À l'occasion de l'inauguration du stand de son ministère au Salon de l'agriculture, le 23 février, la ministre de l'Agriculture s'est interrogée sur la nécessité d'augmenter la taille des exploitations françaises. « J'assume de dire que les fermes françaises, globalement de taille intermédiaire, fondées sur un modèle familial, ne peuvent pas toujours tenir la cadence face à des exploitations roumaines, polonaises, ou même allemandes, bien plus vastes », a déclaré Annie Genevard, d'après le discours transmis par son équipe. « En aucun cas, il ne s'agit de dire que le modèle familial est caduc : il garde sa pleine pertinence. Mais, au titre de la compétitivité, ne faut-il pas se poser la question de la taille critique ? » Cette déclaration faite écho au récent rapport du CGAAER, qui soulignait l'avance de compétitivité des agricultures de certains États membres sur la France, notamment la Roumanie en grandes cultures. La raison : les « frais généraux », comprenant entre autres les coûts de mécanisation – encouragés par la fiscalité française – et les salaires – qui sont jugés trop élevés. Le CGAAER considère les surfaces hexagonales trop faibles par rapport au concurrent roumain, permettant à ce dernier d’amortir ces « frais généraux » via une gestion plus extensive de sa production, et d'être moins soumis aux aléas (marché, climat, interdictions de phytos…).
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