Agrafil du 4 mars 2026

hero

Stockage de l’eau : le Conseil d’État annule l’assouplissement des règles dans les zones humides

Dans une décision du 2 mars, le Conseil d’État a annulé l’arrêté du 3 juillet 2024 qui assouplissait les conditions de création de plans d’eau dans les zones humides, jugeant cet allègement contraire au principe de non-régression en matière de protection de l’environnement. À l’origine, un arrêté de juin 2021 imposait, pour implanter un plan d’eau en zone humide, de remplir trois conditions cumulatives : justifier d’un intérêt général majeur ou de bénéfices supérieurs à ceux liés à la préservation du milieu ; démontrer l’absence de solutions de remplacement plus favorables pour l’environnement ; et prévoir des mesures de réduction et de compensation des effets du projet. L’arrêté de juillet 2024 dispensait de ces exigences les plans d’eau dont la surface en zone humide était inférieure à 1 ha. « Or, la majorité des plans d’eau en France ont une surface inférieure à 1 ha », rappelle le Conseil d’État dans un communiqué. La plus haute juridiction administrative estime donc que l’assouplissement des règles est « susceptible de concerner une grande partie des projets (…) alors que la mise en eau de ces zones, même partielle, pourrait altérer leur fonctionnalités ». Entre 2010 et 2020, 41 % des principales zones humides de l’Hexagone se sont dégradées.

Stockage de l’eau : la FNSEA appelle à « corriger » les règles dans la loi d’urgence

Réagissant, dans un communiqué du 3 mars, à la décision du Conseil d’État sur les retenues d’eau dans les zones humides, la FNSEA estime que la loi d’urgence agricole « doit impérativement corriger une situation devenue intenable ». La veille, la plus haute juridiction administrative avait annulé les assouplissements sur la construction de retenues d’eau accordés par le gouvernement en 2024, après le mouvement de colère agricole de l’hiver 2023-2024 (lire ci-dessus). Une décision qui vient « anéantir les avancées obtenues », tempête le syndicat majoritaire dans son communiqué rédigé avec Irrigants de France. Pour les deux organisations, « le principe de non-régression de la protection de l’environnement, tel qu’interprété aujourd’hui, est devenu un principe d’inaction ». Elles réclament désormais « une réponse législative rapide et ambitieuse au travers de la loi d’urgence agricole » (LUA), que le gouvernement doit présenter ce mois-ci, pour un examen au Parlement avant l’été. L’eau fait partie du périmètre du projet de loi annoncé par Sébastien Lecornu – récemment élargi au foncier. Comme annoncé précédemment, la FNSEA demande que le texte « autorise la mobilisation de ressources en eau supplémentaires pour l’agriculture » et « sécurise des volumes prélevables adaptés aux besoins des exploitations ».

Guerre au Moyen-Orient : l'Iran interdit les exportations de nourriture

Le gouvernement iranien a annoncé le 3 mars interdire l'exportation de produits alimentaires et agricoles en raison du conflit en cours avec Israël et les États-Unis. « L'exportation de tous les produits alimentaires et agricoles est interdite jusqu'à nouvel ordre », a indiqué l'agence de presse Tasnim, citant un communiqué du gouvernement. « Le gouvernement donne la priorité à l'approvisionnement de la population en biens essentiels », a-t-elle ajouté. L'Iran a mis en place un plan d'urgence depuis samedi 28 février et le début de l'attaque menée par les États-Unis et Israël contre la République islamique. Selon les données de la FAO pour 2024, l’Iran exporte avant tout des fruits (pistaches, dattes, pommes, raisins secs), mais aussi du beurre. Par ailleurs, la fermeture du détroit d’Ormuz perturbe le trafic maritime mondial, avec des conséquences pour les échanges de pétrole et de produits agricoles (grains et engrais). Le 3 mars, Emmanuel Macron a annoncé qu'il cherchait à bâtir une coalition afin de réunir des moyens, « y compris militaires », dans le but de sécuriser les « voies maritimes essentielles à l'économie mondiale ». De son côté, le Trump dit que la marine américaine pourrait escorter des pétroliers dans le détroit d’Ormuz « si nécessaire ».

