Agrafil du 26 septembre 2025

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UE/Mercosur : le mécanisme de rééquilibrage au cœur des préoccupations

Alors qu’un groupe d’eurodéputés provenant d’un large spectre politique de l’hémicycle (de la droite à la gauche radicale) prépare un projet de résolution visant à solliciter l’avis juridique de la Cour de justice de l’UE sur la compatibilité de l’accord UE/Mercosur avec les traités européens, la question du mécanisme de rééquilibrage soulève des préoccupations. A l'occasion d'un point avec la presse le 25 septembre à la veille des manifestations agricoles dans l’Hexagone, l’eurodéputé centriste français Pascal Canfin compare cet outil à une « bombe à retardement » représentant une menace inédite sur la souveraineté réglementaire de l’UE. Selon lui, « ce mécanisme constitue une arme anti-mesures miroirs » car il pourrait, à l’avenir, saper la capacité de l'UE à préserver l’autonomie de son ordre juridique et être utilisé par les pays du Mercosur pour faire pression sur le Vieux continent. Il offrirait, ainsi, un véritable « droit à compensation » aux partenaires commerciaux aux normes plus faibles si les mesures prises par l’UE venaient à réduire les exportations par rapport aux bénéfices attendus. « Dès lors, renforcer l’égalité d’accès au marché européen via des clauses miroirs aura un prix… ce qui les rendra bien plus difficiles à instaurer en Europe », considère Pascal Canfin.

UE/Australie : les questions agricoles bloquent encore l’avancée des discussions

À l’occasion de sa visite diplomatique en Asie, le commissaire européen au Commerce international, Maros Sefcovic, a rencontré, le 25 septembre, son homologue australien Don Farrel, quelques mois après celle du 4 juin à Paris, en marge d’une réunion de l’OCDE. Au programme : une discussion concernant « les priorités communes visant à faire progresser les négociations commerciales », indique le commissaire dans un message posté sur le réseau social X. Invitée en commission du Commerce international du Parlement européen, le 24 septembre, la directrice générale du Commerce, Sabine Weyand a confirmé « un intérêt politique réciproque » entre l’UE et l’Australie pour parvenir à un accord. Toutefois, l’agriculture reste un point de blocage majeur, Sabine Weyand évoquant notamment « des attentes irréalistes du côté australien en ce qui concerne les produits agricoles ». « Nous allons faire en sorte d’aligner nos attentes afin de trouver un accord, si possible », a-t-elle indiqué. Plusieurs réunions politiques et techniques doivent, à présent, être organisées dans les mois à venir. « J’espère que nous aurons une vision plus claire d’ici là », a conclu la DG de la direction générale du Commerce.

UE/États-Unis : l’exemption pour les boissons alcoolisées reste une priorité pour Bruxelles

Alors que le commissaire européen au Commerce international, Maros Sefcovic, s’entretenait le 25 septembre avec le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, pour faire un état d’avancement de leurs engagements communs conclu en juillet, la question de l’exemption tarifaire pour les boissons alcoolisées était, semble-t-il, à l’ordre du jour. « Garantir une exemption tarifaire pour nos vins et spiritueux reste l’une de nos principales priorités », a ainsi confirmé le 25 septembre, Olof Gill, porte-parole en chef adjoint de la Commission européenne, « et nous y travaillons ». En parallèle, la commission du Commerce international du Parlement européen (cominta), a entamé, le 24 septembre, ses travaux concernant les propositions de règlement qui doivent supprimer les droits de douane sur les produits américains. Le président de la Cominta, le social-démocrate allemand Bernd Lange a été nommé rapporteur. Certains parlementaires, à l’image de la Française Céline Imart (PPE, droite), réclament la mise en place d’une clause de révision (ou « sunset clause ») dans ces propositions comme outil de protection pour l’UE.

