GNR : Bercy annonce un «prêt flash» sous condition d'exposition du chiffre d'affaires
Le ministère de l’Economie a annoncé le 3 avril au soir le lancement prochain d’un «prêt flash carburant» avec Bpifrance, pour soutenir la trésorerie des petites entreprises les plus exposées à la flambée des prix des carburants liée à la guerre au Moyen-Orient. Des sommes de 5.000 à 50.000 euros pourront être prêtées au taux de 3,80%, sans garanties, aux TPE (très petites entreprises) et PME (petites et moyennes entreprises) des secteurs éligibles: transports, agriculture, pêche, dont les dépenses de carburant représentent "au minimum 5% du chiffre d’affaires", a précisé Bercy. Les prêts seront «distribués via un canal 100% numérique par Bpifrance», la banque publique d’investissement, avec une «mise à disposition des fonds sous 7 jours», a indiqué le ministère dans un communiqué. Les entreprises devront cependant répondre à un certain nombre de critères pour éviter les effets d’aubaine: avoir été créées il y a plus d’un an, et accepter de donner accès à Bpifrance à leurs derniers mois de relevés de compte bancaire. La durée de ces prêts sera de 36 mois, «incluant un différé d’amortissement du capital de 12 mois», selon le communiqué. Ils seront disponible dans l’Hexagone ainsi que dans les départements et régions d’outre-mer.
Grèce : mis en cause dans la fraude aux aides Pac, le ministre de l’Agriculture remplacé
Le ministre grec de l’Agriculture, Kostas Tsiaras, a démissionné le 3 avril dans le cadre du scandale de fraude aux aides de la Pac, avec deux autres de ses collègues du gouvernement. Selon les médias grecs relayés par l’AFP, il figure parmi les députés du Parlement dont le parquet européen a demandé, le 1er avril, la levée de l’immunité parlementaire. Il a été remplacé par Margarítis Schinas, ancien porte-parole de la Commission européenne (2014-2019) devenu ensuite commissaire européen (2019-2024), a annoncé le même jour le porte-parole du gouvernement. Le Parquet européen mène depuis 2025 plusieurs enquêtes impliquant des fonctionnaires de l’Agence grecque de paiement et de contrôle des aides communautaires (OPEKEPE), dont le gouvernement a depuis annoncé la dissolution. « Un nombre important de personnes » avaient ainsi obtenu des aides agricoles en revendiquant à tort des terres publiques. Ce scandale éclabousse en particulier le camp du parti du Premier ministre au pouvoir, Kyriakos Mitsotakis, avec vingt responsables politiques dans le collimateur de la justice européenne. Selon des résultats préliminaires, 324 personnes ont été identifiées comme bénéficiaires des subventions, causant un préjudice estimé à plus de 19,6 M€ au budget de l’UE
Viticulture/cuivre : l’Anses met à jour Ephy, mais envisage d’aller en cassation
Dans un échange avec Agra Presse le 2 avril, l’Anses indique « prendre note » de l’ordonnance du tribunal administratif de Melun du 31 mars qui suspend les restrictions d’usage de quatre produits à base de cuivre du fabricant allemand Cosaco Gmbh. Il s’agit des produits KOCIDE OPTI, KOCIDE 2000, FUNGURAN OH et FUNGURAN OH 300 SC, pour lesquels l’Anses avait, en juillet, refusé le renouvellement d’autorisation de mises sur le marché (AMM) à partir de 2027. « L’agence va mettre à jour le catalogue des produits phytopharmaceutiques du site Ephy en ce sens, pour rétablir la possibilité d’utiliser ces produits en traitement de la vigne uniquement », indique l’Anses. Elle annonce toutefois qu’elle « envisage de se pourvoir en cassation devant le Conseil d’État contre cette ordonnance en référé », car le tribunal l’enjoint « de statuer à nouveau, après une nouvelle instruction des dossiers de l’industriel » sur la demande d’AMM.
