Agrafil du 22 février 2024

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Prairies permanentes: la Commission européenne propose un assouplissement des règles

La Commission européenne est en train de finaliser projet d’acte délégué visant à assouplir les exigences de la conditionnalité en ce qui concerne le maintien des prairies permanentes (BCAE 1). Le texte soumis aux États membres, qui devraient l’examiner prochainement, allège l’obligation de réimplantation de prairies permanentes en cas de baisse supérieure à 5% par rapport à 2018 dans certaines conditions. «L'expérience a également montré que dans certaines situations, les États membres peuvent être amenés à imposer aux bénéficiaires des obligations de reconvertir des superficies en prairies permanentes ou de créer des superficies de prairies permanentes, alors que les diminutions du ratio annuel sont dues aux fluctuations des superficies déclarées» et qu’en réalité les surfaces de prairies permanentes n’ont pas changé, précise la Commission européenne. Autre cas: lors de changements structurels exceptionnels provoqués par une réorientation du marché et une réduction du cheptel. La France notamment avait dénoncé des situations où les agriculteurs sont obligés de réinstaller des prairies alors même qu’ils ont arrêté leur activité d’élevage. Cette question sera abordée par les ministres de l’Agriculture de l’UE lors de leur réunion à Bruxelles le 26 février. 

Importations ukrainiennes : le Conseil valide, sans modification, la proposition de Bruxelles

Les ambassadeurs des Etats membres de l’UE ont approuvé le 21 février la proposition de la Commission européenne concernant la prolongation d’un an des mesures commerciales autonomes pour l’Ukraine, sans apporter la moindre modification. Le mandat adopté par les ambassadeurs servira de position au Conseil de l’UE pour négocier le compromis final avec le Parlement européen. Si la proposition a été largement soutenue, les Etats membres d’Europe orientale, en première ligne face aux conséquences du conflit en Ukraine, auraient fait part de réticences, en dépit des mesures de sauvegarde proposées par Bruxelles. Au Parlement européen, la commission du Commerce international, compétente du fond, doit se prononcer sur sa position le 7 mars avec l’objectif d’une adoption finale lors de la séance plénière du 10 avril. De son côté, la commission de l’Agriculture devrait adopter son avis à l’occasion d’un réunion extraordinaire prévue le 26 février à Strasbourg, en marge de la session plénière. Dans le cadre de la proposition de prolongation des mesures Ukraine, la Commission européenne a proposé un renforcement des mesures de sauvegarde. Elle propose notamment un «frein d'urgence» automatique pour 3 secteurs (oeufs, volailles, sucre) si les importations ukrainiennes qui dépassent un certain seuil. Les céréales ne sont pas concernées par ce système spécifique. Le vote d'aujourd'hui signifie que les Etats membres n'ont pas écouté les demandes des professionnels du secteur qui souhaitent que les céréales soient intégrées au dispositif de frein d'urgence. 

Qualité de l’air: un accord européen finalisé sur des valeurs à atteindre d'ici 2030

Les négociateurs du Parlement européen et du Conseil de l’UE ont conclu, le 20 février, un accord sur la révision des directives de l’UE sur la qualité de l’air ambiant incluant des valeurs limites annuelles à atteindre d’ici 2030 pour notamment les particules (PM2,5, PM10), le dioxyde d’azote (NO2), le dioxyde soufre (SO2) et l’ozone. Celles-ci ne s’alignent pas complètement avec les seuils proposés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme l’aurait souhaité le Parlement européen. Les niveaux convenus pour les PM2,5 et le NO2, seraient respectivement réduits de 25 µg/m³ à 10 µg/m³ et de 40 µg/m³ à 20 µg/m³. Le texte laisse la possibilité pour les États membres sous certaines conditions (par exemple lorsque les réductions de polluants exigent le remplacement d’une partie «considérable» des systèmes de chauffage domestique, ou en cas de relief montagneux défavorable) de reporter de 10 ans au maximum l’atteinte de ces objectifs. La Commission européenne est invitée à réexaminer ces normes d’ici 2030. Pour Norbert Lins, négociateur sur le texte pour le groupe PPE (droite) et par ailleurs président de la commission de l’Agriculture du Parlement européen, ce compromis est encore trop contraignant notamment pour l’agriculture ou les transports.