Bio : reprise du marché confirmée au 1er semestre, y compris en grande distribution

Lors du salon Tech&Bio qui se tenait les 24 et 25 septembre à Bourg-lès-Valence, Laure Verdeau, directrice de l’Agence Bio, a indiqué que le chiffre d'affaires du secteur était en croissance, de 4,1 % au premier semestre 2025. Cette reprise s’appuie d’abord sur la vente directe (+8,8 %). Les magasins spécialisés renouent également avec la croissance (+6,2 %), tandis que la grande distribution, pour la première fois depuis 2021, repasse en positif (+1,4 %). Les filières les plus dynamiques sont les fruits et légumes (+8 %), mais aussi la volaille (+15 %) et les œufs (+6 % en magasin bio, +23 % en GMS). Certes modeste, l'embellie tranche avec la situation de crise de la période 2020-2023, marquée par un recul de 6% des achats bio, et un afflux de 13 000 nouveaux producteurs, soit environ +30 %, rappelle Sébastien Windsor, président des chambres d'agriculture France. Si cette progression devrait se poursuivre, l'Agence bio estime que la France a de la marge, soulignant que les Français ne consacrent encore que 6 % de leur budget alimentaire au bio, que les cantines ne proposent que 7 % de produits bio et que seule 10 % de sa SAU est dédiée au bio. La réglementation prévoyait 20 % dans les cantines en 2022 et a fixé l'objectif 2030 à 20 % de la SAU en AB. (Elena Blum)

Bio : en Europe, le marché avait repris dès 2023, nouvelle hausse en 2024 à 52 Md€

Lors du salon Tech&bio, Clément Lepeule, consultant pour AND International, a présenté les grandes tendances de l’agriculture biologique à l’échelle européenne. Si la majorité des pays européens ont subi un essoufflement de la production bio entre 2021 et 2022, la valeur du marché passant de 46,4 à 45,2 Mds€, la reprise s’est amorcée dès 2023, avec 46,5 Mds€ pour atteindre 52 Mds€ en 2024. Le marché est dominé par l’Allemagne (17 Mds€, +5,7 %), la France (12,2 Mds€, +0,8 % depuis 2023), l’Italie (6,5 Mds€, +5,7 %), la Suède (3,4 Mds€, seul pays du top 5 à subir un recul de son marché, de l’ordre de 1,5 %) et l’Espagne (3,1 Mds€, + 3 %). Depuis 2023, l’Espagne a dépassé la France à la première place des pays européens en termes de surface agricole utile (SAU) dédiée à l’AB, avec 3 Mha, contre 2,6 Mha en France. Le Danemark est le premier pays en termes de consommation de produits bio, à 12 %, soit le double de la France. La production biologique atteint également 10 à 12 % dans ses différentes filières agricoles. « Le Danemark dispose d’une stratégie nationale ambitieuse, qui vise 30 % de consommation et 30 % de production en agriculture biologique d’ici 2030 » a rappelé Laure Verdeau, de l’Agence bio. De bons chiffres qui reposent, selon Benoît Soury, directeur marché bio de Carrefour, sur un engagement très fort de l’Etat dans la restauration collective. (Elena Blum)

Bio: les 10 propositions de La Coopération agricole pour relancer les filières

Dans un manifeste dévoilé au Salon Tech et Bio le 25 septembre, la Coopération agricole (LCA) fait 10 propositions pour « amplifier la sortie de crise et pour renouer avec le développement » de l’agriculture biologique, selon l’édito du président de la commission bio, Jérôme Caillé. En ce qui concerne le maillon amont de la production agricole, LCA  appelle à « agir pour limiter les déconversions », qui ont bénéficié de budgets publics « conséquents », et à se fixer des objectifs de croissance « en lien avec les marchés ». Elle souhaite renforcer « l’ancrage » dans les « dynamiques locales (PAT, circuits courts, RHD relocalisée) ». Concernant le maillon de la transformation, LCA appelle à « soutenir les investissements dans les outils industriels adaptés au bio » : vu les coupes budgétaires du fonds avenir bio, LCA estime qu’il « est nécessaire que les dossiers bio soient éligibles à tous les appels à projets en faveur des transitions. » Elle appelle aussi à « inciter à la contractualisation ». Enfin, sur le volet soutien par la consommation, LCA propose d’expérimenter « la TVA différentielle sur les produits vertueux », de « dynamiser l’export », et d’« encadrer » les allégations environnementales  sur les emballages à niveau européen. 

