Bovins/DNC: retour d'estive entravé pour 4000 bovins, Genevard annonce du soutien
Actuellement en estive dans la zone réglementée contre la dermatose bovine contagieuse (DNC), ce sont potentiellement 4000 bovins qui ne peuvent actuellement pas revenir vers leurs corps de ferme car ceux-ci sont situés hors de la zone, indique dans un communiqué de presse le 26 septembre la ministre de l'Agriculture. Pour aider les éleveurs à loger leurs animaux dans la zone, Annie Genevard annonce des «mesures exceptionnelles». Tout d'abord des places d’accueil d’urgence pour des génisses, mais aussi des vaches laitières, sont ouvertes dans les établissements de formation agricole publics et privés, où les personnels pourront être mobilisés en soutien. Par ailleurs, une aide financière est mise en oeuvre «pour les exploitations qui accepteront en pension des bovins en descente d’estives contrainte». Dans le détail, cette aide «se matérialise sous la forme d’un forfait au bovin de 2 € maximum par jour à compter du 22 septembre 2025, jusqu’à la levée des restrictions de mouvements et dans la limite de 45 jours».
AOP laitières : en assemblée générale, le Cnaol appelle à un plan de sauvegarde du lait cru
Le Cnaol (AOP laitières) a lancé un appel à la mise en place, dès l’automne, d’une concertation nationale sous l’égide des ministères de l’Agriculture et de la Santé, pour bâtir un plan de sauvegarde du lait cru. Ce plan annoncé le 26 septembre à l’occasion de son assemblée générale vise à « renforcer la recherche scientifique et mieux penser les risques, accompagner économiquement et techniquement les filières, soutenir la formation et la communication auprès des consommateurs et anticiper et gérer collectivement les crises sanitaires. » Le Cnaol estime que la filière des fromages au lait cru subit une « pression sanitaire croissante » fragilisant la rentabilité des acteurs du secteur. « Si rien n’est fait, il (le lait cru, NDLR) risque de disparaître », alerte Hubert Dubien, son président. En 2024, la production de fromages AOP a atteint 202 503 tonnes (+1% vs 2023), dont 77,2% sont au lait cru, représentant un chiffre d’affaires de 2,43 Md€. La Fnil (industriels) tient un discours très différent sur le sujet. Son PDG François-Xavier Haurd est favorable à un débat sur le lait cru et le recours à la thermisation pour améliorer la sécurité sanitaire et la situation économique des fromageries.
Lait bio : le Cniel craint un record de déconversions en 2025-2026
A l’occasion du salon Tech&Bio, la filière laitière a fait un point sur la baisse de l’offre en bio. Corentin Puvilland, économiste au Cniel a indiqué que l'interprofession anticipe, en 2025-2026, un nombre record de cessations d’activité en agriculture biologique (arrêt de l’exploitation ou déconversion), qui pourrait aller jusqu’à 7 % par an. Toutefois, le lait conventionnel pourrait ne plus être aussi attractif, alors que les signaux sont plutôt baissiers, du fait d’une forte production mondiale. L'économiste a rappelé que la filière bio laitière avait atteint un record de 40 % de déclassements en 2021, en raison de la baisse de la consommation, et de la hausse du prix du lait conventionnel. Cela a poussé des éleveurs à se déconvertir sur les années qui ont suivi, « voire à cesser leur activité ». Après avoir atteint un record en 2022, le nombre d’éleveurs laitiers bio avait a chuté, passant de 4003 à 3688 aujourd’hui, soit une baisse de 15 %. La collecte s’en est ressentie, avec une baisse équivalente, passant de 1,3 MdL à 1,13 MdL. Corentin Puvilland ajoute que la crise du lait bio est une spécificité française, les autres pays européens rémunérant le bio via une prime indexée sur le conventionnel. « Mais la valorisation à l’export est insuffisante pour constituer un débouché pour les éleveurs laitiers français », conclut-il. (Elena Blum)