Céréales : Vladimir Poutine évoque un projet de hub en Égypte (presse)
D’après les informations publiées par Reuters le 2 avril (article payant), le dirigeant russe Vladimir Poutine a évoqué un projet de création de hub céréalier et énergétique en Égypte. Le président russe a soulevé l’idée lors d’une rencontre avec le ministre égyptien des Affaires étrangères Badr Abdelatty, lors d’une rencontre au Kremlin. Ce dernier a d’ailleurs répondu que l’Égypte accueillait favorablement les initiatives russes. Néanmoins, aucun détail du potentiel projet en question n’a filtré. Pour rappel, l’Égypte constitue un client majeur du blé tendre russe, et constitue le premier importateur planétaire de blé tendre. De son côté, la Russie représente le plus important exportateur mondial depuis des années. L’Égypte tiendrait un rôle de plus en plus important en matière de traitement des matières premières russes, rappelle Reuters. Le pays pourrait ainsi servir de point logistique et de stockage pour les approvisionnements à destination de l’Afrique et du Moyen-Orient, incluant bon nombre de clients de céréales russes, ajoute le média. Reuters évoque également des discussions, sans lien avec celles entre l’Égypte et la Russie, et ne concernant que des entreprises, au sujet de la création éventuelle d’un hub céréalier à Oman.
Blé : quelques inquiétudes sur la qualité de la récolte 2026 dans l’hémisphère nord
Des experts ont indiqué à Agra Presse que la principale crainte pour la récolte 2026 de blé tendre concernait surtout la qualité, dans le contexte actuel de guerre au Moyen-Orient. « Si on prend les producteurs de l’hémisphère nord, tous ne sont pas autant couverts en engrais azotés pour le blé », pointe par exemple Antoine Guyon, analyste éditorial senior d’Argus Media. Pour rappel, le conflit Iran-Israel-USA a provoqué une flambée des prix des engrais azotés, essentiels pour les producteurs mondiaux de céréales. Dans ce contexte, certains producteurs se poseraient la question de limiter, voire de faire l’impasse sur les derniers apports azotés sur les blés, pourtant essentiels à l’élaboration des taux de protéines. Or, ces apports surviennent généralement courant avril-mai. « Les opérateurs craignent une possible baisse de l’offre de blé de qualité meunière. C’est notamment le cas en Roumanie, sachant qu’il y a aussi tout le bassin mer Noire et les pays Baltes qui sont concernés », précise l’expert. Pour le moment, la prime pour des blés à forts taux de protéines est faible. Ainsi, le marché n’incite guère les agriculteurs à faire les efforts nécessaires. Bien entendu, beaucoup de choses peuvent encore survenir, et ces inquiétudes sont à prendre avec des pincettes. Rappelons enfin que la récolte mondiale 2026, en matière de volume, s’annonce plutôt bonne.
Tourteau de soja : la France pourrait couvrir 40 % de ses besoins en non OGM en 2032 (étude)
Une étude publiée en mars 2026, pilotée par Sofiprotéol et réalisée par Céréopa, pour le compte du Fonds d’actions stratégique pour les oléagineux et protéagineux (FASO), chiffre la hausse attendue de la production de tourteau de soja français d'ici 2032. Dans le détail, elle augmenterait de 17 % par rapport à la campagne commerciale 2022-2023, à 81 000 t. La publication ajoute que la part du tourteau français à l’horizon 2032 « représenterait ainsi 40 % des environ 200 000 t de tourteau de soja non OGM consommé en France, contre 26 % aujourd’hui ». Cette progression serait notamment permise par l’entrée en vigueur du RDUE (règlement européen contre la déforestation) et la reconfiguration des cheptels français. L’application du RDUE représenterait d’ailleurs un surcoût de 110 M€ pour l’élevage français d’après l’étude, soit 30 €/t sur le tourteau de soja importé, améliorant donc la compétitivité de la matière première hexagonale. Attention néanmoins : « Le RDUE ajoute des contraintes de traçabilité pour le soja français, alors que le développement de la production de graines est déjà un facteur limitant de l’offre en tourteau de soja origine France », peut-on lire dans le document. Il indique par ailleurs que la demande française en tourteau de soja (hors bio) s’élevait à 2,8 Mt environ en 2022-2023, et tomberait à 2,6 Mt en 2032.