Consommation : léger recul de «l'éco-engagement» dans les achats alimentaires (sondage)

Dans un baromètre sur l’éco-engagement des Français, réalisé pour le magazine Géo et publié le 18  septembre, l’institut CSA a mis en évidence un recul des comportements «écologiques» ou «responsables» par rapport à l’an dernier. « À contre-courant de la montée des discours écologiques et des événements climatiques toujours plus importants – inondations, sécheresses, vagues de chaleur… – ces résultats montrent l’émergence d’une forme de lassitude écologique », constate le communiqué du 24 septembre. Ainsi l’indice d’éco-engagement du baromètre est passé de 53 à 51 entre 2024 et 2025. Sur le plan alimentaire, sur le millier d’adultes sondé, 78% achètent des produits de saison tout le temps ou souvent, un pourcentage en régression de 3 points ; 84 % privilégient des produits de saison (également tout le temps ou souvent), soit 3 points de moins ; 83% consomment des produits animaux, seul acte d'achat en progression, de 4 points; 32% achètent bio (- 5 points) et 54 % achètent des produits locaux (- 3 points). Les achats du quotidien vertueux sont moins fréquents et davantage en recul. Ainsi les personnes achetant des produits équitables ou durables, alimentaires ou non, tout le temps ou souvent, sont 31%, taux en recul de 6 points, et celles achetant en vrac ne sont que 22% (- 7 points).  

MSA : la Cour des comptes estime que la Sécu agricole peut mieux faire (rapport)

Alors que va débuter en 2026 la négociation de la nouvelle convention pluriannuelle qui lie l'Etat à la mutualité sociale agricole (MSA), en vue d'une mise en oeuvre à partir de 2028, la Cour des comptes a livré, ce 25 septembre, un rapport plutôt négatif sur l'action de la Sécu agricole durant la période 2020-2025. «Si des efforts de gestion sont tangibles depuis le précédent rapport de la Cour, la MSA est globalement restée figée dans son organisation antérieure à 2020, même si le pilotage des activités, assuré mensuellement par la caisse centrale, a constitué un progrès, concluent les rapporteurs. Toutefois, cela est désormais insuffisant pour que les régimes agricoles relèvent les défis auxquels ils doivent faire face, avec la poursuite de la baisse de leurs ressortissants, les évolutions du cadre général de la sécurité sociale, favorisant une logique de rapprochement, avec des législations de plus en plus proches, voire de plus grande intégration». Dans son précédent rapport, la Cour avait formulé douze recommandations, dont trois ont été mises en oeuvre «pleinement», six «partiellement», une «pas du tout», et deux font l'objet d'«un refus de mise en oeuvre». Sur la période, la MSA a notamment réduit les effectifs de 1000 équivalents temps-plein, comme demandé, et organisé des mutualisations entre caisses voisines. Mais la Cour souhaite que la MSA aille plus loin sur l'immobilier, le pilotage des moyens et la lutte contre les fraudes.

Cotisations sociales: le taux de recouvrement s'améliore lentement chez les agriculteurs

Dans son rapport paru le 25 septembre sur l'activité de la mutualité sociale agricole (MSA), la Cour de comptes constate que le recouvrement des prélèvements sociaux, qui était «le point noir de la gestion opérationnelle de la MSA en 2020, reste un domaine d’attention en 2024», avec une performance du recouvrement «hétérogène» entre les caisses et les filières agricoles. En 2023, les taux de restes à recouvrer sur les flux de prélèvements sociaux restaient de 6,7 % pour les non-salariés (majoritairement des exploitants agricoles), contre 5,7 % en 2019. Il est de 1,1 % pour les salariés du régime. La Cour des compte convient certes que «les crises conjoncturelles et la crise sanitaire ont affecté le recouvrement des cotisations et ses effets ont été partiellement amortis par des prises en charge de cotisations décidées par les pouvoirs publics». Elle constate aussi que le pilotage de la caisse centrale a été «resserré», mais appelle à la mise en place de «mesures fortes». En matière lutte contre les fraudes, la Cour constate des «résultats en hausse de 2019 à 2024 (+84,1 % sur la fraude aux prestations et +85,9 % sur la fraude aux prélèvements sociaux et la lutte contre le travail dissimulé)». Toutefois elle estime que les efforts «doivent être significativement accentués afin de réduire l’écart important qui existe entre la fraude détectée par les caisses et la fraude estimée.»

