Agrafil du 25 octobre 2022

hero

NBT: l'Efsa propose des critères pour fixer le niveau d'évaluation des risques

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) propose dans un avis publié le 20 octobre une méthodologie en 6 étapes pour l’évaluation des risques des nouvelles techniques de sélection génomique (NBT). Un dossier sur lequel la Commission européenne doit présenter ses propositions au deuxième trimestre de l’année prochaine. Les critères proposés par l’Efsa doivent permettre de déterminer le niveau d’examen requis en fonction de la modification apportée. Si aucun ADN exogène n’est introduit, si les modifications apportées ne viennent pas s’insérer au milieu des gènes de la plante et si le caractère introduit est déjà connu dans la nature, l’évaluation des risques pourrait être simplifiée. Certaines plantes produites avec ces nouvelles techniques génomiques peuvent ne présenter que des changements mineurs susceptibles de se produire également dans la nature ou lors des procédés de sélection conventionnels, souligne l’Efsa.

Emissions industrielles: des ministres de l’Environnement de l’UE, eux aussi, inquiets pour l’élevage

Les ministres de l’Environnement de l’UE réunis le 24 octobre à Luxembourg ont pour la plupart, comme leurs confrères à l’Agriculture quelques semaines plus tôt, estimé que la proposition de la Commission européenne de révision de la directive sur les émissions industrielles qui prévoit d’inclure les exploitations agricoles de plus de 150 unités de gros bétail (UGB) était disproportionnée. S’ils soutiennent globalement l’idée d’étendre le champ d’application de la directive au secteur de l’élevage, ils considèrent que le seuil proposé n’est pas adapté. Beaucoup plaident pour que ce seuil de 150 UGB soit relevé. «150 UGB, ce n’est pas un élevage industriel», a souligné, comme beaucoup d’autres, le Luxembourg. Certains Etats membres (dont la France et l’Irlande) proposent que les exploitations d’élevage extensif soient exemptées (en introduisant un critère de densité d’animaux par hectare par exemple). Au Parlement européen, la commission de l'Agriculture qui discutait le même jour de ce dossier s'est elle aussi montrée très critique (tous groupes politiques confondus).

Chèque alimentaire: une mise en œuvre sans doute après 2023, selon Marc Fesneau

La création d’un chèque alimentaire pour les ménages les plus modestes ne sera a priori pas pour 2023, a indiqué le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau au congrès de Légumes de France (FNSEA) le 21 octobre. «Dans le moment qu’on traverse, les moyens qu’on est obligés de déployer -parce qu’on fait dans l’urgence- sur les questions énergétiques,  je vois mal comment sur 2023 les choses vont pouvoir se faire», a indiqué le ministre dans son discours. Interpellé sur la «relance» du projet de chèque par le président du syndicat légumier Jacques Rouchaussé, Marc Fesneau a répondu toutefois que le projet demeure d’actualité: «La question, ce n’est pas de le faire ou de ne pas le faire, mais qu’est-ce qu’on y met comme moyens». Il a ajouté qu’il faut travailler le sujet avec les circuits de distribution mais aussi avec les associations d’aide alimentaire «qui ne doivent pas se sentir exclues du dispositif» car les personnes ciblées sont «leur public». Proposée dans le cadre de la loi Climat d’août 2021, la création du chèque alimentaire est complexe à mettre en œuvre car il faut décider de la valeur faciale, des produits éligibles, du mode d’utilisation du chèque et de sa recevabilité dans divers réseaux de distribution.  

Chiens de troupeaux: des députés LFI veulent rendre l'État responsable des morsures

Dans une proposition de loi déposée le 18 octobre à l'Assemblée nationale, trois députés de la France insoumise (LFI) proposent de redéfinir les responsabilités des éleveurs et de l'État en cas de morsure provoquée par un chien de troupeau. Ils rappellent que «le cadre juridique actuel fait peser sur les éleveurs ou les bergers l’ensemble de la responsabilité d’une morsure d’un chien de protection des troupeaux, au même titre que celle d’un autre chien». Or, constatent-ils, «la norme impose, implicitement, à l’éleveur la présence des chiens de protection des troupeaux», notamment en conditionnant l’indemnisation des attaques de prédateurs (loups, ours, lynx) «à des moyens de protection, dont font partie les chiens de protection des troupeaux». Face à cette situation «injuste et pesante» pour les éleveurs, le texte propose de mettre en place, en cas de morsure d’un chien de  troupeaux un «régime jurisprudentiel de responsabilité sans faute de l’État»; ce serait alors l'État qui serait considéré responsable par défaut de la morsure, mais qui pourrait toutefois se retourner contre l'éleveur en cas de «manquement délibéré à une obligation de sécurité ou de prudence imposée». Selon les députés, la France voit exploser le nombre de chiens de troupeaux, avec 5642 bêtes en 2021, contre 1150 en 2007.

