Agrafil du 29 octobre 2024

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Egalim: Annie Genevard annonce un projet de loi «avant avril»

«Nous sommes déjà en train de chercher un créneau parlementaire pour un projet de loi» de réforme des relations commerciales, a annoncé la ministre de l’Agriculture dans un entretien à Agra le 26 octobre. Ce texte contiendrait notamment le «maintien du SRP+10» (relèvement du seuil de revente à perte de 10 points), une mesure qui «semble faire l’unanimité», selon Annie Genevard. En conséquence, «il faut que le Parlement ouvre un débat avant avril, car l’expérimentation du SRP+10 s’achèvera à cette date». La ministre a reçu le 10 octobre le rapport des anciens députés Anne-Laure Babault et Alexis Izard, qui contient 27 propositions. Les auteurs y suggèrent notamment de simplifier la transparence sur la matière première agricole (MPA), et y avancent deux options pour modifier le calendrier des négociations commerciales. «Je rappelle que ce n’est pas un rapport prêt à l’emploi, mais qu’il faut bien en évaluer chacune des propositions», a indiqué Annie Genevard. Et de préciser qu’elle compte «travailler avec Laurence Garnier (la secrétaire d’État à la Consommation, NDLR) d’ici décembre sur ce dossier». «Il faut se donner le temps d’élaborer un texte qui soit vraiment utile au monde agricole», a encore déclaré la ministre de l’Agriculture, pour qui «chaque maillon [de la chaîne alimentaire] est essentiel».

Pesticides: Genevard favorable à la réforme de la séparation vente/conseil

S’exprimant sur la séparation vente/conseil en matière de pesticides dans un entretien à Agra le 26 octobre, la ministre de l’Agriculture a estimé qu’«il faut impérativement revenir sur ces dispositions qui compliquent beaucoup les choses dans l’exécution». En matière de véhicule législatif, cette réforme «ne peut pas rentrer dans la loi d’orientation agricole» (LOA), a-t-elle confirmé. Et de rappeler que le sénateur Laurent Duplomb (LR, Haute-Loire) «a une proposition de loi, qu’il pourrait présenter à l’occasion d’une semaine d’initiative sénatoriale, un peu avant la LOA». Celui-ci a fait de l’adoption de ce texte une condition pour devenir rapporteur de la LOA au Sénat. À l’instar du syndicalisme majoritaire et de la Coopération agricole, M. Duplomb plaide pour l’abrogation de la séparation vente/conseil. Le sujet concerne aussi les chambres d’agriculture, car le dispositif exclut du bureau les élus de chambre départementale ayant par ailleurs des responsabilités dans des coopératives. Au printemps, alors ministre déléguée à l‘Agriculture, Agnès Pannier-Runacher avait promis de mener cette réforme. Un chantier qui avait été mis en pause par la dissolution de l’Assemblée nationale, puis le remaniement.

LOA: Genevard confirme un examen en janvier, trop tard pour Fesneau et Braun-Pivet

L’examen du projet de loi d’orientation agricole (LOA) au Sénat «commencera en commission à la mi-décembre et en séance publique en janvier», a indiqué la ministre de l’Agriculture dans un entretien à Agra le 26 octobre, ajoutant qu’elle avait «pris le premier créneau disponible pour le gouvernement». Des sources parlementaires ont précisé à l'AFP qu'un examen est envisagé en séance publique à partir du 27 janvier. Un calendrier jugé trop tardif par la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, alors que de nouvelles mobilisations agricoles sont annoncées à la mi-novembre: «Je regrette que le gouvernement ait fait le choix d'examiner cette loi d'orientation agricole uniquement en début d'année 2025. Je crois que c'est urgent», a-t-elle déclaré sur France 3 le 27 octobre. De son côté, le président du groupe Modem à l’Assemblée Marc Fesneau, ex-ministre de l'Agriculture qui avait porté ce texte, a lui aussi jugé «dommage que l'on attende janvier» sur ce projet de loi qui apporte «des réponses sur la simplification [et] l'installation des jeunes» agriculteurs. Le texte contient des engagements pris par le gouvernement en début d’année, après le mouvement de colère de l’hiver 2023-2024. Son aboutissement est une des revendications de la FNSEA et des JA, qui ont annoncé une action nationale à la mi-novembre.