Dégâts de gibier: le CGAAER recommande un « choc de régulation » en forêt domaniale

Dans le cadre du renouvellement du contrat pluriannuel entre l’État et l’Office national des forêts (ONF), le CGAAER préconise, dans un rapport paru le 25 septembre, un «plan d’action global de régulation des ongulés», sans lequel «aucune régénération pérenne (des forêts) n’est envisageable». Pour ce faire, les auteurs proposent des «mesures fortes », notamment la mise en place d’un « choc de régulation des ongulés sauvages » dans les forêts domaniales identifiées par l’ONF comme «en fort déséquilibre forêt-ongulés». Il s'agira notamment, à court terme, de suivre l’exemple des mesures mises en place en 2019 dans les « zones blanches » pour lutter contre la peste porcine africaine (PPA). Plus de 1000 sangliers avaient été tués dans la «zone blanche», entre janvier 2019 et septembre 2020, dont 52 % par tirs de nuit, 37 % par battue et 11 % par piégeage, selon l'ONCFS (aujourd'hui l'OFB). Le dispositif incluait même des surveillances aériennes par hélicoptère. L'objectif était d'éliminer le maximum de sangliers et d'éviter la propagation de la maladie sur le sol français. Le «choc de régulation» du CGAAER doit inclure «la gestion des animaux abattus : découpe, transformation, distribution de la venaison ou élimination des cadavres (équarrissage)». A l'issue de cette phase d'éradication, une « indemnisation temporaire » des chasseurs de la zone concernée est prévue pour compenser la baisse du nombre d’ongulés chassables.

Amidonnerie : le chiffre d'affaires des industriels français plombé par les exportations

Lors d’une conférence de presse organisée le 25 septembre précédant son assemblée générale à Paris, l’Usipa (représentant les amidonniers français) a annoncé un chiffre d’affaires de l’amidonnerie nationale entre 2023 et 2024 en recul de 21 %, à 3,1 milliards d’euros. Selon les industriels, cette chute s’explique essentiellement par la baisse des exportations hexagonales. Le syndicat rappelle que l’industrie exporte 71 % de ses volumes, dont un peu plus de deux tiers sont destinés à l'UE et le reste vers les pays tiers. « 2024 a été marquée par un recul généralisé du chiffre d’affaires réalisé à l’export. Celui-ci a reculé de 18 % en un an, passant de 2,7 à 2,2 milliards d’euros », peut-on lire dans le dossier de presse. L’organisation pointe le manque de compétitivité à l'export de la filière, et ne se montre guère optimiste pour 2025-2026. La concurrence États-unienne et surtout chinoise s’intensifie. « Avec les taxes de Donald Trump, l’amidonnerie française et européenne a du mal à poursuivre ses exportations aux États-Unis. Et la Chine, ne pouvant plus exporter vers les USA, risque de se tourner vers l’UE », pointe la présidente de l'Usipa Marie-Laure Empinet. Ensuite, le contexte économique européen reste atone, pesant sur la demande générale, tout comme en Chine, qui dispose de surcapacités de production, et se voit donc obliger d’exporter, d'après la même source.