Ruminants: le ministère vise «l’extinction» de la brucellose chez les bouquetins

En visite dans un élevage laitier de Haute-Savoie le 24 octobre, le ministre de l’Agriculture a présenté sa feuille de route sur la brucellose, qui vise à «mieux lutter» contre cette maladie «en Savoie et Haute-Savoie», d’après un communiqué publié le même jour. La France est actuellement indemne de cette maladie bactérienne qui touche les ruminants et peut contaminer l’homme. Les deux derniers cas ont été détectés dans un élevage en novembre 2021 et chez un bouquetin en juillet; ces animaux «constituent un réservoir», rappelle le gouvernement. Parmi les quatre axes du plan ministériel, celui portant sur l’éradication de la brucellose vise «l’extinction» de la maladie dans les populations de bouquetins. «Plus de 170 bouquetins ont été capturés cette année et 61 prélevés», indique la Rue de Varenne. Des mesures de gestion critiquées par les associations environnementales. Un autre volet de la feuille de route porte sur le renforcement de la surveillance, qui a été mis en place cet été en Haute-Savoie, et étendu à la Savoie après la découverte d’un bouquetin infecté dans le massif des Aravis. Les derniers axes du plan concernent la concertation et le renforcement des connaissances scientifiques.

Service de remplacement premier feu vert à une prise en charge généralisée en cas d'urgence

À l’occasion de l’examen de la seconde partie (dépenses) du projet de loi de finances (PLF) pour 2023 le 24 octobre, les députés de la commission des Finances ont adopté un amendement proposé par l'ex-ministre de l'Agriculture Stéphane Travert en faveur d'une généralisation de la prise en charge des services de remplacement «en cas d'urgence» (décès, accidents, hospitalisations...). Actuellement, les interventions dans des exploitations non-adhérentes aux services de remplacement peuvent être «sources d'insécurité juridique et financière pour les services de remplacement», estime le député LREM de la Manche, auteur d'un récent rapport sur ce sujet publié dans le cadre du PLF 2023. Il s'appuie notamment sur une expérimentation mise en place par la préfecture de l'Orne avec la MSA et les services de remplacement. Citant le réseau Service de remplacement France (SRF), il estime le coût de la mesure à 735 000 euros par an pour l'État, pour 300 personnes concernées.

Emballages plastiques: Fesneau s’engage à revoir les délais d’application de la loi Agec

Invité au congrès de Légumes de France (producteurs de légumes, FNSEA) le 21 octobre, le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau a promis de réétudier «les délais» d’entrée en vigueur de la loi Agec, qui interdit depuis janvier l’utilisation du plastique dans les emballages de certains fruits et légumes frais. «On va travailler avec nos collègues du ministère de la transition [écologique] parce cela pose non seulement des impasses techniques mais aussi des impasses de consommation», a déclaré le locataire de la Rue de Varenne. Marc Fesneau a estimé que le consommateur «ne se comporte pas pareil» devant un fruit ou un légume quand il peut voir ou non l’état du produit à travers l’emballage. «Je suis étonné d’ailleurs que dans la loi Agec, ça n’ait pas été soulevé comme question», a déclaré le ministre. Quelques instants plus tôt, le président de Légumes de France Jacques Rouchaussé demandait «un moratoire d’au moins deux ans» sur l’application de la loi Agec. M. Rouchaussé a rappelé que la filière estime, de longue date, qu’elle ne serait prête à appliquer la loi Agec qu’en 2025, et que les professionnels sont confrontés de surcroît ces derniers mois à «des difficultés d’approvisionnement en emballages en carton, bois et autres».