Loup : indemnisations revalorisées, signature imminente du Plan loup (syndicat)

Les indemnisations des éleveurs pour les animaux tués par les loups* devraient être revues sensiblement à la hausse, a indiqué Claude Font, secrétaire général de la FNO (éleveurs d’ovins, FNSEA) le 20 février à Agra Presse. Une annonce faite en Groupe national loup le même jour. Basées sur l'évolution de l'IPPAP (indice des prix à la production) ou le cas échéant de l'IDPC (prix à la consommation), ces revalorisations pourraient atteindre jusqu’à +33%. Ainsi, «un agneau d’engraissement qui était indemnisé à 105 € va monter à 140 €», illustre M. Font. Il s’agit surtout de «coller au marché», selon cet éleveur de Haute-Loire, qui rappelle que le décret de 2019 instituant ces indemnisations prévoit une révision des barèmes «tous les trois ans». Plus largement, l’élu de la FNO s’attend à une signature imminente du Plan national d’actions (PNA) 2024-2029 sur le loup et les activités d’élevage, en vue d’une annonce au Salon de l’agriculture. Selon lui, le PNA et l’arrêté sur les prélèvements seraient quasi conformes aux documents mis en consultation en novembre 2023. Ceux-ci comportaient de nombreuses mesures demandées par les organisations d’éleveurs: simplification des tirs de défense, création d’une aide à la mise en place des mesures de protection et d’indemnisations des pertes indirectes, réforme du système de comptage des loups, création d’un statut du chien de troupeau, ou encore travail sur le changement de statut juridique du prédateur. * Ovins, caprins, bovins, équins, canidés et ruches

Installation : le groupe Crédit Mutuel lance un prêt bonifié pour les projets «durables»

Crédit Mutuel Alliance Fédérale lance un prêt à un taux bonifié de 2% pour aider les nouveaux agriculteurs à s’installer sur «une exploitation agricole durable», a-t-il annoncé le 21 février. S’adressant à ceux qui s’installent pour la première fois (en culture, élevage, viticulture, etc.), il peut atteindre 10 000€ à 200 000 € sur une durée allant de 60 à 180 mois, d’après un communiqué. La bonification est soumise à l’obtention, soit de l’aide éco-régime issue de la Pac, soit du label bio ou HVE (niveau 2 ou 3). Ce lancement fait écho à une revendication du syndicat JA. À l’issue d’une réunion avec Gabriel Attal et Marc Fesneau le 13 février, les Jeunes agriculteurs avaient exprimé leur souhait de «relancer les prêts bonifiés» via le PLOA (Pacte et Loi d’orientation agricoles). En raison de la baisse des taux d'intérêt, le dispositif des prêts JA avait été supprimé en 2017, en échange d'une hausse de la Dotation Jeune agriculteur (DJA). Lors d’un débat le 13 février au Sénat sur l’avenir du modèle agricole, Agnès Pannier-Runacher a annoncé que le gouvernement planche sur le sujet : «Nous sommes en train d’expertiser la question de prêts bonifiés, puisque c’est une suggestion qui émane des Jeunes agriculteurs.»

Installation/élections UE : les JA veulent 10% d’aides directes pour le renouvellement des générations

En vue des élections européennes 2024, les Jeunes agriculteurs ont présenté le 21 février un manifeste réclamant «plus et mieux» à l’UE. Des propositions sont faites pour réformer la Pac, notamment en consacrant 10% du budget des aides directes au renouvellement des générations (contre 4 % aujourd’hui). Le syndicat demande un «renforcement de la définition de l’agriculteur actif», pour en exclure «les personnes ayant l’âge de la retraite à taux plein». Il appelle à structurer et orienter les filières vers plus de création et de partage de valeur, avec des aides ciblées et une majoration pour les jeunes agriculteurs. La Pac doit aussi permettre de renforcer les outils de gestion des risques, d’adapter les exploitations au changement climatique, selon JA. Le manifeste comprend un volet sur l’harmonisation des normes en Europe (salaire minimum, charges salariales et patronales, conditions de production identiques). D’autres propositions visent à rendre le commerce international «plus juste»: appliquer des clauses miroirs pour obtenir des produits importés le respect des standards de production européens, renforcer les contrôles aux frontières. JA souhaite enfin «donner du sens» à l’UE et à l’alimentation, via plus de transparence sur l’origine des produits, un meilleur accès aux financements européens.