Lait : contrat pluriannuel signé entre Savencia et l’OP Lactéa, qu'a rejointe Ouest Lait
Savencia a indiqué avoir signé le 2 avril un contrat avec l’organisation de producteurs (OP) Lactéa, ex-OP de Triballat présidée par Fabrice Guérin, récemment constituée dans la région Ouest. « Ce contrat, conclu pour une durée de cinq ans, concerne 45 producteurs, pour un volume d’environ 40 millions de litres de lait collectés chaque année », détaille Savencia. L’industriel précise que ce contrat porte sur une formule de prix du lait qualifiée d’équilibrée et compétitive, une gestion commune des volumes et un dispositif d’accompagnement à l’installation de nouveaux producteurs. Cet accord représente une avancée pour le dossier des relations complexes entre Savencia et l’AOP Sunlait dont l’OP Ouest Lait faisait partie. En mars, Ouest Lait a voté pour rejoindre Lactéa, et ainsi bénéficier d’un contrat en bonne et due forme. Au même moment, Savencia était revenu publiquement sur la rupture définitive avec Sunlait, avec qui il ne souhaite plus travailler après avoir gagné en Cour de cassation en février. Savencia avait aussi indiqué que la majorité des producteurs qui travaillaient avec lui via Sunlait continuaient à le livrer en passant par d’autres organisations de producteurs.
Légumes/PFAS : un couple de maraîchers ardennais porte plainte contre X
Un couple de maraîchers installés à Haraucourt (Ardennes), dont les cultures sont à l’arrêt à cause de la contamination par les PFAS (polluants éternels), a déposé plainte pour « mise en danger de la vie d’autrui », rapporte l’AFP le 3 avril. Cette action judiciaire fait suite à une enquête publiée en février par France 3 et Disclose, qui révélait des taux record de PFAS dans des sols agricoles de la Meuse et des Ardennes. « Nous avons acheté la ferme il y a trois ans et nous n’étions pas informés des épandages de boues industrielles », a déclaré le 2 avril à l’AFP Anne Abraham, 47 ans, précisant que la préfecture lui a interdit de vendre ses produits en raison du danger pour la santé. Avec son mari Sébastien, elle a également porté plainte le 27 mars pour « abandon de déchets provoquant une dégradation de la qualité du sol ou de l’eau » et pour « déversement dans les eaux souterraines de substances dont l’action ou les réactions entraînent des effets nuisibles sur la santé », a précisé leur avocat, Me Aurélien Desingly, confirmant une information du Canard enchaîné. Selon la préfecture, depuis 2023, les campagnes d’analyses ont mis en évidence des concentrations de PFAS dans l’eau supérieures à la limite de qualité réglementaire.
Pesticides: plus d’un millier de personnes à Paris pour la «marche pour un printemps bruyant»
Une «marche pour un printemps bruyant» face à une nature de plus en plus silencieuse: plus d’un millier de personnes ont manifesté en musique à Paris le 4 avril contre les pesticides, dénonçant la raréfaction des oiseaux et des insectes ainsi que l’impact sur la santé humaine. Le cortège s’est élancé derrière une grande banderole «les pesticides tuent, des alternatives existent». Des pancartes clamaient «Mange, t’es mort», «Arrêtons de légaliser le poison» ou encore «Plus de chauve-souris, moins d’agro-chimie». La manifestation, qui a rassemblé 1.400 personnes selon la préfecture de police, était portée par un collectif d’organisations, parmi lesquelles Extinction Rebellion, Greenpeace, la Ligue de protection des oiseaux (LPO), France Nature Environnement, Alerte médicale sur les pesticides et perturbateurs endocriniens, le syndicat Sud Recherche ou encore la Confédération paysanne. Ces organisations demandent aux pouvoirs publics de «planifier dès maintenant l’arrêt de la production et de l’usage des pesticides de synthèse». Elles réclament également «justice et réparation pour les victimes des pesticides, en métropole et dans les Outre-mer» et une «conférence citoyenne pour élaborer un projet permettant de nourrir sans détruire».
