Agrafil du 27 janvier 2026

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Certification des absorptions de carbone agricole : Bruxelles publie les méthodologies retenues

La Commission européenne a ouvert, le 26 janvier (et jusqu’au 19 février) une consultation publique sur l'acte délégué fixant les méthodologies finalement retenues pour le futur cadre européen de certification volontaire du stockage de carbone agricole (adopté en 2024). Parmi les pratiques qui devraient être reconnues figurent celles « qui augmentent les absorptions nettes de carbone dans les sols ou réduisent les émissions nettes de CO2 provenant des sols ». Elles recouvrent les cultures de couverture, la rotation des cultures, le maintien des résidus sur les sols, les pratiques de travail réduites du sol, la conversion des terres cultivées en prairies, l’amélioration de la gestion des prairies ou encore l’utilisation d’amendements et engrais organiques (dont le biochar). Figurent également dans la liste l’agroforesterie, les pratiques permettant de réduire les émissions directes et indirectes de N2O (fertilisation de précision, remplacement des engrais azotés minéraux par la culture de légumineuses…) et la restauration des tourbières. Les méthodologies proposées seront également examinées lors de la prochaine réunion du groupe d’experts sur l’élimination du carbone, le 5 février. La question du méthane issu de l’élevage avait été écartée de ce dispositif lors des négociations et devait être examinée dans un second temps.

Contrôle des produits alimentaires : la Commission européenne lance sa task force

Comme promis depuis le mois de novembre, la Commission européenne a officiellement lancé, le 26 Janvier, sa « task force » sur les contrôles des produits alimentaires dans l’UE. Elle en a présenté les détails lors d’un déjeuner entre les ministres de l’Agriculture de l’UE, en marge de leur réunion mensuelle à Bruxelles. Ce groupe de travail se concentrera notamment sur la sécurité sanitaire des denrées alimentaires et des aliments pour animaux, les résidus de pesticides et les actions de surveillance coordonnées concernant certains produits importés. Il réunit des experts de la Commission et des États membres pour : travailler à l'harmonisation des contrôles à l'importation au sein de l'UE ; élaborer des recommandations pour des actions conjointes entre la Commission et les États membres ; et identifier les domaines où des mesures administratives ou réglementaires supplémentaires sont nécessaires. « Tout produit entrant dans l'UE doit satisfaire à nos normes, sans exception », a commenté le commissaire européen à la Sécurité alimentaire Oliver Varhelyi. La ministre française de l’Agriculture Annie Genevard s’est félicité de cette annonce qui viendra compléter le travail de la brigade de contrôle des produits importés lancée par la France pour lutter contre les « distorsions de concurrence inadmissibles ».

Pac : les États membres toujours dans le flou sur le futur budget

Beaucoup des ministres de l’Agriculture réunis le 26 janvier à Bruxelles (Hongrie, Espagne, Lituanie, Irlande, Pologne, Grèce, Roumanie, Bulgarie…) ont une nouvelle fois fait part de leur inquiétudes quant au manque de crédits prévus pour la future Pac 2028-2034. Ils ont, pour la plupart, estimé que les annonces de la Commission européenne du 7 janvier, visant à renforcer le budget de la future Pac, étaient insuffisantes et ne répondaient pas au risque de renationalisation de celle-ci. Ces pays ont aussi insisté sur la nécessité d’une enveloppe clairement dédiée à la Pac et du maintien du second pilier (développement rural), qui a disparu de la proposition de Bruxelles. Conscient du flou dans lequel sont les États membres, le commissaire européen à l’Agriculture Christophe Hansen a indiqué que la direction générale de l’Agriculture organiserait « au printemps » une session d’information à destination des parties prenantes (États membres, mais aussi organisations agricoles) pour clarifier les liens entre la Pac, le fonds de compétitivité et les plans de partenariat nationaux et régionaux afin de les aider à préparer leur futurs plans stratégiques. Le sujet sera également à l’ordre du jour de la prochaine réunion du Conseil agriculture le 23 février.

