse est principalement portée par le marché national, en particulier les «circuits traditionnels» (bar, restaurants, cavistes...) en hausse de 24%. Le grande distribution est quant à elle en baisse de 3% sur l'année, «ce qui témoigne d'une vraie résistance compte tenu de l'amoindrissement de l'effet Covid qui lui avait profité en 2020, ainsi que d'un été [2021] marqué par une météo maussade». L'export est également dynamique, en progression de 7%, en particulier vers les «principaux marchés européens (Royaume-Uni, Pays-Bas, Allemagne, Belgique, Suède…)». L'export représente 42% des volumes écoulés par les vins rosés de Provence, devant les circuits traditionnels (33%) et la grande distribution (25%).
Vétérinaires: lancement d’un plan d’aides aux étudiants et à l’installation en Corrèze
Le département de la Corrèze a engagé un plan d’action pour encourager l’installation de jeunes vétérinaires travaillant auprès des animaux d’élevage, devenant ainsi le premier département à s’emparer de la possibilité créée par la loi Ddadue de délivrer des aides aux étudiants et à l’installation des praticiens vétérinaires. Ce plan de lutte contre la désertification vétérinaire (1,2 M€ sur cinq ans) comprend une aide à l’installation de 20 000 € pour les vétérinaires qui s’engagent à s’installer au minimum pour cinq ans dans le département, et une aide à l’investissement pour la création ou l’agrandissement de maisons de santé vétérinaire. La Corrèze a pour objectif d’accueillir dès la rentrée 2022 entre huit et dix étudiants vétérinaires en stage. La collectivité prévoit des indemnités de logement et de déplacement pour les stagiaires, ainsi qu'une bourse de 800 €/mois pendant la dernière année d’études pour les étudiants qui s’engageront à travailler en Corrèze pendant cinq ans par la suite. Le département finance également un numéro d’appel unique pour les urgences la nuit et le week-end dans le but d’assurer la continuité des soins et de réduire les contraintes pour les praticiens.
Lobbying: neuf FDSEA et CDJA mis en demeure de publier leurs activités (HATVP)
À l’issue d’une réunion du 22 février, neuf antennes locales de la FNSEA et des JA, ainsi que la fédération nationale Légumes de France, ont été mis en demeure de publier leurs activités de lobbying, indique la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) dans un communiqué du 17 mars. Comme les FDSEA des Landes, d’Eure-et-Loir, des Deux-Sèvres, ou encore les JA des Charentes et des Pyrénées-Atlantiques, certains syndicats n’ont pas actualisé leur déclaration depuis plusieurs années. La FDSEA de la Réunion, ainsi que les CDJA du Morbihan, de l’Oise et de Haute-Marne, sont également pointés du doigt par la HATVP. «Il n’y a pas de contrôle au niveau national sur les déclarations des fédérations locales», précise-t-on au siège de la FNSEA à Paris. Mais ces mises en demeure, explique-t-on rue de la Baume, sont certainement liées à «des oublis, qui vont être corrigés», alors que les déclarations HATVP ne sont pas encore «entrées dans les habitudes». «Nous n’avons rien à cacher», insiste-t-on, alors que certains départements comme les Deux-Sèvres ou les Pyrénées-Atlantiques ont présenté des dossiers politiquement délicats.
Tournesol: les VRTH peu efficaces dans la lutte contre l’ambroisie (étude)
Atteinte à la biodiversité végétale, augmentation des traitements herbicides: une étude de l’Anses, avec l'Inrae et les chambres d’agriculture, égratigne les tournesols VRTH (variétés rendues tolérantes aux herbicides), dont l’efficacité n’apparaît «pas flagrante» contre l’ambroisie, une plante néfaste pour les rendements et la santé. Les scientifiques, qui ont publié leurs travaux dans la revue Weed Research, «n’ont pas noté une efficacité flagrante des VRTH dans la lutte contre l’ambroisie», selon un communiqué de l’agence du 18 mars. En cause, une tendance des agriculteurs utilisant les VRTH à cultiver surtout du tournesol, favorable à l’installation d’ambroisie, alors que ceux privilégiant des variétés classiques diversifient davantage leurs rotations. L’étude montre aussi une plus faible diversité des adventices à l’intérieur des parcelles. «Les agriculteurs cultivant des VRTH font plus de traitements avec des herbicides. Ainsi, ils utilisent en moyenne 1,5 dose pleine de traitement par an, tandis que ceux cultivant des variétés classiques en agriculture conventionnelle en utilisent 1,25. Cette différence peut paraitre faible, mais elle suffit pour expliquer la diminution de la biodiversité.»
