Fin de l'élimination des poussins mâles: dérogations probables pour la reproduction
Le projet de décret actant l'interdiction d'éliminer les poussins mâles sera «soumis à l'examen du Conseil d'État en ce début janvier», indique le cabinet du ministre de l'Agriculture à Agra Presse le 29 décembre. Ce texte comporte des dérogations pour la sélection et la reproduction, d'après le président du SNA (accouveurs) Louis Perrault. Dans ces maillons, «nous avons besoin de faire éclore l'ensemble des descendants pour analyser les mortalités tardives en embryons et les malformations», explique le président des accouveurs. Par ailleurs, ces opérations sont réalisées dans «des couvoirs spécifiques qui n'ont pas la capacité de mettre en place l'ovosexage, qui demande des volumes importants». Une autre production spécifique bénéficiera d'une dérogation: celle des œufs incubés «en vue de recherche scientifique ou pharmaceutique» (production de vaccins). Ces dérogations font l'objet d'un «consensus large qui englobe le CNPO (interprofession des œufs, NDLR) et le SNA», précise M. Perrault dans un entretien à Agra Presse. En cas de validation par le Conseil d'État, les professionnels souhaiteraient leur pérennisation. Par ailleurs, le projet de décret, annoncé en juillet et attendu début 2022, prévoit que l'ensemble des couvoirs s'engagent à investir dans une solution d'ovosexage, pour mettre fin à l'élimination des poussins mâles au plus tard fin 2022. Une obligation qui ne concernerait que les poules pondeuses, et non les volailles de chair.
Biotech: une start-up va faire produire protéines et enzymes par des cellules végétales
Algentech, start-up spécialisée dans la biologie de synthèse, va faire produire des protéines, des enzymes, des lipides et d'autres composés par des cellules végétales, dans un démonstrateur qui sera construit en 2022 à Saclay, a-t-elle indiqué lors d’une récente visite de presse organisée par le Genopole d’Évry (Essonne). Elle utilise pour cela les chloroplastes (compartiments qui assument la fonction de photosynthèse) des cellules des plantes. Génétiquement modifiés, ces organites peuvent produire massivement des enzymes pour la transformation de résidus cellulosiques de récoltes en éthanol. «La preuve du concept a été faite avec les chloroplastes de tabac. Maintenant nous allons faire produire les enzymes par la lentille d’eau, qui double sa biomasse toutes les 24 heures», a précisé Isabelle Malcuit, directrice de la stratégie. Les chloroplastes peuvent aussi produire des lipides servant de précurseur au squalène, un composé jusque-là extrait du foie des requins et utilisé en cosmétique et pharmacie (vaccins). La start-up est en discussion avec une société californienne d’éthanol cellulosique, qui compte produire elle-même ses enzymes avec des cultures de lentilles d’eau pour diminuer ses coûts. Les enzymes sont habituellement fabriquées à partir de levures, qui génèrent du CO2. La culture de lentilles d’eau, au contraire, en absorbe, souligne Isabelle Malcuit.
Lait: l’OPLGO et Lactalis s’accordent sur une réduction collective des volumes produits
Dans un communiqué commun, envoyé aux plus de 1000 éleveurs concernés, l’organisation de producteurs de lait du Grand Ouest (OPLGO) et Lactalis annoncent la signature d'un accord pour réduire globalement de 2% par an, sur trois ans, les volumes produits par les éleveurs laitiers livrant à l’industriel. «C’est un accord gagnant-gagnant qui répond au besoin de l’entreprise de réduire ses volumes de 2% par an sans impacter les volumes individuels [des producteurs]», affirme le président de l’OP, Frédéric Epineau, dans une vidéo accompagnant le communiqué. «Lactalis reconnaît formellement qu'il a besoin de moins de lait. Et l'OP a intérêt à tenir compte de cette problématique. Car les excédents jouent en défaveur de Lactalis dans son rapport de force avec la distribution, mais aussi sur son exposition aux marchés volatils», ont expliqué Frédéric Epineau et Christine Lairy, directrice de l'OP, à nos confrères de Réussir Lait. La production collective de l’OP s’élèvera à 672 millions de litres en 2021. Pour réduire la collecte sans obliger les éleveurs à baisser leur production, les volumes supprimés seront pris sur les transferts de contrat sans reprise d’exploitation. Dans le cas où l’objectif global serait dépassé de plus de 4% et afin d'éviter que certains éleveurs ne soient tentés d'augmenter leur production, les producteurs qui auront dépassé leurs objectifs individuels s’exposeront à des pénalités financières.