Lait : Les Maîtres laitiers du Cotentin maintiennent leur performance
Les Maîtres laitiers du Cotentin (MLC) ont communiqué le 25 septembre les résultats de l’exercice 2024/2025 approuvés lors de l’assemblée générale du 9 septembre. « Les comptes consolidés approuvés font état d'un chiffre d'affaires à 2,659 milliards d'euros et d'un résultat net part du Groupe à 44,7 millions d'euros », selon la coopérative de la Manche, contre 2,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires et un résultat net de 45,2 millions d’euros lors de l’exercice précédent. La présidente du groupe coopératif Valérie Blandin a souligné « le maintien de la performance malgré une période anxiogène ». « Au cours de la campagne, la recette laitière fait ressortir un prix payé aux producteurs à 503,67 €/Ml pour 100 % des volumes collectés en lait segmenté, et un prix de 551,96 €/Ml en agriculture biologique », souligne les MLC. 476,8 Ml de lait ont été collectés en 2024/2025 auprès de 951 associés coopérateurs, contre 472 Ml en 2023/2024. En dépit d’un contexte économique et géopolitique complexe, MLC dit poursuivre ses « investissements conséquents » engagés dans la production et être toujours ouvert à des croissances externes. Elle a notamment intégré cette année sa dernière acquisition, la fromagerie Les Terres d'Auvergne à Besse (Puy-de-Dôme).
Lait/emballages : l’usine belge de recyclage de pots de yaourts est fonctionnelle
Citeo (éco-organisme des emballages ménagers) a annoncé le 25 septembre sur Linkedin l’inauguration, le même jour en Belgique, de l’usine Indaver ayant développé un procédé « capable de transformer les pots de yaourt en polystyrène en nouvelle matière grâce au recyclage chimique ». Cette matière recyclée, apte au contact alimentaire, peut à nouveau donner des pots de yaourt en polystyrène, selon le principe de la « boucle de recyclage ». Citeo salue la collaboration avec les acteurs de la filière Syndifrais au sein du groupe PS25 ayant permis l’émergence de économie circulaire. L’industriel européen du recyclage Indaver avait été lauréat de l’appel d’offre de Citeo pour recycler du polystyrène à la fin 2022. Le consortium PS25 a été fondé en 2020 entre Agromousquetaires, Eurial Ultra frais, Lactalis, Triballat Noyal, Yeo Frais, Yoplait ainsi que les industriels des produits carnés Bigard, Cooperl Arc Atlantique et LDC. Afin d’encourager la collecte de pots de yaourts, Syndifrais avait lancé une communication en février 2025 auprès des consommateurs : pendant 6 mois des messages sur les opercules invitaient à jeter le pot dans le bas des emballages à recycler.
Energies renouvelables: Lecornu dément tout moratoire sur le solaire et l'éolien
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a nié le 26 septembre toute volonté de moratoire sur les énergies renouvelables, démentant une information de presse selon laquelle il s’apprêterait à prendre un décret en ce sens. «Cette information est complètement fausse et mensongère : il n’est pas question de revenir sur nos ambitions énergétiques car la décarbonation est une priorité pour notre souveraineté. Il faut sortir de certaines dépendances», a-t-il affirmé au Parisien. «En revanche, comme pour tout euro d’argent public dépensé, aucune rente ne sera tolérée», a-t-il ajouté. Selon un article du média en ligne Contexte diffusé jeudi, Sébastien Lecornu était prêt à publier par décret la nouvelle feuille de route énergétique de la France (dite "PPE") en y incluant un «moratoire sur le solaire et l’éolien terrestre», afin d’éviter une censure du Rassemblement national. Cette perspective avait provoqué jeudi un tollé chez les partisans des renouvelables et les acteurs du secteur. Vendredi la FNSEA aussi avait dénoncé un possible moratoire sur des énergies «représentant une grande opportunité pour le développement de l’agriculture française».