Maïs/amidonnerie : bonne qualité des premiers lots de maïs, selon l'Usipa

Lors de la conférence de presse introduisant son assemblée générale le 25 septembre à Paris, l’Usipa a fait part de sa satisfaction quant à la qualité des grains de la récolte française 2025, et particulièrement du maïs. « Les premiers lots reçus sont de bonne qualité, bien meilleure que l’an dernier », s’est réjouie la présidente Marie-Laure Empinet, la présidente. Toutefois, la prudence reste de mise, la récolte étant loin d’être achevée. Pour rappel, le maïs avait subi d’importantes contaminations aux mycotoxines en 2024, conséquences des pluies intenses survenues en été et durant l’automne. « Les débouchés de l’alimentation animale ont beaucoup souffert », pointe la présidente. Les mycotoxines se sont concentrées dans les drêches et l’huile, qui n’ont, dans certains cas, pas pu être livrés aux usines de production d’aliments pour animaux. Le syndicat s’inquiète pour l’avenir. « Le changement climatique intensifie les accidents climatiques. Cela faisait longtemps que nous n’avions pas connu les déconvenues de 2024. Mais cela pourrait revenir plus fréquemment », alerte-t-elle. Elle ajoute que « la baisse de l’accessibilité aux molécules de traitement chez les agriculteurs nous pénalise également : ils ont moins de moyens pour traiter. Cela peut nous obliger, à cause des mauvaises qualités, à refuser l’entrée de matières premières dans nos usines ».

Lait : les industriels alertent sur un résultat net très bas à 1,1% en 2024

« Le risque de casse est réel ! » a alerté François-Xavier Huard, PDG de la Fnil (industriels) le 25 septembre, au sujet des faibles marges réalisés par les entreprises de la transformation lalitière. Se basant sur une étude sur la situation économique et financière de son secteur réalisée par la Banque de France et dévoilée ce jour, le taux de résultat net des entreprises de la transformation laitière a atteint 1,1% en 2024, contre 3% en moyenne pour les industries agroalimentaires (IAA). Pour les industriels du lait, ce résultat net n’a fait que décroître depuis 2020 (1,8%). Les entreprises sont « très fragiles », en particulier depuis la sortie du Covid, et « à la merci de n’importe quelle crise qu’elle soit économique, géopolitique ou commerciale ». Pour expliquer cette fragilité, François-Xavier Huard avance l’impossibilité de relayer la hausse des coûts (production, prix du lait) auprès des distributeurs qui « ne sanctuarisent pas la matière première agricole ». L’étude de la Banque de France met aussi en lumière la répartition de la valeur ajoutée spécifique aux industries laitières : les dépenses de personnels y sont plus lourdes que dans les IAA (64% contre 59%) et les dividendes plus faibles (14% contre 18%).

Lait/relations commerciales : proposition des industriels contre les centrales d’achats européennes

François-Xavier Huard, PDG de la Fnil (industriels), s’est dit « inquiet au sujet du développement exponentiel des centrales d’achat européennes » à l’occasion d’un point presse le 25 septembre. D’après ses calculs, des volumes toujours plus importants de lait sont négociés par les distributeurs français hors des frontières nationales. Il estime que sur la moitié des volumes absorbés les GMS françaises, environ 65% sont soumis aujourd’hui à des contrats d’achat à l’échelle européenne, contre 50% un an plus tôt. « Si rien n’est fait, sera bientôt à 100% des produits laitiers qui échapperont à la loi Egalim, soit 6 milliards de litres de lait par an », prévient-il. Pour lutter contre ce contournement de la loi Egalim, la Fnil veut agir au niveau des négociations actuelles sur les pratiques commerciales déloyales qui se tiennent à Bruxelles en proposant que les produits composés majoritairement de matières premières agricoles collectées, transformées et consommées en France ne puissent pas être négociés hors de France. Elle appelle aussi à un renforcement des contrôles de la part de la DGCCRF (fraudes) pour faire applique la loi Egalim. 

Lait : Sodiaal lance un fonds pour garantir les prêts des éleveurs

La coopérative laitière Sodiaal va lancer à partir de janvier 2026 un « fonds de garantie pour encourager les investissements des éleveurs », selon un communiqué. Concrètement, un mécanisme de partage du risque entre la banque et le fonds de garantie de Sodiaal sera mis en place. La garantie ne portera pas sur la totalité de l’emprunt réalisé par l’éleveur mais pourra aller jusqu’à 60 % du montant du prêt. Le but est de « lever les freins à l’investissement et soutenir les grandes étapes de la vie des exploitations (installation, développement, transition vers des pratiques plus durables). » Ce dispositif devra permettre aux éleveurs d’accéder plus facilement à des financements et de « transiter vers un modèle plus durable sans devoir mobiliser d’autres garanties personnelles », selon Sodiaal. La transition environnementale des élevages sera également soutenue par la coopérative qui poursuit actuellement de déploiement de la plateforme Sodiaal Transitions. Celle-ci est destinée à cofinancer la décarbonation de la filière laitière à travers « des projets pour une transition bas carbone, tout en permettant aux clients et partenaires de soutenir une trajectoire carbone validée et de renforcer leur engagement RSE »

