Gel: des dégâts attendus en arboriculture dès le 1er avril selon Serge Zaka (ITK)
De nouveaux dégâts liés gel sont à attendre en arboriculture dans toute la France à partir du 1er avril, selon Serge Zaka, agro-climatologue chez ITK (société de développement d’outils numériques d’aide à la décision). Dans une série de tweets postés ces derniers jours, Serge Zaka alerte sur «une importante descente d’air froid (…) prévue le 31 mars» et «des gelées généralisées dès le 1er avril», selon plusieurs modélisations météo. Le scénario le plus pessimiste, basé sur le modèle américain (GFS), prévoit «un froid polaire plus sec». L’autre scénario, basé sur le modèle européen (ECMWF), prévoit «un froid plus maritime». Mais des pertes «conséquentes» sont prévues dans les deux cas. «Les dégâts sont acquis. Il reste à confirmer l'étendue géographique, la puissance du gel et sa durée» détaille Serge Zaka, tout en appelant le monde agricole à se préparer à cet épisode car «mieux vaut prévenir que guérir». À l'échelle nationale, les espèces les plus exposées sont les abricots, prunes et kiwis. Les pommiers, cerisiers et la vigne semblent «plus protégées» car ces espèces «n’ont pas débourré sur une grande partie du territoire», détaille l’agro-climatologue. Selon lui, l’épisode de gel devrait durer au moins jusqu’au 4 avril.
Guerre en Ukraine: Auchan défend son choix de rester en Russie (presse)
Dans une interview parue le 27 mars dans le Journal du dimanche (JDD), le p.-d.g. d’Auchan Retail International, Yves Claude, a défendu le choix de maintenir les activités du groupe en Russie. «Partir serait imaginable sur le plan économique, mais pas du point de vue humain», a-t-il justifié. Le groupe prévoit des pertes pour l’année 2022, mais assume de rester en Russie pour maintenir l’emploi de ses 30 000 salariés et l’approvisionnement de la population civile. «Nous avons un positionnement de discounter et nous pensons contribuer en période de forte inflation à protéger le pouvoir d'achat des habitants», affirme Yves Claude. Il rappelle que le groupe a suspendu ses investissements dans le pays, tout en arguant qu’un retrait serait une décision «contre-productive», car elle exposerait ses dirigeants locaux à des poursuites et renflouerait les capitaux russes. En réaction à cet entretien (article payant), le gouvernement ukrainien a appelé à boycotter les magasins du groupe. «Si Auchan ignore les 139 enfants ukrainiens assassinés pendant ce mois d'invasion russe, ignorons Auchan et tous ses produits», a tweeté le chef de la diplomatie Dmytro Kouleba. Mercredi 23 mars, devant le Parlement français, le président ukrainien Volodymmyr Zelensky avait accusé l’enseigne d’être l’un des «sponsors de la machine de guerre russe».
Lait: entre une Ukraine attaquée et une Chine reconfinée, un marché «incertain» en 2022
L’Observatoire européen du lait (MMO) fait état, dans une note du 21 mars, d’un contexte «incertain» sur le marché du lait en raison de la hausse des coûts de production, «aggravée par la guerre en Ukraine qui pèse sur la disponibilité de certains intrants majeurs», et de la «grande dépendance» des Européens par rapport à la demande chinoise, alors que l’épidémie de Covid reprend dans le pays. Le conflit en mer Noire ne devrait pas avoir de conséquences directes «majeures» sur les échanges de produits laitiers: les experts rappellent que l’Ukraine importe principalement du fromage et la demande européenne pour ces produits devrait être en hausse, compte tenu notamment de l’arrivée de nombreux réfugiés. Cependant, des répercussions pourraient apparaître «plus tard», affirment les auteurs. Ils soulignent également que l’instauration de nouveaux confinements en Chine «influence la demande» en produits laitiers, alors même que les importations chinoises avaient augmenté en 2021. «En dépit du Covid et des défis logistiques, 2021 a été une année record en termes de volumes d’échanges mondiaux, avec un certain ralentissement ces derniers mois», note l’observatoire. Le déclin de la production et les prix élevés devraient conduire à une réduction globale des exportations européennes et mondiales cette année, anticipe-t-il.