UE-Inde : Bruxelles et New Delhi en passe de concrétiser leurs négociations commerciales

L’UE et l’Inde devraient annoncer, comme prévu, le 27 janvier la conclusion des négociations en vue d’un accord de libre-échange, qualifié de «traité de tous les traités» par le ministre indien du Commerce Piyush Goyal. «Les négociations entre responsables sont terminées et les deux parties sont prêtes à annoncer la conclusion des discussions sur le traité de libre-échange le 27 janvier», a rapporté à l’AFP, Rajesh Agrawal, un haut responsable du ministère indien du Commerce. Mis sous pression par un contexte géopolitique mondial incertain et la nécessité de trouver de nouveaux débouchés, Bruxelles et New Delhi ont, semble-t-il, réglé leurs derniers points de frictions afin de finaliser le texte. Longtemps point d’achoppement des pourparlers, le volet agricole avait été largement sabré ces dernières semaines au niveau des produits sensibles afin d’accélérer le processus. Toutefois, le commissaire européen à l'Agriculture, Christophe Hansen, a confirmé le 26 janvier que l'accord offrira un accès sans précédent au marché agricole indien, comparé aux autres accords commerciaux conclus par l'Inde, notamment avec le Royaume-Uni et l'Australie, notamment sur les boissons alcoolisées, un des intérêts offensifs de l'UE.

Sucre/importations : Bruxelles annonce la suspension du régime de perfectionnement actif

Le commissaire européen à l’Agriculture Christophe Hansen a annoncé, le 26 janvier à l’occasion de la réunion des ministres à Bruxelles, la suspension du régime de perfectionnement actif applicable pour le sucre, une demande portée par la filière européenne de la betterave sucrière (CIBE) lors de sa rencontre avec le Luxembourgeois le 23 janvier. Ce régime douanier européen, qui n’est pas spécifique au secteur du sucre, offre la possibilité d'importer un produit brut hors-UE sans droits de douane ni TVA afin de le transformer et de le réexporter. Pour Bruxelles, l’idée est ainsi de soulager le marché européen du sucre et d’inciter les transformateurs à utiliser des produits de l’UE. « La situation des marchés agricoles de l'UE exige que l'on agisse ! », indique Christophe Hansen dans un message posté sur le réseau social X, ajoutant que cette mesure serait la première étape d’un « bilan de santé » plus large des principaux marchés agricoles. Un examen qui se fera « en concertation avec les parties prenantes », promet le commissaire.

Biogaz/biocarburants : le gouvernement reporte le vote sur la suppression des ZFE

Promise au « casse-pipe » à l'Assemblée selon le ministre des Relations avec le Parlement Laurent Panifous, la loi sur la simplification et sa mesure controversée de suppression des zones à faibles émissions (ZFE) contre les véhicules polluants, ne sera pas mise au vote cette semaine, le gouvernement espérant d'abord trouver « un compromis » au Parlement. « De très nombreuses mesures (...) sont très largement partagées et attendues, notamment par le monde économique, mais nous avons aussi dans ce texte une mesure qui fait blocage », a argué sur LCP M. Panifous, actant le report du vote déjà ébruité par de nombreuses sources parlementaires et gouvernementales. Selon certaines sources interrogées par l'AFP, le vote pourrait même n'avoir lieu qu'après les municipales de mars. Selon son entourage, le Premier ministre tiendra « une réunion la semaine prochaine avec les présidents de groupe pour définir l'agenda parlementaire, dont le texte sur la simplification ». Le texte a fait l’objet d’un accord le 20 janvier en CMP et les votes étaient prévus cette semaine mardi à l'Assemblée et jeudi au Sénat. Pour rappel, la création des ZFE avait participé au développement de filières agricoles, telle que la méthanisation et, dans une moindre mesure, les biocarburants, en restreignent la circulation des véhicules les plus polluants.

