Agrafil du 25 janvier 2022

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Salaires: nouvelle revalorisation en agriculture, avancée dans l'industrie de la volaille

Les partenaires sociaux se sont mis d’accord pour augmenter de 0,9 à 1% les salaires minimaux de la branche production agricole et Cuma, s’est réjoui la CFDT Agri-Agro en conférence de presse le 24 janvier. En octobre, les négociations avaient déjà abouti à une première revalorisation de la grille nationale des minimas de salaires (+2,2 à +2,5%) afin de répercuter la hausse du Smic et ainsi préserver le pouvoir d’achat des travailleurs agricoles. «Pour les salariés payés au minimum conventionnel, ces deux augmentations successives cumulées représentent entre 514 € à 1140 € brut par an», souligne le syndicat dans un communiqué, en saluant au passage «l’engagement de ses partenaires dans un contexte social compliqué». De même, la branche des entreprises de travaux agricoles (ETA) a négocié une nouvelle augmentation des salaires minimaux «comprise entre 0,9 et 1,5%», selon un autre communiqué le 24 janvier. Côté industrie, les négociations difficiles dans la branche volaille ont enfin abouti à «des propositions d’augmentation autour de 4% en moyenne pour le collège employés/ouvriers», a annoncé le secrétaire national de la CFDT Agri-Agro Alexandre Dubois.

Aides Pac: un ancien leader syndical s’en «affranchit» en vendant ses DPB

Ancien président du syndicat France Grandes Cultures (Coordination rurale), Nicolas Jaquet annonce à Agra Presse qu’il a vendu à des éleveurs et des viticulteurs l’intégralité des 524 droits à paiement de base (DPB) de son exploitation des Landes. Il n’a donc déposé aucun dossier de demande d’aide Pac en 2021 pour sa ferme de 543 hectares et renoncé à environ 100 000 € de primes par an. «Je voulais en sortir avant ma retraite pour laisser à mes enfants une ferme libérée des aides et surtout des contraintes de la Pac». Tant que Nicolas Jaquet avait des responsabilités syndicales, il n’a pas «osé» réaliser cet acte, qu’il juge par ailleurs «impossible pour toute exploitation qui cultive uniquement du blé, de l’orge et du colza». C’est une conversion en bio, et une diversification en productions légumières et plantes médicinales, qui lui ont permis de faire progresser son chiffre d’affaires et facilité son renoncement aux aides Pac, retrace-t-il. «Je décide désormais en fonction de critères agronomiques ou de gestion et non pour rentrer dans un cadre absurde.» Cet agriculteur qui se qualifie aujourd’hui «d’affranchi» considère que «les aides Pac sont incapables de réorienter l’agriculture européenne face aux signaux prédominants des cours mondiaux imposés par les accords commerciaux».

Présidentielle: les grandes lignes du programme agricole de Jean-Luc-Mélenchon

Le député La France insoumise (LFI) Loïc Prud’homme a détaillé, dans un entretien à Agra Presse, le programme agricole du candidat à l’élection présidentielle Jean-Luc Mélenchon. Il défend le retour «à un rôle régulateur de l’État», notamment par la fixation de «prix planchers», quitte à «désobéir à des directives européennes». La candidature LFI veut promouvoir «une agriculture écologique et paysanne» en révisant «immédiatement» la déclinaison française de la future Pac (PSN), notamment par une division par deux de l'enveloppe dédiée aux «aides à l'hectare» et un triplement des budgets des MAEC. Jean-Luc Mélenchon promet par ailleurs d’interdire le glyphosate et les néonicotinoïdes dès son élection. Du côté de la demande, LFI veut mettre en place une «garantie d’accès à une alimentation choisie», en distribuant à des «publics prioritaires» une dotation de 100 à 150 euros utilisable dans «des circuits de distribution labellisés». «Dès le lendemain de l’élection, nous bloquerons les prix des produits de première nécessité et nous engagerons une réforme générale de notre modèle agricole sous l’égide d’un grand ministère de la Production alimentaire», précise l'élu LFI.

Présidentielle: Fabien Roussel (PCF) veut «investir massivement» dans l’agriculture

«Nous avons besoin d’investir massivement dans l’agriculture française pour tendre vers l’autonomie alimentaire», a déclaré le candidat communiste à l’élection présidentielle, Fabien Roussel, à l’occasion de la présentation de son programme à la presse le 24 janvier. Il fixe l’objectif de maintenir le nombre d’exploitants agricoles à 500 000 d’ici 2030 et prévoit – à cette fin et entres autres propositions – la création d’un fonds alimentaire de 10 milliards d’euros pour les cantines afin de garantir des «débouchés» aux agriculteurs et «donner accès aux enfants à une alimentation saine, locale et bio». Il faut «leur apprendre à manger moins de viande, mais de la bonne viande», affirme Fabien Roussel, qui assure défendre à la fois «le bien-être animal» et «l’élevage français». Il se positionne en faveur d’une «refonte complète de la Pac», qu’il souhaite rebaptiser «politique agricole et alimentaire commune». Son programme comprend également la mise en place d’une assurance publique agricole couvrant «les risques climatiques, sanitaires et environnementaux», «un investissement massif dans l’enseignement public agricole», ainsi que des prix de référence pour les produits alimentaires.

