PSN: l'Autorité environnementale malmène le projet du gouvernement
Comme prévu dans le processus d'élaboration de la déclinaison française de la future Pac, aussi appelé Plan stratégique national (PSN), l'Autorité environnementale a rendu, le 22 octobre, un avis sur le projet du gouvernement, dont les conclusions sont négatives. Dans sa synthèse, elle constate une «absence de prise en compte au juste niveau des enjeux environnementaux auxquels le projet de PSN aurait dû apporter une réponse robuste et ambitieuse, à la hauteur des engagements nationaux et européens.» En témoignent, selon elle, «le choix de la continuité pour les équilibres financiers entre les deux piliers, l’absence de territorialisation et la référence au dispositif HVE dont le cahier des charges n’est pas encore finalisé». Elle estime en outre que «la trajectoire tracée par le futur PSN ne rejoindra pas d’ici 2030 celle de la stratégie nationale bas carbone (SNBC), ni celle du plan biodiversité, ni celle de la directive cadre sur l’eau (DCE)». Parmi ses recommandations: établir un bilan des effets du PSN, et l'articuler avec les objectifs d'autres programmes publics environnementaux, accélérer la révision du label HVE en visant «un niveau sanctionnant une réelle performance environnemental», «territorialiser» les enjeux, prévoir des mesures «d'évitement/réduction/compensation» des effets du PSN et mieux évaluer les effets du système assurantiel. Contacté, le cabinet du ministre de l'Agriculture affirme que le projet du gouvernement ne sera pas modifié d'ici sa mise en consultation publique prévue du 13 novembre 2021 au 12 décembre 2021 inclus.
Vin: l'OIV approuve le transfert de son siège à Dijon
L'Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV) a approuvé le 25 octobre par consensus de ses 48 États membres le transfert de son siège de Paris à Dijon. «C'est une journée historique», s'est félicité le président de l'OIV, l'Italien Luigi Moio, peu après avoir fait applaudir la décision prise en assemblée générale extraordinaire à laquelle ont participé 44 des 48 adhérents. L'hôtel d'Esterno, édifice du XVIIe siècle du centre-ville dijonnais choisi pour le nouveau siège, «remplit pleinement les objectifs de notre organisation: il est fonctionnel et il est aux portes de la Cité de la gastronomie et du vin», qui doit ouvrir l'an prochain à Dijon, a souligné le président. M. Moio a également insisté sur les «synergies» possibles entre l'OIV, qui regroupe un réseau de quelque 1.000 experts du vin et de la vigne, et les différents organismes similaires à Dijon, comme la Chaire Unesco «Culture et traditions du vin» et l'Institut universitaire de la vigne et du vin. «L'ADN international de Dijon est déjà très présent», a abondé le secrétaire d'État au Tourisme Jean-Baptiste Lemoyne, rappelant que la candidature de Dijon, concurrencée par Bordeaux et Reims, avait «très vite eu une grande adhésion» au sein de l'OIV.
Classement de Saint-Emilion: amende et relaxe pour deux noms du vignoble bordelais
Une grande figure du vignoble bordelais, Hubert de Boüard, a été condamné le 25 octobre à Bordeaux à 60.000 euros d'amende, dont 20.000 avec sursis, pour avoir joué un rôle dans le classement 2012 des grands crus de Saint-Emilion alors qu'il avait des intérêts dans plusieurs propriétés candidates, dont le célèbre château Angélus. Son coprévenu Philippe Castéja, important négociant et propriétaire du château Trotte Vieille, a lui été relaxé. Ces deux pontes du Bordelais, respectivement âgés de 65 et 72 ans, avaient comparu fin septembre pour «prise illégale d'intérêt» pour leur implication présumée, à des degrés divers, dans l'élaboration entre 2010 et 2012 de ce prestigieux classement qui garantit d'importantes retombées commerciales, financières et médiatiques. Trois propriétés recalées, parties civiles, leur reprochaient notamment d'avoir été juges et parties. En 2012, le classement avait promu Angélus premier grand cru classé "A", sommet de la pyramide, et maintenu Trotte Vieille "B", récompensant huit autres propriétés pour lesquelles M. de Boüard était consultant ou superviseur. Les deux hommes étaient alors membres du comité national des vins de l'INAO qui a validé le règlement du classement et ses résultats, élaborés par une commission dont il avait préalablement nommé les membres.
Énergie : photovoltaïque au sol, un passage «obligé» pour Barbara Pompili
Visitant une ferme d’Eure-et-Loir à l’invitation de la FNSEA le 25 octobre, la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili a souligné que, malgré les inquiétudes d’une partie du monde agricole, «nous serons obligés de faire du photovoltaïque au sol». Un travail qui, a-t-elle poursuivi, «devra être mené avec le monde agricole pour préserver la production alimentaire». Plus généralement, la ministre était venue porter un message de réconciliation avec le secteur. «Nous ne réussirons pas la transition si les agriculteurs ne sont pas partie prenante», a-t-elle insisté devant les représentants du syndicat majoritaires, de l’Inrae, et les élus locaux. Photovoltaïque, diversification des cultures, production de compost : après avoir fait le tour de 275 ha de Pierre Lhopiteau, Barbara Pompili a souligné l’importance de l’expérimentation. «En agriculture, le changement se fait sur le temps long. Et je crois que les aides doivent aller non seulement sur les pratiques, mais aussi sur l’expérimentation. Il faut que nous donnions les moyens tout le monde à se tromper», a déclaré la ministre, rappelant les investissements prévus par le Plan de relance et le plan France 2030.