Céréales : bonnes perspectives de production au Maroc pour 2026 (presse)

Selon un article de l’agence Ecofin du 26 janvier, la production marocaine de céréales pourrait fortement rebondir entre 2025 (campagne culturale 2024-2025) et 2026 (campagne culturale 2025-2026). Dans son budget économique prévisionnel (BEP), le Haut-Commissariat au Plan marocain la prévoit, au 19 janvier, à 8 Mt, contre 4,4 Mt en 2024-2025. La récolte marocaine a énormément souffert de la sécheresse ces dernières années. Si ce chiffre était effectivement atteint lors des récoltes dans les prochains mois, il s’agirait du plus haut niveau de production depuis 2020-2021, année durant laquelle elle avait atteint 10,3 Mt. « Le démarrage de la campagne agricole 2025-2026 a été marqué par un déficit pluviométrique notable. Néanmoins, les précipitations abondantes et bien réparties enregistrées à partir de fin novembre ont permis de rattraper ce retard, ce qui laisse entrevoir une campagne agricole plus prometteuse », indique le Haut-Commissariat au Plan. Il faut néanmoins rester prudent quant à ces prévisions, beaucoup d’aléas étant susceptibles de se passer avant le début des récoltes. Le Maroc constitue un important client de l’Hexagone en matière de céréales. Une bonne production locale réduirait potentiellement les possibilités d’exportations françaises.

Céréales : la Russie souhaite implanter des usines à l’étranger pour doper ses exports

D'après un article de l’agence de presse Reuters paru le 21 janvier, la ministre de l’Agriculture russe Oksana Lut a déclaré que les entreprises russes devraient installer à l’étranger des usines de transformation alimentaire, incluant des moulins, avec le soutien du gouvernement. L’objectif : doper les exportations de matières premières agricoles. Les céréales et surtout le blé concentrent l’essentiel de ces exports. Or, l’an dernier, ces derniers ont eu tendance à céder du terrain en raison de la faiblesse des prix mondiaux du blé – décourageant les exportateurs à se positionner – et de la baisse de la production entre 2023-2024 et 2024-2025, passant de 91,5 Mt à 81,6 Mt (selon l’USDA). Ce repli a suffi à jeter le doute sur la possibilité d’atteindre l’objectif fixé par le dirigeant russe Vladimir Poutine d’augmenter les exportations agricoles nationales de 50 % d’ici 2030. « Il ne sera plus possible de simplement obtenir le partenariat des pays en fournissant des produits bruts. C'est pourquoi nous devons avancer avec des investissements », a déclaré Oksana Lut lors d'une conférence réunissant producteurs de lait et de produits laitiers à Moscou. La ministre a profité de la conférence pour parler de la filière céréalière, annonçant que des entreprises russes avaient déjà commencé à implanter des moulins dans d’autres pays.

Pommes de terre transformées : Intersnack France mise sur l’agriculture « régénératrice »

Intersnack France (marques Curly, Monster Munch, Tyrells, Vico, etc.) a annoncé, en conférence de presse le 22 janvier, le renforcement de son engagement en faveur de l’agriculture régénératrice dans les Hauts-de-France. En 2025, l’entreprise s’est engagée dans la démarche territoriale Covalo, une « feuille de route collaborative » mise en place par l’association PADV (Pour une agriculture du vivant) avec le soutien de l’État via France 2030. Pour rappel, Intersnack France s’approvisionne en pommes de terre auprès de 45 agriculteurs partenaires installés en Picardie, à moins de 100 km de son usine de Vic-sur-Aisne. À ce stade, une dizaine d’exploitations ont rejoint la démarche Covalo, avec à la clef une prime d’environ 110 €/ha, selon l’entreprise, qui vise l’adhésion de l’ensemble de ses producteurs partenaires en 2032. Parallèlement, le groupe poursuit un plan d’investissement industriel de 100 millions d’euros (M€) pour 2020-2026, réparti entre les activités chips (60 M€), snacks (30 M€) et graines (10 M€). Dans un marché français des chips estimé à 2,9 milliards d’euros (Md€), Intersnack France réalise un chiffre d’affaires de 364 M€ et détient 11,5 % de part de marché en valeur. L’année 2025 a toutefois été marquée par un recul des performances, avec une baisse de 6 % des parts de marché en valeur et de 4,2 % en volume.