Biogaz : en congrès, la filière appelle à « une parole unie » sur fond de bascule vers l’injection
Au congrès de France Gaz le 25 septembre, Jean-François Delaitre, président de l’Association des agriculteurs méthaniseurs de France (AAMF) a exhorté la filière du biogaz à adopter « une parole plus unie et plus claire », rappelant que l’administration la juge encore « peu audible ». Parallèlement, il a appelé à ce qu’une « solution collective » soit apportée aux agriculteurs engagés dans la cogénération, afin qu’ils s’engagent « sereinement » vers d’autres modèles. Plébiscitée aux débuts de la filière, la cogénération est aujourd’hui délaissée par l’État, qui encourage la transition vers l’injection. Début septembre, une nouvelle étape de ce basculement a été franchie avec la publication au Journal officiel d’un arrêté supprimant les indemnités due en cas de résiliation anticipée de contrat sous réserve du démantèlement de l’installation de production d’électricité à partir de biogaz. « Il y a une volonté collective, tant de la filière que des pouvoirs publics, pour permettre la conversion des sites de cogénération », souligne Olivier Dusart, chargé de mission pour l’AAMF, à Agra presse. Il reconnaît toutefois que la transition vers l’injection ne sera pas possible pour tous les agriculteurs méthaniseurs actuellement engagés dans la cogénération, d’où la nécessité de les accompagner afin de leur offrir de nouvelles perspectives.
Bioéthanol : un milliard d'euros d'amende pour six compagnies pétrolières en Italie
Six compagnies pétrolières opérant en Italie, dont Eni, ont écopé de près d'un milliard d'euros d'amende au total pour s'être entendues pendant trois ans sur le prix du bioéthanol intégré aux carburants, a annoncé le 26 septembre l'Autorité italienne de la concurrence (AGCM). « L'enquête, lancée grâce à un lanceur d'alerte, a montré que les principaux opérateurs pétroliers se sont coordonnés pour déterminer la valeur du composant bio inclus dans le prix du carburant », a précisé l'Autorité dans un communiqué. Plus en détail, Eni, Esso, Ip, Iplom, Q8, Saras et Tamoil ont été sanctionnées à hauteur de 937 millions d'euros, dont 336 millions pour le géant Eni. Selon l'Autorité, les entreprises ont mis en œuvre des augmentations de prix contextuelles, largement coïncidentes, déterminées par des échanges directs ou indirects d'informations entre les entreprises concernées. L'entente a débuté le 1er janvier 2020 et s'est poursuivie jusqu'au 30 juin 2023. La valeur de cette composante importante du prix du carburant est passée d'environ 20 euros/m3 en 2019 à environ 60 euros/m3 en 2023. L'entente a été facilitée par la communication de la valeur du bioéthanol dans de nombreux articles publiés dans le journal sectoriel « Staffetta Quotidiana », selon l'AGCM.
Huile de palme : Ferrero accusé de ne pas respecter ses engagements responsables (presse)
Dans un article paru dans la revue mensuelle « Planète Investigation » de septembre, des journalistes allemands du média public ZDF accusent le géant italien de l’agroalimentaire Ferrero de ne pas respecter ses engagements RSPO (Roundtable on Sustainable Palm Oil). Pour rappel, le label est censé garantir que les fournisseurs d’huile de palme de la compagnie adoptent une production «responsable et durable». Les journalistes de ZDF se sont rendus sur l’île de Bornéo, où le groupe malaisien IOI, principal fournisseur de Ferrero, y cultive d’importantes surfaces de palmiers à huile depuis 2003. Alors que le label est censé reconnaître et respecter les droits des peuples autochtones sur leurs terres, la cheffe d’un village locale situé au milieu des palmeraies, Minis Manggih, a expliqué qu’un péage a été imposé aux habitants : « IOI a construit une grande barrière. Pour entrer et sortir du village, nous devons acheter une sorte de vignette : 15 ringgits (3 €) pour une voiture et 10 ringgits (2 €) pour une moto. Pas de vignette, pas d'entrée ». Par ailleurs, des villageois rencontrés ont indiqué que IOI a planté des palmiers à huile sur des centaines de mètres au bord d’une rivière. Ce que confirment des images satellites analysées par Disclose, rapporte l’article. Or, le label RSPO interdit toute plantation à proximité de cours d’eau.