Salariat: la CFDT Agri-Agro veut rendre le secteur attractif grâce au volet social

En conférence de presse de rentrée le 24 janvier, la CFDT Agri-Agro a détaillé ses «propositions» pour une «alimentation durable avec de l’emploi de qualité», à quelques semaines du Salon de l’agriculture et des élections présidentielles. Le syndicat de salariés veut «organiser territorialement», pour «les filières du milieu» (entre circuits courts et longs, NDLR), une production agricole et agroalimentaire «plus vertueuse en termes de salariat et de justice sociale». Pour cela, il défend la création d’une certification sociale «à l’intérieur des certifications actuelles ou en complément des certifications environnementales», a indiqué son secrétaire national Franck Tivierge. La CFDT Agri-Agro appelle aussi les employeurs à mieux reconnaître leurs salariés - et de ce fait à rendre le secteur attractif - en leur permettant de monter en compétences, en améliorant les parcours professionnels et les conditions de travail. Enfin, la CFDT Agri-Agro s’interroge sur la «pertinence» des dispositifs d’exonération de cotisations sociales tels le TO-DE. Si un tel dispositif favorise l’accès à l’emploi, l’aide publique demeure fléchée vers les plus bas salaires sans améliorer les conditions de travail et l'emploi pérenne, a estimé Franck Tivierge.

Nitrites: la Fict (charcutiers industriels) appelle à attendre l'avis de l'Anses

Quelques jours avant l'examen à l'Assemblée d'une proposition de loi (PPL) visant à interdire les nitrites dans la charcuterie, la Fict (charcutiers industriels) appelle à attendre l'avis de l'Anses sur le sujet avant de légiférer. Si cette interdiction était appliquée, elle «condamnerait la plupart des spécialités traditionnelles de charcuterie», estiment les fabricants dans un communiqué le 20 janvier. Le texte passera le 26 janvier en commission des Affaires économiques de l'Assemblée, puis le 3 février en plénière. En se passant de l'avis de l'Anses, attendu pour juin après deux reports, «la PPL bafoue les institutions d’évaluation scientifique nationales», dénonce la Fict. Et d'ajouter que «le rapport d’information parlementaire sur lequel s’appuie la PPL n’est ni pertinent ni objectif». Déposée par les rapporteurs de la mission d'information sur les nitrites, la proposition avait été retirée début 2021 pour, justement, attendre l'avis de l'Anses. Après la démission d'un des experts de l'Anses fin 2021, les rapporteurs l'ont redéposée à l'identique, avec l'appui du groupe Modem. Interrogé par Agra Presse, le député Richard Ramos (Modem, Loiret) souhaite faire des nitrites «un vrai sujet d'élection présidentielle».

Présidentielle: entre souveraineté et compétitivité, le Medef dévoile ses propositions

Le Medef (entreprises de France) a présenté le 24 janvier sa plateforme de propositions aux candidats à la présidentielle, intitulée «Faire réussir la France». Le syndicat identifie trois «défis» pour les entreprises: la mondialisation, la compétitivité et la production française. Il plaide pour une «baisse des impôts de production» pour les ramener au niveau de la moyenne européenne, soit une réduction de 35 milliards d’euros en cinq ans. Sur le plan de la concurrence internationale, il recommande l’instauration d’une taxe carbone aux frontières «en améliorant le projet européen» et la création d’un «Buy european act», qui garantirait un certain pourcentage des marchés publics aux PME nationales. Le syndicat demande aux candidats de s’engager à «conditionner les accords de libre-échange au respect effectif de l’Accord de Paris», citant le Mercosur «qui ne peut être signé en l’état». Dans le volet emploi, le syndicat met l’accent sur la formation initiale, notamment «en mathématiques et en sciences», l’orientation vers des filières qui recrutent, et fixe l’objectif de deux millions d’alternants dans les entreprises.