Pac : Christophe Hansen essaie de répondre aux critiques sur la renationalisation

Les trois ministres de l’Agriculture français, italien et polonais, réunis à l’occasion de la première journée de l’événement annuel du think-tank Farm Europe, à Bruxelles le 2 mars, ont critiqué ce qu’ils considèrent comme une renationalisation de la Pac. Annie Genevard a estimé que la proposition de réforme était « à contre-sens de l’histoire », l’accusant « d'altérer profondément le caractère commun » de cette politique. « On se désarme », a déploré la ministre française. Son homologue polonais Stefan Krajewski a ajouté que cette renationalisation serait « une erreur ». Invité à répondre à ces critiques lors de son passage à l’événement le lendemain, le commissaire européen à l’Agriculture Christophe Hansen a rappelé que « la Pac actuelle n’est pas aussi commune qu’on le dit :certains mettent beaucoup d’argent dans le premier pilier, d’autres dans le second pilier, et les coûts de la main d’œuvre ou des terres varient beaucoup d’une régions à l’autre ». Selon lui, ce qui doit être commun, ce sont les objectifs. Et, promet-il, « la Commission veillera dans le cadre des plans stratégiques nationaux à ce qu’ils répondent aux ambitions. Nous avons les outils, il reste la question de comment ils seront utilisés. »

Bio : les industriels inquiets d’un éventuel manque de matières premières françaises

Malgré le « redémarrage progressif » du marché de la bio, le Synabio (entreprises de l’agroalimentaire bio) est « très préoccupé » par la situation de l’amont agricole, a déclaré son président Thomas Breuzet le 3 mars, lors d'une audition devant les sénateurs de la commission d’enquête sur les marges des industriels et de la grande distribution. « La contraction des débouchés a fragilisé le potentiel de production français, qui fait émerger aujourd’hui un risque sur les approvisionnements français », a déclaré le fondateur du groupe Quinoak (produits laitiers et alternatives végétales). « Selon le baromètre 2025 de l’Agence bio, 16 % des producteurs envisagent de réduire ou d’arrêter leur activité bio, et donc ça préoccupe beaucoup les transformateurs que nous sommes », a-t-il ajouté. Ce chiffre provient du Baromètre du moral des agriculteurs bio 2025 présenté au salon Tech&Bio le 25 septembre 2025. Une estimation à prendre toutefois avec des pincettes, car le baromètre relève d’une démarche déclarative, réalisée il y a presque un an. Interrogé par Agra Presse, Loïc Guines, représentant des chambres d’agriculture à l’Agence bio, estime que, « ce qui est certain, globalement, c’est que les producteurs seront présents et produiront si les prix payés permettent un revenu, et si des aides viennent valoriser les aménités positives qu’apportent l’agriculture biologique. »

Bio : au Sénat, la Fnab demande plus de transparence sur les marges

« On n’a pas de données qui nous permettent de factuellement estimer la répartition de la marge entre les producteurs, les transformateurs et les distributeurs », a déclaré Stéphanie Pageot, représentante de la Fnab (producteurs bio) le 3 mars, lors d’une audition devant la commission d’enquête sénatoriale sur les marges des industriels et de la grande distribution. « Ça fait plusieurs années qu’on pousse à ce que l’Observatoire de la formation des prix et des marges (OFPM) donne des données plus précises et spécifiques sur l’agriculture biologique, en particulier sur des produits qui sont a priori simples : des produits bruts comme le lait, les œufs, potentiellement le steak haché. Malheureusement, nous n’arrivons pas à obtenir des données. On nous dit que c’est à la fois [dû à] un manque de moyens au niveau de l’OFPM [et] à un manque de volonté des acteurs économiques qui ne donnent pas leurs chiffres », a-t-elle exposé. Durant la même audition, le Synabio (transformateurs) a reconnu « plusieurs difficultés » pour documenter les marges en bio : accès « partiel » aux données des distributeurs, équilibres matières « complexes », « péréquation » qui complexifie l’analyse. Mais, en parallèle de ce travail sur les marges, le Synabio estime qu’il faut « agir sur les règles de l’offre et de visibilité du bio », selon son président Thomas Breuzet. « Nous proposons de fixer un minimum de 20 % d’offre bio à l’horizon 2030, ce qui serait cohérent avec la cible de consommation prévue par la Snanc ».