Amidonnerie : l’Usipa réclame de pouvoir recycler les eaux usées traitées issues de Step
Lors de la conférence de presse du 25 septembre précédant son assemblée générale, l'Usipa (représentant les amidonniers français) réclame la possibilité de réutiliser les eaux usées traitées issues de stations d’épuration extérieures (Step) aux amidonneries. Mariane Flamary, déléguée générale, précise que le décret du 8 juillet 2024 REUSE n°2024-769, qui a précisé l’arrêté du 25 janvier 2024, n’autorise que le recyclage d’eaux internes aux installations. « La surtransposition française des règles européennes nous pénalise. D'autres pays européens concurrents peuvent le faire, notamment la Belgique, mais pas nous », dénonce Marie-Laure Empinet, la présidente. L'industrie de l'amidonnerie a fait des efforts importants, réduisant sa consommation d'eau de 29 % depuis 2019. Néanmoins, « nous avons atteint un plafond. La seule marge de progression se trouve dans la possibilité de réutiliser les eaux usées issues de Step », pointe-t-elle. Autre critique des politiques publiques : le rythme trop important de l'UE à imposer la décarbonation. Là aussi, l'industrie a certes fait des progrès. Entre 2015 et 2024, l’industrie a réduit ses émissions de 36 %. Seulement, « une tonne d'amidon décarboné se vend au même prix qu’une tonne produite à partir de méthodes conventionnelles. Or, nous avons procédé à d'importants investissements, qui ne sont donc pas rémunérés », regrette Mariane Flamary.
Céréales : le port de Dunkerque inaugure un nouveau silo
Nord Céréales a inauguré, le 26 septembre à Dunkerque, son nouveau silo portuaire, dénommé « silo 9 », dédié aux céréales, à l’occasion de ses 40 ans d’existence. « Avec huit cellules supplémentaires offrant 30 000 tonnes de capacité, et une tour dimensionnée pour pouvoir traiter un volume pouvant monter jusqu’à 105 000 tonnes, le site atteint désormais330 000 tonnes de capacité de stockage », relate un communiqué. L’installation est en service depuis avril dernier. En plus du silo, plusieurs innovations sont annoncées. La première : le chargement des conteneurs, des camions et des trains est désormais automatisé, afin de fluidifier et de maintenir en continu les flux. Par ailleurs, les capacités de traitement de grains sont modernisées, « en intégrant nettoyeurs et émotteurs sur les deux lignes, d’une capacité de 600 tonnes chacune, supprimant des étapes logistiques intermédiaires ». Enfin, l’installation est située près d’une voie d’eau, permettant de réceptionner les péniches, mode de transport plus écologique et économique. Le port de Dunkerque constitue l’un des fleurons français du grand export de céréales, avec La Pallice et Rouen. En 2023-2024, 2,07 Mt de grains ont été exportés, via les infrastructures portuaires dunkerquoises.
