Influenza: le Conseil d'Etat rejette la demande de suspension des arrêtés de biosécurité
Dans une ordonnance publiée le 24 décembre, le juge des référés du Conseil d'Etat a rejeté les demandes de suspension des récents arrêtés de biosécurité en élevage de volaille visant à lutter contre l'influenza aviaire. Les demandes émanaient d'un collectif de syndicats agricoles et d'associations dont la Confédération paysanne, le Modef et la Fnab, qui estiment que ces textes «mettent en péril l’élevage plein-air de volailles», alors même les petits élevages de plein-air dits «autarciques» seraient, selon eux, moins exposés à la maladie. «Malgré la gravité des atteintes invoquées par les requérants (...), les mesures contestées ont été décidées pour faire face à un risque sanitaire particulièrement grave et urgent», explique le juge. Il met aussi en avant que la suppression des possibilités de dérogation accordées aux petits élevages autarciques figurait parmi les recommandations d'un avis de l'Anses. Cette ordonnance en référé ne préjuge pas de l'avis qui sera rendu sur le fond dans cette affaire, rappelle le juge. Une séance de jugement au fond est attendue au 1er semestre 2022.
Influenza aviaire: troisième cas en Pyrénées-Atlantiques
Dans un communiqué paru le 23 décembre, la préfecture des Landes a annoncé qu'un troisième foyer d'influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) avait été identifié dans un élevage professionnel en Pyrénées-Atlantiques, dans la commune de Malaussanne (nord-est du département). Le cas a été détecté «suite à une analyse réalisée à l’occasion de mouvements d’animaux», précise la préfecture. Après deux cas confirmés les 20 et 21 décembre à Came, dans le nord-ouest du département, il s'agit du troisième cas ces dernières semaines en Pyrénées-Atlantiques. C'est le neuvième cas déclaré dans le Sud-ouest, avec un cas dans les Landes dans une commune limitrophe des Pyrénées-Atlantiques, et cinq dans le Gers. Au 24 décembre, la France comptait 17 cas d'influenza aviaire en élevage professionnel, dont 8 dans le Nord. Dans les élevages touchés, les abattages des volailles «ont déjà commencé», avait indiqué M. Denormandie le 23 décembre. Rappelant les 89,5 M€ d'indemnisations débloqués pour l'épisode 2020-2021, «cette année, nous ferons à l'évidence la même chose», a assuré le locataire de la Rue de Varenne.
Élevage : les Pays-Bas annoncent un plan de 25 Mrd€ pour réduire leur cheptel
Le gouvernement néerlandais a dévoilé début décembre un plan à 25 Mds d’euros pour réduire son cheptel d’animaux d’élevage, apprend-on dans un article du journal britannique The Guardian du 15 décembre. Cette annonce officialise un projet de longue date de La Haye alors que le pays fait face à des problèmes de pollution à l’azote liés aux effluents d’élevage. Ce plan a pour objectif, d’ici 2035, de réduire d’un tiers le cheptel de porcs, bovins et poulets du pays, explique Le Guardian. Il se concrétisera par des accompagnements financiers incitant les éleveurs à relocaliser leurs exploitations vers des zones moins polluées et à adopter des modèles plus extensifs. Le gouvernement précise que la participation au programme sera volontaire, dans un premier temps. Les principales organisations professionnelles des éleveurs néerlandais s’opposent à cette politique et redoutent qu’elle ne fasse que déplacer le problème de la pollution. Ils demandent un délai pour développer des innovations leur permettant de réduire leurs émissions. Le syndicat néerlandais des jeunes agriculteurs a déjà annoncé qu’il s’opposerait «à toute mesure non-volontaire», rapporte le quotidien d’outre-manche.
Viande in-vitro: levée de fonds record pour l'israélien Future Meat
Spécialiste de la viande de poulet in-vitro, la start-up israélienne Future Meat vient de lever 347 millions de dollars, soit la plus importante opération de ce type pour cette activité en pleine effervescence, estiment les analystes américains d'Agfunder. L'opération a été pilotée par la filière capital-risque du géant du négoce ADM et par un investisseur international resté anonyme. Dans les rangs des financeurs figurent également l'américain Tyson Foods, qui avait déjà investi dans Future Meat, mais aussi dans Memphys meats, une start-up américaine concurrente qui avait établi le précédent record de fonds levés en un tour de table, à 155 millions de dollars en janvier 2020. Ces montants restent encore loin derrière les start-up produisant des similis végétaux, comme Impossible Foods ou Beyond Meat, dont les valorisations sont déjà estimées à plusieurs milliards de dollars. Mais l'essor des start-up de viande in-vitro s'accélère, notamment depuis le premier feu vert à leur commercialisation donné à Eat Just à Singapour en décembre 2020. Par ailleurs, la barrière des coûts de production se lève progressivement: Future Meat promet du blanc de poulet à 15$ le kg, contre 36$ il y a six mois.
Brexit: Londres prolonge ses assouplissements pour les saisonniers agricoles étrangers
Le gouvernement britannique a annoncé le 24 décembre l'extension jusqu'à la fin 2024 des assouplissements en vigueur pour permettre le recours aux travailleurs saisonniers agricoles étrangers, mais a exigé un plan de la part du secteur pour rompre sa dépendance à cette main-d'oeuvre. Moins d'un an après l'entrée en vigueur du Brexit, le Royaume-Uni avait déjà dû assouplir sa politique migratoire en septembre en raison de problèmes d'approvisionnements, accordant 10.500 visas de trois mois à des travailleurs de secteurs comme le transport routier ou les élevages de volailles. Selon l'extension annoncée le 24 décembre, qui concerne les travailleurs saisonniers dans les secteurs du maraîchage et de l'horticulture, 30.000 visas pouvant aller jusqu'à six mois seront disponibles avec une extension jusqu'à 40.000 si nécessaire, selon un communiqué du gouvernement britannique. Le nombre de visas diminuera à partir de 2023, «et le secteur devra améliorer salaires et conditions» de travail, souligne le communiqué, dans la lignée du virage vers une économie post-Brexit fondée sur de hauts salaires et de hautes compétences promis par le Premier ministre Boris Johnson.
Porc: la taxe d'équarrissage généralisée contre l'avis de la Cooperl (JO)
Comme annoncé par le ministre de l'Agriculture en novembre, deux arrêtés sont parus au Journal officiel (JO) le 24 décembre qui étendent à l'ensemble de la filière la cotisation volontaire obligatoire (CVO) finançant le système d'équarrissage. Les accords «amont» et «aval» sont ainsi «étendus» aux entreprises non adhérentes de l'interprofession. C'est notamment le cas de la Cooperl, premier abatteur français, qui a quitté l’interprofession porcine en novembre 2020 et avait annoncé sa volonté de quitter l'association d'équarrissage ATM (pour «animaux trouvés morts») en 2022. Suite à cette annonce, l'interprofession avait rendu la cotisation ATM obligatoire aux adhérents de l'interprofession à partir de 2022, et demandé au ministère de l'Agriculture d'étendre la règle à toute la filière. La Cooperl avait fait paraître début octobre une lettre ouverte au ministre, arguant que l'extension de la CVO à l'ensemble des entreprises «aurait pour effet de protéger les rentes de situation établies et d'entraver toute innovation de rupture». Le groupe compte «valoriser sous forme de biocarburants les graisses issues des animaux qui meurent accidentellement en élevages»; son usine «sortira de terre en 2023», précisait-t-il dans Ouest-France.