Influenza: le ministère précise les modalités du dépeuplement dans le grand Ouest
Alors que l'épizootie d'influenza aviaire frappe durement les élevages des Pays de la Loire, une instruction technique de la DGAL (ministère de l'Agriculture) du 23 mars précise les modalités du dépeuplement préventif autour des sites sensibles (couvoirs et élevages de reproducteurs). La région compte «200 à 250» de ces sites, selon le président de la chambre d'agriculture de Vendée Joël Limouzin; les abattages sont ordonnés dans un rayon de 3 km autour des sites «sensibles» et de 5 km autour de ceux considérés «très sensibles». D'après le texte, les poules pondeuses et poulettes futures productrices d'œufs doivent faire faire l'objet d'une «réforme accélérée», et ce dans «le périmètre de 3 km autour des sites très sensibles». Comme pressenti, les jeunes animaux doivent être euthanasiés, et les lots d'animaux valorisables doivent être abattus «sans délai». Doivent être traités en priorité les élevages proches des sites «très sensibles», ainsi que les palmipèdes, réputés pour être des «excréteurs majeurs» de virus. Ces abattages préventifs doivent être ordonnés via des «arrêtés préfectoraux individuels», ainsi que la réquisition des abattoirs «utilisés pour la réforme accélérée».
Influenza: l'épizootie progresse toujours, le cap des 1000 foyers dépassé
Avec 27 nouveaux cas dans les Pays de la Loire et les Deux-Sèvres entre le 28 mars et le 25 mars, l'influenza aviaire continue sa progression dans les élevages de l'Ouest, à un rythme moindre que durant les semaines précédentes. Au dernier bilan officiel arrêté au 28 mars, la France comptait 1057 foyers d'influenza en élevages, dont 481 en Vendée, actuel épicentre de l'épizootie. Après la visite du ministre de l'Agriculture le 22 mars, un dépeuplement préventif a été ordonné dans cette zone (lire ci-dessus). En Ille-et-Vilaine, la préfecture a annoncé le 27 mars la confirmation d'un deuxième cas dans le département. Après le cas d'Essé, il s'agit cette fois d'un élevage de 4900 canards reproducteurs situé à Guipry-Messac, près de Redon. Dans le Sud-Ouest, seul le département du Lot a connu un nouveau cas, confirmé le 25 mars par la préfecture dans un élevage de canards situé à Teyssieu. Depuis le début de l'épisode 2021-2022 d'influenza, au moins 4,5 millions de volailles ont été abattues dans le Sud-Ouest et 8 millions dans les Landes.
Blé: la filière de la farine Label rouge s’engage dans la réduction d’intrants
Le cahier des charges de la farine Label rouge est complété par des exigences de réductions d’intrants, ont indiqué le 28 mars ses responsables. Un «renforcement des critères agroécologiques» est identifié comme faisant partie des «enjeux majeurs de notre chaîne blé-farine-pain», a déclaré en conférence de presse Catherine Peigney, présidente de la filière végétale du Paq, organisme de défense et de gestion. «La filière s’engage dans une démarche vertueuse de réduction des intrants.» Concrètement, l’apport d’engrais azotés est strictement encadré et les doses plafonnées. Les agriculteurs ont l’obligation de justifier tout traitement – phyto ou de fertilisation – au moyen d’OAD (outils d’aide à la décision). Le cahier des charges intègre en outre les dispositions du référentiel de la certification environnementale de niveau 2. Autre enjeu de la filière: un renforcement de la qualité des procédés de fabrication des farines. L’apport de gluten exogène est limité à 1% (au lieu de 2,5%), puis sera totalement interdit à compter de septembre 2022. En 2020, 178 000 t de farine Label Rouge (+11%) ont été produites au sein de la filière, qui rassemble plus de 6000 producteurs de blé, 65 moulins, 45 organismes stockeurs.
Climat/nutrition: trois repas végétariens hebdomadaires, un bon compromis (Inrae)
Dans des travaux publiés le 24 mars dans la revue European journal of Nutrition (article payant), des chercheuses de l’Inrae et l’entreprise spécialisée dans les statistiques nutritionnelles MS-Nutrition, estiment que trois repas végétariens par semaine en restauration scolaire permettraient de réduire de 50% les émissions de gaz à effet de serre tout en maintenant des apports nutritionnels optimaux pour les enfants. Ces résultats sont issus d’une modélisation de dix-sept scénarios issus d’une base de données de 2316 repas d’écoles, en jouant sur quatre leviers: réduction du nombre de composantes dans les repas, réduction de la viande rouge, augmentation du nombre de repas végétariens, et respect des 15 règles imposées par la loi en matière de fréquence alimentaire. En conclusion, les chercheurs recommandent de «faire évoluer les recommandations nutritionnelles en restauration scolaire» sur deux aspects. Première mesure: proposer trois repas végétariens par semaine, soit douze repas végétariens mensuels sur vingt (contre quatre actuellement). Pour les deux repas hebdomadaires restants, les scientifiques proposent de cuisiner «une fois du poisson et une fois de la viande blanche plutôt que rouge au cinquième repas». Or la règlementation actuelle, rappellent-ils, impose quatre repas à base de viande rouge par mois.