Bovins/DNC : zone réglementée levée dans 500 communes du Sud-Ouest

Une partie de la sixième zone réglementée mise en place afin de lutter contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) dans le Sud-Ouest sera « levée à compter du 27 janvier », annonce le ministère de l’Agriculture dans un communiqué le 26 janvier. Cette mesure concerne « plus de 500 communes situées dans le Gers, les Pyrénées-Atlantiques et les Hautes-Pyrénées » (voir la carte). Les bovins pourront désormais en sortir « vers l’ensemble du territoire national, sous conditions stricte de vaccination », indique la Rue de Varenne. La zone concernée devient une « zone vaccinale de type 2 » (ZV 2, zone vaccinale suivant une zone réglementée), par opposition à la zone vaccinale de type 1 (vaccination préventive sans foyer). Le Sud-Ouest comprend encore deux zones réglementées : la ZR 3 à la frontière espagnole (Pyrénées-Orientales) et la ZR 6 autour des cas en Ariège et dans l’Aude. Les zones réglementées peuvent être levées, après validation de la Commission européenne, à partir de 45 jours après dernier foyer. Par ailleurs, la campagne de vaccination élargie dans les dix départements du Sud-Ouest est quasiment achevée : au 22 janvier, 95 % des bovins y étaient vaccinés (688 000 sur un total de 750 000), selon le bilan officiel.

Bovins/DNC : un micro-syndicat antivax attaque le gouvernement au Conseil d’État

Le juge des référés du Conseil d’État examinera le 28 janvier le recours déposé par le syndicat Verte France contre la campagne de vaccination obligatoire contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) lancée par le gouvernement dans le Sud-Ouest. Dans le détail, la procédure porte sur l’arrêté pris par la ministre de l’Agriculture le 11 décembre 2025 qui instaure une obligation de vaccination dans cinq départements (Aude, Haute-Garonne, Gers, Landes et Pyrénées-Atlantiques), en plus des zones réglementées autour des foyers où la vaccination est déjà prévue. Dans un vidéo sur le réseau social TikTok, la secrétaire de Verte France, Florence Verheyen, dénonce notamment le coût des vaccins (à la charge de l’État). Selon cette éleveuse de bisons de la Creuse, la vaccination « est totalement inutile puisque la maladie est bénigne ». Pour rappel, la DNC peut tuer jusqu’à 10 % des animaux d’un troupeau. Elle est classée dans la catégorie A (éradication immédiate) par la réglementation européenne, celle des maladies les plus dangereuses comme la fièvre aphteuse et la peste porcine africaine (lire notre enquête). Verte France, qui se définit comme un « syndicat national agricole et de la ruralité », plaide notamment pour la sortie de la France de l’UE et pour « rétablir les rapports de forces pour la libération de la paysannerie », d'après son site internet.

Lait : face aux difficultés du marché, Bruxelles reste encore prudente

À l’occasion de la réunion du Conseil Agriculture du 26 janvier, les ministres hongrois et italiens ont appelé la Commission européenne à prendre des mesures pour répondre à la baisse des cours sur le marché laitier de l’UE. La Hongrie souhaite obtenir l’utilisation de fonds issus de la réserve agricole et l’aide au stockage privé pour le fromage et le beurre. De son côté, l’Italie propose à Bruxelles la mise en place d’un « plan laitier européen extraordinaire » alliant différentes mesures de marché : soutien à la réduction volontaire de production, aide au stockage privé, intervention publique extraordinaire, campagnes de promotion exceptionnelles dédiées aux produits laitiers bénéficiant d'une appellation, ou encore recours au fonds européen d’aide aux plus démunis. La plupart des États membres ont fait état de difficultés sur leur marché, tandis que les propositions ont été soutenues par une dizaine de délégations. De son côté, le commissaire à l’Agriculture, Christophe Hansen, reconnait que la situation du marché s’est dégradée, mais estime qu’il est encore trop est trop tôt pour dire qu’il y a une crise du lait. Il précise aussi que la demande mondiale reste importante. Il se dit prêt à utiliser les instruments à sa disposition en cas de nécessité.

