Planification écologique: l'agriculture mal alignée sur une majorité d'objectifs (SGPE)
Dans son exercice annuel de «revue de planification écologique» mené au second semestre 2025, et publié le 2 avril, le Secrétariat général à la planification écologique (SGPE) constate que les progrès du secteur agricole français ne sont pas bien alignés sur une majorité des objectifs fixés par le gouvernement. Sur les douze principaux thèmes traités, l'agriculture accuse un «écart significatif» pour trois d'entre eux (couverts végétaux, bio/HVE, légumineuses), et est «en risque» pour sept autres (engrais azotés, émissions des bâtiments et machines, pesticides, gestion de l'eau, haies, régimes alimentaires, souveraineté/résilience). L'agriculture est «en ligne» dans un seul domaine, la méthanisation. Et il est en avance sur l'«élevage durable», mais à cause d'une «décapitalisation trop rapide du cheptel bovin et non par l’amélioration des pratiques d’élevage.» Dans le domaine des légumineuses, le SGPE constate que les surfaces ont certes «doublé depuis le lancement du plan protéines végétales 2014-2020, mais stagnent depuis quatre ans autour de 1 Mha (+2% sur 2020-2024), loin de l’objectif de 2,7 Mha à 2030». Idem pour les couverts végétaux, pour lesquels l'objectif est atteindre ~8,5 Mha à 2050 et 4,8Mha en 2030, contre ~3 Mha aujourd’hui. Enfin sur la bio, le SGPE souligne que sa part dans la SAU plafonne autour de 10% contre un objectif de 21% à 2030 et 25% à 2050 visé par la SNBC et le Plan Ambition Bio 2027.
Carburants : Lecornu envisage de nouvelles aides ciblées « en début de semaine prochaine »
Le Premier ministre a indiqué le 2 avril qu'il envisageait « en début de semaine prochaine » de nouvelles aides « ciblées » pour compenser la flambée des prix des carburants provoquée par la guerre au Moyen-Orient, sans préciser les secteurs économiques visés. « Je suis favorable à ce qu'il y ait des aides ciblées. Donc, des ministres ont reçu un certain nombre de commandes pour me faire de nouvelles propositions en début de semaine prochaine », a déclaré Sébastien Lecornu lors d'un point presse au cours d'un déplacement à Bordeaux. Le locataire de Matignon n’a pas explicitement cité l’agriculture, mais a indiqué : « J'ai vu le président de la FNSEA, j’ai eu des contacts avec de nombreux syndicats agricoles depuis le début de la semaine ». Présente au congrès de la FNSEA le 2 avril, la ministre de l’Agriculture n’a pas annoncé de nouvelle aide, malgré la pression mise par la profession. Le syndicat majoritaire menace de nouvelles mobilisations si aucune mesure forte n’est prise « dans les prochains jours ». Son président Arnaud Rousseau demande « une remise de 30 centimes du litre de GNR » (gazole non routier), estimant insuffisante la suppression des droits d’accise annoncée pour le mois d’avril, correspondant selon lui à « environ 4 centimes par litre ».
GNR/engrais: pas de nouvelle annonce de Genevard au congrès de la FNSEA
Elle n'aura pas suffi, la menace d'Arnaud Rousseau, la veille, de nouvelles mobilisations en l'absence de mesures supplémentaires pour aider les agriculteurs face à l'augmentation des prix du gazole non routier (GNR) et des engrais. Concluant l'assemblée générale de la FNSEA le 2 avril, la ministre de l'Agriculture a indiqué qu'elle était « très consciente et très préoccupée » pas ce dossier, mais n'a pas annoncé de nouvelle mesure. En amont de sa prise de parole, les congressistes ont imposé à la ministre un brouhaha de plusieurs dizaines de secondes, et brandi des feuilles sur lesquelles était écrit « GNR ». Face à la presse, la ministre a rappelé, après le Premier ministre, que le gouvernement pourrait abonder ses premières mesures en fonction de l'évolution du conflit au Moyen-Orient et de ses effets. De son côté, le président de la FNSEA a rappelé aux journalistes que les droits d'accise du gazole non routier (GNR), auxquels le gouvernement a renoncé pour le mois d'avril, ne sont pas le seul levier fiscal dont dispose les pouvoirs publics, citant la TVA. Revenant sur la menace de mobilisation, Arnaud Rousseau a rappelé que les agriculteurs étaient toutefois pris par les travaux des champs du printemps.