Santé: des fruits et légumes bio sur ordonnance pour les femmes enceintes à Strasbourg
La ville de Strasbourg va permettre aux médecins de prescrire une «ordonnance verte» aux femmes enceintes pour qu’elles puissent s’alimenter gratuitement en fruits et légumes bio, selon nos confrères d’Actu Strasbourg dans un article du 21 mars. L’accès à ces paniers bio hebdomadaires s’inscrit dans un dispositif plus large visant à sensibiliser les femmes enceintes aux risques associés aux perturbateurs endocriniens. Effectif a priori dès septembre, le dispositif «doit permettre d’accompagner 800 personnes la première année», rapporte le site d’informations locales. Il nécessitera un budget de «330 000 euros», complète France 3 Grand Est dans le 23 mars. D’après la chaîne de TV régionale, une expérience similaire menée en 2019 et 2020 avait remporté un «succès notable» auprès de futures mamans suivies dans des centres médico-sociaux de la protection maternelle et infantile. La municipalité de Strasbourg a désormais cinq mois pour choisir un opérateur qui distribuera les paniers bio et pour élaborer le programme de santé relatif aux perturbateurs endocriniens, précise France 3 Grand Est.
Similis de lait: une start-up française lève 4 M€ pour fabriquer des protéines in vitro
La start-up française Bon Vivant, spécialisée dans la fabrication de protéines de lait avec des levures, vient de lever 4M€ auprès de plusieurs investisseurs (Alliance for impact, High flyers capital, Kima ventures, Founders future, Picus capital et Notus technologies), d’après une information du journal Les Echos. Créée à la fin de l’année 2021, la jeune pousse affirme être parvenue à produire des protéines de lait en utilisant la technique de la fermentation de précision et vise la place de leader sur le marché européen. La levée de fonds lui permettra de poursuivre l’élaboration de son procédé de fabrication et de financer son outil industriel. Une dizaine de start-up seraient sur les rails pour produire ce type de protéines en Europe, dont la société néerlandaise Fooditive qui espère obtenir l’approbation des autorités européennes pour une mise sur le marché à la mi-2023.
Fruits et légumes: la start-up Agricool en redressement judiciaire
Spécialiste de la culture de fraises et d'herbes aromatiques en environnement contrôlé (containers équipés d'éclairage Led et d'hydroponie), la start-up française Agricool a été placée en redressement judiciaire le 31 janvier, selon les Echos. Toujours selon le quotidien, plusieurs repreneurs – dont les noms n'ont pas été publiés – se seraient manifestés. L'information n'a pas été commentée par la start-up. En 2018, Agricool avait levé 25 millions d’euros afin de produire des centaines de containers à l'horizon 2021. Mais, selon Les Echos, la société n’avait pas rempli cet objectif au printemps 2021. Elle s’est contentée de lancer une ferme d’une dizaine de containers en banlieue parisienne, début 2020. Récemment, la start-up avait recruté un nouveau directeur général en la personne de Jean-Christophe Sibileau, alors d.g. de Bonduelle Europe.
Présidentielle: trois chantiers pour «sauver» les éleveurs de bovins viande (FNB)
Application d'Egalim 2, réforme de la gestion des risques et réciprocité des normes. Dans un communiqué du 28 mars, la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA) appelle les candidats à la présidentielle à se saisir de ces «chantiers prioritaires pour enrayer la baisse spectaculaire de production de viande bovine». Instaurée par la loi Egalim 2 du 18 octobre 2021, la contractualisation obligatoire «se déploie beaucoup trop lentement», déplore le syndicat, exhortant l'État à «jouer son rôle de gendarme». Côté gestion des risques, la FNB rappelle ses exigences pour les textes d'application de la loi parue le 2 mars: «déclenchement de l’assurance dès 20% de pertes», «prise en charge du coût de l’assurance par l'État à hauteur de 70%», et «relai par la solidarité nationale dès 30% de pertes». Enfin, les éleveurs de bovins viande demandent la mise en place de mesures miroirs dans la «réglementation sectorielle européenne» sur la viande bovine, ainsi que de clauses miroirs «systématiques» dans les accords de libre-échange. La France perd «2000 éleveurs par an depuis dix ans» et «650 000 vaches en cinq ans», rappelle la FNB, «voilà des chiffres qui devraient inquiéter les candidats.»