Sucre bio : les mutuelles de santé, potentiel financeur de La fabrique à sucre
La micro-sucrerie bio La fabrique à sucre devrait finalement voir le jour près de Cambrai (Nord) « en 2026 », a indiqué son chargé de développement Aimé Duyck lors d’un point presse le 23 septembre. Toutefois, le financement n’est pas encore clos. Le budget du projet est de « 15 millions d’euros (M€) » dont 6 M€ qu’il reste à trouver, a détaillé Martin Rieussec-Fournier, président de l’association Mutuelles pour la santé planétaire qui est intéressée pour soutenir le projet afin d’œuvrer pour la sortie des pesticides et le développement de l’agriculture biologique. « Les mutuelles de santé ont, dans le code de la mutualité, une responsabilité d’agir en prévention. Elles ont aussi 50 milliards (d’euros) de trésorerie. (…) Nous allons réfléchir à d’éventuels placements financiers des mutuelles pour aider le projet de sucrerie bio », a-t-il annoncé. D’où, l’étape de la caravane européenne « L’odyssée pour notre santé » à Cambrai, le 6 octobre. De son côté l’Agence bio apportera une aide de 900 000 euros, sous réserve d’acceptation de dossier complet par le Fonds avenir bio, a confirmé à Agra Presse la directrice de l’Agence bio, Laure Verdeau. Présenté en 2022, ce projet de coopérative avait été initialement annoncé pour 2025. « On a 50 producteurs engagés, ce sera 85 à terme, pour au moins 500 ha de betterave bio », a précisé Aimé Duyck. « On sortira à peu près 2500t de sucre ».
Semences bio : rebond des surfaces et besoin de diversifier les espèces
Au premier semestre 2025, les surfaces de semences bio sont en hausse de 4 % environ, ont annoncé le professionnels lors du salon Tech & bio. Après une croissance continue des surfaces de semences bio au cours des dix dernières années, le marché avait connu une stabilisation en 2022 et 2023 autour de 23 000 ha, puis une baisse des surfaces en dessous de 20 000 ha en 2024. Côté production, les agriculteurs multiplicateurs sont passés d’environ 1000 en 2019 à près de 1600 en 2022, avant de décroître, pour atteindre 1127 au premier semestre 2025. Les entreprises productrices de semences ont suivi une courbe similaire : d’une centaine en 2019, elles sont passées à 150 trois ans plus tard, et sont aujourd’hui 124, soit la moitié environ des acteurs de la production de semences français. « Aujourd’hui, l’enjeu, pour la filière, est de parvenir à produire des semences bio pour toutes les espèces » indique Michel Straebler, directeur de l’animation filière de Semae, interprofession des semences. En effet, en cas de manque de disponibilité en semences AB, les agriculteurs peuvent demander une dérogation pour utiliser des semences conventionnelles. Mais dès 2036, un règlement européen impose la fin de ces dérogations. Si la filière peut d’ores et déjà fournir suffisamment de semences bio en grandes cultures, elle est encore dépendante des dérogations pour les semences potagères et fourragères. (Elena Blum)
Syndicalisme: après les manifestations FNSEA/JA, rendez-vous avec Lecornu mercredi
De Versailles jusqu’en Occitanie, des agriculteurs ont mené le 26 septembre des actions pour protester contre les importations ne répondant pas aux mêmes normes qu’en Europe, une deuxième journée de mobilisations «symboliques» à l’appel de l’alliance FNSEA-Jeunes agriculteurs. En fin de journée, le président de la FNSEA Arnaud Rousseau a salué «la réussite» de la mobilisation, qui «porte ses premiers fruits» : «Le Premier ministre nous recevra mercredi prochain», a-t-il annoncé à ses troupes dans un message posté sur X. Vendredi dès l’aube, une quinzaine de tracteurs devant le château de Versailles ont donné le coup d’envoi de la journée, destinée à dénoncer en particulier l’accord de libre-échange entre l’UE et des pays latino-américains du Mercosur. A l’entrée du parking d’un magasin Métro au Mans, une banderole proclamait «Mercosur de la merde à coup sûr», tandis qu’à Valenciennes, des agriculteurs ont mené une «opération de contrôle» des origines des produits dans un magasin de la même enseigne. Au sud de Perpignan, une cinquantaine d’agriculteurs ont mis le feu à des souches de vigne déposées sur un rond-point. Jeudi, dix actions «symboliques» avaient ainsi réuni environ 700 agriculteurs, selon la police. Vendredi à 18H30, les autorités avaient recensé 81 actions mobilisant 2.250 agriculteurs et 350 engins agricoles.