Lait: Savencia refuse un nouvel accord-cadre et propose de maintenir la collecte

En conflit avec ses fournisseurs éleveurs sur le prix du lait, le groupe Savencia a refusé un nouvel accord-cadre proposé par l’AOP Sunlait, annonce l’association d’organisations de producteurs dans un communiqué le 28 octobre. L’AOP indique avoir envoyé une nouvelle proposition d’accord-cadre le 18 octobre, à la suite de quoi l’industriel lui aurait signifié «la fin [de leurs] relations». «Savencia Ressources Laitières ne propose pas de modification de cette proposition sur les points qui ne conviennent pas», rapporte Sunlait. Alors que les contrats-cadres de trois des quatre OP de Sunlait arrivent à échéance jeudi 31 octobre, Savencia a proposé, d’après un communiqué relayé par l’AFP, de «poursuivre la collecte auprès des producteurs Sunlait qui le souhaitent, sans impact sur les volumes de la filière laitière française». Aux yeux du deuxième groupe fromager français (Cœur de lion, Caprice des Dieux, etc.), cette solution «transitoire» vise à «permettre aux producteurs de disposer du temps nécessaire pour choisir la solution qui leur conviendra». De son côté, Sunlait dénonce un «contournement»: «Ce n’est pas à l’acheteur de décider comment il souhaite contractualiser avec des producteurs qui sont déjà organisés en OP», estime l’AOP, qui dit continuer à chercher «une solution permettant la poursuite des relations».

Manifestations: le Modef appelle à la mobilisation «à partir du 8 novembre»

Dans un communiqué du 28 octobre, le Modef «appelle à se mobiliser devant les préfectures à partir du 8 novembre pour dénoncer le plan social agricole du gouvernement». En plein examen du projet de loi de finances (PLF), le syndicat dénonce «une baisse du budget 2025 alors qu’il devrait augmenter». Et d’ajouter que «le gouvernement agit contre les paysans en acceptant le traité de libre-échange avec le Mercosur et en refusant de garantir une rémunération digne». Dans son communiqué, le Modef réitère ses revendications: «prix minimum garantis par l’État», encadrement des marges, prise en charge de vaccination «à 100%» pour plusieurs maladies animales, «prise en charge des cotisations MSA» en céréales, fruits, légumes et arboriculture, ou encore mise en place d’une «caisse mutualiste publique climatique et sanitaire». Le syndicat rappelle le contexte chahuté pour de nombreuses productions, entre intempéries, mauvaises moissons et crises sanitaires à répétition. Au-delà du Modef, les autres syndicats ne sont pas en reste: la FNSEA et les JA manifesteront à la mi-novembre, la Coordination rurale menace «d’affamer et paralyser» Toulouse, tandis que la Confédération paysanne a choisi des actions ciblées, notamment contre la réduction de collecte annoncée par Lactalis.

Biosolutions: UV Boosting lève 6,9 M€ auprès du fabricant de tracteurs Kubota

UV Boosting, spécialiste du traitement des plantes par ultraviolets, a annoncé le 24 octobre avoir clôturé un tour de financement de 6,9 millions d’euros (M€) mené par le fabricant japonais de machines agricoles Kubota. Cette prise de participation minoritaire constitue «une étape clé pour accélérer le développement commercial et technique» de la société francilienne, indique-t-elle sur le réseau social LinkedIn. «Quelle fierté de clôturer ce tour de table dans un contexte aussi difficile pour toutes les start-up Agtech et Deeptech», se réjouit Baptiste Rouesné, p.-d.g. de UV Boosting. Créée en 2016 par l’université d’Avignon et le «venture builder» Technofounders, l’entreprise conçoit des équipements de «soin global des plantes par stimulation UV», à destination principalement des cultures de la vigne, la fraise, des vergers et de l’entretien des gazons sportifs. Sa technologie, aux yeux de Kubota, «améliore les mécanismes de défense naturels des plantes, réduisant ainsi le besoin de pesticides et augmentant les rendements des cultures», selon un communiqué du fabricant de tracteurs.

Influenza aviaire: deux élevages de canards touchés dans le Morbihan

Ce samedi matin, les GDS de Bretagne ont été alertés par un mail préfectoral du fait que deux foyers d’influenza aviaire hautement pathogène (IAHP) avaient été détectés la veille dans deux élevages de canards à Noyal-Muzillac, dans le sud du Morbihan. Un unique arrêté préfectoral, signé le 25 octobre, donne les dates des résultats d’analyse: les 23 et 25 octobre. La commune de Noyal-Muzillac étant située à 10 km de la côte, la zone de surveillance s’étend jusqu’à celle-ci. Elle est aussi incluse dans la bande de surveillance-active Atlantique-Manche à l’égard des risques de contamination par les oiseaux marins. Selon les informations obtenues par nos confrères de Réussir Volailles, les deux troupeaux de canards – l’un de chair, l’autre à foie gras – avaient été vaccinés contre l’influenza aviaire. L’enquête épidémiologique devra répondre à la question de cette contamination, en dépit de la protection vaccinale. L’arrêté rappelle que les élevages détenant des volailles vaccinées en zone de surveillance sont soumis à une «surveillance post-vaccination active renforcée». Ces deux nouveaux cas portent à huit le nombre de foyers enregistrés en France depuis le 13 août, tous en Bretagne.

