Méthane : les Nations-Unies attirent l’attention sur l’agriculture (COP26)
«L’agriculture devrait recevoir plus d’attention concernant les stratégies de réduction d’émissions de méthane, et ces stratégies devraient comprendre des changements en matière de consommation», souligne le programme des Nations-Unies pour l’environnement (Unep) dans un rapport dédié aux émissions mondiales de gaz à effet de serre publié ce 26 octobre à la veille de la Cop26. Comme le rappelle ce rapport, les contributions nationales volontaires (NDC) soumises par les pays signataires de l’accord de Paris «ne représentent que le quart des réductions [de méthane] nécessaire pour maintenir l’augmentation de température sous 1,5°C» d’ici 2100. De plus, regrettent les auteurs, «les pays publient rarement des cibles quantitatives pour réduire leurs émissions de méthane agricole». Citant plusieurs études et rapports récents, l’Unep estime pourtant que «des changements dans les choix alimentaires», comprenant «la réduction de consommation de produits animaux», permettraient de réduire les émissions de méthane près de 30 Mt par an, soit environ 1 Gt de CO2-équivalent. Plus généralement, à l’occasion de la Cop26, «définir des cibles quantitatives sur les cultures ou la gestion du bétail […] pourrait aider les pays à rehausser leurs ambitions» sur le méthane, insistent les auteurs. Et de rappeler qu'une réduction rapide du méthane «pourrait contribuer énormément à réduire les températures dès 2050».
Mutagénèse : Bruxelles se dit confortée sur la légalité du colza cultivé en France
Visé par une pétition du collectif Objectif zéro OGM, le colza Clearfield issu de la mutagénèse «se trouve légalement sur le marché français», a déclaré le 25 octobre au Parlement européen Irene Sacristán Sánchez, chef d'unité « Biotechnologie » à la DG Santé de la Commission européenne. «La législation française actuelle en vigueur, qui autorise la mise sur le marché de ce colza, est conforme avec la directive (OGM de 2001) et avec l’arrêt de la Cour de justice de l’UE» du 25 juillet 2018, a-t-elle expliqué, s’appuyant sur un avis de l’Efsa attendu pour novembre. L’avis de l’Efsa sur la mutagénèse «soutient notre position qu’il ne faut pas faire de distinction entre ces deux méthodes» : in vitro et in vivo, d’après elle. Dans sa pétition, le collectif Objectif zéro OGM demande au gouvernement français de répondre aux injonctions du Conseil d’État dans son arrêt du 7 février 2020, selon lequel les organismes obtenus par mutagenèse aléatoire in vitro doivent respecter la réglementation OGM. Le 25 octobre, le Parlement européen a décidé de maintenir ouverte cette pétition. Il enjoint la Commission de tenir informée la Commission des pétitions (Peti) de la réponse des autorités françaises.
Conjoints collaborateurs: l’Assemblée étend leurs droits aux indemnités et allocations
L’Assemblée nationale a adopté le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS 2022) en première lecture, le 26 octobre (par 344 voix pour, 202 contre, 7 abstentions). Le texte contient deux dispositions supplémentaires concernant les non-salariés agricoles. En effet les députés ont adopté, le samedi 23 octobre, un amendement permettant aux conjoints collaborateurs et aux aides familiaux de percevoir une indemnité journalière pour congé maternité, ou paternité, quand ils ne parviennent pas à trouver un remplaçant. Il s’agit «d’une mesure d’harmonisation et d’équité avec les cheffes et chefs d’exploitation agricole», explique le député Nicolas Turquois (Modem, Vienne) dans l’exposé des motifs. L’Hémicycle a aussi adopté, le 22 octobre, un amendement du gouvernement qui ouvre aux conjoints collaborateurs le droit de percevoir l’allocation journalière du proche aidant (AJPA) et l’allocation de présence parentale (AJPP). Cet amendement prévoit également de revaloriser les deux allocations au niveau du Smic ; et d’élargir le droit à l’AJPA aux proches qui aident des personnes ayant un handicap ou une perte d’autonomie sans gravité particulière mais nécessitant «une aide régulière».
