Agrafil du 28 mars 2022

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Plan de résilience: un appel à projets pour réduire la dépendance en intrants (BPI)

Dans le cadre du plan de résilience face aux conséquences de la guerre en Ukraine, le gouvernement et BPI France ont ouvert, le 21 mars, un appel à manifestation d'intérêt (AMI) visant à «réduire la dépendance de l’industrie française et autres secteurs productifs aux importations d’intrants». Sont notamment visés les intrants agroalimentaires (tournesol, engrais) en provenance d'Ukraine, de Russie ou de Biélorussie. Cet AMI, dont l'enveloppe n'est pas précisée, est ouvert «jusqu’au 30 janvier 2024», d'après un communiqué diffusé le 25 mars par le ministère de l'Économie. L'exécutif souhaite soutenir les «meilleurs projets d’investissements d’envergure», autrement dit ceux qui permettent de réduire de cinq points le taux de dépendance en intrants (ratio «volume sécurisé par le projet / volume consommé par les unités de production des filières stratégiques cibles sur le territoire national). Les projets visés portent sur la création ou la modernisation d'unités de production, la réduction de la consommation d’intrants ou le développement de «produits de substitution» et de «procédés technologiques innovants». Les aides seront versées sous forme de «subventions et/ou d’avances remboursables». Sont éligibles les dépenses de R&D et les investissements industriels ou visant à «augmenter le niveau de protection de l'environnement», avec des taux de 15 à 60% selon la taille de l'entreprise.

Guerre en Ukraine: la CFDT s'oppose à la culture dérogatoire des jachères

Dans un communiqué le 25 mars, la CFDT Agri-Agro salue «le soutien réaffirmé» de la Commission et du Parlement européen à la stratégie De la ferme à la table, mais regrette l’autorisation dérogatoire de mettre les jachères en culture. Une dérogation qui sera accordée aux Etats membres en 2022 à cause de la guerre en Ukraine. «Cela semble être une mesure d’opportunité qui tarde à engager les changements structurels de nos systèmes alimentaires», déplore-telle. D'autre part, le syndicat se réjouit des mesures d’urgence (plan de résilience, NDLR) et des plans additionnels (plan de souveraineté azote, plan de souveraineté énergétique, plan dédié aux fruits et légumes, renforcement du plan protéines végétales, NDLR) annoncés par le gouvernement. «Prévoir des aides publiques pour soutenir les entreprises et l’emploi face à la facture énergétique est essentiel. Il s’agit d’accompagner dans l’urgence pour ne pas casser la chaîne de production alimentaire», valide la CFDT Agri-Agro. Pour autant, elle estime que face à la dépendance aux intrants (engrais, aliments) révélée par la guerre, «la réponse la plus pertinente et durable est la transition agroécologique».

Eau: des milliers d'opposants dans les Deux-Sèvres contre les «méga-bassines»

Des milliers d'opposants aux «méga-bassines» de stockage d'eau se sont rassemblés samedi à la Rochénard (Deux-Sèvres), sous haute surveillance des forces de l'ordre, pour manifester contre un vaste projet de stockage d'eau dans la région du Marais poitevin. En milieu d'après-midi, quelque 4.200 personnes, selon la préfecture, et 6.000 selon les organisateurs, ont commencé à manifester à l'occasion de cette mobilisation nationale à l'appel du collectif Bassines Non Merci, fer de lance de l'opposition aux projets, et de la Confédération paysanne. Ce «Printemps maraîchin» prévu pour durer jusqu'à dimanche, également soutenu par la LPO, EELV, Attac, ou encore La France Insoumise, dénonce «l'accaparement de l'eau par l'agro-industrie», «exige l'arrêt des travaux» et «la mise en place d'un moratoire sur les projets de méga-bassines». Un très important dispositif de gendarmerie a été mis en place, les autorités craignant des débordements après des violences survenues lors de précédentes manifestations. Pour répondre aux "anti-bassines", environ 200 agriculteurs se sont réunis à Cramchaban (Charente-Maritime), quelques kilomètres plus loin, à l'appel de la Coordination rurale, pour un «rassemblement de défense» près d'une retenue dégradée lors d'une précédente manifestation en novembre.