Lait infantile : Sodiaal rappelle à son tour des produits à l’international

Nutribio, fabricant des laits infantiles Nactalia, Sunny Baby et Lailac, détenu par la coopérative laitière Sodiaal, a annoncé le 26 janvier des rappels « volontaires ciblés à l'international » de lots de produits. « Dans le contexte actuel de rappels de laits infantiles, Nutribio confirme la conformité de ses laits infantiles Nactalia Bio France. Cette gamme n’est concernée par aucun rappel. En coordination avec les autorités sanitaires, Nutribio procède par précaution à des mesures de rappel volontaires ciblés à l’international », indique Nutribio dans une déclaration transmise à Agra Presse. « Ce rappel fait suite à l'alerte de Cabio Biotech, un fournisseur international de l'ingrédient Oméga 6 (ARA) », ajoute la coopérative. Cet industriel chinois a déjà été mis en cause par différentes sources comme étant à l'origine de la présence potentielle de toxine céréulide, car il fournit les entreprises ayant procédé à des rappels. Nestlé (Guigoz, Nidal), Danone (Blédilait, Gallia), Lactalis (Picot), Vitagermine (Babybio Optima) et Hochdorf (Bimbosan) font partie des producteurs de laits infantiles ayant réalisé des rappels depuis décembre dans plus d'une soixantaine de pays.

Broutards : face au manque d’animaux français, l’Italie diversifie son approvisionnement

Dans un contexte de recul persistant des exportations françaises de bovins vifs, l’Italie, premier débouché, « se tourne vers d’autres fournisseurs de broutards », rapporte l’Institut de l’élevage (Idele) dans son bulletin Tendances du 23 janvier. « Faute de broutards français et face à la bonne demande de leur marché, les engraisseurs italiens ont cherché des alternatives en Europe centrale notamment », note l’institut technique. Premier pays à en profiter : la République tchèque, avec 19 000 broutards importés pendant les dix premiers mois de 2025 (+9 000 en un an), suivie de près par l’Irlande et ses 17 000 têtes (+3 000). L’Italie a aussi fait venir 7 000 broutards de Hongrie (+5 000), 5 000 d’Autriche (+1 000) ou encore 4 000 de Slovénie (+1 000). L’Idele remarque encore le « retour en force de l’Espagne », qui double ses envois, à 4 000 têtes. Des volumes sans commune mesure avec les flux en provenance de la France, qui fournit sur la période « 88 % des broutards importés par l’Italie ». Les envois hexagonaux sont en baisse constante, en raison de la décapitalisation et du développement de l’engraissement en France (lire notre enquête). Fin octobre, le ministère avait suspendu l’export de bovins pendant deux semaines en raison de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), aggravant encore le manque.

Nutrition animale : LDC Amont prend une participation majoritaire dans une usine Soreal

Soreal, société de production d’aliments pour animaux, détenue par 110 Bourgogne, Dijon Céréales, Interval, Oxyane, Terre Comtoise et Bourgogne du Sud, a annoncé la prise de participation de LDC Amont à hauteur de 66 % du capital de son usine de Joigny (Yonne). L’usine Soreal de Joigny est ainsi devenue Huttepain Soreal Aliments (HSA) au 1er janvier 2026. D’après Soreal, cette prise de participation vise à sécuriser l’outil industriel et à garantir les volumes de production. L’usine est située entre le site industriel de LDC en Bourgogne (Louhans, Saône-et-Loire) et les usines de Sarthe. La prise de participation permet de rapprocher la fabrication d'aliment des élevages de la région Centre et ceux du Nord Bourgogne. « Actuellement, cette usine produit 55 000 tonnes d'aliment par an, le projet est de la porter à 75-80 000 tonnes, déclare LDC à Agra Business. Nous sommes associés aux coopératives réunies dans Soreal, pour qui cette usine produira de l'aliment pour les ruminants. Un programme d'investissement de 3 M€ est prévu pour les trois prochaines années. » Soreal Nutrition animale a dégagé un chiffre d’affaires de 21,8 M€ en 2025, en baisse par rapport à 2024 (24,6 M€) et 2023 (30,4 M€). LDC, pour sa part, a enregistré des résultats positifs, à 6,32 Md€en 2025, en hausse constante depuis dix ans. (Elena Blum)

OFB : la CR dénonce la nomination d’une directrice déléguée pour son passé militant

