Agrafil du 25 juin 2025

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Algues vertes : l’Etat condamné pour « carences » dans la mort d'un joggeur

Dans un arrêt rendu le 24 juin, la cour administrative d’appel de Nantes condamne l’Etat pour sa responsabilité dans la mort du joggeur Jean-René Auffray, décédé en 2016 dans l’estuaire du Gouessant (Côtes d’Amor) à cause des algues vertes, annonce-t-elle dans un communiqué. La cour « retient la responsabilité pour faute de l’État, en raison de ses carences dans la mise en oeuvre de la réglementation européenne et nationale destinée à protéger les eaux de toute pollution d’origine agricole », expose-telle. « La pollution par les nitrates présents dans les engrais et dans les déjections animales issues de l’élevage constitue en effet la cause principale de la prolifération des algues vertes en Bretagne, ces nitrates comportant des nutriments dont les algues se nourrissent », poursuit-elle. Grâce à « plusieurs pièces » ajoutées au dossier depuis le passage de l’affaire au tribunal administratif de Rennes, en novembre 2022, la cour d’appel estime que « l’œdème pulmonaire massif et fulgurant » dont est mort le joggeur « ne pouvait s’expliquer autrement que par une intoxication mortelle par inhalation d’hydrogène sulfuré à des taux de concentration très élevés ». Elle condamne l’Etat à réparer « à hauteur de 60% seulement » les préjudices des proches, considérant que le joggeur « a pris des risques » en connaissant les dangers de l’estuaire. 

Résidus de pesticides : les ministres de l'Agriculture demandent des mesures de réciprocité

Une quinzaine de ministres de l’Agriculture de l’UE a soutenu la demande portée par la France de proposer d’ici la fin de l’année une révision du règlement européen sur les limites maximales de résidus de pesticides (LMR) pour que les molécules interdites dans l’UE voient systématiquement leur LMR ramenée à la limite de détection. « Ce principe doit devenir notre norme », a insisté la ministre française Annie Genevard estimant que le règlement LMR qui date d’une vingtaine d’année « repose sur approche basée sur les risques qui est devenue incohérente ». La Commission européenne s’est engagée à présenter des mesures en la matière sur la base d’une étude d’impact. « Les pesticides les plus dangereux qui sont interdits dans l’UE pour des raisons environnementales et sanitaires doivent être interdits dans les importations », a confirmé le commissaire européen à la Santé Oliver Varhelyi en charge du dossier. Et pour les autres LMR, il a dit partager les préoccupations des ministres promettant d’examiner « les possibilités de mettre en œuvre ce principe dès cette année ». Certains Etats membres, le Portugal notamment, ont toutefois prévenu qu’il faudrait se montrer vigilant pour que cette réciprocité ne soit pas vu comme du protectionnisme et qu’il faudrait donc « prévoir des exceptions lorsqu’il n’y a pas d’alternative suffisante », par exemple pour des denrées que l’UE ne produit pas comme le café ou les fruits exotiques.

Pesticides : feu vert de l’Assemblée pour créer un registre national des cancers

L’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité en première lecture, le 23 juin, la proposition de loi (PPL) créant un registre national des cancers, dans les mêmes termes qu’adoptée à l’unanimité au Sénat le 15 juin 2023. Selon l’article unique de la PPL, le registre national sera géré par l’Institut national du cancer (INCa) qui est chargé de collecter et traiter les données d’épidémiologie et de soins liée aux malades d’un cancer. Le but du registre est « d’améliorer la prévention, le dépistage et le diagnostic des cancers ainsi que la prise en charge des patients ». Cela permettra aussi de constituer « une base de données aux fins de recherche », que l’INCa mettra « à la disposition des organismes publics ou privés » de recherche et de l’Agence nationale de santé publique (Santé Publique France, NDLR). Un décret en Conseil d’Etat devra préciser « le rôle » des entités et organisations de recherche en cancérologie « labellisées » pour collecter des données, et « les modalités de leur appariement avec d’autres jeux de données santé ». A l’heure actuelle, seule 22% de la population française est couverte par un registre général départemental des cancers, selon la commission sénatoriale des affaires sociales. 