Elevage : Sanders complète son programme d'aide à l'installation

A l'occasion du du Space à Rennes, Sanders (groupe Avril) a lancé un nouveau programme d’aide à l’installation en élevage  : Pro’pulser est un programme complet de construction du projet, de mise à niveau des compétences et des savoirs pratiques, de recherche de financements et enfin du suivi de la rentabilité et du bien-être de l’éleveur dans ses responsabilités et son travail quotidien. La filiale d’Avril complète ainsi son dispositif d’aide financière lancé en 2022 : Philippe Manry a assuré que 4 à 5 millions d’euros par an ou davantage continueront d’être versés via ce dispositif. Des enveloppes de 6 millions étaient prévues pour 2022 et 2023 et de 4 millions pour 2025. Ce sont 571 nouveaux installés qui ont été soutenus par ces aides. Sander espère démultiplier ce nombre. « Il faudrait en accompagner 11 000 à l’échelle des 26 000 clients Sanders », a calculé le DG Philippe Manry pour Agra Presse. Par ailleurs, afin de contribuer à l’émergence de modèles de production et de modes de financement, Sanders a signé le 16 septembre avec l’institut UniLaSalle pour financer pendant trois ans une chaire d’enseignement et de recherche. Sanders revendique 3,4 millions de tonnes d’aliments pour toutes espèces sous technique Sanders, 13,2% de part de marché en France et 1,6 milliard de chiffre d’affaires en 2023.

Bovins/DNC: début de la campagne de vaccination dans la seconde zone réglementée

Les premières doses ont déjà été livrées sur le terrain et le lancement de la compagne de vaccination pouvait démarrer dès ce 25 septembre dans la nouvelle zone réglementée autour du foyer de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) confirmé le 18 septembre dans le Rhône, annonce le ministère de l'Agriculture dans un communiqué. La Rue de Varenne précise que les modalités vaccinales sont «identiques» à celles appliquées dans la première zone réglementée: tous les bovins des zones de protection et de surveillance concernés prise en charge intégrale par l'Etat de la vaccination, une seule dose, protection complète 21 jours après injection. Ce sont 350 000 bovins qui devront être vaccinés. « Les doses de vaccins sont en stock suffisant en France pour démarrer la vaccination », avait indiqué le cabinet de la ministre de l’Agriculture le 22 juin. Au 19 septembre 2025, 79 foyers avaient été détectés en France, répartis dans quatre départements : Savoie (32 foyers), Haute-Savoie (44 foyers), Ain (2 foyers) et Rhône (1 foyer). Ces foyers concernent 47 élevages.

Influenza : deux élevages infectés dans le nord de la Pologne

L’Omsa (organisation internationale de la santé animale) a recensé le 25 septembre les deux premiers cas domestiques d’influenza aviaire de la saison en Pologne. La maladie a frappé dans le nord du pays deux élevages situés à faible distance d’une baie s’ouvrant sur la mer Baltique. La maladie avait tué le 18 septembre un cheptel de 3238 oies et le 19 septembre 768 dindes de reproduction d’un cheptel de 11 573 individus. Cependant aucun cas sauvage n’a été détecté jusque-là dans ce pays, d’après la plateforme d’épidémiologie française ESA. Précédemment le nord de l’Allemagne a connu trois infection, également sur la côte baltique, la troisième ayant été détectée le 10 septembre dans un élevages de canards et d’oies. La Pologne est le 7e pays européens dont l’élevage est touché depuis le début de la saison le 1er août 2025. D’après le dernier bulletin ESA, au 21 septembre, ces 6 pays déjà atteints sont l’Espagne (4 cas), Royaume-Uni (4 cas), Bulgarie (3 cas), Allemagne (3 cas), Norvège (1 cas), Portugal (1 cas). La plateforme ESA fait état d’une augmentation d’incidence depuis début juin 2025 chez les oiseaux sauvages marins, en particulier les laridés en mer du Nord, sur la Manche et le littoral de l’Atlantique. 