Climat: les engagements actuels incapables de contenir le réchauffement à +1,5°C

À deux semaines de la Cop29 à Bakou (Azerbaïdjan), l’ONU sonne une nouvelle fois l’alarme. Les engagements climatiques actuels des pays ne sont pas sur la bonne voie pour contenir le réchauffement à +1,5°C, a alerté l’ONU Climat dans un rapport publié le 28 octobre. En effet, ces engagements mènent à seulement 2,6% de baisse des émissions mondiales de gaz à effet de serre en 2030 par rapport à 2019, au lieu des 43% préconisés par le Giec pour espérer limiter le réchauffement climatique à la limite la plus ambitieuse de l'accord de Paris. Mis à jour chaque année, le rapport en question est la synthèse annuelle des derniers engagements de réduction des émissions – appelés «contribution déterminée au niveau national» (NDC) –, pris par les 195 signataires de l’accord de Paris de 2015 (qui représentaient 95% des émissions globales en 2019). Pour rappel, ce dernier fixe l’objectif de limiter le réchauffement de la planète «nettement en dessous de 2°C par rapport aux niveaux préindustriels», quand l’humanité a commencé à exploiter à grande échelle les énergies fossiles responsables des émissions de gaz à effet de serre, «et si possible à 1,5° C».

Noix de Grenoble: amélioration de la récolte en 2024, mais beaucoup de tri à réaliser

Après deux années de crise importante, la noix de Grenoble AOP reprend son souffle en 2024. Amorcée fin septembre, la récolte est sur le point de se terminer et s’annonce d’ores et déjà meilleure, a appris Agra auprès du Comité interprofessionnel de la noix de Grenoble (CING) le 28 octobre. Le CING se garde toutefois d’avancer un chiffre concernant les volumes récoltés. Pour rappel, la noix de Grenoble AOP a connu «deux années extrêmement compliquées», souligne Nathalie Gaillard, coordinatrice du CING, évoquant une production exceptionnelle, mais des ventes à perte, en 2022, suivie d’une forte baisse de la production et de la qualité à cause de la météo en 2023. Cette année aussi, les conditions de récolte ont été «particulièrement défavorables», en raison des aléas climatiques et de l’humidité, pouvant altérer certains fruits, précise Mme Gaillard. Alors que l’AOP noix de Grenoble impose de commercialiser des fruits à la coque sans défaut, il reste donc «beaucoup de tri à réaliser», ajoute-t-elle. Côté commercialisation, le marché est en revanche «plus dynamique» et le CING espère voir les prix repartir à la hausse.

Machinisme: un homme condamné à six ans de prison pour vol de GPS agricoles

Le tribunal correctionnel de Versailles (Yvelines) a condamné le 25 octobre à six ans de prison un homme impliqué dans le vol d'une trentaine de GPS agricoles, principalement en Île-de-France. Cet homme de 31 ans, de nationalité moldave et déjà condamné à plusieurs reprises par la justice, a également écopé d'une interdiction du territoire français. Il comparaissait pour avoir dérobé, entre juin et septembre, des dizaines de consoles ou d'antennes GPS d'engins agricoles dans plusieurs départements franciliens (Yvelines, Essonne, Seine-et-Marne), ainsi que dans l'Aisne et les Ardennes, afin de les revendre en Europe de l'Est. L'enquête, menée par la section de recherches de Versailles et le groupement de gendarmerie des Yvelines, a mis à jour un mode opératoire bien rôdé: des vols réalisés de nuit par une équipe de deux malfaiteurs, gantés et se dissimulant le visage. Les exploitations ciblées se trouvaient dans des villages reculés, rarement dotés de moyens de vidéosurveillance. Le préjudice total a été évalué à 430 000 euros. L'une des victimes, présente dans la salle d'audience, a indiqué ne pas avoir pu moissonner pendant huit jours à la suite du vol de ses équipements agricoles.