Espagne: des milliers d'agriculteurs dans les rues de Madrid

Les agriculteurs espagnols ont gagné le 21 février le centre de Madrid, où d'immenses colonnes de tracteurs ont manifesté contre la précarité du secteur, qui agite plusieurs pays européens. Venus de toute l'Espagne, plusieurs milliers d'agriculteurs ont investi les rues de la capitale dans un concert de klaxons, de cloches de vaches et de tambours, à l'appel de l'organisation Union de Uniones (Union des Syndicats), mais aussi de groupes d'agriculteurs mobilisés sur les réseaux sociaux. Parmi eux, 500 sont parvenus à rejoindre le centre-ville à bord de tracteurs, selon la préfecture. Regroupés en cinq colonnes d'une centaine de véhicules, ils ont rejoint le ministère de l'Agriculture derrière des pancartes indiquant: «Le monde rural se meurt» ou «Sans la campagne, la ville ne mange pas». Point d'orgue d'un mouvement de colère ayant débuté voilà trois semaines, dans le sillage des manifestations organisées notamment en France et en Allemagne, cette action a entraîné de nombreux embouteillages et suscité quelques tensions avec les forces de l'ordre. Dans un communiqué, le ministre de l'Agriculture Luis Planas a assuré être «pleinement impliqué» pour «apporter des réponses aux préoccupations des agriculteurs», en rappelant avoir dévoilé la semaine dernière un paquet de mesures de soutien au secteur à l'issue d'une rencontre avec les syndicats. Le ministre s'est par ailleurs de nouveau engagé à défendre lundi à Bruxelles la mise en place de clauses miroir, un mécanisme qui impose aux produits importés de respecter les mêmes règles que celles exigées aux agriculteurs européens.

Vins/fruits et légumes: le collectif Nouveaux champs lance un label «biodiversité»

Le collectif Nouveaux champs, à l’origine du label «zéro résidu de pesticides», a annoncé le lancement d’une nouvelle identification fondée sur les engagements des exploitations membres de l’association pour la biodiversité, lors d’une conférence de presse le 21 février. «Nous avons la conviction que le paysan de demain développera des activités diverses : énergie, captation de carbone et aussi maintien de la biodiversité, des activités de nature à renforcer notre modèle agricole. Pour nous, le moment était venu de porter un message fort et rendre visible le concept de biodiversité auprès du consommateur», a expliqué Gilles Bertrandias, président du collectif. Ce dernier travaille depuis deux ans sur le projet avec l’ONG Noé. Le nouveau label, qui comprend un cahier des charges et un référentiel, devrait s’appuyer que quatre piliers : capacité à restaurer la biodiversité dans les activités de production, réduction des pressions sur la biodiversité, capacité à mobiliser et sensibiliser les acteurs et contribution à une communication à destination des consommateurs. Il sera contrôlé par un organisme indépendant. Cette nouvelle identification des produits du collectif ne viendra pas en doublon du label «Zéro résidu de pesticides» et pourrait concerner, dans un premier temps, les filières vins, fruits et légumes.

Kiwi : la filière alerte la distribution d'un risque de nouvelles anomalies sur l'origine

Le BIK (bureau interprofessionnel du kiwi) a alerté par courrier la distribution (GMS, grossistes et détaillants) sur des risques de francisation du kiwi étrangers, alors que la commercialisation bat son plein, a-t-il indiqué à Agra Presse le 21 février. Il précise avoir reçu de nombreuses remontées de ses adhérents, relatives à des anomalies de marché, avec des kiwis proposés 50ct au dessous du marché : «Cela ressemble fortement aux anomalies détectées avant les affaires de francisation jugées depuis 2019», explique-t-il. Ces éléments ont conduit le BIK à faire remonter ces informations à la DGCCRF et demander des contrôles. Les inspecteurs contactés se sont saisis des éléments et lui ont confirmé que des contrôles kiwis sont prévus dans les prochains plans de contrôles «Nous constatons en complément que les contrôleurs de la DGCCRF sont très présents dans les grandes surfaces pour contrôler l'étiquetage et les origines, notamment sur le kiwi», rapporte le BIK. La francisation n'est cependant pas le seul point d’attention des producteurs français: «La mise en rayon est également cruciale pour les ventes de kiwi, car notre fruit n'est pas le plus visible sur l'étal. Nous faisons l'effort collectif de promotion, il est nécessaire que notre produit soit visible en rayon», souligne l’interprofession kiwi.  

Kiwi : une forte hausse des exportations attendue par le néo-zélandais Zespri en 2024

Le principal producteur et exportateur néo-zélandais Zespri prévoit d’exporter environ 193 millions de plateaux de kiwis (30 fruits par plateau en moyenne) sur ses différents marchés (dont la France), en 2024, explique-t-il dans un communiqué le 15 février. Pour mémoire, l’entreprise avait expédié 133 millions de plateaux l’année dernière. «L'environnement de culture a été beaucoup plus stable que lors des deux dernières saisons, lorsque les producteurs étaient confrontés à un certain nombre de défis, notamment l'impact du COVID-19, l'importante pénurie de main-d'œuvre en 2022 et les nombreux événements climatiques qu'a connus la Nouvelle-Zélande en 2023», analyse Dan Mathieson, PDG de Zespri. De plus, l’entreprise ne devrait pas être trop affectée par la situation dans la mer Rouge (actes de piraterie commis les rebelles yéménites Houthis), l’essentiel de ses volumes transitant par le canal de Panama. «Nous essayons de nous assurer de trouver le bon équilibre entre une bonne source de fruits précoces pour capitaliser sur le début de saison et des fruits se conservant bien afin de disposer d’un flux constant de fruits et minimiser les problèmes de qualité en fin de saison», explique Dan Mathieson.