Chambres d'agriculture: une ordonnance crée un nouveau modèle de réseau régional

Une ordonnance parue au Journal officiel le 21 janvier permet la création d'un nouveau modèle d'organisation dans le réseau des chambres d'agriculture: celui d'une chambre d'agriculture de région associée à des «chambres territoriales» (échelon créé par l'ordonnance). Une chambre de région (à ne pas confondre avec une chambre régionale) est constituée par la fusion de chambres départementales et d'une chambre régionale. Dans le nouveau schéma, les chambres départementales qui ont participé à la création d'une chambre de région peuvent être transformées en chambres territoriales, qui sont des assemblées d'élus dépourvues de personnalité juridique. L'ordonnance confie aux chambres territoriales plusieurs «missions de proximité», dont celle d'être «l'organe consultatif, représentatif et professionnel des intérêts agricoles», et d'être à ce titre «chargée des relations avec les services de l’État et des collectivités territoriales». «Ce système permet de mutualiser les moyens tout en maintenant une implication territoriale forte des élus», explique le président de l'APCA (tête de réseau) Sébastien Windsor à Agra Presse. Actuellement, seule l'Île-de-France dispose d'une chambre de région, mais plusieurs autres chambres pourraient être intéressées (Bretagne, Normandie, Pays de Loire, puis dans un second temps Hauts-de-France et Corse).

HVE: la militante Valérie Murat reçoit le prix Anticor

Lors d’une cérémonie à Paris le 22 janvier, l’association Anticor (lutte contre la corruption) a remis un prix «éthique» à la «lanceuse d’alerte» bordelaise Valérie Murat. Le prix, justifie Anticor sur son compte Twitter, a été accordé à la militante «pour avoir signalé la présence de pesticides dans des vins HVE», et à la suite de sa condamnation par les tribunaux à payer 125 000 € dans le cadre d’une procédure lancée par le Conseil interprofessionnel des vins de Bordeaux (CIVB). «Recevoir ce prix ce soir d’Anticor est une grande reconnaissance de ce que je dénonce depuis bientôt dix ans», s’est émue Valérie Murat lors de la cérémonie. Anticor a également décerné un prix «pantoufle» à l’ancienne secrétaire d'État Brune Poirson «pour avoir abandonné son poste de députée avant la fin de son mandat pour un poste plus confortable chez Accor». Comme Valérie Murat, Inès Léraud avait aussi reçu le prix éthique Anticor en 2021 pour son enquête sur les algues vertes.

Brésil: 2,4-D et glyphosate pour contourner le suivi satellite de l’Amazonie

Depuis 2018, des herbicides totaux tels que le glyphosate et le 2,4-D sont de plus en plus fréquemment épandus par avion en Amazonie pour contourner les lois contre la déforestation, révèle le site d’actualité Mongabay dans un article du 19 janvier. «Les criminels ont remarqué que la dégradation de la forêt n’est pas notre priorité», confie un agent de l’Ibama (agence environnementale brésilienne) aux journalistes. Or, avec les herbicides, la déforestation est plus lente, et cette technique «ne peut pas être détectée par l’imagerie satellitaire», détaille Mongabay. Par la suite, les parcelles seraient semées de prairies, toujours par avion. «Pour qu’une parcelle illégale soit vendue comme "une ferme en cours de création", le sol doit être couvert de prairie», rappelle un autre agent d’Ibama. Si les épandages par avion sont encore autorisés en principe, ils sont en revanche interdits dans la forêt amazonienne.

Médias: l'Académie d'agriculture prime Florence Rosier pour un article sur les racines

Le prix de l’information scientifique a été attribué le 22 janvier à la journaliste du Monde Florence Rosier pour son article dédié aux racines, indique un communiqué de l’Académie d’agriculture. «La Compagnie souhaite, en attribuant ce prix, récompenser l’esprit critique et la rationalité plus que jamais nécessaires au débat public», insiste l’académie. Paru en mai 2021, l’article de Florence Rosier soulignait le renouveau d’intérêt des chercheurs pour la compréhension des mécanismes de développement des racines, pour économiser l’eau comme les intrants. «Le jury a également eu deux "coups de cœur", l’un pour les #threads de Yann Kerveno (revue Sésame), l’autre pour un article d’Yves Sciama paru dans Sciences & Vie», précise le communiqué. Les lauréats devraient se voir remettre leurs diplômes lors du prochain Salon de l’agriculture.

Lait AOP: Hubert Dubien élu la présidence du Cnaol

Hubert Dubien a été élu à la présidence du Cnaol, informe le comité qui réunit les organismes de défense et de gestion (ODG) des 51 AOP laitières françaises dans un communiqué du 24 janvier. Éleveur laitier dans la Loire, il est le président de l’AOP fourme de Montbrison depuis 2017. Il succède à Michel Lacoste, disparu en novembre 2021. Le communiqué précise que Dominique Chambon (AOP rocamadour) poursuit son mandat de vice-président du Cnaol.