Blé : rebond des rendements et des surfaces pour la charte CRC

Selon un communiqué du 25 septembre, la filière blé CRC (Culture raisonnée contrôlée) revendique une hausse de la production française 2025 de 32 % par rapport à l’an dernier, à 570 000 t. Les rendements se sont avérés bien meilleurs que l’an dernier, s’affichant à 6,5 t/ha en moyenne, soit une progression de 25 % par rapport à 2024, grâce aux conditions météorologiques bien plus favorables. La filière CRC indique qu’en 2025, « ce sont plus de 16 millions d’euros qui pourraient être reversés à l’amont agricole grâce à notre démarche ». Nos confrères de La Dépêche-Le Petit Meunier (article payant) évoque également une hausse annuelle des surfaces de 7,1%, à 88 496 ha. Seule ombre au tableau : le taux de protéine un peu faible, constat assez logique dans un contexte de rendement élevé, rapporte la filière au média. Il est estimé, via une première enquête, à 11,4 % en moyenne pour les blés meuniers (BPMF) et à 14,3 % pour les blés de force. Prudence néanmoins : ces résultats ne sont pas définitifs et pourraient évoluer.  

Champagne : endetté, Vranken-Pommery vend Heidsieck & Co Monopole à Lanson BCC

Vranken-Pommery Monopole est entré en négociation exclusive avec Lanson-BCC pour lui céder Heidsieck & Co Monopole, ont annoncé le 24 septembre les deux maisons de champagne. La transaction, dont le montant n’est pas révélé, porte sur « la cession des titres de la société Heidsieck & Co Monopole (propriétaire de la marque éponyme) à l’exclusion de tout autre actif », selon le communiqué commun. Elle devrait être « signée le 1er octobre 2025 », sous conditions suspensives de l’accord des conseils d’administration des deux groupes. Pour le vendeur, ce désengagement répond à l’urgence de réduire sa dette (635 millions d’euros d’endettement financier net). Vranken-Pommery Monopole avait fait part le 31 mars d’une chute de son bénéfice net de 87 % à 800 000 euros en 2004, année « particulièrement défavorable » plombée par des baisses de volumes de vente de champagne. Le chiffre d'affaires a, lui, chuté de 10,2 % à 304 M€ « dans un contexte de réduction des volumes sur le marché du champagne et de rendements de récolte plus faibles dans tous les vignobles - Champagne, Provence, Camargue et Douro » au Portugal.

Syndicalisme: début des mobilisations FNSEA/JA contre les importations «aberrantes»

Blocage d’un Buffalo Grill, assemblée de tracteurs devant la Maison de l’Europe... Des rassemblements symboliques se sont tenus le 25 septembre à l’appel de la première alliance syndicale agricole FNSEA-Jeunes Agriculteurs, contre les importations «aberrantes» qui minent selon elle l’agriculture française. Jeudi, une cinquantaine d’agriculteurs, selon des représentants syndicaux, ont bloqué l’entrée d’un Buffalo Grill à Pusey, près de Vesoul (Haute-Saône), pour protester contre le Mercosur et pour la défense de la viande française. Ils ont amené une charolaise devant la porte d’entrée et ont tagué sur la devanture «Je suis français, je mange français». A Plérin (Côtes d’Armor), une cinquantaine de manifestants étaient réunis au marché au porc, selon un photographe de l’AFP. Dans le centre de Dijon, 150 agriculteurs sont venus, avec 41 tracteurs et bennes, déverser fumier, terre et paille devant la Maison de l’Europe. La mobilisation se poursuivra vendredi sous diverses formes: mobilisations en supermarchés, défilés devant des préfectures, présentation de produits jugés «aberrants» (pommes du Chili, noix des Etats-Unis, etc), ou manifestation régionale avec tracteurs place d’Armes, devant le château de Versailles.