Élevage: le ministère précise les obligations des référents «bien-être animal»
Alors que l’obligation de nommer un référent «bien-être animal» dans chaque élevage entre en vigueur au 1er janvier 2022, le ministère de l'Agriculture précise leurs obligations dans un arrêté paru au Journal officiel le 29 décembre. Dans les élevages de porcs et de volailles, les référents auront l’obligation de suivre un parcours de formation au bien-être animal, entamé dans les six mois suivant leur désignation et finalisé au plus tard dans les 18 mois. Pour les autres filières d’élevage d’animaux de rente, le suivi de la formation sera volontaire. Les formations reconnues dans le parcours des référents seront labellisées par le ministère et délivrées par des organismes habilités (Vivéa et Ocapiat). Le certificat délivré à l’issue du parcours de formation expirera au bout de sept ans. Le référent devra alors suivre de nouvelles formations «afin de tenir compte de l’évolution des connaissances scientifiques». Les personnes ayant suivi des formations au bien-être animal depuis 2018 peuvent les faire valoir au sein du parcours obligatoire, à condition que ces formations soient reconnues par le ministère. Selon le même principe, plusieurs diplômes agricoles détaillés dans l'arrêté (bac pro, BTS, brevet professionnel…) délivrent une certification automatique pour les sept ans suivant leur obtention.
OGM: la Chine en passe d’approuver de nouvelles semences de maïs (officiel)
L’approbation par la Chine de trois nouveaux maïs OGM d’entreprises nationales est mise à la consultation du public jusqu’au 17 janvier, a indiqué le ministère chinois de l’Agriculture. Une étape clé vers une production domestique jusqu’ici interdite. Cette mesure concerne des produits de China national tree seed (CNTSC) avec l'université agricole de Chine, des sociétés Hangzhou Ruifeng Biotechnology et Beijing Dabeinong Technology, d’après un avis publié sur son site internet. La démarche intervient après que Pékin a proposé, le mois dernier, une refonte de la réglementation sur les semences pour ouvrir la voie à l’approbation des cultures de soja et céréales OGM, comme le riz ou le maïs. Les autorités ont aussi porté, l’an passé, une attention accrue à la sécurité alimentaire, poussant à améliorer l’autosuffisance en céréales de base. À propos de son nouveau maïs, Dabeinong a précisé dans un communiqué qu’il s’agit d’une variété plus résistante à un large éventail d’insectes, et notamment la chenille légionnaire d’automne. Le ministère chinois de l’Agriculture soumet aussi à l’approbation sept nouveaux cotons OGM.
Ministère de l’Agriculture: nominations de Philippe Schnäbele et d'Éric Tison au CGAAER
Deux nominations au Conseil général de l'alimentation, de l'agriculture et des espaces ruraux (CGAAER) ont été publiée au Journal officiel le 29 décembre. Par un arrêté du ministre de l'Agriculture, Philippe Schnäbele, ingénieur général des ponts, des eaux et des forêts, est nommé président de la section «Recherche, formation et métiers» du CGAAER à compter du 1er janvier 2022. Il était depuis janvier 2016 directeur adjoint de la direction générale de l'enseignement et de la recherche (DGER) du ministère, et précédemment directeur de la Draaf de Haute-Normandie. Par un autre arrêté, Éric Tison, inspecteur général de l'agriculture de 1re classe, est nommé président de la section «Gestion publique et réforme de l'État» du CGAAER à compter du 1er janvier. Précédemment, il a été entre autres sous-directeur du travail et de la protection sociale, qui est chargée de définir et de mettre en œuvre la politique sociale des exploitants et salariés agricoles.
À nos abonnés: possible ralentissement des parutions
En raison du ralentissement de l'actualité lors des fêtes de fin d'année, l'Agrafil et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme légèrement moins soutenu jusqu'à la fin de l'année. En vous remerciant de votre compréhension.