Engrais : 10 tonnes d’engrais volées sur un site d’Eureden en Ille-Et-Vilaine
À l’heure où le prix des engrais a fortement augmenté, ces intrants deviennent des denrée très convoitées. Preuve en est le vol qui a eu lieu, le 23 mars, à Guichen (Ille-et-Vilaine), sur l’un des sites de la coopérative Eureden. « Au total, dix tonnes d’engrais ont été dérobées », confirme Béatrice Perrot, directrice de la communication externe du groupe. « Une enquête, conduite par la gendarmerie, est en cours pour retrouver les voleurs. ».Sans tomber dans la psychose, gendarmerie et chambre d’agriculture appellent à la vigilance, sur les sites de stockage, mais aussi dans les exploitations agricoles. En effet, les besoins en engrais sont importants au printemps, et les stocks peuvent être parfois très conséquents dans les cours de ferme ; sécuriser ces volumes n’est pas toujours simple. Pour l’heure, aucun autre vol de ce type n’a été signalé dans la région. (Anne Gilet)
Présidentielle : la FNSEA vise une réforme constitutionnelle contre le principe de précaution
La FNSEA a appelé le 2 avril à une « réforme constitutionnelle » visant à « supprimer le principe de précaution » inscrit dans la Charte de l’environnement pour lui substituer un « principe d’innovation », a déclaré son président Arnaud Rousseau en clôture du congrès du puissant syndicat agricole à Caen. Appelant à « déverrouiller la porte du progrès » pour « redonner du revenu et de la visibilité aux agriculteurs », il a déclaré que la FNSEA avait pris à Caen « la décision de porter à tous les candidats à l’élection présidentielle [de 2027] la nécessité impérieuse d’une réforme constitutionnelle ». Cette décision a été inscrite dans le rapport d'orientation qui portait cette année sur les propositions du syndicat pour la présidentielle. « À la FNSEA, nous assumons la nécessité de rouvrir le débat sur le principe de précaution, pour le supprimer et lui substituer un principe d’innovation », a-t-il dit, sous les applaudissements de la salle du parc des expositions de la ville normande. Le « principe de précaution » figure dans la Charte de l’environnement, intégrée à la Constitution française en 2005. Conformément à cette charte, les autorités publiques doivent veiller à son respect « lorsque la réalisation d’un dommage, bien qu’incertaine en l’état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l’environnement ».
Reliquats d’aides bio : Genevard esquisse sa position, en attendant Matignon
À l'occasion de l'assemblée générale de la FNSEA, le 2 avril, la ministre de l'Agriculture Annie Genevard a indiqué sa position dans le dossier des reliquats d'aide à la conversion en agriculture biologique (Cab) pour 2025, 2026 et 2027, convoités par Bercy pour faire des économies. La ministre souhaite que la « majorité » du budget aille aux aides à l'investissement, et le reste aux zones intermédiaires et à la bio. Une position qui rejoint celle exprimée par le président de la FNSEA quelques minutes plus tôt : Arnaud Rousseau a plaidé pour un soutien à la bio, aux « zones intermédiaires et à faible potentiel via des dispositifs MAEC » et « surtout » vers « l'investissement dans les régions ». Les régions demandent également que 50 % des fonds reviennent aux aides à l'investissement. De leur côfé, la Fnab (agriculteurs bio) et la Confédération paysanne demandent que les fonds abondent les MAEC systèmes, et soient affectés en priorité aux fermes bio. Selon nos informations, Bercy souhaiterait mettre la main sur ces fonds européens, estimés à environ 100 M€/an, pour réaliser des économies sur le budget de l'État. La manœuvre consisterait à flécher cette enveloppe Feader non consommée vers l'assurance récolte (dont le cofinancement européen est variable et peut grimper jusqu'à 65 %), pour diminuer la part de co-financement de l'État. Reste à Matignon d'arbitrer. La date de la réunion interministérielle n'est pas encore connue. Elle est attendue pour fin avril.