Coopérative : Limagrain renforce son comité de direction avec trois nominations

Le groupe Limagrain annonce, le 25 septembre, « renforcer son comité de direction pour soutenir ses ambitions stratégiques dans le cadre du projet Ambition 2030 ». Ainsi, à compter du 1er octobre 2025, Anthony Carvalho – qui conserve le poste de directeur administratif et financier du groupe - est nommé directeur général adjoint, en charge des fonctions de pilotage, de conformité et de transformation. Pour rappel, Alexandre Raguet est également directeur général adjoint, en charge des activités filières et Vilmorin Jardin. L’équipe se renforce aussi d’une directrice générale de l’activité semences de grandes cultures (Limagrain Fiel Seeds) avec la nomination de Quiterie Foulet, ex-DGA du groupe : Rémi Bastien étant son pendant pour les semences potagères. Enfin, Laëtitia Louis est la nouvelle directrice des ressources humaines du groupe. Le comité de direction se compose donc désormais de sept personnes : les cinq nommées précédemment, ainsi que de Sébastien Chauffaut, le directeur général du groupe et de Tanguy Poupart, directeur général de Limagrain Coop. (Anne Gilet)

Erratum sur l'enquête Vox Agri

Suite à une diffusion «trop précipitée» des résultats du baromètre Voxagri (Cévipof/Agro Toulouse/Réussir), les réponses à la question de savoir quelle personnalité du monde agricole représente le mieux les agriculteurs, telles que publiées dans Agrafil, n'étaient pas correctes, indiquent ses auteurs. Les résultats «consolidés» dessinent finalement un coude à coude entre Arnaud Rousseau (16,5%) et Véronique Le Floc'h (16,3%), devant Jérôme Bayle (10%), Laurence Marandola (8,4%), Dominique Chargé (3,8%), Pierrick Horrel (3,5%) et Sébastien Windsor (2,7%). Les auteurs soulignent également que 33,9% des personnes interrogées n'ont pas répondu. Les résultats complets de l'enquête seront présentés ce lundi 29 septembre à 18h à Sciences Po, 27, rue St Guillaume, Paris, salle 404. Inscritption : https://lnkd.in/et5iFRtx

Agenda de la semaine agricole du 29 septembre 2025

Dimanche 28 septembre
Marche des résistances « climat, justice, liberté », avec Greenpeace et Notre affaire à tous

Lundi 29 septembre
Présentation du baromètre Vox Agri (Cevipof, Réussir/Agra, AgroToulouse)
Conférence de presse annuelle de Bonduelle
Débat de l'Ines (énergie solaire) sur l'agrivoltaïsme
Présentation du rapport annuel de l’Autorité environnementale 
Journée internationale de sensibilisation aux pertes et gaspillages
Mobilisation sur le transport de veaux non sevrés au siège de Brittany Ferries

Mardi 30 septembre
Assemblée générale de la FNO (éleveurs d'ovins, FNSEA)
Salon Fruit Attraction à Madrid (jusqu’au 2 octobre)
Conférence de presse de la Coopération agricole sur les relations commerciales
Conférence de presse Sitevi (Salon viticulture, arboriculture)
Table ronde « Agri-Agro et numérique » d'Agreentech Valley, à Orléans
Colloque Les plantes dans un environnement à fort CO2 (Académie d'agriculture/Académie des sciences)

Mercredi 1er octobre
Séminaire sur la santé des sols à Bordeaux (via l’Areflh)
Journée innovation agricole par Agri Sud-Ouest Innovation, la Région Occitanie et RobAgri, à Toulouse

Jeudi 2 octobre
Conférence de presse de rentrée de la MSA
Conférence de presse du SGV (vignerons de Champagne) sur les vendanges
Salon Périfel (fruits et légumes), à Douville (Dordogne)

Vendredi 3 octobre
Publication du nouveau rapport de la commission EAT-Lancet (nutrition/climat)