Energie : les députés rejettent la PPL Gremillet et son moratoire sur le solaire

Sans surprise, l'Assemblée nationale a largement rejeté le 24 juin en première lecture la proposition de loi (PPL) Gremillet sur la trajectoire énergétique de la France, profondément remaniée par le RN et la droite lors de son examen dans l'hémicycle la semaine dernière. 142 députés ont voté pour, 377 contre. Les groupes de l'ancienne majorité présidentielle (EPR, MoDem, Horizons) avaient décidé de s’opposer au texte d'origine sénatoriale, fustigeant notamment l'inscription dans le texte d'un moratoire sur les énergies éolienne et solaire, à l'initiative de LR et du RN. Le texte va désormais repartir pour une deuxième lecture au Sénat, prévue les 8 et 9 juillet, quelques jours avant la fin de la session parlementaire. Cette proposition de loi avait été inscrite à l'ordre du jour de l'Assemblée sous la pression du RN, qui en avait fait un motif de censure du gouvernement Bayrou. Elle est censée servir d'indicateur au gouvernement pour finaliser un décret fixant la nouvelle feuille de route énergétique de la France pour la période 2025-2035. Le décret, qui doit mettre le pays sur la voie de la neutralité carbone en 2050, doit paraître lui « avant la fin de l'été », sans attendre « la fin de la navette parlementaire », avait assumé le 14 juin le ministre de l'Industrie Marc Ferracci.

Label Haie : nouvelle version au 31 août, mieux adaptée aux types de haies et modes de gestion

Une nouvelle version du cahier des charges « Gestion » du Label Haie (lancé en 2019) va s’appliquer au 31 août. L’idée est de mieux « s’adapter à tous les territoires, modes de gestion des haies et types de haies », résume à Agra Presse Maxence Belle, chargé de projet au sein du Réseau Haies France, qui porte le label. Il y aura désormais « deux voies de gestion » : la « gestion sylvicole » et la « libre évolution », jusque-là indifférenciées. Si on schématise, la voie sylvicole consiste au « rajeunissement de la haie à travers des coupes », tandis qu’avec la libre évolution, l’agriculteur « intervient peu sur la haie », « le renouvellement est lent mais naturel ». S’ajoutent de nouveaux « indicateurs spécifiques » aux jeunes haies et une « clarification de la rédaction » de certains indicateurs. Dans une visioconférence, le Réseau Haies explique que le niveau d’exigence global du cahier des charges « reste le même », « voire est un peu plus ambitieux », avec un niveau 1 « plus exigeant », un niveau 2 « moins exigeant » et un niveau 3 « plus exigeant ». Pour autant, Maxence Belle assure que cette mise à jour « ne va pas entraîner de sorties du label », d’autant que les labellisés auront « un délai confortable de deux ans » pour s’adapter aux indicateurs avec changement. 

Nutrition/climat : le CNTE examine la Snanc dans une séance « sereine », plusieurs compromis

Alors que Conseil national de la transition écologique (CNTE) s’est réuni, le 24 juin, lors d’une séance plénière dédiée à la Snanc (stratégie alimentation, nutrition, climat), une source du secteur associatif rapporte à Agra Presse une séance « assez sereine », avec « des consensus et des compromis ». Un exemple de « compromis bien trouvé » concerne la publicité pour les produits mauvais pour la santé. Dans son avis (pas encore publié au moment où nous postons cet article), le CNTE devrait recommander de renforcer « l’encadrement », sans s’en remettre uniquement à « l’autorégulation » (charte de l’Arcom). Il devrait aussi inviter à inclure dans la réflexion « les publicités dans l’espace public, comme le mobilier urbain ». Un autre « compromis » concerne la consommation de viande. La Snanc ne contient pas d’objectif chiffré de réduction et le CNTE ne recommande pas d’en fixer un, cependant il devrait proposer une « formulation » plus en phase avec les demandes associatives (qui souhaitaient un objectif chiffré) notamment via des références à d’autres stratégies nationales. Sur le Nutri-Score, en revanche, l’avis devra mentionner qu’il y a eu « un désaccord », « des acteurs économiques ne souhaitant pas le rendre obligatoire ».