Nutrition animale: la Cooperl vise 1000 ha de céréales sans pesticides en 2022
Lors d'un point presse le 17 mars, le leader porcin Cooperl a indiqué viser 1000 ha engagés en 2022 (contre environ 800 en 2021) dans sa démarche Envi de céréales cultivées sans pesticides. Blé, orge, et maïs: ces cultures sont transformées par la coopérative pour nourrir les animaux dont les produits sont commercialisés sous son label «Agriculture alternative». Le groupe de Lamballe espère faire progresser ces surfaces de 50% par an pour atteindre 10 000 ha en 2030. Un objectif décalé de cinq ans en raison des prix élevés des céréales, qui rendent moins incitative la prime de 47 €/t versée aux adhérents engagés. «Il est possible que cette prime soit révisée», indique-t-on chez Cooperl, qui veut «massifier» sa démarche Envi pour «pouvoir disposer de céréales sans pesticides en volumes importants». Lancé en 2018, le projet rassemble 150 producteurs de céréales. Il est soutenu par l'Agence de l'eau Loire-Bretagne, notamment pour des investissements en désherbage mécanique. La réduction des herbicides (glyphosate et S-métolachlor) est un sujet «prioritaire», précise Jérôme Martin, de l’Agence de l’eau Loire-Bretagne. De 2017 à 2020, l'institution a «accompagné plus de 340 projets bretons» (1,5 M€ d'aides) sur cette thématique.
Légumes: la Sica Saint-Pol permet la vente directe et réfléchit à une filière bois
La Sica Saint-Pol-de-Léon affiche un chiffre d’affaires (CA) en hausse «pour la troisième année consécutive», s’est réjoui son président Marc Kerangueven en conférence de presse le 21 mars. La coopérative finistérienne affiche un CA de 238 millions d’euros (M€) en 2021, soit «une progression de 6%» sur un an. Les ventes augmentent de 5% sur le pôle légumes (194 M€) et de 10% sur le pôle horticulture (44 M€). De bons résultats que M. Kerangueven attribue au «retour [des consommateurs] vers les produits français qui ont une meilleure valorisation», tendance «qui se poursuit depuis le premier confinement». L’activité légumière est tirée par la tomate (24% du CA du pôle), suivie du chou-fleur (21%) et de l’échalote (14%). L’artichaut est en difficulté pour la deuxième année d’affilée, avec une baisse de CA de 11%. Par ailleurs, M. Kerangueven a annoncé que la Sica a changé ses statuts pour permettre aux coopérateurs de vendre en direct «jusqu’à 10%» de leurs volumes: «soit directement aux consommateurs, aux collectivités, aux cantines et autres [acteurs] au niveau de leur commune». Il a ajouté que la Sica «participe à la réflexion de créer une filière bois en Bretagne avec certains fabricants d’emballages» pour fabriquer des cageots en bois de peuplier.
Vin: 2021, année record pour l’exportation des grands crus de Bordeaux
2021 a été une année record pour l’exportation de grands crus de Bordeaux, a indiqué Ronan Laborde, président de l’Union des grands crus de Bordeaux (UGCB), lors de la conférence de presse de présentation du millésime 2019, le 21 mars au Carreau du Temple à Paris. L’exportation des grands crus a atteint 1,366 milliard d'euros (Mrd€), soit 15% de plus que le record précédent, qui s’élevait à 1,201 Mrd€ en 2012. Par ailleurs, les débouchés à l’export se sont diversifiés. Les ventes vers l’Asie ne sont plus seulement dirigées vers la Chine, mais aussi vers la Thaïlande, la Malaisie, la Corée du Sud (dont les achats ont doublé en dix ans), a précisé Ronan Laborde. La part total de l’Asie a diminué, passant de 50% il y a quelques années à 43 %. En 2021, les grands crus de Bordeaux ont connu un regain en Europe: Belgique, Allemagne, Suisse, mais aussi Italie et Espagne, par ailleurs de grands pays viticoles.