Bio : les pistes de travail du baromètre de l'Agence bio pour améliorer la consommation

Présenté le 26 février au Salon de l’agriculture, le Baromètre consommation et perception des produits biologiques de l’Agence bio fait apparaître plusieurs points à travailler pour améliorer le positionnement du bio. Tout d’abord, l’étude démontre une certaine « confusion » des consommateurs sur l’origine. « 53 % [des personnes interrogées] estiment que la plupart des produits bio vendus en France ne sont pas produits en France, alors qu’on est à 71 % de consommation de produits bio français, et même à 84 % si on inclut les produits exotiques », a exposé le président de l’Agence bio, Bruno Martel. De plus, au sein des différents labels, le label Agriculture biologique (AB) est le plus connu (95 % des répondants). Mais il souffre d’un manque d’attention, avec seulement 61 % des consommateurs qui y prêtent attention au moment de l’acte d’achat. À la différence du Label rouge, par exemple, un peu moins connu mais qui jouit d’un taux d’attention supérieur (72 %). « Il y a une vraie différence entre connaître et faire confiance à un label, et y faire attention. (…) Donc, c’est vraiment au niveau de l’attention qu’il faut travailler pour que l’acte d’achat se fasse sur le bio », a estimé Fanny Morel, chargée de mission Études à l’Agence bio. Enfin, le baromètre fait apparaître que « le local a pris de l’importance » par rapport au bio, alors que les deux vont souvent de pair. Il faudrait « réaxer » la communication sur la bio car « beaucoup de bio est local, puisqu’on a 40 % des agriculteurs qui font de la vente directe en bio », a indiqué Fanny Morel.

Restauration/œufs : Metro promet de bannir les œufs en cage d’ici à mars 2028

Dans un communiqué commun du 3 mars avec l’association animaliste Anima, Metro, premier fournisseur français des métiers de bouche, présente la feuille de route qui le conduira à offrir « 100% d’œufs hors cage » d’ici mars 2028. Metro France programme ainsi le développement de son offre d’œufs alternatifs (coquille et liquides) à sa marque propre, ainsi qu’une « forte accélération de l’offre locale », majoritairement de plein air. Le distributeur va aussi renforcer son partenariat avec Lœuf, filiale de LDC et de la Cafel (groupement de Loué). La directrice Qualité & RSE, Marie Garnier, annonce dans le communiqué l’intention de Metro France de redéfinir son offre et de mener un travail pédagogique auprès de ses clients. Pour sa part, le directeur d’Anima (association en campagne contre les œufs de poules en cage), Keyvan Mostafavi, salue « une stratégie détaillée, construite en partenariat avec les producteurs et les restaurateurs ». Selon une enquête d'Anima de 2025, Metro, qui distribue 26 % d’œufs alternatifs (coquille et ovoproduits), est en retard par rapport à ses concurrents Even Distribution (30 %), Pomona (37 %) ou Transgourmet (45 %).

Lait infantile : le Conseil d’État valide les recommandations sanitaires du gouvernement

Via une ordonnance du 3 mars, le juge des référés du Conseil d’État a rejeté le recours de l’association Intox’Alim, qui demandait la modification des recommandations sanitaires émises par le gouvernement à la suite des rappels de laits infantiles potentiellement contaminés par la toxine céréulide. D’après un communiqué, après une série de retraits-rappels ayant débuté en décembre 2025, le ministère de la Santé a diffusé, les 23 et 31 janvier, des recommandations aux professionnels de santé « sur la conduite à tenir en cas de consultation par les familles de nourrissons ayant consommé des laits » concernés. Comme le rappelle la plus haute juridiction administrative, Intox’Alim estimait notamment que « ces recommandations nuisaient à la bonne prise en charge médicale des nourrissons ». Le juge des référés a estimé que les recommandations gouvernementales « ne portent pas atteinte au droit à la protection de la santé ». L’audience a également permis de confirmer que « tous les lots identifiés comme susceptibles d’être contaminés par la toxine céréulide ont été retirés du marché ». Pour rappel, la toxine céréulide a été identifiée la première fois chez un bébé hospitalisé le 27 février, sans lien de cause à effet prouvé selon les autorités.

Céréales : des conditions de cultures satisfaisantes en Europe (Commission)

Dans un rapport publié le 2 mars, l’observatoire des cultures européennes MARS, rattaché à la Commission européenne, juge dans l’ensemble « satisfaisantes » les conditions de développement des céréales et oléagineux sur le continent européen. Il relève toutefois quelques inquiétudes liées « à un gel persistant » en Europe du nord et de l’est. Des régions comme le Nord-Est de l’Allemagne, la Pologne, l’Ukraine ou les pays baltes sont sous surveillance. Si la situation du blé d’hiver s’avère pour l’instant rassurante, « l’orge et le colza peuvent avoir été affectés négativement » par les basses températures, peut-on lire dans le rapport. Par ailleurs, des excès d’eau ont pu dégrader les cultures, notamment dans l’ouest de la France, en Italie et en Espagne. Ce que confirme le dernier bulletin Céré’Obs (de FranceAgriMer) du 27 février au sujet de l’Hexagone. Les conditions de culture concernant le blé tendre d’hiver y sont jugées « bonnes » à « très bonnes » dans 84 % des cas en semaine 8 (du 16 février) , contre 88 % la semaine précédente. En orge d’hiver, ce taux recule de 84 % à 81 % sur la même période. Enfin, l’observatoire européen a analysé la situation des pays du Maghreb. Il indique que les précipitations abondantes « dopent les perspectives de récolte, particulièrement au Maroc et au nord de l’Algérie ».