Foncier : les JA mettent sur pause l’ambition d’une vaste réforme

Si un volet foncier subsiste dans le rapport d’orientation des JA, mis en ligne le 18 juin, il n’apparaît plus en tête des priorités. Le président Pierrick Horel l’avait admis, peu avant son congrès : « Ce n’est pas la meilleure fenêtre de tir », d’après lui, « vu le paysage politique » peu favorable à des majorités « notamment sur le foncier qui est assez clivant ». « On n’a peut-être pas la capacité de porter une grande loi foncière pour le moment », avait-il reconnu le 28 mai face à la presse. Quelques mois plus tôt, le syndicat réclamait pourtant des États généraux. Les Jeunes agriculteurs disaient vouloir « faire signer des chartes d’engagement (pour une réforme foncière) à des partenaires qui travaillent sur le sujet ». Le chantier est mis sur pause. Reste l’ambition de « s’inscrire dans des travaux sur des propositions de loi », avec comme objectif de « passer quelques petites choses çà et là », selon Pierrick Horel. Une proposition phare du rapport d’orientation est de s’appuyer sur l’accord de 2021 entre les sections des fermiers (SNFM) et des propriétaires (SNPR) de la FNSEA concernant l’attractivité du statut du fermage. Objectif : limiter les contentieux, inciter les propriétaires à mettre à bail, tout en facilitant l’installation des jeunes dits « hors cadre familial ».

Allemagne: le nouveau ministre de l'agriculture planche sur des exceptions au Smic

Alors que le salaire minium allemand est programmé pour atteindre 15 euros de l’heure en 2026 (contre 12,82 € actuellement, 8,5 € à sa création en 2015), le ministre allemand de l'agriculture Alois Rainer a indiqué, dans la presse le 24 juin, un peu plus d'un mois après l'installation du gouvernement Merz, qu'il travaillait sur des exceptions à la hausse du Smic pour le secteur agricole : «Mes experts examinent s'il existe un moyen juridiquement sûr de rendre possibles des exceptions». Face aux inquiétudes du secteur agricole, il a aussi souligné que l'accord de coalition prévoyait d'étendre le statut des «minijobs» (kurzfristige Beschäftigung) à 90 jours sur une année, contre 70 actuellement : « Ainsi, les travailleurs saisonniers non professionnels pourront être employés plus longtemps sans être soumis à la sécurité sociale ». La veille, Joachim Rukwied, président du DBV (principal syndicat agricole outre-Rhin) avait proposé que les travailleurs saisonniers ne perçoivent que 80 % du salaire minimum légal : « Après tout, ils ne résident pas en Allemagne ». Selon la presse allemande, la commission sur le salaire minimum (Mindestlohnkommission) devrait rendre son avis sur l'augmentation du Smic ce vendredi 27 juin.

Lait : Savencia obtient la fin de la durée minimum d’adhésion à une OP ou AOP

Dans une décision publiée le 24 juin, les juges du Conseil d’Etat ont, sans surprise, suivi les recommandations de la rapporteure présentées en audience le 4 juin, en annulant l’obligation faite aux adhérents d’une organisation de producteurs (OP) ou une association d’organisations des producteurs (AOP) laitière constituées sous la forme d’une association régie par la loi du 1er juillet 1901 de rester membre au moins cinq ans. L’affaire avait été portée par Savencia Ressources Laitières et à la société Savencia devant les juges du Conseil d’Etat. Elles avaient demandé au Premier ministre en 2024 d’abroger le point I de l'article D. 551-34 du code rural et de la pêche maritime prévoyant que « la durée minimale d'adhésion des membres producteurs de l'organisation de producteurs ou de l'association d'organisations de producteurs est de cinq ans renouvelables. » L’absence de réponse du gouvernement à ce courrier revenant à un rejet implicite, elles s’étaient tournées vers le Conseil d’Etat. Cette procédure devant le Conseil d’Etat d’inscrit dans le cadre du différend avec l’AOP Sunlait et Savencia. Ce jugement est un succès pour Savencia dont les contrats individuels ne pourront plus être attaqués au motif que les producteurs étaient liés pour 5 ans avec leur organisation.