Acétamipride : après l’avis du Conseil d’État, la PPL Duplomb 2 modifiée par ses auteurs
Les sénateurs à l’origine de la proposition de loi (PPL) Duplomb 2, qui vise la réautorisation dérogatoire de l’acétamipride et du flupyradifurone, ont « totalement » repris les recommandations formulées par le Conseil d’État dans son avis du 26 mars, ont-ils annoncé en conférence de presse le 2 avril. Il s’agit de sécuriser juridiquement le texte, alors que ces dérogations avaient été censurées par le Conseil constitutionnel dans la première PPL Duplomb, à l’été 2025. Parmi les principales modifications, les sénateurs ont élargi le champ de l’avis scientifique préalable de l’Anses à l’ensemble des cultures concernées (betteraves, pommes, noisettes, cerises). Une étude que l’agence sanitaire pourrait rendre en « deux mois », selon Laurent Duplomb (LR, Haute-Loire). Le nouveau texte prévoit que le pouvoir réglementaire devra préciser les modalités des dérogations, en se basant sur l’avis de l’Anses. Afin de respecter le principe de précaution, les dérogations ne seront plus possibles en cas de nouvelles études prouvant « des risques significatifs pour la santé humaine » ou une atteinte « grave et irréversible » à l'environnement. Les sénateurs appellent désormais à intégrer leur texte dans le projet de loi d’urgence agricole ; une éventualité écartée par le Premier ministre début février. De son côté, dans un communiqué, la CGB (betteraviers, FNSEA) s’est dite « surprise par l’approche plus que prudente du Conseil d’État ».
Pesticides interdits : des exploitations agricoles perquisitionnées en Charente-Maritime
Une dizaine d'exploitations agricoles de Charente-Maritime ont été perquisitionnées dans le cadre d'une enquête sur la détention et l'usage de pesticides non autorisés, a appris l'AFP le 2 avril auprès du parquet de La Rochelle. L'opération a été menée « sous l'autorité du pôle régional environnemental », a précisé la procureure adjointe Sophie Debas, confirmant une information de Radio France. À l'issue des perquisitions, « aucune mesure de garde à vue » n'a été prise, selon la source, qui n'a rien dit du résultat de ces dernières. L'enquête a été ouverte après des plaintes déposées en 2025 par deux associations environnementales qui alertent, depuis des années, sur des cas de cancers pédiatriques et la présence de traces de pesticides dans les organismes d'enfants riverains de parcelles agricoles autour de La Rochelle. Selon l'association Santé avenir environnement, qui a porté plainte avec Nature environnement 17, quinze cas de cancers pédiatriques ont été recensés depuis 2008, entraînant deux décès, dans six communes de la zone. En octobre 2024, une étude présentée par l'association avait révélé la présence de quatorze molécules différentes dans les urines de 72 enfants et de 45 substances dans leurs cheveux, dont des fongicides et des insecticides (y compris néonicotinoïdes), pour certains interdits depuis de nombreuses années.
Cadmium : les sénateurs PS demandent une commission d'enquête
Les sénateurs socialistes ont demandé le 2 avril le lancement d'une commission d'enquête sénatoriale sur l'ampleur de l'imprégnation du cadmium dans les sols agricoles et de ses impacts sur la santé, après la publication ces derniers jours d’un rapport de l’Anses sur le sujet. Dans un courrier envoyé au président du Sénat Gérard Larcher et transmis à l'AFP, les sénateurs du groupe PS demandent des moyens pour enquêter sur la contamination des sols à ce métal lourd, toxique en cas d'exposition prolongée. « Au-delà de l'enjeu sanitaire et environnemental, il semble (...) demeurer des zones de flou qui mériteraient un travail d'investigation et de clarification », estiment les socialistes dans leur courrier initié par le sénateur de Moselle Michaël Weber et signé par leur président Patrick Kanner. Pour rappel, l’Anses a publié le 24 mars une expertise sur les dangers du cadmium, ainsi que des recommandations. Mais plusieurs « erreurs » ou « approximations » ont été reprochées à l'agence sanitaire par la Fnab (producteurs bio), qui a demandé à l'Anses de compléter son rapport. Ces « divergences d'interprétation », notamment, ont conduit les socialistes à réclamer la commission d’enquête.