Etiquetage du champagne en Russie: la France obtient un sursis jusqu'au 31 décembre
La France a obtenu de la Russie un moratoire de deux mois sur la mise en oeuvre de la récente loi russe empêchant le champagne d'utiliser son propre nom en alphabet cyrillique, a annoncé le 26 octobre à l'AFP le ministre délégué au Commerce extérieur, Frank Riester. «La France a obtenu de la Russie l'entrée en vigueur aujourd'hui d'un moratoire sur la mise en oeuvre de la loi viti-vinicole russe jusqu'au 31 décembre», a affirmé le ministre dans une déclaration écrite. «Cela ne règle pas tout, et nous sommes déterminés à faire avancer définitivement la question pendant cette période de travail qui s'ouvre», a-t-il ajouté. «Nous restons totalement mobilisés pour protéger nos exportateurs, défendre nos indications géographiques et faire rayonner notre excellence agricole», a poursuivi M. Riester. Depuis le 2 juillet, une modification de la loi russe sur le commerce des produits alcoolisés oblige les distributeurs de champagne à troquer le titre prestigieux de "champagne" contre celui de "vin pétillant" sur la contre-étiquette des bouteilles écrite en cyrillique, réservant la dénomination "Champanskoïe" aux producteurs russes de vins pétillants.
Viticulture : l’arrêté de lutte contre la flavescence dorée attaqué devant le Conseil d’Etat
La Confédération paysanne a indiqué le 26 octobre avoir déposé un recours auprès du Conseil d’Etat au sujet d’un arrêté relatif à la lutte contre la flavescence dorée. Elle engage cette procédure «suite au recours gracieux que nous avions adressé au ministre de l'Agriculture le 24 juin demandant la modification de cet arrêté», selon un communiqué de la Conf' qui dit n’avoir pas eu de réponse. L’arrêté du 27 avril relatif à la lutte contre la flavescence dorée de la vigne prévoit un traitement à l’eau chaude dans les zones délimitées où le vecteur de la maladie est absent. Une mesure que la Conf' souhaite voir généralisée : «La région Bourgogne l'a rendue obligatoire dans toutes ses appellations dès 2009. Il est donc possible de généraliser cette méthode de lutte.» Selon l’arrêté, la lutte contre la flavescence dorée est obligatoire en zone infestée et ce au moyen de phytos «ou, de préférence, s'il existe» de tout autre moyen. La Conf' juge le traitement à l’eau chaude «efficace et contrairement aux traitements insecticides, il n'a pas d'impact environnemental et sanitaire».
Développement : l’UICN et les Nations-Unies défendent l’agriculture de régénération
Diversification des cultures, agroforesterie, réduction du labour, paillage : l’agriculture régénérative est une «opportunité pour les entreprises et la société de restaurer les terres» sur le continent africain, affirment l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) et les Nations unies dans un rapport publié le 25 octobre. À une semaine de la Cop26, les organisations mettent en lumière plusieurs projets industriels promouvant l’agriculture régénérative. Près de 15 000 paysans en Ouganda, en Tanzanie et en Zambie seraient par exemple engagés dans le programme grandes cultures d’AbInBev, avec une hausse de 350% du rendement en manioc observée sur des parcelles expérimentales. Le négociant Touton ambitionne de son côté de protéger 160 000 ha de forêt au Ghana en imposant au moins 5 espèces d’arbres différentes sur les fermes de ses 30 000 producteurs de cacao. Au total, et dans un scénario «conservateur», l’adoption des pratiques régénératives sur la moitié du continent africain permettrait selon les auteurs du rapport une augmentation des rendements d’au moins 13%, tout en réduisant l’érosion des sols de 30%, et en augmentant le carbone dans les sols de 20%. Pour Nigel Topping, champion de haut niveau de la Cop26 cité dans le rapport, l’agriculture régénérative est «le type de solution dont nous avons besoin pour accélérer l’action vers la neutralité carbone».
Volaille : la CFA craint pour les contrats indexés des éleveurs
Alors que les négociations commerciales annuelles débutent entre l'agroalimentaire et la distribution, les éleveurs de volaille de la CFA (FNSEA) interpellent les distributeurs, dans un communiqué le 26 octobre, sur la nécessité de répercuter les hausses de matières premières dans leurs prix d'achat. La CFA craint que faute de rentabilité les industriels ne se retournent vers les éleveurs et remettent en cause les contrats indexés aux coûts de l'alimentation animale, dont bénéficie historiquement la majorité des éleveurs de volaille de chair et de poules pondeuses. «Les échos qui nous viennent du terrain quant au maintien du revenu des éleveurs sont très inquiétants», affirme Isabelle Leballeur, secrétaire générale de la CFA, citée dans le communiqué. Le syndicat rappelle les chiffres suivants: «L’indice Itavi Poulet standard se maintient au-dessus du seuil de +/- 10 % en septembre 2021 pour le douzième mois consécutif», tandis que «le rapport de l’indice de prix de production industrielle Viande de poulet rapporté à l’indice du prix des aliments poulets Itavi est lui dans le rouge depuis presque 2 ans».