Bovins viande : rebond des naissances en avril après dix mois de chute (Idele)

« Pour la première fois depuis dix mois, les naissances allaitantes étaient en hausse en avril », de 1 % par rapport à avril 2024 (à 311 000 têtes), constate l’Institut de l’élevage (Idele) dans son bulletin Tendances du 23 juin. Il s’agit de la première hausse depuis le début de la campagne de vêlage, démarrée en juillet 2024 et fortement perturbée à l’automne par les maladies vectorielles (FCO et MHE), à l’origine de nombreux avortements. Le timide rebond du mois d’avril ne permet pas de compenser le « retard pris depuis plusieurs mois à cause de la situation sanitaire » : les naissances depuis le début de la campagne affichent en avril un recul de 189 000 veaux sur un an (contre 197 000 en mars). Depuis début 2025, le cumul des naissances allaitantes est en baisse de 6 % sur un an (à 1,262 millions de têtes), alors que « les naissances laitières reculent nettement moins fortement (-2,9 %) ». Les conséquences de ce déficit de naissances (pénurie d’animaux pour l’engraissement, l’export en maigre et le renouvellement) vont s’aggraver dans les prochains mois. « Les maladies vont se répercuter sur les disponibilités en broutards fin 2025 et 2026 et donc sur l’offre de JB (jeunes bovins engraissés en France, NDLR) en 2026-2027 », indique Boris Duflot, directeur du département Économie de l’Idele, à Agra Presse.

Bovins : face à la pénurie, les abatteurs belges viennent chercher des vaches en France

En Belgique, « les abatteurs manquent de vaches et viennent en chercher en France », rapporte l’Institut de l’élevage (Idele) dans son bulletin Tendances du 23 juin : « Sur les quatre premiers mois de l’année, la France a ainsi exporté 1 050 vaches de boucherie vers la Belgique, contre seulement 220 en 2024 ». « Ce flux se serait intensifié au mois de mai », ajoute l’institut technique français, citant des « opérateurs ». Explication de ce changement d’approvisionnement : dans un contexte de décapitalisation, « les prix des vaches belges se sont envolés et sont passés au-dessus des prix français mi-février ». « La vache R belge cotait ainsi 30 centimes de plus [au kilo] que son homologue française et la vache O 20 centimes de plus », à respectivement 6,75 €/kg carcasse et 6,25 €/kg carcasse outre-Quiévrain, le tout en semaine 23 (du 2 juin). En décembre 2024, le cheptel belge avait reculé de 3,6 % en un an (à 862 000 vaches), contre -2 % en France. Plus largement, toute l’UE est confrontée à un « manque criant de vaches de réforme » (-4 % d’abattages au premier trimestre), en raison de la décapitalisation (-3% de cheptel début 2025), ainsi que de la hausse du prix du lait et des effets des maladies vectorielles, deux phénomènes qui incitent les éleveurs à garder leurs vaches pour la reproduction.

Riz : une solution sur la clause de sauvegarde envisagée pour finaliser la révision du SPG

Les discussions concernant la révision du système de préférences généralisées (SPG), en cours depuis plusieurs années, avancent et pourraient même être finalisées le 25 juin, à l’occasion d’une ultime réunion interinstitutionnelle. C’est ce qu’a indiqué avec optimisme, le 23 juin, le président de la commission du Commerce international du Parlement européen, le social-démocrate allemand, Bernd Lange, lors de son rapport sur les négociations en cours. L’un des derniers points en suspens dans les pourparlers concerne la clause de sauvegarde automatique pour le riz que le Parlement européen souhaite inclure et qui suscite certaines réticences de la part de la Commission européenne et du Conseil de l’UE. Pour trouver un compromis, les colégislateurs travaillent à une solution qui se fonderait sur le modèle mis en œuvre dans le cadre des mesures commerciales autonomes pour l’Ukraine, à savoir : l’introduction d’un frein d’urgence automatique pour les importations de riz avec une possibilité de révision. Le think tank Farm Europe estime pourtant que la clause de sauvegarde « est le seul outil véritablement efficace pour protéger la production rizicole » européenne.