Cadmium : l'Anses tend la main à la filière bio, prête à mener une expertise dédiée
L'Anses s'est dite ouverte à la possibilité de mener une « expertise sanitaire sur les pratiques de production » de l'agriculture bio en lien avec l’imprégnation au cadmium, d’après un courrier à la Fnab (agriculteurs bio) envoyé le 1er avril, que s’est procuré l’AFP. Pour rappel, la Fnab a critiqué certaines conclusions du rapport de l’Anses sur le cadmium publié le 25 mars. L’agence a par exemple jugé l'agriculture bio « potentiellement tout aussi impactée que l'agriculture conventionnelle par la présence de cadmium », sachant que les engrais minéraux phosphatés et les autres fertilisants en cause sont aussi autorisés en bio. La Fnab a contesté cette assertion le 30 mars, déplorant le fait que cela revient à dire que le bio « n'apporterait pas de plus-value par rapport à l'agriculture conventionnelle », et indique que cette conclusion « porte un préjudice important à notre filière ». L’Anses répond que son expertise n'a pas porté sur une « comparaison » entre les « contributions respectives » du bio et de l'agriculture conventionnelle. L’agence propose ainsi à la filière bio un échange avec ses équipes pour répondre aux interrogations. Elle se dit aussi ouverte à une réflexion sur la possibilité d'une expertise sanitaire portant spécifiquement sur les pratiques de production de l'agriculture biologique.
Foie gras : Maïsadour cède Comtesse du Barry à un consortium d’entrepreneurs
Dans un communiqué du 2 avril, Maïsadour annonce la cession de sa filiale gastronomique Comtesse du Barry à un « consortium d’entrepreneurs du Sud-Ouest, aux expertises complémentaires et profondément attachés au territoire ». Il s’agit de Pascal Lannebère et Jérôme Sarciat, propriétaires de la société D’Artigues Foie Gras (conserverie historique dans les Landes), de Jérôme Lassus (présenté comme un connaisseur de la commercialisation de produits du terroir, qui prend la direction générale) et d’Ariane Daguin (fondatrice de D’Artagnan Foods aux États-Unis. Le directeur général de la coopérative du Sud-Ouest Christophe Bonno déclare dans le communiqué : « Nous avons été convaincus par un projet solide, réaliste et sincèrement enraciné dans les valeurs du Sud-Ouest ». Le projet de cession, acté à la fin février, a été soumis aux observations des représentants du personnel (96 salariés) jusqu’à fin mars. La holding MVVH (Maïsadour, Vivadour et Val de Sèvre) avait acquis en 2011 cette entreprise de vente par correspondance, qui commercialise aujourd’hui des produits du canard gras et d’autres spécialités du Sud-Ouest, en ligne et dans une quarantaine de boutique en France.
Bovins viande : chez Terrena, des aides directes pour installer 50 éleveurs par an
Dans un contexte de décapitalisation, la coopérative Terrena (5,6 Md€ de CA, 18 000 adhérents) annonce qu’elle « lance un plan pour installer 50 éleveurs [de bovins viande] par an » pendant cinq ans, d’après un communiqué diffusé le 2 avril. Le groupe « déploie depuis cette année un nouveau dispositif pour accompagner le développement ou la reprise de cheptels allaitants » grâce à deux types d’aides financières. Il s’agit d’une « prime directe par animal livré, pendant cinq ans » et d’une « avance de trésorerie par animal né et engraissé sur l’exploitation » (à taux préférentiel). Dans le cas d’un éleveur naisseur disposant de 70 vaches allaitantes, ces aides pourront atteindre jusqu’à 10 500 € de primes et 27 000 € d'avances de trésorerie. Pour rappel, Terrena a annoncé en 2024 vouloir doubler en cinq ans sa capacité de production de jeunes bovins (JB), sa filiale Elivia ayant chiffré ses besoins à 42 000 places supplémentaires. « À ce jour, 3 432 places d’engraissement ont déjà été créées et 17 nouveaux ateliers ont été accompagnés », indique Terrena le 2 avril, se fixant un objectif de « 5 000 places par an avec une ambition de 40 000 places à terme ». Ces dernières années, l’érosion du cheptel bovin français a fait flamber le prix des animaux, renchérissant le coût des installations.