Pac: le Copa-Cogeca rejette les propositions de Bruxelles qui ont franchi ses lignes rouges
Les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) ont dévoilé, le 26 septembre à l’occasion de leur conférence de presse de rentrée, les dix lignes rouges qui rendent inacceptables les propositions de cadre financier pluriannuel 2028-2034 et de Pac post-2027 présentées le 16 juillet, actant ainsi son rejet des textes. « Personne n’est prêt à accepter l’inacceptable », a d’ailleurs déclaré le président du Copa, Massimiliano Giansanti, reprochant à la Commission européenne son manque de consultation du secteur agricole en amont. Concrètement, le Copa-Cogeca estime que l’architecture de la nouvelle Pac va à l’encontre des traités européens et démantèle son caractère commun. Il met en avant aussi la coupe budgétaire de 20 % de la Pac et la suppression de la structure à deux piliers. Enfin, ces organisations considèrent que le plafonnement et la dégressivité sont des outils trop rigides qui ne respectent pas la diversité des exploitations. Le principal lobby agricole de l’UE souhaite, à présent, maintenir le dialogue avec Bruxelles et rencontrer directement sa présidente, Ursula von der Leyen, pour « trouver une autre voie ». Mais il n’exclut pas d’organiser, si nécessaire, des manifestations d’ici la fin de l’année. « Les tracteurs sont prêts », a réaffirmé Massimiliano Giansanti.
Elections municipales 2026 : treize associations livrent leurs premières propositions
En vue des élections municipales de mars 2026, treize associations de solidarité (Secours catholique, Emmaüs), agricoles (Civam, Terres de Liens, Afaup, Cocagne) ou de santé (fédération des diabétiques) ont publié le 25 septembre une liste de propositions à destination des candidats. Sur le volet social, les associations plaident pour la mise en place de services municipaux d'éducation populaire actifs dans le domaine de l'alimentation, de tarifications sociales, et le soutien aux projets de caisses locales inspirées de la Sécurité sociale de l'alimentation, ou encore d'épiceries sociales. En matière d'agriculture, elles proposent d'acheter ou de mettre à disposition des terres, de soutenir les agriculteurs dans leurs pratiques agroenvironnementales, par de l'accompagnement ou la commande publique (notamment en restauration collective). Elles plaident pour que les projets alimentaires territoriaux (PAT) soient orientés vers la durabilité - les derniers appels à projets nationaux s'étaient révélés moins orientés vers la durabilité, davantage vers le localisme. Enfin en matière de nutrition, elles demandent la régulation des publicités dans l'espace public, et des freins à l'installation des fast-foods à proximité des établissements scolaires.
Coopératives : LCA Métiers du grain voit d’un bon œil la fusion entre Agrial et Terrena
Lors de la conférence de presse de rentrée de la Coopération agricole (LCA) Métiers du grain le 23 septembre, son président Antoine Hacard juge positivement le rapprochement annoncé entre les coopératives Agrial et Terrena. « Ce sont des entreprises qui ont des projets. (…) Ces opérations ont pour but de créer des leaders internationaux et parfois régionaux, qui se feront dans l’intérêt des agriculteurs. Je n’y vois que du positif. Le danger, c’est l’immobilisme » a-t-il déclaré. Pour rappel, les coopératives céréalières françaises se trouvent dans une situation complexe : infrastructures vieillissantes, accumulation de mauvaises récoltes lors des trois dernières années, prix des céréales au plus bas, hausse des coûts (salaires, énergie, engrais etc.). Dans ce contexte adverse, les coopératives ont naturellement tendance à se regrouper afin d’optimiser les coûts et gagner en compétitivité, a rappelé le président de LCA Métiers du grain. Les opérations de rapprochement n'étant pas suffisantes à ses yeux, le réseau des coopératives analyse ses besoins en termes de financements, afin d’élaborer des demandes précises de soutien aux autorités. Le détail des demandes sera divulgué début 2026, lors du Salon de l'agriculture.