La Coordination rurale (CR) dénonce, dans un communiqué le 26 janvier, la nomination d’Anne Le Strat en tant que directrice déléguée « mobilisation de la société » de l’Office français de la biodiversité (OFB). La CR y voit « un nouvel affront » après deux ans de manifestations agricoles et une loi Entraves finalement censurée de sa dérogation pour l’acétamipride. Le syndicat agricole critique le choix d’Anne Le Strat vu son « engagement militant », ce qui pose question sur la « neutralité dans l’application des politiques publiques ». Au-delà, le syndicat « demande la suppression de l’OFB ». Anne Le Strat a pris ses fonctions en début de mois, selon une décision de l’OFB du 1er janvier entrée en vigueur depuis. Dans son parcours politique, elle a été secrétaire générale adjointe des Verts de 1999 à 2001, et adjointe au maire de Paris en matière de gestion de l’eau, assainissement et canaux (2008-2014), selon sa page LinkedIn. Elle a développé une expertise sur l’eau, ayant été présidente de Sagep/Eau de Paris (2001-2014), présidente d’Aqua Publica Europea (réseau européen des services publics d’eau, 2008-2014) et plus récemment consultante pour l’ONU à travers l'Alliance mondiale des partenariats entre opérateurs d'eau et d’assainissement (GWOPA).

Manifestations agricoles : trois experts de l'ONU dénoncent une « criminalisation croissante »

Trois rapporteurs de l’ONU ont dénoncé le 26 janvier la « criminalisation croissante » des mouvements paysans en France, se disant alarmés par les arrestations d’agriculteurs. « Nous sommes alarmés par cette tendance manifeste à criminaliser les activités syndicales pacifiques », ont déclaré dans un communiqué ces rapporteurs, qui sont mandatés par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, mais qui ne s’expriment pas au nom de l’organisation. Ces experts*estiment que « l’escalade dans la répression des manifestations récentes par le gouvernement français soulève de sérieuses inquiétudes concernant la restriction disproportionnée des libertés fondamentales ». Les trois experts de l’ONU expriment « leur profonde inquiétude face à l’escalade des gardes à vue et des poursuites pénales » à l’encontre d’agriculteurs et de dirigeants syndicaux agricoles en France. Ils pointent en particulier du doigt « l’arrestation de 52 personnes » le 14 janvier par la police, alors que plus de 150 agriculteurs protestaient au ministère de l’Agriculture « contre les politiques gouvernementales concernant l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse, l’accord commercial UE-Mercosur et le manque de soutien à l’agriculture de petite échelle ».
* Carlos Arturo Duarte Torres, président-rapporteur du Groupe de travail sur les droits des paysans et autres personnes travaillant en zones rurales ; Gina Romero, rapporteure sur les droits à la liberté de réunion pacifique et d’association ; et Mary Lawlor, rapporteure sur la situation des défenseurs des droits de l’homme

Régions ultrapériphériques : les auditeurs de l’UE dénoncent les manquements du Posei

Dans un rapport publié le 26 janvier, la Cour des comptes européenne indique que le programme Posei ne répond que partiellement aux enjeux de compétitivité et à de diversification de l’agriculture dans les régions ultrapériphériques. Dans le détail, plus de 60 % des fonds de ce programme européen sont consacrés aux filières agricoles traditionnelles, avec un succès mitigé. Seuls quelques secteurs ont ainsi pu maintenir leur compétitivité alors qu’à l’inverse, la filière canne-sucre en France a perdu des parts de marché face aux pays tiers. Dans le secteur de la banane (42 % du budget), les auditeurs précisent que les fonds sont concentrés sur « une poignée de grands producteurs dans les outre-mer français ». Par ailleurs, ces régions sont soumises à des enjeux démographiques (vieillissement des agriculteurs), environnementaux (épuisement des sols) et liés au changement climatique (phénomènes météorologiques extrêmes) auxquels le programme ne permet pas de répondre efficacement. Pour améliorer la situation, les auditeurs invitent Bruxelles à réévaluer le soutien offert aux filières traditionnelles, à encourager la diversification végétale et animale et à mieux évaluer si l’aide aux importations profite réellement aux utilisateurs finaux.