Lait : Savencia lève un coin du voile sur ses formules de prix du lait
Savencia a levé un coin du voile le 1er avril sur les formules qu’il utilise pour déterminer le prix du lait payé aux éleveurs français, à l’occasion de son audition devant la commission d’enquête sénatoriale sur les marges des industriels et des distributeurs. « Les formules varient en fonction des trois marchés de destination des produits finis », selon Sophie Godet-Morisseau, directrice générale de Savencia Ressources laitières. Pour le lait destiné à la France (40 % de la collecte réalisée en France), Savencia utilise le prix PGC France et l’indicateur Ipampa (Insee). Pour le lait destiné à l’export (29 % de la collecte), le prix du lait allemand est utilisé, « car il représente le mieux les marchés hors de France ». Et, pour le lait destiné à devenir des ingrédients, Savencia se base sur « les cotations de marché du beurre et de la poudre qui représentent le mieux nos marchés destinataires ». Cette formule est encadrée par « une clause de négociation qui peut être activée par les deux parties si le prix payé est trop éloigné du prix de marché de FranceAgriMer qui représente le prix moyen des laiteries ». Les contrats sont signés pour « au moins cinq ans », mais avec certaines coopératives, la durée est plus longue.
Porc : un projet de 1 200 places d’engraissement contesté sur le plateau de Millevaches
L’enquête publique close fin mars par la préfecture de la Creuse sur un projet de bâtiment hors sol de 1 200 places d’engraissement de porcs (soumis à autorisation) a soulevé de nombreuses oppositions en raison de la proximité avec le lac de Vassivière, lieu touristique de baignade. Le parc naturel régional de Millevaches en Limousin et le syndicat mixte du lac de Vassivière ont émis des avis défavorables à ce projet consistant à diversifier l’activité d’un élevage de bovins de Royère-de-Vassivière. « Ce projet menace directement la qualité des eaux avec un risque de danger sur la santé humaine », considère Jean-Paul Gaulier, maire de la commune voisine de Faux-la-Montagne, en s’appuyant sur l’expertise d’un ingénieur spécialiste des cyanobactéries. Fanny Dumet, responsable qualité de la coopérative porcine Cirhyo, qui accompagne l’exploitation, avance pour sa part les conclusions d’une étude hydrogéologique établissant un risque faible de de dégradation des eaux de baignade. De son côté, le président de la région Nouvelle-Aquitaine Alain Rousset, s'exprimant dans un article d'Ici Creuse publié le 30 mars, a estimé que ce risque devait être nul. Le média public souligne que la région accorde 67 500 € au projet, en complément des 101 250 € du fonds européen Feader.