Céréales : un négociant suisse va transformer 300 000 ha de prairies au Kazakhstan

Dans un communiqué du 24 juin, le groupe suisse Harvest Group SA, spécialisé dans le négoce de matières premières agricoles, spécialement les céréales, a annoncé un investissement d’un demi-milliard de dollars pour transformer 300 000 ha de prairies au Kazakhstan en « terres agricoles productives », incluant du maïs et du soja. L’opération est réalisée via sa filiale Harvest Agro Holding. Aucune date de finalisation du projet n’a été précisée. Les surfaces en question seront irriguées, permettant de répondre à « l'objectif national du Kazakhstan d'augmenter les terres irriguées à 2,5 millions d'hectares d'ici 2030 », relate le communiqué. De son côté, Harvest Group espère « renforcer la sécurité alimentaire internationale » : les cultures produites seront destinées au marché de l’export mais aussi au marché intérieur. « Cet investissement s'inscrit dans le prolongement de la récente expansion de Harvest Group SA sur le marché africain, marquée par un investissement de 12 millions de dollars à la fin de l'année 2024 pour établir des opérations au Kenya », précise le groupe Suisse.

Sucre/libre-échange: la filière européenne déplore l’impact cumulatif sur le secteur

Dans un document publié le 24 juin, le CEFS (fabricants européens de sucre) et la CIBE (betteraviers européens) ont analysé l’impact cumulatif de la politique commerciale de l’UE sur le secteur de la betterave sucrière de l’UE. Ces organisations soulignent que cet effet est devenu une réalité qui déstabilise le secteur. Selon elles, la multiplication des accords favorise « l'exposition à des importations moins chères produites selon des normes moins strictes, alors même que les producteurs de l'UE sont confrontés à une hausse des coûts et à un renforcement de la réglementation ». Cela aurait pour conséquences d’accélérer la fermeture des sucreries (20 depuis 2017 et la fin des quotas), la perte d'emplois dans les zones rurales (évaluée à 4000 depuis 2017) et le déclin de la production. Pour contrer cela, elles recommandent : de prendre en compte l’impact cumulatif de l’ensemble des accords de libre-échange existants et à venir ; d’exclure le sucre de certaines négociations en cours et futures (notamment Inde et Thaïlande) ; d’introduire des clauses contraignantes en matière de durabilité et de travail ; de mettre en place une mesure de sauvegarde spécifique pour le sucre et d’appliquer des mécanismes de réciprocité ad hoc.

Alternatives végétales : Nestlé réduit les effectifs de l'usine Garden Gourmet en Tchéquie

Nestlé a annoncé le 19 juin qu’il allait se séparer d’environ 80 salariés de son usine de produits végétaux située à Krupka, en République tchèque. Ce site industriel de 400 salariés produit des alternatives végétales sous la marque Garden Gourmet destinés à alimenter le marché européen. « La situation est très difficile. Nous avons tenté de maintenir la production et les emplois en attendant une amélioration des perspectives de marché. Malheureusement, cela n'a pas été le cas », déclare le directeur de l'usine de Krupka, cité dans le communiqué. Pour expliquer cette réduction des effectifs, Nestlé avance la mauvaise tenue du marché. « Le marché européen des alternatives végétales connaît une baisse durable de la demande, alimentée par l'inflation, l'intensité concurrentielle et la croissance des marques de distributeur. Nestlé est également contraint de réagir à cette tendance », indique Nestlé. Peu optimiste sur les perspectives du marché des alternatives végétales, Nestlé estime que « le déclin des alternatives végétales sur le marché européen n'est pas une simple fluctuation temporaire, mais le résultat d'une combinaison de facteurs liés au marché, aux consommateurs et à l'économie. »