Consommation : des ONG veulent une « loi d’urgence imposant 100 produits sains à prix coûtant »
Trente-sept associations lancent un appel au Premier ministre pour demander une « loi d’urgence imposant 100 produits sains à prix coûtant » dans les grandes surfaces. Ces produits doivent être « conformes aux recommandations du Programme national nutrition santé (PNNS) », selon un communiqué. Emmenées par Familles Rurales, Foodwatch, le Secours catholique - Caritas France et France Assos Santé, elles ont écrit à Sébastien Lecornu le 1er avril. Elles dénoncent « l’insuffisance des moyens déployés face à la précarité alimentaire et à l’explosion des maladies chroniques liées à une alimentation déséquilibrée ». Leur demande est soutenue par près de 40 000 personnes ayant signé une pétition. La démarche ne pénaliserait pas les agriculteurs, dont « la juste rémunération doit bien sûr être assurée », écrivent les signataires. Les associations demandent une décision contraignante, car elles jugent insuffisantes les démarches volontaires de la grande distribution. Elles rappellent que les initiatives des enseignes sont soit insuffisantes – pointant à ce sujet Carrefour et Coopérative U – soit inexistantes, puisque ni E. Leclerc, Intermarché ou Lidl n’ont donné suite à leur demande.
Cuma : le crédit d’impôt corrige « un déséquilibre historique », rétorque la FNCuma
Réagissant aux critiques des entreprises de travaux agricoles (ETA), la fédération nationale des Cuma (FNCuma) a répondu, dans un communiqué du 3 avril, que le crédit d’impôt mécanisation collective, voté en 2026 « ne crée pas une nouvelle distorsion : il corrige un déséquilibre historique en reconnaissant la mutualisation ». Elle pointe le fait que « depuis les années 70, les incitations fiscales sont orientées vers la seule mécanisation individuelle ». Chiffres à l’appui, elle précise que « l’écart de soutien public reste considérable : l’exonération d’impôt sur les plus-values liée à l’équipement individuel représente plus d’1 milliard d’euros par an, contre 30 millions d’euros pour le crédit d’impôt mutualisation, soit 0,03 % ». Les Cuma répondent à la FNEDT (représentant les ETA), critique envers la mesure, dénonçant une distorsion de concurrence. La FNCuma tient d’ailleurs à ménager les ETA, expliquant qu’il existe « une complémentarité des solutions (…) 90 % des agriculteurs en Cuma ont aussi recours à d’autres services pour externaliser certains travaux et accéder à du matériel qu’ils n’ont pas sur leur exploitation », dont les ETA.
Coopératives : Thierry Blondel nommé directeur général de la SCA Axéréal
Dans un communiqué du 3 avril, le groupe Axéréal a annoncé la nomination de Thierry Blondel au poste de directeur général de la société coopérative agricole (SCA) Axéréal, comprenant les activités agricoles France et Europe centrale. Arrivé au sein du groupe en 2021, Thierry Blondel occupait précédemment le poste de directeur général dédié aux activités agricoles en Europe centrale uniquement. Il sera épaulé par Marie-Laure Bolentin-Pomerol, directrice générale Agriculture France, et rendra des comptes directement au conseil d’administration du groupe, aux côtés des directeurs généraux de Boortmalt Yvan Schaepman et d’Axiane Meunerie David Hubert. Cette nomination intervient dans un contexte de mutation profonde du mode de gouvernance du groupe. L’ancien directeur général Paul-Yves L’Anthoën, parti en juin 2025, n’est pas remplacé poste pour poste, et plusieurs directeurs généraux reportent donc directement auprès du conseil d’administration. Rappelons enfin que Jean-François Loiseau a été remplacé en mars dernier par David Gonin à la présidence du groupe Axéréal.