Casdar: en commission, les députés poussent le gouvernement à rehausser le plafond

Dans le cadre de l’examen, le 24 octobre, de la seconde partie du projet de loi de finances (PLF) pour 2023, les députés de la commission des Finances ont adopté un amendement visant à «interpeller le gouvernement sur la nécessité de relever le plafond des recettes du Casdar» à 136 millions d’euros (M€). Le texte prévoit que l’exécutif remettra au Parlement un rapport sur le sujet au plus tard trois mois après la promulgation de la loi de finances. «Depuis 2020, le gouvernement a ramené le plafond d’ouverture des crédits à 126 M€», rappelle l’exposé des motifs de cet amendement d’appel déposé par le groupe socialiste. Le compte d’affectation spéciale «Développement agricole et rural» (Casdar) est alimenté par une taxe sur le chiffre d’affaires des exploitations agricoles; son produit devrait être en 2023 «supérieur à 136 M€ du fait notamment de la prise en compte de l’inflation». L’actuel plafond à 126 M€ «ne permettrait pas de mettre en œuvre l’ensemble des crédits disponibles». Or, le Casdar est «un outil essentiel pour permettre aux exploitations agricoles d’innover», estiment les élus socialistes, citant notamment l’adaptation au changement climatique et le renouvellement des générations.

Gestion de l'eau: la commission des finances propose 1M€ pour la gouvernance territoriale

À l’occasion de l’examen de la seconde partie (dépenses) du projet de loi de finances (PLF) pour 2023 le 24 octobre, les députés de la commission des finances ont adopté un amendement proposé par Dominique Potier (PS) et les membres du groupe socialistes et apparentés visant à allouer 1 M€ au développement «d’espaces de gouvernance permettant d’organiser l’économie et le partage de l’eau entre les différents usagers au sein d’un territoire», et ce «en fonction de savoirs scientifiques». Ces financements pourront notamment être utilisés dans le cadre du déploiement des projets de territoire pour la gestion de l’eau (PTGE). Instruits par les préfets, ces derniers ont pour objectif d’atteindre – à travers un programme d’actions adopté par l’ensemble des usagers d’un territoire –, un équilibre entre besoins et ressources disponibles en respectant les écosystèmes aquatiques, en anticipant le changement climatique et en s’y adaptant. «La question politique n’est pas aujourd’hui d’être, par exemple, pour ou contre les bassines, soutient l’amendement, mais de se doter d’un processus efficient à court et à long terme, localement et globalement, pour abriter l’ensemble des attentes : alimentation en eau potable, préservation de la fertilité des sols pour la production de nourriture, sécurité incendie, protection de la biodiversité... »

Méthanisation: la commission des Finances demande un rapport sur sa régulation

À l’occasion de l’examen de la seconde partie (dépenses) du projet de loi de finances (PLF) pour 2023 le 24 octobre, les députés de la commission des Finances ont adopté un amendement déposé par six députés du groupe socialistes demandant un rapport au gouvernement sur la méthanisation. Dans le détail, l'objectif serait d'étudier «les financements accordés par l’État à des projets de méthanisation agricole» et «des mesures envisagées pour renforcer les moyens financiers et humains alloués à la régulation de la filière de la méthanisation». Les députés estiment que, malgré ses bénéfices potentiels, «la méthanisation implique des risques potentiels et induit des dérives»: «accidents, concurrence entre production alimentaire et énergétique (...), spéculation foncière ou inflation du prix des cultures destinées au bétail». Le 1er septembre, FranceAgriMer a publié un premier état des lieux des taux d'utilisation des matières fermentescibles par la méthanisation. «Sachons raison garder», avait réagi la présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, questionnée par Agra Presse le 6 septembre, lors de sa conférence de presse de rentrée, sur l'opportunité d'encadrer davantage l'utilisation de fourrages par la méthanisation. L'idée avait été notamment proposée par la FDSEA d'Ille-et-Vilaine au début de l'été.