Viande: «un abattoir ferme chaque mois», alerte le président de Culture Viande

Entre décapitalisation, flambée des charges industrielles et effets de l’inflation, «un abattoir ferme chaque mois» depuis septembre 2023, alerte Yves Fantou, président de Culture Viande, le 20 février en conférence de presse. «Notre principal problème, c’est la décapitalisation», résume cet industriel breton, qui ne demande pas d’aide spécifique des pouvoirs publics. Pour les viandes bovine, porcine et ovine, l’année 2023 a été marquée par de fortes chutes de production et des cotations en sortie d’élevage très élevés. Par ailleurs, la hausse du coût des intrants industriels (énergie, transport, etc.) a particulièrement affecté les plus petits outils, car «elle est très difficile à répercuter sur de petits volumes», note le directeur de Culture Viande Paul Rouche. Côté consommation, l’inflation a pénalisé la consommation de viande bovine (-3,7% en 2023). Signe d’une descente en gamme des achats des Français, «on a vu le steak haché frais reculer pour la première fois», au profit du congelé (pouvant être préparé à partir de viande importée), relève Yves Fantou. Et pour 2024, si les perspectives s’éclaircissent un peu pour la production, les abatteurs ont dû concéder des baisses lors des négociations commerciales annuelles avec la grande distribution, de -2% à -10% selon les produits.

Volailles de chair: un «plancher» est atteint en Label rouge et bio, selon Anvol

«Après deux années difficiles, nous sommes arrivés à un plancher en volailles Label rouge et bio», a indiqué Bernard Tauzia, président du Synalaf (volailles label), le 20 février lors d’une conférence de presse d’Anvol (interprofession des volailles de chair). D’après le dernier bulletin de conjoncture de l’organisation, les mises en place de poulets label et bio sont revenues fin 2023 au niveau de fin 2022. Sur l’ensemble de l’année 2023, elles sont en recul de 5% en un an pour toutes les volailles Label rouge (après une baisse de 9% l’année précédente). Quant aux mises en place de volailles bio, elles affichent 14% de pertes en 2023 (après -25% en 2022). Par ailleurs, M. Tauzia note que l’indice Itavi des prix de l’alimentation animale est revenu «à son niveau de 2021», avant la guerre en Ukraine qui avait fait flamber les prix des céréales. «Il faut que cette baisse soit répercutée aux consommateurs» afin de dynamiser les ventes, exhorte le président du Synalaf, alors que les industriels ont annoncé des baisses de tarifs l’année dernière. En 2023, la consommation de l’ensemble des volailles a progressé de 3,6%, tandis que la production s’est redressée de 2% après les épisodes d’influenza aviaire successifs.

Volailles de chair: en avance sur ses objectifs, Anvol renforce son Pacte Ambition 2025

Alors qu’elle a atteint en avance plusieurs objectifs de son Pacte Ambition 2025, Anvol renforce et prolonge cette démarche, a annoncé l’interprofession des volailles de chair en conférence de presse le 20 février. Les six objectifs de ce plan lancé en 2020 se verront ainsi relevés, avec de nouveaux buts à atteindre d’ici 2030, tandis qu’un septième volet sera ajouté sur «l’amélioration de l’impact climatique et environnemental de la filière». Dans le détail, deux objectifs sont déjà remplis. Près de 74% des élevages ont installé l’accès à la lumière naturelle dans les bâtiments (objectif 50%), un volet qui pourrait ensuite être «complété d’un objectif en matière d’enrichissement du milieu (perchoirs, etc.)». Les aviculteurs ont aussi réduit les antibiotiques de 72% entre 2011 et 2022 (objectif -60% entre 2010 et 2025). Deux autres objectifs semblent à portée de main, sur les bonnes pratiques environnementales et de bien-être animal (85% des élevages engagés, pour une cible de 100% en 2025) et l’alimentation animale (à 95% «garantie sans risque de déforestation», pour une cible de 100%). Les deux objectifs non encore atteints portent sur l’aspect économique («répondre à toutes les attentes» et «maintien des élevages familiaux»), alors que la filière a subi plusieurs épisodes successifs d’influenza aviaire.