Grossistes: la Semmaris porte un projet de filière «solidaire» en marge de son «2e Rungis»

La société Semmaris, gestionnaire du Min de Rungis, annonce, dans un communiqué le 23 juin, son soutien à la création d’une «plateforme d’approvisionnement alimentaire solidaire» en marge d’Agoralim, son projet de «2e Rungis» au nord de Paris. Pour ce faire, une convention de partenariat a été signée avec une association du Val d’Oise, le Pôle territorial de coopération économique (PTCE) Pays de France, qui porte le projet avec le Collectif des Épiceries sociales et solidaires d’Île-de-France, les plateformes Au bon transit, Généractions 77 et le réseau des Épiceries sociales Andes et la coopérative Bio Île-de-France. Au cours d’une phase de préfiguration allant de juin 2025 à juin 2027, les partenaires testeront les flux logistiques, consolideront les liens avec les producteurs, définiront les modalités de distribution et élaboreront « un modèle socio-économique innovant », indique le communiqué. Ceci avant l’implantation en 2027 à Goussainville (est du Val-d’Oise) du premier site Agoralim qui comprendra, d’après le site internet de la Semmaris, une « agora des producteurs », des ateliers de transformation, des activités logistiques et des commerces. 

Champagne : une société de prestation poursuivie pour conditions d'hébergement indignes

Une entreprise prestataire et son gérant seront jugés le 26 novembre à Châlons-en-Champagne, étant soupçonnés d'avoir hébergé dans des conditions indignes au moins une quarantaine d'Ukrainiens lors des vendanges en Champagne en 2023, a appris le 24 juin l'AFP auprès du parquet. « Au moins une quarantaine de travailleurs ukrainiens étaient présents lors du contrôle de l'inspection du travail. Toutefois, tous n'ont pu être identifiés et entendus, il est dès lors difficile de les chiffrer » précise celui-ci. Le gérant comparaîtra pour « soumission de plusieurs personnes vulnérables » à des conditions d'hébergement indignes, « exécution d'un travail dissimulé », « escroquerie », « emploi d'un étranger non muni d'une autorisation de travail salarié » .L'entreprise est poursuivie en tant que personne morale. Le 8 septembre 2023, la préfecture de la Marne avait ordonné la fermeture de cet hébergement collectif situé à Mourmelon-Le-Petit (Marne), s’appuyant sur un rapport édifiant de l’inspection du travail (installations non conformes, vétusté, délabrement, insalubrité…). Dernièrement, le parquet du tribunal correctionnel de Châlons-en-Champagne a requis quatre ans de prison contre la gérante d'une société de prestations viticoles, et trois ans contre les deux « recruteurs ».

Framboise : une récolte française sans incident majeur, en hausse de 4% (AOPn)

Alors que la filière framboise est en pleine récolte (la mi-saison est pour le 14 juillet), l’AOPn Fraises et Framboise de France (40% de la production nationale) annonce une hausse de 4% des volumes cette année, aucun accident climatique d’envergure n’étant venu perturber la production. L’AOPn produit environ 1200 -1500 tonnes par an. «  Nous connaissons actuellement un pic, mais il est difficile d’assurer une production régulière entre juin et octobre » reconnait Frank Figuet, vice-président de l’AOPn contacté par Agra presse. La filière nationale reste modeste face aux importations, qui couvrent encore 85 % de la consommation. « On ne peut pas jeter la pierre à la distribution de se tourner vers l’import quand le produit français manque. La réception de notre produit demeure néanmoins très positive par la GMS », continue-t-il. Deux freins au développement de la culture sont identifiés : l’investissement (surtout en plants : 10 000 par hectare, à 4€ l’unité) et la main d’œuvre très spécialisée. Cependant, un optimisme prudent demeure : «  Les surfaces demeurent stables à environ 700 hectares. Nous voyons l’apparition de plus gros producteurs plus spécialisés et de nouvelles variétés gouteuses, comme la Lagorai, se développent. Celles-ci permettent de nous différencier de nos concurrents espagnols et portugais », conclut Franck Figuet.