Une députée LREM veut dupliquer le label Bas-carbone sur l’emploi et la biodiversité
Dans un rapport sur la «souveraineté alimentaire» paru fin octobre, la députée LREM Sandrine Le Feur propose, parmi 35 recommandations, de créer, «sur le modèle du label Bas-carbone», des démarches de compensation volontaire dédiées à la biodiversité et à l'emploi. Par ce mécanisme, des entreprises volontaires financeraient les efforts des agriculteurs sur l'emploi et la biodiversité selon une méthodologie préalablement validée par les pouvoirs publics, comme c'est le cas aujourd'hui pour les émissions de gaz à effet de serre avec le label Bas Carbone. «Cela offrirait un cadre de vérification des pratiques intensives en main d'œuvre et vertueuses pour la biodiversité, qui permettrait aux exploitations de demain d'être rémunérées sur les services rendus», explique la députée interrogée par Agra presse. Concrètement, «quand Air France supprime des emplois dans le Finistère, on peut imaginer qu'elle finance localement la création d'emplois dans le secteur agricole», illustre Sandrine Le Feur, pour le volet emploi ; il s'agirait de financer des projets de diversification (ex. transformation à la ferme) ou plus largement tout projet d'intensification de l'emploi à l'hectare. Côté biodiversité, la députée cite des projets de replantation de haies, qui pourraient concerner des agriculteurs en bio comme en conventionnel.
Clauses miroirs: tribune commune d'eurodéputés français de divers bords politiques
«Cessons d’importer des produits dont nous ne voulons pas, la mise en place de mesures miroirs est une condition majeure pour y arriver», écrivent dans une tribune publiée le 25 octobre dans le quotidien le Monde, des eurodéputés français issus des rangs de cinq des principaux groupes politiques du Parlement européen - dont Anne Sander (LR), Eric Andrieu (PS), Jérémy Decerle (Renew, centre), Benoît Biteau (Verts) et Emmanuel Maurel (Gauche). Bruno Dufayet de la Fédération nationale bovine et Samuel Leré, de la Fondation Nicolas Hulot signent également cet appel. «Certaines méthodes de production (utilisation de farines animales, recours à des antibiotiques comme activateurs de croissance) strictement interdites dans l’élevage européen doivent faire l’objet de mesures strictes de réciprocité et de contrôles», détaillent-ils citant le bœuf du Brésil ou du Canada. Les élus promettent donc «dans les prochains mois» de s’efforcer de «mettre fin aux divergences réglementaires qui existent à chaque fois que cela sera possible dans l’ensemble des textes législatifs» sur lesquels ils seront amenés à travailler. Ils ajoutent qu’ils s’opposeront également «sans aucune ambiguïté à l’accord de commerce en cours de discussion avec les pays du Mercosur». La France qui assurera la présidence du Conseil de l’UE au premier semestre 2022 entend faire de cette question des clauses miroir une de ces priorités en matière agricole.
Cop26 : l’objectif de 100 Md$ pour les pays pauvres est atteignable (organisateurs)
Les organisateurs de la Cop26 ont assuré le 25 octobre pouvoir atteindre en 2023, avec trois ans de retard, l’objectif de 100 milliards de dollars annuels d’aide des pays riches aux pays pauvres pour les aider à faire face à la crise climatique. Comme le rapporte l’AFP, les dernières analyses des engagements financiers «permettent de penser que (l’objectif) serait atteint en 2023» et dépassé les années suivantes, selon un rapport publié par la présidence britannique à six jours du lancement de la conférence de l’ONU à Glasgow (Écosse). En 2009, à la Conférence climat de Copenhague, les pays riches s’étaient engagés à porter à 100 milliards de dollars par an en 2020 l’aide aux pays du Sud pour la lutte contre les changements climatiques. Dix ans plus tard, ils en sont loin : l’aide n’atteignait que 79,6 milliards en 2019, selon les derniers chiffres publiés en septembre par l’OCDE. Si les chiffres pour 2020 ne sont pas encore disponibles, «l’objectif a été presque certainement manqué», a concédé le président de la COP26, Alok Sharma, lors d’une déclaration par visioconférence pour présenter le rapport. Si l’enveloppe est symbolique pour la Cop qui s’ouvre, de nombreux acteurs le jugent désormais insuffisant, comme Christiana Figueres, responsable climat de l’ONU pendant la Cop21, qui estime que «100 milliards ne répondent pas aux besoins».
Elevage : Sanders lance une campagne de communication pour soutenir les éleveurs
Le géant de l’alimentation animale Sanders, filiale du groupe Avril, a dévoilé lundi 25 octobre une campagne de communication en ligne à destination des consommateurs pour sensibiliser à la situation des éleveurs et soutenir les filières françaises. La campagne se décline en cinq visuels diffusés sur plus de deux cents sites grand public. En cliquant sur la publicité, les internautes arriveront sur une page d’information appelant à «regarder l’origine des viandes avant de faire votre choix en magasin» et «choisir l’origine France pour participer à la défense des éleveurs français. » « Il faut comprendre que la qualité a un prix», souligne dans un communiqué le directeur général de Sanders, Philippe Manry. L’entreprise ne s’était encore jamais adressée directement aux «clients de ses clients», les consommateurs, et envisage de diversifier ses actions en faveur des éleveurs.