Vin : Pernod Ricard finit de vendre ses vins californiens
Pernod Ricard a annoncé le 1er avril la finalisation de la vente de ses vins effervescents Mumm Napa (hors champagne) au groupe californien Trinchero, ainsi que la cession de son vin californien Kenwood, finissant ainsi de vendre l'essentiel de ses vins aux États-Unis. En 2025, le groupe français – par ailleurs en discussion pour un rapprochement avec le géant américain des spiritueux Brown Forman (Jack Daniel's) – avait déjà cédé un portefeuille de vins à l'international, pour se concentrer sur les champagnes et spiritueux. Aux États-Unis, ses vins effervescents Mumm (comprenant les marques Mumm Sparkling California, Mumm Napa et DVX) sont vendus à Trinchero Family Wine and Spirits, comme annoncé en décembre. Trinchero, installé dans la Napa Valley depuis 75 ans, est un leader de la production de vin aux États-Unis. Cette transaction, dont le montant n'a pas été communiqué, ne concerne pas la marque de champagne G.H. Mumm, ni les autres activités internationales de Mumm. Pernod Ricard annonce par ailleurs avoir finalisé la vente du vin californien Kenwood à F. Korbel & Bros, producteur californien de vins effervescents. La cession, dont le montant n'a pas non plus été divulgué, porte sur environ 8 ha de vignobles, les chais, ainsi que le centre d'accueil des visiteurs de Kenwood, dans la vallée de Sonoma.
Asperge : malgré les intempéries, un potentiel de récolte reconduit en 2026
À l’occasion d’une conférence de presse le 2 avril, l’AOP Asperges de France a indiqué que, malgré les fortes intempéries du début d’année, le potentiel de récolte en 2026 devrait être équivalent à celui de l’an passé, soit 27 000 tde produits. Les producteurs français ont toutefois été inquiets durant de longues semaines : « De fortes pluies – 500 mm en moins de 70 jours dans les Landes, des épisodes de gels à -10°C, et pour finir la tempête Nils nous ont fait craindre le pire », reconnait Christophe Paillaugue, président de l’AOP et producteur dans les Landes. Ces intempéries ont entrainé un retard dans le buttage : seulement deux tiers des surfaces l’étaient en janvier. La situation s’est améliorée depuis, grâce à de belles températures en mars. Le léger retard dans la commercialisation se cale finalement avec une période de Pâques précoce, moment important dans les ventes d’asperges. Les producteurs demeurent donc confiants pour la saison 2026, même s’ils regrettent le prix de l’asperge en grande distribution. « Nous vendons entre 7 et 8 €/kg en moyenne et il n’est pas rare de retrouver l’asperge deux, voire trois fois plus chère sur les étals », regrette Christophe Paillaugue. L’AOP représente environ 30 % de la production française, soit entre 6 000 et 7 000 t, produites chaque année par 150 producteurs ; mais elle regroupe 90 % de la production organisée.
Légumes transformés : la filière tire la sonnette d’alarme avant la campagne 2026
Dans un communiqué de presse du 2 avril, l’Anifelt (interprofession des fruits et légumes transformés) s’inquiète de la situation de la filière à l’approche des décisions de mise en culture pour la campagne 2026. Dans la grande majorité des filières, les discussions en cours autour des contrats de culture se traduisent par une baisse des surfaces mises en production, conséquence directe d’un ajustement des volumes contractualisés : « Cette réduction concerne plusieurs productions majeures, notamment les légumes verts, la tomate ou encore le maïs doux ». Parallèlement, les industriels font face à une pression très forte de la distribution pour obtenir des baisses de prix, « justifiées par la volonté de préserver le pouvoir d’achat des consommateurs et par l’alignement sur les prix pratiqués sur les marchés internationaux ». « Les acteurs de notre filière se trouvent aujourd’hui dans une situation de crise profonde, qui ne permettra pas, à moyen terme, d’assurer la pérennité de nos exploitations agricoles et de nos outils de transformation », alerte André Bernard, président de l’Anifelt. Dans ce contexte, la filière appelle « l’ensemble des acteurs de la chaîne alimentaire à prendre leurs responsabilités afin de garantir des conditions économiques compatibles avec le maintien de la production sur le territoire ».