Agriculture régénératrice : Terrena vise son déploiement dans 1 000 exploitations d’ici 2028

Lors d’une visioconférence tenue le 26 janvier, le groupe coopératif Terrena a annoncé viser 1 000 exploitations dans le Grand Ouest adoptant les pratiques de l’agriculture régénératrice, dans le cadre du projet Covalo Ouest. Ces exploitations devront notamment être diagnostiquées via un indice de régénération des sols (IR), créé et testé il y a quelques années par l’association Pour une Agriculture du Vivant (PADV), et effectivement lancé fin 2024. L’IR comprend divers critères d’évaluation, tels que le taux annuel de couverture du sol, l’intensité du travail du sol, des indices de fréquence de traitements herbicides, etc. En 2025, Terrena indique que 100 agriculteurs adhérents de la coopérative avaient déjà élaboré un diagnostic IR, et que 280 de plus sont attendus en 2026, portant le total à 380. Le groupe ligérien estime être en avance dans ses prévisions, le projet étant en phase d’accélération, sachant que 100 inscriptions au diagnostic ont déjà été enregistrées pour 2027. Par ailleurs, Terrena précise avoir formé 200 collaborateurs, agronomes et techniciens, aux techniques de l’agriculture régénératrice et à l’élaboration du diagnostic IR en 2025.

Légumes : en Andalousie, la météo plombe la production, prix en forte hausse

Les basses températures du début de l'année ont entraîné une baisse de la production de légumes en Andalousie, dans les régions d’Almería et de Grenade, impliquant une flambée des prix à la production de certaines espèces, rapporte le site Mercados le 20 janvier. C’est le cas des poivrons :  « La diminution de l'offre fait grimper les prix à la production dès la deuxième semaine de 2026, avec des prix inédits depuis trois saisons », souligne l'Observatoire des prix et des marchés du gouvernement régional d'Andalousie. Les prix des variétés rouges et vertes ont augmenté respectivement de 13 % et 6 %. À Almería, 40 % des plants présenteraient des signes de dépérissement, des dommages esthétiques qui réduisent leur valeur commerciale. En tomates, le développement des fruits est retardé par les conditions météorologiques, l'humidité croissante aggravant la baisse de température observée dans les serres. Le froid a provoqué une chute de la floraison, entraînant une diminution du rendement. « Alors que la demande se redresse après les fêtes de fin d'année, les prix augmentent, avec une hausse de 3 à 10 % en une semaine », précise l’Observatoire. Enfin, le kilo de courgettes vertes et d'aubergines noires se vend à près de 2 €, alors que le prix habituel pour la deuxième semaine de l'année est deux fois moins élevé.

Légumes : les proposer au déjeuner à l’école augmente leur consommation (étude)

Une étude néerlandaise a analysé l’impact de la proposition d’un déjeuner équilibré, avec un apport de légumes frais, dans le cadre du déjeuner à l’école, rapporte Aprifel dans sa lettre d’information du 26 janvier. Cette expérimentation s’est déroulée durant six mois et a inclus 312 élèves (8-12 ans). Chaque jour, 50 g de légumes crus prêts à consommer (mini-concombres, mini-carottes et tomates cerises) étaient proposés à chaque enfant dans le cadre de son déjeuner. Une fois par semaine, un élément supplémentaire était proposé en plus du déjeuner standard composé de sandwichs : soupe, œuf, wraps ou boulettes végétariennes. Au démarrage de l’étude, la consommation de légumes au déjeuner concernait 7,2 % des enfants. Elle s’est élevée à 56 % au bout de trois mois et à 50,6 % à la fin de l’expérimentation, avec un apport médian de 40 g de légumes. Cependant, l’étude montre aussi que cette amélioration était fortement liée à l’école : six mois après la fin du programme, la part d’enfants consommant des légumes au déjeuner a de nouveau diminué, tout en restant supérieure aux valeurs de départ. « Ce travail souligne l’effet mécanique de l’offre de légumes sur la consommation et l’importance de maintenir un environnement favorable » à leur consommation, analyse Aprifel.