Urine humaine : Toopi Organics démarre la commercialisation d’un biostimulant

La start-up Toopi Organics a annoncé, dans un communiqué, le 24 octobre la commercialisation en France et en Europe (Belgique, Grèce, Espagne, Italie et Portugal) de Lactopi Start, un biostimulant produit avec de l’urine humaine, naturellement riche en azote, phosphore, potassium et facteurs de croissance. Concrètement, l'urine collectée auprès d’établissements accueillant du public est d'abord stabilisée puis hygiénisée. Une souche spécifique de Lactobacillus paracasei – une bactérie lactique – est ensuite multipliée dans le milieu urino-sourcé à l'intérieur de fermenteurs. La formulation liquide finale de Lactopi Start est enfin conditionnée pour sa commercialisation dans les réseaux classiques de distribution agricoles. «Si l’idée d’utiliser l’urine comme engrais n’est pas nouvelle, l'idée de Toopi Organics est complètement innovante : l'urine n'est plus utilisée comme fertilisant, mais comme milieu de culture pour des micro-organismes améliorant la capacité des plantes à absorber les nutriments naturellement présents dans l'environnement», précisent Michael Roes, fondateur de Toopi Organics et Alexandra Carpentier, directrice générale. Depuis sa création en 2019, l’entreprise girondine a levé 8,8 M€, dont 4,5 M en subventions ou avances remboursables. Elle cherche actuellement à lever de nouveaux fonds.

Prix alimentaires : l’inflation sur les produits de grande consommation proche des 10%

L’inflation du prix des produits de grande consommation (PGC-FLS) atteint 9,35% au mois d’octobre sur un an (contre 7,59% en septembre) et se rapproche de la barre des 10% attendue pour la fin de l’année, selon les données publiées par le panéliste NielsenIQ, le 21 octobre. La hausse des prix est plus forte sur les marques de distributeur (MDD): 12% contre 8% sur les marques nationales. Mais ce sont les marques premiers prix qui augmentent le plus avec 13,5% d'inflation. Toutes marques confondues, le prix des viandes, volailles, abats et charcuterie surgelés ont augmenté de près de 30% et ceux des pâtes alimentaires et des huiles de près de 20%. Au rayon crémerie, les prix des beurres, margarine et crèmes fraîches sont en hausse de 16,5%. Les œufs augmentent de près de 15%. L’inflation sur les légumes en conserve et  les légumes secs avoisine 14%. Dans une étude parue en septembre, NielsenIQ détaillait les répercussions sur les habitudes de consommation. Les Français achètent moins en volume (les ventes de produits alimentaires ont reculé de 1,7 % en volume cette année) et se tournent vers des produits moins chers. Les produits bio ont perdu 5,3 % de chiffre d’affaires par rapport à 2021, même s’ils restent en progression de 9,2 % par rapport à 2019.

Lait: le média Disclose accuse l’État de «censure» dans une enquête sur Lactalis

Le média d’investigation Disclose dénonce, dans un article publié le 24 octobre (en libre accès), une «censure» opérée par les services de l’État dans le cadre d’une enquête sur les «manquements à la sécurité sanitaire» dans les usines de Lactalis. Dans le cadre du droit d’accès aux informations administratives, les journalistes ont adressé des demandes pour connaître les résultats des inspections réalisées sur les sites de production du groupe. En réponse, ils disent avoir reçu des «dizaines de rapports d’inspections» de la DGCCRF (répression des Fraudes) «censurés» (passages rendus non lisibles) par le ministère de l’Économie. Ils reprochent également au ministère de l’Agriculture d’avoir «noirci des pages entières de rapports issus de la direction générale de l’Alimentation (DGAL)». Contacté par Disclose, la Rue de Varenne affirme qu’«(il) n’a jamais eu l’intention de dissimuler de quelconques manquements de Lactalis». Pour justifier le caviardage des documents, les services de l’État avancent le respect du «secret commercial», là où le média indépendant voit une «entrave au droit à l’information». Les documents récupérés ont tout de même permis à ce dernier de faire de nouvelles révélations sur des «manquements à la sécurité sanitaire» relevés lors de contrôles dans les usines du numéro un mondial du lait (enquête en libre accès).