Fraise: l’AIFLG veut dépasser les 20% de mariguette sur sa gamme Label rouge
«Fixer» la fraise mariguette Label rouge dans le cœur des consommateurs. Tel est l’objectif de l’association des fruits et légumes du Lot-Garonne (AIFLG) pour «les trois prochaines années», a indiqué son directeur Félix Pizon lors d’un déjeuner avec la presse le 24 mars. «On a produit 15 tonnes en 2021. L’objectif est de dépasser les 20 tonnes cette année pour atteindre, à terme, 20 à 30% des volumes de fraise [sous] Label rouge», a-t-il détaillé. Pour augmenter les volumes, l’AIFLG compte substituer la mariguette à d’autres variétés déjà cultivées dans les «250 ha de jardins suspendus» (NDLR hors-sol) dédiés au signe de qualité. L’idée est «d’avoir une croissance assez mesurée [sur la gamme Label rouge], car c’est un produit d’exception, et on veut éviter le risque que le consommateur ne soit finalement pas au rendez-vous», a expliqué Félix Pizon. Créée en 2013, la variété mariguette est issue d’un croisement entre la mara des bois et la gariguette. L’AIFLG a mis en marché ses premiers volumes cultivés en Label rouge l’an dernier. En 2021, l’AIFLG a produit «592 tonnes» de fraises label rouge (86 producteurs certifiés) dont «90% de gariguette, 6% de mariguette, 3% de ciflorette et 1% de charlotte», selon M. Pizon.
Santé: un lien confirmé entre édulcorants et cancers (recherche)
Dans une étude fondée sur les données de la cohorte Nutrinet-Santé et publiée le 24 mars dans la revue Plos Medecine, des chercheurs de l’Inrae, de l’OMS et d’Open food facts alertent sur le lien entre la consommation d’édulcorants – en particulier l’aspartame et l’acésulfame-K – et le risque de cancer. Comme le rappellent les chercheurs, 53% des apports en édulcorants proviennent des sodas, mais les industriels les ajoutent aussi «dans des produits qui ne contiennent traditionnellement pas de sucres ajoutés», comme les chips. Au total, la consommation d’édulcorants augmenterait alors de 13% en moyenne le risque de cancer, en particulier le risque de cancer du sein (22%) ou de cancer liés à l’obésité (15%). Alors qu’aucune différence n’a été identifiée entre les forts consommateurs d’aspartame à faible consommation de sucre par rapport aux forts consommateurs de sucre, «les édulcorants et les apports excessifs de sucre pourraient être tout autant associés à une augmentation du risque de cancer», notent les auteurs. Alors que la réévaluation de certains édulcorants est en cours à l’Efsa, «nos recherches ne soutiennent pas l’usage d’édulcorants artificiels comme des alternatives sûres en alimentation ou dans les boissons», insistent les chercheurs.
Carbone: un premier outil certifié par Veritas en grandes cultures
MyEasyFarm annonce ce 28 mars être la première start-up française à avoir obtenu la certification du bureau Veritas pour son outil MyEasyCarbon. «La conformité officielle avec le Label bas carbone Grandes cultures permet désormais aux porteurs de projet de déposer des projets Label bas carbone auprès du ministère de la Transition écologique», souligne Maxence Rivenet, responsable produit MyEasyCarbon. Le dépôt du projet marquera alors le début de l’évaluation des émissions, pour une durée de cinq ans. En l’attente de la validation officielle, «plusieurs dizaines» de diagnostics auraient déjà été réalisés à cette date, estime-t-il. En passant avec un autre bureau de certification, Sysfarm avait déjà le précieux sésame fin février 2022.
Lait: Olivier Delamea futur directeur général de Savencia
Le chef de la direction végétale d’Avril, Olivier Delamea, rejoint Savencia Fromage & Dairy à compter du 4 avril pour préparer la succession du directeur général du groupe, Jean-Paul Torris, a annoncé l’industriel dans un communiqué du 25 mars. Le même jour, le conseil d’administration de Savencia l’a choisi pour prendre la direction générale à la suite de M. Torris, qui occupe ce poste depuis 2016. Après plus de trente ans dans le groupe, l'actuel d.g. quittera ses fonctions le 1er septembre et accompagnera le nouveau patron pendant une période de transition, avant de prendre sa retraite. Olivier Delamea avait commencé sa carrière au sein du groupe Danone, où il a exercé notamment les fonctions de d.g. de Danone France (2011-2014), puis de Blédina.