Fruits et légumes : exportations espagnoles stables sur le 1er trimestre, tomates en retrait

Les exportations espagnoles de fruits et légumes frais ont augmenté de 2 % en volume et de 10 % en valeur au cours des quatre premiers mois de l’année par rapport à la même période en 2024,  selon les données du Département des douanes et accises, publiées le 23 juin et traitées par la Fepex (exportateurs). Elles ont totalisé respectivement 4,6 millions de tonnes et 7,703 milliards d’euros. Entre janvier et avril, les exportations de légumes ont progressé en valeur de 10% (4,06 Md€) alors que les volumes sont restés stables (2,5 millions de tonnes). Les concombres (+22%), les poivrons (+ 17 %), la laitue (+15%) et les choux (+7%) ont enregistré les plus fortes hausses en valeur. Le cas de la tomate est plus délicat : les exportations ont chuté de 13 % en volume pour atteindre 318 803 tonnes et ont augmenté de 2 % en valeur, pour atteindre 593 millions d'euros. Les exportations de fruits ont atteint 3,63 milliard (+ 10 %), tirées par les agrumes et spécifiquement l’orange (+13% en valeur) et les fruits rouges, la fraise en tête (+10% en valeur)

Méthanisation : AgroParisTech inaugure une unité à la ferme expérimentale de Grignon

Dans un communiqué du 20 juin, AgroParisTech a annoncé l’inauguration de son site de méthanisation basé à la ferme expérimentale de Grignon (située dans la commune de Thiverval-Grignon, dans les Yvelines). L’installation avait démarré en 2022, constituant un investissement de 3,5 M€, dont 907 000 € en provenance de l’Ademe, 200 000 € de la Région Île-de-France et le reste d’AgroParisTech. Le méthaniseur traite 30 tonnes de matières par jour, dont 85 % d’effluents d’élevage. Depuis 2024, « le biogaz produit est injecté dans le réseau de distribution de gaz exploité par GRDF, permettant de couvrir les besoins de chauffage de 400 foyers, soit environ 1 200 personnes », relate le communiqué. L’unité de méthanisation s’intègre dans un projet global visant à améliorer les performances de durabilité de la ferme de Grignon initié dès 2006, via son programme Grignon Energie Positive. Depuis 2014, le site de recherche valorisait déjà le biogaz issu des effluents via une couverture de fosse fourni par la société Nénufar, rappelle AgroParisTech.

Légumes d’industrie : Eric Legras élu à la présidence d’Unilet

Eric Legras, poly-cultivateur de 64 ans dans les Hauts de France, vient d’être élu président de l’Unilet (interprofession des légumes en conserve et surgelés) le 16 juin. Il représente le collège des organisations de producteurs de légumes du Cenaldi (Association nationale d’Organisations de Producteurs de légumes pour l’industrie).  Eric Legras succède à Cyrille Auguste, représentant des industriels du groupe légumes de la FIAC (Fédération française des Industries d'Aliments Conservés). Il s’agit de son deuxième mandat à la tête de l’organisation, qu’il avait déjà présidée de 2015 à 2020 et dont il occupait depuis la fonction de Trésorier. 

Distribution : Dominique Schelcher réélu président de Coopérative U

Le conseil d’administration national de Coopérative U a réélu à l’unanimité le 24 juin Dominique Schelcher à la présidence du groupement pour un second mandat d’une durée de 6 ans. Entre 2018 et 2025, le chiffre d’affaires du groupement est passé de 25,6 à 34,1 Mds€ (avec carburant), la part de marché de 10,7 % fin 2018 à 12,1 % fin 2024 et le réseau a franchi début 2025 le seuil des 1 800 magasins, selon le réseau coopératif. « Dominique Schelcher poursuivra, avec l’ensemble des commerçants associés, la mise en oeuvre du plan stratégique CAP 15, qui vise à porter la part de marché du groupement à 15 % à horizon 2030 », indique un communiqué.