Lait bio: la hausse de la collecte stoppée par la chute de la consommation (Idele)

La croissance de la collecte de lait bio ne devrait être que de 1% sur l’année 2022, tablent les économistes de l’Institut de l’Élevage (Idele) dans la publication Tendances du mois d’octobre. «Après un accroissement de près de 5% sur les cinq premiers mois de 2022, la collecte de lait bio en France a faiblement progressé en juin et juillet (+1%/2021) et a même décliné en août (-8%/2021)», notent-ils. Une croissance timide, très loin des 11-12% de 2020 et 2021. En cause: le repli de la consommation de produits laitiers bio qui a pour conséquence la baisse des fabrications (-20% pour les crèmes et la poudre de lait sur un an, -15% pour le beurre) et une hausse du taux de déclassement (environ 30%, l'Idele ne donne pas de nouvelle estimation). Le prix du lait payé aux producteurs est peu incitatif et a peu évolué par rapport à 2021, contrairement au prix du lait conventionnel. Il enregistre toutefois une hausse de près de 3% sur le prix de base au mois d’août, souligne l’Idele. À ce contexte vient s'ajouter la météo «défavorable» de cet été. Malgré le ralentissement de la croissance de la production, la France est devenue le premier pays collecteur de lait bio de l’Union européenne en 2022, devant l’Allemagne. Elle compte 4 200 livreurs de lait bio, soit 9,4% du total des livreurs de lait de vache.

Produits laitiers: deux ans après l’incendie, Agrial inaugure une nouvelle usine à Luçon

Le groupe coopératif Agrial a inauguré, le 21 octobre, une nouvelle fromagerie à Luçon (Vendée), deux ans après l’incendie accidentel qui avait ravagé le site industriel en février 2020. L’usine —qui fonctionnait depuis en activité partielle— a été reconstruite et agrandie. Sa capacité de production augmente de 50%: 24.000 tonnes de mozzarella sortiront des lignes de production chaque année, contre 16.000 t. auparavant. Ce projet «conforte l’ancrage local de la coopérative, au plus près de ses adhérents», se félicite Agrial dans un communiqué. Pour approvisionner son site de production, la coopérative collectera 200M de litres de lait auprès de 300 producteurs-adhérents du sud des Pays de la Loire et du nord de la Nouvelle-Aquitaine. «Ce nouveau site permet à la coopérative de renforcer ses positions dans la fabrication de fromages ingrédients en complémentarité avec sa fromagerie d’Herbignac (Loire-Atlantique)», précise la coop’. Le site d’Herbignac est spécialisé dans les «grandes séries», tandis que le site vendéen a été pensé pour être «plus agile» et répondre «aux nouvelles attentes des clients, en termes de conditionnement et de recettes». Cela permettra à Agrial de proposer «de plus petites séries pour viser de nouveaux marchés».

Biocarburants: pas de filière micro-algues «à court-terme» (rapport)

Dans un rapport rendu public le 20 octobre par le CGAAER (ministère de l'Agriculture), trois hauts fonctionnaires dressent le bilan du développement de l'algoculture (culture d'algues) en France, constatant notamment que la production de biocarburants à partir de micro-algues «ne devrait pas se développer à court terme». Le rapport distingue trois filières d'algoculture en France: les macro-algues, «généralement cultivées en pleine mer, destinées principalement à l’alimentation humaine»; les spirulines, «produites en bassins ouverts à terre»; et les micro-algues, «produites en photobioréacteurs, destinées à la production de molécules à haute valeur ajoutée (biostimulants pour l’agriculture, cosmétique, nutraceutique, énergie...)». Pour ces dernières, les applications qui devraient arriver à maturité le plus rapidement sont «les biostimulants et biopesticides, les compléments alimentaires animaux et humains, la cosmétique, estiment les auteurs. Celles relatives à la dépollution et à la production de biomatériaux devaient suivre.» Pour les biocarburants, ils estiment que «le prix de revient n’est pas compétitif comparé à celui des carburants fossiles, même dans des projets où la croissance des algues est dopée par l’injection de CO2 récupéré sur des sites industriels». Et ce «malgré les investissements en recherche et développement réalisés au début des années 2010».