Oléagineux : PepsiCo et Saipol prolongent leur coopération dans l’agriculture régénératrice

D’après un article d’Agrodistribution (contenu payant) du 2 mars, le spécialiste des boissons PepsiCo et Saipol, le bras industriel du groupe Avril, ont annoncé, le 27 février lors du Sia, le renouvellement pour trois ans de leur partenariat visant à promouvoir l’agriculture régénératrice dans le domaine des oléagineux. Pour rappel, ce projet avait débuté en 2023. Saipol s’engage à fournir à PepsiCo des huiles de colza et de tournesol issues de l’agriculture régénératrice. Pour arriver à ses fins, l’industriel, via son programme Empreinte by Saipol, distribue une prime filière à l’amont, afin de stimuler le changement des pratiques culturales dans les champs. Cécile Reynaud, responsable du programme Empreinte chez Saipol, précise que le groupe a distribué 7 M€ en 2025, soit 110 €/ha en moyenne. Pour 2027-2030, la filiale du groupe Avril espère fournir à PepsiCo jusqu’à 60 % des volumes du programme régénératif. Le triturateur de graines oléagineuses s’appuie sur Cérévia pour diffuser les bonnes pratiques aux agriculteurs, via son programme Vert by Cérévia. De son côté, PepsiCo explique travailler avec des distributeurs pour établir un cofinancement des programmes régénératifs, sachant qu’un soutien de l’État sera à terme indispensable, estime-t-il.

Tomate : nouvelle manifestation contre le projet de serre géante d’Isigny-le Buat

Le 28 février, un nouvelle manifestation de riverains et de producteurs s’est déroulée dans les rues d’Isigny-le Buat (Manche) contre le projet d’extension de la serre géante de l’entreprise « Les tomates du Mont-Saint Michel » (AgroCare), société à capitaux néerlandais, rapporte Ici Normandie (ex-France bleu). L’action a regroupé entre 200 et 300 personnes. Le projet initial entendait augmenter les surfaces de la serre de 16 à 32 ha. L'entreprise néerlandaise avait déposé une demande d'autorisation environnementale en préfecture en juillet 2025, rejetée par le préfet pour « impossibilité d’appréhender les impacts sur l’environnement du projet, à partir des données fournies par l’entreprise ». Elle a redéposé un projet, réduisant quelques peu la taille du site de production (28 ha). AgroCare attend toujours la réponse des autorités. La manifestation, initiée notamment par la Confédération paysanne, rejette globalement ce projet : « Dans ces serres, tout est artificiel : laine de verre, nutriments en liquide, serres chauffées…C'est un système d'agriculture qui justement, pour nous, n'est pas de l'agriculture », a expliqué Nassima Sabri, porte-parole du syndicat dans la Manche.

Alimentation : la MSA et la Cnaf expérimentent douze caisses solidaires

Au Salon de l’agriculture le 25 février, la MSA et la Cnaf (allocations familiale) ont présenté l'expérimentation « Alimentation solidaire et durable », menée conjointement par des caisses locales avec le soutien du groupe Agrica (mutuelle agricole). Le principe, a expliqué Isabelle Doal, directrice du CafLab (laboratoire d’innovations des Caf), consiste à préacheter à l’année les productions d’agriculteurs locaux afin de garantir l’accès à une alimentation saine à des familles sélectionnées. Les fonds servent à acheter les produits et à rémunérer les structures d’animation et de formation à une alimentation saine. Contrairement aux systèmes de chèques alimentaires ou de sécurité sociale de l’alimentation, « le soutien va aux agriculteurs », a insisté la responsable auprès d’Agra Presse. Douze expérimentation sont ainsi en cours ou à venir, qui permettront aux trois partenaires d’identifier les modèles les plus reproductibles et de « préparer les étapes suivantes du déploiement », annonce la MSA sur LinkedIn. Deux caisses de MSA, Limousin et Alpes du Nord, lauréates de l’expérimentation, ont été mises en avant lors de la présentation.