Etats-Unis : Trump veut allouer une partie des recettes des droits de douane aux agriculteurs
Le président américain a déclaré, le 25 septembre en marge de sa rencontre avec son homologue turc Recep Tayyip Erdogan, qu’il envisageait de redistribuer aux agriculteurs une partie des fonds issus des droits de douane collectés sur les importations des pays tiers. L’idée pour l’administration américaine est de compenser les pertes pouvant être liées à la politique protectionniste mise en œuvre depuis le retour de Donald Trump au pouvoir. « Nous allons prendre un peu de tout cet argent que nous engrangeons, et nous allons le distribuer à nos agriculteurs jusqu’à ce que les droits de douane tournent en leur faveur », a ainsi annoncé le locataire de la Maison Blanche. Et d’assurer qu’« au final, les agriculteurs vont faire fortune ». Un sentiment partagé par la secrétaire à l’Agriculture, Brooke Rollins lors du Forum sur les perspectives agricoles qui s’est déroulé le même jour. « La réussite de nos agriculteurs est une priorité de sécurité nationale, et à l'USDA, nous étudions toutes les options pour assurer la viabilité future de l'agriculture américaine », a-t-elle indiqué alors que l’économie agricole américaine connaît une période de difficultés.
Bassines: la justice confirme la réduction des prélèvements d'eau dans le Marais Poitevin
La cour administrative d’appel de Bordeaux a confirmé le 26 septembre la nette réduction des volumes autorisés pour l’irrigation agricole dans le Marais poitevin, fragilisant un vaste projet de construction de "bassines", des retenues d’eau contestées. Selon les juges, les niveaux de prélèvement accordés par l’État en 2021, pour une durée de cinq ans, ont "un caractère excessif" qui ne «permet pas de garantir une gestion équilibrée et durable" de l’eau dans "des territoires marqués par une insuffisance structurelle de la ressource». En juillet 2024, le tribunal administratif de Poitiers avait annulé, pour le même motif, cette autorisation délivrée jusqu’en 2026, ordonnant de réduire les prélèvements à venir d’environ un quart par rapport à ceux accordés initialement. L’État avait interjeté appel du jugement de première instance, quelque 800 membres et représentants du monde agricole local s’associant à son recours, rejeté vendredi par la cour administrative. Pour les agriculteurs entendus à l’audience, début septembre, cette restriction de l’irrigation va «entraîner une catastrophe économique et sociale» et mettre en péril la «survie» et la «transmission» de leurs fermes.
Eau : des démarches en cours pour doter la Loire d’une personnalité juridique
Le collectif « Vers un parlement de Loire » milite pour doter le fleuve d’une personnalité juridique afin de mieux le protéger. Cette démarche, qui s’appuie sur une Déclaration des droits de la Loire, devrait mener au dépôt d’une proposition de loi d’ici la fin de l’année. Si la loi sur le préjudice écologique de 2016 indique déjà que toute personne « responsable d’un préjudice écologique » doit le réparer, le collectif estime qu’il faut « aller plus loin en reconnaissant juridiquement le fleuve », qui irrigue plus d’un cinquième du territoire français. « L’ambition est (…) de permettre à la Loire, mais aussi à des entités naturelles de se défendre devant le droit », résume Camille de Toledo, membre du collectif. Cette année, « pour la première fois », un collectif « pour donner des droits à des entités naturelles a été reçu à l’Assemblée nationale », se réjouit Jean Cabaret, membre du collectif, auprès de l’AFP. Deux colloques consacrés à la thématique s’y sont tenus au printemps et trois propositions de loi citoyennes ont été déposées à cette occasion. « Dans le droit français, on a un déséquilibre : les hommes, les entreprises, les organisations humaines ont une personnalité juridique, mais la biodiversité et les éléments naturels sont toujours considérés comme des choses », explique Charles Fournier, député écologiste d’Indre-et-Loire, à l’AFP. Il devrait déposer une proposition de loi à l’Assemblée nationale « d’ici la fin de l’année ».