Modulation intra-parcellaire: après 5 ans d'existence, Be Api (InVivo) couvre 235 000 ha

Lors d’une conférence de presse donnée le 24 octobre, Be Api (InVivo) le spécialiste de la modulation intra-parcellaire (fertilisation, semis, phytos...) a annoncé avoir réalisé un chiffre d’affaires de 3,1 M € et atteint 235 000 ha de cultures «diagnostiquées, numérisées et cartographiées» au titre de ses offres Be Api Fertilité et/ou Be Api Potentiel des sols. «Cette surface devrait atteindre près de 300 000 ha en 2023, le portefeuille de commandes de diagnostics Fertilité, Potentiel et Rendement s’établissant pour cette campagne à un niveau record de plus de 55 000 ha […]», a indiqué Laurent Maillard, responsable réseau de Be Api. Ce dernier attribue ces ventes plus soutenues à la démocratisation des équipements de modulation au sein des exploitations mais aussi à la reconnaissance, fin avril, par les pouvoirs publics des outils de diagnostic et de conseil liés à la modulation intra-parcellaire. À travers ses offres, l’entreprise fournit aux coopératives et aux agriculteurs les moyens nécessaires pour moduler les interventions culturales et les doses d’intrants en fonction des zones d’hétérogénéité diagnostiquées. Au total, les solutions de Be Api ont été commercialisées par 27 distributeurs partenaires, et sont utilisées par quelque 1 500 agriculteurs.

Distribution: le président des Mousquetaires (Intermarché) Didier Duhaupand démissionne

Le conseil d’administration du groupement Les Mousquetaires (Intermarché, Netto, Bricomarché…) a annoncé dans un courrier interne, le 19 octobre, la décision de Didier Duhaupand de «mettre un terme à son mandat» de président du groupement qui courait jusqu’à mi-2024. Une assemblée générale sera organisée «à échéance de trois mois» pour organiser sa succession, précise le courrier révélé par nos confrères de LSA (article payant). Président des Mousquetaires depuis 2016, Didier Duhaupand assurera lui-même l’intérim de la présidence dans cet intervalle. Le groupement n’a pas souhaité s’exprimer sur cette décision. Selon les médias spécialisés, elle fait suite à l’envoi d’un courrier aux adhérents par l’ex-président de la branche Intermarché Alimentaires, Vincent Bronsard. Ce dernier a été évincé en septembre par Didier Duhaupand. Dans le courrier, rendu public par le journaliste Olivier Dauvers, il fait part de divergences stratégiques entre la présidence et les responsables d’Intermarché Alimentaires. Ces derniers auraient refusé d’appliquer la stratégie du président, occasionnant le départ de tous les membres du bureau de la holding d’Intermarché. Cette crise de gouvernance intervient alors que le distributeur perd, depuis un an, des parts de marché au profit de ses concurrents, selon les données du panéliste Kantar.

Kiwi: Christophe Gautheron, nouveau co-président du BIK

Le bureau national interprofessionnel du kiwi (BIK) a élu son nouveau binôme de présidents en conseil d’administration le 7 octobre, informe un communiqué le 24 octobre. Christophe Gautheron prend la suite de Julien Pedelucq, en place depuis 2012 et désormais vice-président de l’organisation. M. Gautheron prendra «la responsabilité partagée» de la présidence avec Marie-José Sanz réélue à cette fonction. Pour Christophe Gautheron, par ailleurs directeur de la coopérative Kiwi Sud-Ouest, le BIK est «indispensable» de par ses travaux de «recherche-expérimentation, promotion, défense, outils de veilles techniques, sanitaires, de marchés... », cite le communiqué. Le BIK espère obtenir la reconnaissance d’AOP de gouvernance 'AOPn' pour la filière kiwi. Une reconnaissance également briguée par l’AOP kiwi de France créée en mars par François Lafitte, un ancien du BIK qui a quitté l’organisation, estimant qu’elle n’agissait pas assez en faveur des producteurs et organisations de producteurs de la filière.

Agroalimentaire: départ du directeur général de l’Ania, Mickaël Nogal

Le directeur général de l’Ania Mickaël Nogal quittera ses fonctions le 31 décembre prochain pour «raison personnelle», nous informe l’association nationale des industries alimentaires à Agra Presse, le 24 octobre, confirmant une information de Contexte. Il part pour lancer «sa propre société de conseil», précise l’Ania. En mars, Mickaël Nogal avait démissionné de son mandat de député de la Haute-Garonne (LREM) pour prendre la direction générale de l’organisation, succédant à Gilles Rouvière et Catherine Chapalain.