Climat : le rythme du réchauffement à 4°C en 2100 inscrit dans la règlementation

Attendu depuis plusieurs mois, l’arrêté fixant la trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (Tracc) en France a été publié au Journal officiel le 25 janvier, après une consultation publique menée du 5 au 1er octobre 2025. Cette trajectoire s’appuie sur les travaux des scientifiques du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec), combinés à ceux des chercheurs français et de Météo-France. Pour la France métropolitaine, la Tracc retient une hausse de la température moyenne de 2°C en 2030 par rapport à l’ère préindustrielle (1850-1900), de 2,7°C en 2050 et de 4°C à l’horizon 2100. Selon les projections climatiques, la France métropolitaine, comme plus généralement l’Europe, devrait continuer à se réchauffer plus rapidement que la moyenne de la planète. Le thermomètre mondial affiche depuis trois ans des niveaux jamais vus à l’échelle de l’humanité, avec une moyenne sur la période supérieure de 1,5°C au niveau préindustriel, a observé l’observatoire européen Copernicus dans son bilan annuel publié mi-janvier. L’ensemble des politiques nationales et locales, adoptées pour l’adaptation au changement climatique, devraient ainsi se fier aux mêmes projections de températures.

Truffes : en Occitanie, les trufficulteurs auront leur coopérative en mars

Le 20 janvier, à l’occasion du marché de la truffe de Lalbenque (Lot), a été lancée la SCIC (Société coopérative d’intérêt collectif) Truffes d’Occitanie, rapporte Ici Occitanie le 26 janvier. Elle sera officiellement créée en mars. Cette nouvelle structure a pour fondateurs la Fédération régionale des trufficulteurs d’Occitanie (FRTO), la commune de Lalbenque, le département du Lot, la Région, le transformateur Pierre-Jean Pébeyre et les techniciens Laurent Genola et William Saen, anciens de la station expérimentale de Montat fermée le 31 décembre. Son objectif est d’apporter un cadre aux trufficulteurs, en se fondant sur les avancées de la recherche grâce à une collaboration avec l’Inrae de Montpellier. Pour relancer la production, Laurent Genova pense aux agriculteurs et aux viticulteurs : « On arrache des vignes. On doit proposer la truffe comme produit de substitution ». La filière trufficole occitane regroupe plus de 1 300 adhérents aux associations dans 11 départements, plus de 10 PME spécialisées dans le négoce, l’expédition et la conserve, pépiniéristes (plants truffiers), distributeurs de matériel, métiers de bouche… Un appel a été lancé pour devenir sociétaire de la SCIC (la part sociale est fixée à 200 euros) d’ici la mi-février.

Agtech : l'assureur Abeille assurances lance un concours d'innovation agricole

Dans un communiqué paru le 21 janvier, l'assureur Abeille Assurances (ex-Aviva) annonce avoir lancé un prix d'innovation pour le monde agricole intitulé « Terres d'avenir » et doté de 35 000 €, à l'occasion des dix ans de son incubateur La Fabrique Abeille Assurances. L'objectif : « repérer une innovation majeure pour le secteur (transition, gestion des ressources...) et lui donner les moyens de changer d'échelle ». Le concours est ouvert aux structures de l’économie solidaire (ESS) et aux PME, avec des innovation sur les thèmes suivants : « santé, environnement, lien social, emploi ». Pour désigner le vainqueur, le grand public sera appelé à voter au printemps. Les candidatures sont ouvertes jusqu'au 13 mars 2026 sur lafabrique-abeille-assurances.fr. L'assurance promet que chaque projet sera parrainé par des « agents généraux » du groupe.

Coopératives : Didier Levrat élu président d’Oxyane

Le conseil d’administration d’Oxyane a élu le 23 janvier son nouveau président : Didier Levrat. Il remplace Jean-Yves Colomb qui, après dix ans à ce poste, avait annoncé son choix de laisser sa place. Agriculteur à Sainte-Croix (Aisne), Didier Levrat exploite 160 ha de grandes cultures et pilote quatre bâtiments de volailles de chair label, soit l’équivalent de 17 600 volailles par an. Il était administrateur de la coopérative depuis 1993. Ce changement de président intervient six mois après l’arrivée du nouveau directeur général, Benjamin Latte, qui a pris ses fonctions le 1er juillet 2025. « L’enjeu à court terme est de mettre toute notre énergie pour accélérer le plan de transformation agricole, au cœur de notre modèle et de retrouver rapidement une trajectoire économique pérenne », confie Didier Levrat. (Anne Gilet)