Sucre : Tereos confirme des résultats «historiques», portés par des prix en hausse

Dans un communiqué publié le 21 février, le groupe sucrier Tereos (marques Béghin Say, La Perruche) confirme des résultats «à un niveau historique» porté par les prix du sucre, alors que la campagne sucrière en France a pris fin le 7 février. Au troisième trimestre de son exercice décalé 2023-2025, Tereos a ainsi enregistré un bénéfice net de 107 M€, en hausse de 14%. Sur une période de neuf mois, il s’élève à 347 M€, en hausse de 53% par rapport à 2022-2023. En plus d’une «hausse des prix du sucre, des produits amylacés et dérivés et des produits sucrants», le groupe attribue ces bons résultats à «la bonne exécution de la stratégie de couverture et de pilotage des coûts» qui lui permet «de protéger ses marges face à un environnement de forte inflation». Son chiffre d’affaires (CA) a observé une hausse de 15 % en neuf mois, à 5,47 Mrd€, contre 4,8 Mrd€ au cours de la même période lors de l’exercice précédent. L'inquiétude concerne sa division «amidon, produits sucrants et renouvelables», deuxième en matière de ventes avec 1,86 Mrd€ en neuf mois, en hausse modérée de 4%. Tereos dit avoir «pu sécuriser ses marges en dépit de la forte hausse des coûts de production (blé, maïs, gaz)» mais avertit de l’évolution baissière de l’amidon et des produits sucrants, qui pourrait affecter les résultats des prochains trimestres de la division.

Engrais : les sols agricoles britanniques pollués aux microplastiques (étude)

Depuis 1966, l’utilisation d’engrais organiques et de synthèse a entraîné une augmentation «significative» des concentrations de microplastiques dans les sols agricoles britanniques, rapporte une étude publiée dans la revue Communications Earth & Environment le 2 janvier. «Les polymères non biodégradables destinés à être utilisés dans les engrais chimiques à libération lente et contrôlée sont des contributeurs directs à la présence de particules de microplastiques», précise l’étude. Et d’ajouter que les engrais, aussi bien organiques que chimiques, peuvent être des contributeurs indirects à la présence de microplastiques dans les sols, via «la présence de plastiques provenant des déjections animales, des aliments, des outils en plastique, ou encore des matériaux d’emballage». Soulignant les effets «négatifs» des microplastiques sur la faune, la flore et le microbiote du sol, les chercheurs estiment que «l'accumulation de microplastiques dans les sols agricoles au fil du temps représente une menace directe pour la productivité agricole et la sécurité alimentaire». Alors que les concentrations de microplastiques risquent de s’accumuler toujours plus dans les sols agricoles, les auteurs de l’étude recommandent de mieux comprendre leurs effets sur les systèmes agricoles, avec notamment des essais au champ à plus long terme.

Huile de palme : des paysans camerounais saisissent Socfin, qui serait liée au groupe Bolloré

Cent cinquante agriculteurs camerounais ont saisi mi-février la marque d’une holding belgo-luxembourgeoise, l’accusant d’être liée au groupe Bolloré, pour ne pas leur avoir réglé une créance de 140 000 euros, rapportent des documents consultés par l’AFP le 21 février. Déposée auprès de l’Institut national de la propriété industrielle (INPI) et validée par des huissiers de justice, cette saisie donne à la Société financière du caoutchouc (Socfin) un délai d’un mois pour régler ce montant, sans quoi les créanciers pourront réclamer la vente forcée de la marque. Les plaignants camerounais dénoncent l’exploitation de palmiers par la Socapalm (entreprise camerounaise de palmeraies), filiale de la Socfin, près de leur lieu de vie. Selon eux, elle les empêche d’accéder à des terrains et lieux de sépulture et pollue les eaux dont ils dépendent. En septembre, un juge de l’exécution du tribunal de Nanterre (Hauts-de-Seine) a condamné Socfin à verser 140 000 euros aux riverains camerounais pour ne pas avoir transmis des documents qui pourraient établir une connexion entre la holding et le groupe Bolloré. Selon les plaignants, de tels liens pourraient soumettre la multinationale au «devoir de vigilance» concernant ses activités, qui oblige les plus grandes entreprises à prévenir les atteintes graves aux droits humains et à l'environnement chez leurs sous-traitants et fournisseurs étrangers depuis 2017. Contactés par l'AFP, Socfin et le groupe Bolloré n'avaient pas réagi dans l'immédiat.