Eau: Rabat obtient un prêt de la Banque mondiale contre la sécheresse

La Banque mondiale va allouer un prêt de 180 millions de dollars pour améliorer la gestion hydrique au Maroc, frappé par une sécheresse historique et menacé de pénurie d'eau, a annoncé l'institution. Ce prêt a pour but de «renforcer la gouvernance des ressources hydriques dans le secteur agricole, améliorer la qualité des services d'irrigation et élargir l'accès des agriculteurs à des conseils techniques dans ce domaine», est-il précisé. Cette annonce survient après la visite cette semaine au Maroc du président de l'institution, David Malpass, qui a rencontré des hauts responsables ainsi que des représentants du secteur privé marocain. Le pays d'Afrique du Nord subit sa pire sécheresse depuis près de 40 ans, faisant craindre une sévère pénurie d'eau potable cette année. Selon le ministère de l'Agriculture, la sécheresse devrait s'intensifier progressivement au Maroc jusqu'en 2050 sous l'effet d'une baisse de la pluviométrie (-11%) et d'une augmentation des températures (+1,3°C). Elle entraînera une "diminution de la disponibilité en eau d'irrigation de plus de 25%", prévoit un rapport du ministère.

Prairies et changement climatique: le CGAAER plaide pour un coordonnateur national

Le CGAAER (ministère de l'Agriculture) a publié le 21 mars un rapport sur l’adaptation de l’élevage des ruminants et des systèmes fourragers au changement climatique. Partant du constat que les productions bovines, ovines et caprines «sont affectées par des aléas météorologiques d’ampleur et de plus en plus fréquents», il formule plusieurs recommandations. Tout d’abord, de nommer un coordonnateur en charge de ce dossier et d’envisager la suppression ou «l’atténuation» de freins réglementaires à l’adaptation. Le CGAAER propose de faciliter l’accès à une prestation de conseil stratégique climatique, en élaborant un diagnostic «entièrement pris en charge», et aussi d’assurer des aides «avec des taux d’intervention élevés et le cas échéant non plafonnés» pour «la couverture du risque économique, des pertes de revenu et des investissements liés à l’engagement dans une transition agro-climatique». Les experts préconisent également de cibler les jeunes, plus enclins à s’engager dans une transition de leurs pratiques et de «lancer un projet de structuration d’une offre de services environnementaux, incluant des systèmes fourragers vertueux» pour encourager le développement des PSE (paiements pour services environnementaux).

Pesticides: la liste des cultures non attractives pour les pollinisateurs a été élargie

Après la consultation publique clôturée en décembre 2021 et de nouvelles discussions, les ministères de l’Agriculture, de la Santé, de la Transition écologique et de l’Économie ont publié le 24 mars au Bulletin officiel l’arrêté fixant la liste des cultures non-attractives pour les pollinisateurs. Ces cultures seront donc exemptées du nouveau cadre issu du plan pollinisateurs, qui autorise les traitements uniquement entre deux heures avant le coucher du soleil et trois heures après. En plus des céréales à paille, du pois, du soja ou encore des graminées fourragères qui figuraient déjà dans l’arrêté en consultation, la liste a été élargie à la pomme de terre et au houblon.

Gel 2021: les assurés ont jusqu’au 6 mai pour demander l’aide complémentaire

Le dispositif d’aide complémentaire aux agriculteurs disposant d’une assurance climatique, qui ont été victimes du gel d’avril 2021, est ouvert depuis le 25 mars, a annoncé le ministère de l’Agriculture le même jour par voie de communiqué. Les exploitants ont jusqu’au 6 mai à 14h pour déposer leur demande sur le site de FranceAgriMer. Le dispositif est doté «d’une enveloppe de 63 millions d’euros». Comme annoncé par décret le 16 mars, le complément d’indemnisation pourra atteindre jusqu’à 2,5 points de capital assuré pour le raisin de cuve et de table, la betterave à sucre, le colza, le houblon, le lin et les semences de ces cultures. Il pourra atteindre jusqu’à 10 points de capital assuré pour les productions arboricoles et les petits fruits.