Fruits et légumes : en Espagne, 53 M€ d’indemnisations après les tempêtes du début 2026
Selon l’organisme de gestion de l’assurance récolte espagnol Agroseguro, les tempêtes qui ont frappé le pays au début de l’année auraient détruit 120 876 ha de cultures. Il s’attend à plus de 83 millions d’euros d’indemnisations (M€), soit 66 % de plus qu'à la même période l'an dernier. Sur ce total, la majorité concernent les productions fruitières et légumières (environ 53 M€). Le secteur le plus touchés est en premier lieu celui des agrumes (19 M€ d'indemnisations prévues), les dégâts affectant l'Andalousie, la Communauté valencienne et la région de Murcie. Viennent ensuite les productions maraichères, avec12,23 M€. L'ail, les carottes, les asperges, les tomates, les brocolis et les oignons figurent parmi les cultures les plus endommagées. Enfin vient le secteur des fruits rouges, avec 8,24 M€. La province de Huelva représente une part importante de ces dégâts, avec plus de 5 000 demandes d'indemnisation reçues pour les cultures de fraises, framboises, myrtilles et mûres, affectant environ 2 500 ha. Les fruits tropicaux ont également été touchés ; l'évaluation finale des dégâts est toujours en cours. Selon le ministère de l'Agriculture, de la Pêche et de l'Alimentation, les premiers versements interviendront courant avril.
Coopératives : vingt ans après sa création, l’union Altitude devient coopérative unique
Changement de statut juridique pour l’union de coopératives Altitude (Éleveurs du Pays vert, Volcalis, Centraliment, Capp, CAEHL) : par un « vote solennel » en assemblée générale le 31 mars, à Arpajon-sur-Cère (Cantal), Altitude est devenue coopérative unique. « L’idée est de simplifier notre fonctionnement et de structurer nos filières, d’avoir une organisation plus cohérente et d’éviter les doublons en termes de gestion », souligne Thierry Bousseau, chargé de communication et responsable RSE. L’enjeu est également de trouver de la compétitivité et du revenu aux éleveurs, c’est-à-dire poursuivre la recherche de valeur tout en amortissant la hausse des prix des bovins pour la filière bovine aval. Globalement, l’exercice 2024-2025 a été plutôt favorable à Altitude. L’année 2025 se révèle positive pour le revenu des éleveurs allaitants, l’inflation sur les prix du bœuf et du veau compensant les décapitalisations. En filière laitière, collecte et prix ont été en hausse. Au global, le chiffre d'affaires est en hausse de 10 %, à 333 M€ consolidés. Le plan de décarbonation se poursuit, avec 100 % des producteurs engagés dans le dispositif Self CO2. Enfin, l’année dernière a été marquée par la définition d’une trajectoire de décarbonation à dix ans et la mise en place d’un comité de pilotage RSE, pour réduire les émissions de carbone directes et indirectes. (Florence Rabut)
Taille des exploitations : les JA et la FNSEA mettent le sujet à distance
À l'occasion de l'assemblée générale de la FNSEA le 2 avril, le président des Jeunes agriculteurs, Pierrick Horel, a répondu à la ministre de l'Agriculture, qui disait récemment s'interroger sur la taille des exploitations agricoles françaises face à la concurrence. « Agrandir les fermes n'est pas la solution, c'est la voie de la désertification », a répondu Pierrick Horel. « Un jeune qui s'installe, c'est une école qui reste ouverte. » Moins offensif, le président de la FNSEA Arnaud Rousseau a jugé « lucide » d'aborder ce sujet, mais a appelé à « ne pas confondre le chiffre d'affaires et le revenu ». « Et le critère numéro un, c'est le revenu. » À l’occasion de l’inauguration du stand de son ministère au Salon de l’agriculture, le 23 février, la ministre de l’Agriculture avait expliqué « que les fermes françaises, globalement de taille intermédiaire, fondées sur un modèle familial, ne peuvent pas toujours tenir la cadence face à des exploitations roumaines, polonaises, ou même allemandes, bien plus vastes ». Et de préciser : « En aucun cas, il ne s’agit de dire que le modèle familial est caduc : il garde sa pleine pertinence. Mais, au titre de la compétitivité, ne faut-il pas se poser la question de la taille critique ? »