Élections municipales : 140 maires et 170 candidats mobilisés pour l’alimentation (collectif)

Dans un communiqué commun du 3 mars, un collectif à l’origine de propositions aux futurs maires fait le point sur l’engagement en faveur d’une alimentation saine et durable. Selon ces treize associations, 130 élus municipaux, 170 candidats aux prochaines élections et 240 agents se sont mobilisés ces derniers mois en faveur du « droit à l’alimentation », à travers « 86 événements d’interpellation ». Des actions qui ont porté notamment sur la réduction des risques de maladies chroniques, le soutien à l’autonomie alimentaire et au monde paysan, la réduction de la précarité alimentaire, ou encore le renforcement de la démocratie locale, la réduction des pollutions des sols et de l’eau, etc. « La parole des personnes concernées par ces questions, des personnes en situation de précarité et des paysans et des paysannes, a pu être entendue lors de ces évènements, qui ont eu lieu tant dans les grandes métropoles qu’en milieu rural », se félicite le collectif. Ces treize associations – dont le réseau Civam, Action contre la faim, le Secours catholique ou encore et la Fédération des diabétiques – se félicitent aussi d’avoir été rejointes sur le terrain par de plus de 130 associations locales.

Aide alimentaire : la sécheresse expose des millions de Somaliens à un risque de famine (ONG)

La crise humanitaire menace de s'aggraver de façon « imminente » en Somalie, où des millions de personnes risquent d'être exposées à la famine en raison de la sécheresse, a alerté le 3 mars le Comité international de la Croix-Rouge (CICR). Après deux saisons des pluies consécutives sans précipitations suffisantes, l’entité redoute fortement un retour aux niveaux catastrophiques de famine observés en 2022, d’après un communiqué. L’élevage serait particulièrement touché par le manque d’eau. « Les cheptels sont décimés, laissant des familles sans aucune source de revenus ou de nourriture et poussant des milliers de personnes à chercher refuge dans des camps de fortune », a détaillé le CICR. Selon l'organisation, « si les pluies tardent encore à venir, seul un renforcement massif de l'aide humanitaire pourra empêcher des millions de personnes de sombrer davantage dans une situation d’urgence alimentaire ». Problème : elle manque cruellement de fonds. « Cette aggravation survient dans un contexte de forte diminution des financements humanitaires destinés à la Somalie », a souligné le CICR.

Climat : un épisode de réchauffement El Niño est « possible » cette année, selon l’ONU

Un épisode de réchauffement El Niño est « possible » cette année, a indiqué le 3 mars l’Organisation météorologique mondiale (OMM), qui fait partie de l’ONU. La probabilité de voir ce phénomène climatique naturel se développer pourrait atteindre environ 40 % pour la période de mai à juillet. Selon le dernier bulletin trimestriel de l’OMM, le récent épisode La Niña, de faible intensité, devrait céder la place à des conditions neutres avant un épisode de réchauffement El Niño. En janvier, l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA) avait estimé qu’il y a 50 à 60 % de chances qu’El Niño se développe en juillet et septembre. « La communauté de l’OMM surveillera attentivement la situation au cours des prochains mois afin d’éclairer la prise de décisions », a commenté la secrétaire générale de l’OMM, Céleste Saulo, citée dans le bulletin. Elle rappelle que le dernier épisode El Niño, en 2023-2024, a été l'un des cinq épisodes les plus intenses jamais enregistrés et a joué un rôle dans les records mondiaux de températures 2024. L'OMM souligne que « les phénomènes climatiques à grande échelle d'origine naturelle, tels qu'El Niño et La Niña, s'inscrivent dans un contexte plus large de changement climatique d'origine anthropique ».

Pommes de terre : Geoffroy d'Evry réélu à la tête de l'UNPT

D’après un message publié sur le réseau social X le 26 février, Geoffroy d’Evry a été réélu à la présidence de l’UNPT (producteurs de pommes de terre, FNSEA). Le mandat est d’une durée d’un an. Agriculteur dans l’Oise, Geoffroy d’Evry est en poste depuis 2020. « Merci à l’UNPT pour sa confiance et très honoré de pouvoir y poursuivre mon action. Avec l’ensemble du conseil et du bureau, nous sommes plus déterminés que jamais à défendre nos producteurs de pommes de terre. Tel est l’unique cap que nous nous fixons ! », réagit-il dans son propre message, toujours sur X.