Biodiversité/ORE: les conservatoires naturels et l’OFB publient un recueil pratique
La fédération des conservatoires naturels (FCEN) et l’office français de la biodiversité (OFB) ont publié, le 23 septembre, un recueil sur les retours d’expériences d’ORE (obligations réelles environnementales). Une ORE est un type de contrat conclu par un propriétaire foncier avec un cocontractant, attaché à la parcelle et qui peut durer jusqu’à 99 ans, afin de préserver des éléments de biodiversité. Comme nous l’avions vu dans notre enquête (ici et là), les ORE de préservation volontaire, dites patrimoniales, sont particulièrement prégnantes dans l’ouest de la France. Ce recueil, « fruit de neuf années de travail », mobilise les connaissances de la FCEN, expert en la matière reconnu de tous. « Il s’adresse à toute personne ou toute structure souhaitant signer une ORE », indique l’introduction. Le document de 70 pages propose une présentation du cadre juridique des ORE, des différences entre ORE patrimoniales et compensatoires, et « les spécificités des ORE en fonction du milieu naturel ou des activités exercées » sur les terres concernées. Dans ce troisième chapitre, une partie est consacrée aux ORE en agriculture, une autre aux ORE et enjeux de l’eau.
Plasticulture/Rep : les plastiques agricoles demandent à continuer de relever d’Adivalor
Le Comité de la plasticulture et de l’agroenvironnement (CPA) demande, dans sa contribution au projet de cahier des charges de la future Rep (Responsabilité élargie du producteur), qui était en consultation jusqu’au 23 septembre, que les emballages usagés des plastiques agricoles (films, ficelles, filets, systèmes de goutte à goutte) demeurent dans la Rep volontaire des agro-fournitures, dont le prestataire est Adivalor (valorisation des déchets agricoles). Interrogé par Agra Presse, le délégué du CPA, Vincent Brack, a bon espoir que le ministère en charge de l’environnement l’accepte. Dans ce cas, le CPA prendrait en charge les obligations de déclaration d’emballage de ses adhérents, qui sont majoritairement des fabricants de fournitures agricoles en plastique. Les conditions d’efficacité de collecte et de recyclage s’inscriraient dans l’accord cadre liant Adivalor au ministère de la Transition écologique. « Il serait logique que nos 5000 points de collecte de plastiques agricoles reçoivent aussi leurs emballages ; c’est d’ailleurs souvent le cas », affirme-t-il. L’éco-contribution d’emballage des fabricants (répercutée aux agriculteurs) en serait minimisée, selon la présidente de la commission distribution du CPA, Annick Taulet (responsable distribution agricole d’Arterris).
Lait : Bénédicte Rolland nommée directrice générale de Yéo Frais
Yéo Frais, filiale des Maîtres laitiers du Cotentin, a annoncé le 25 septembre la nomination de Bénédicte Rolland comme directrice générale. Elle succède à Jérôme Servières qui a occupé ce poste pendant 18 ans. Titulaire d’un Master 2 en droit européen de l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et diplômée de la Toulouse Business School (programme CPA), Bénédicte Rolland a été secrétaire générale du groupe coopératif Arterris. « L’entreprise doit davantage consolider son action sur l’amont en tant que collecteur de lait, dans une région, le Sud-Ouest, en forte déprise laitière. Nous devons développer des partenariats à l’instar de ceux que nous avons instauré avec les agriculteurs de la Brique Rose et de l’OP Sunlait », indique la nouvelle directrice générale.