Jeunes Agriculteurs : Pierrick Horel ne briguera pas un second mandat
À l'occasion de l'assemblée générale de la FNSEA le 2 avril, le président des Jeunes agriculteurs Pierrick Horel a indiqué qu'il ne briguera pas un second mandat. Il avait été élu président du syndicat en 2024, après quatre ans de mandats en tant que secrétaire général adjoint, puis secrétaire général national. « Il est à présent temps pour moi de me consacrer à de nouveaux projets plus personnels », a déclaré Pierrick Hortel. « Parce qu’un responsable syndical ne doit pas s’accrocher à un mandat. Il doit préparer la suite ». Dans son discours, le président des JA est revenu sur la relation de son syndicat avec la FNSEA qui « pâtit de préjugés et d’une image dégradée, qui remonte du terrain », et que « nous devons (...) entendre ». Pierrick Horel va jusqu'à affirmer que « JA et FNSEA, c’est un couple fort, mais pas une évidence. Il faut savoir se poser les bonnes questions pour repartir plus fort. Et pour que, aux prochaines élections, JA et FNSEA renversent la vapeur. »
Cabinet d'Annie Genevard : le directeur sur le départ, un préfet pressenti
Le directeur de cabinet de la ministre de l'Agriculture, Grégoire Halliez, va quitter son poste dans une semaine, a-t-on appris auprès de son équipe, confirmant une information du média Contexte. Un profil de préfet est attendu pour le remplacer. M. Halliez avait été nommé directeur de cabinet en avril 2025, après avoir été directeur adjoint de cabinet depuis septembre 2024. Il était auparavant administrateur du Sénat depuis 2019.
Consommation : Éric Adachowsky élu président de la CLCV
L’association de défense des consommateurs et usagers CLCV a annoncé le 2 avril l’élection d’Éric Adachowsky comme président et de Thierry Saniez comme vice-président, à l’occasion de son congrès tenu les 27 et 28 mars. « Dans une volonté d’innovation démocratique et de partage des responsabilités, ils ont décidé d’alterner leurs fonctions à mi-mandat », indique un communiqué.
Agenda de la semaine agricole du 7 avril 2026
Vendredi 3 avril
Portes ouvertes dans un élevage de « poulets du quotidien » en Haute-Garonne (Vivadour)
Lundi 6 avril
Sommet One Health, à Lyon, jusqu’au 7
Mardi 7 avril
Conférence de presse sur l’avancement du Plan national châtaigne
Audition d'Interbev (viande rouge) et d'Anvol (volaille de chair) à l'Assemblée nationale
Conférence de presse de LCA-Luzerne de France et de Désialis
Rapport d'information sur la planification écologique dans les territoires à l’Assemblée nationale
Mercredi 8 avril
Présentation du projet de loi d’urgence agricole en Conseil des ministres
Vote sur la révision ciblée du règlement OCM en commission de l'Agriculture du Parlement européen (dénominations de viande, contrats écrits)
23es Rencontres de droit rural d’Agridées
Audition d'Intercéréales à l'Assemblée nationale
Jugement des agriculteurs pour dégradations de transformateurs Enedis à Toulouse
Délibéré dans une affaire des pesticides interdits importés d’Espagne
Conseil spécialisé Vin de FranceAgriMer
Conférence de presse de l’Anem (élus de montagne) sur leur PPL transpartisane
Jeudi 9 avril
Assemblée générale du SGV (champagne)
Assemblée générale de l’Association française des producteurs d’endives, à Arras
Conférence de presse de la Confédération paysanne sur le projet de loi d’urgence agricole
Conférence de presse de la filière gaz renouvelables
Conférence de presse biocontrôle des chambres d'agriculture
Session Pac post 2027 des JA, dans l'Aveyron
Journée « désherbage alternatif » de l’Iteipmai (PPAM), à Chemillé-en-Anjou
Journée technique « Poules pondeuses » de l’Itavi
Colloque d’Arvalis sur les orges brassicoles, à Arras
Conférence de presse annuelle de Biocoop
Sedima’s Days (distributeurs de matériel agricole), à Vichy, jusqu’au 10
Le Geco Food Service (fournisseurs de la RHF) reçoit le grossiste Sysco
Vendredi 10 avril
Résultats semestriels de Sodexo
Samedi 11 avril
Colloque de la Conf' de Loire-Atlantique sur le statut du fermage