Présidence de l’UE: la future Pac au cœur de l’action de Chypre au premier semestre 2026
A compter du 1er janvier et jusqu’au 30 juin, Chypre assurera la présidence du Conseil de l’UE prenant ainsi la suite du Danemark. Dans cette optique, elle a présenté, le 21 décembre, son programme de travail pour le prochain semestre. Au niveau agricole, sans surprise, la présidence chypriote va se concentrer sur les négociations de la prochaine Pac. Elle veut faire avancer les discussions sur les propositions relatives au règlement OCM. La gestion des crises, notamment les mesures de prévention des incendies et les outils de gestion des crises, sera aussi une priorité tout comme l’approfondissement de la simplification de la Pac. Par ailleurs, Chypre se chargera du suivi de l’évaluation de la directive Pratiques commerciales déloyales et encouragera des mesures visant à assurer une répartition plus équitable de la valeur, à améliorer la résilience des producteurs face aux défis liés au marché et au climat. Enfin, elle souhaite faire avancer les négociations sur le règlement relatif au matériel de reproduction des plantes et sur la protection des animaux pendant le transport. Les Conseils Agriculture auront lieu le 26 janvier, le 23 février, le 30 mars, le 27 avril (Luxembourg), le 26 mai et le 22 juin (Luxembourg). La traditionnelle réunion informelle des ministres de l’Agriculture de l’UE se tiendra à Nicosie du 3 au 5 mai.
Stratégie énergétique : pas de calendrier arrêté, Matignon donne rendez-vous début 2026
Le calendrier de publication de la Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) « n'est pas arrêté à ce stade », a fait savoir Matignon le 18 décembre à l'AFP, en donnant rendez-vous en début d'année. Le 12 décembre, le Premier ministre a souligné que ce « rendez-vous énergétique » de la PPE devait être un temps fort de dialogue avec « la nation » et non une publication isolée. Selon l'entourage du ministre de l'Economie, également en charge de l'énergie, Roland Lescure, « le travail sur le fond est quasiment finalisé ». Le ministère souligne aussi que le travail s'inscrit « en cohérence » avec une série d'annonces ces dernières semaines, qui constituent autant de « jalons » pour les futures décisions : la stratégie nationale bas carbone (SNBC), le lancement d'une mission pour évaluer le coût du soutien public aux renouvelables, et la publication du rapport de RTE, qui a abaissé ses prévisions de la consommation électrique nationale d'ici 2035. En conséquence, le gouvernement souhaite que la PPE s'accompagne d'un « grand plan autour de l'électrification des usages ». Et le texte formulera en conséquence une trajectoire d'installation des renouvelables terrestres adossée à cette stratégie d'électrification.
Nutrition : le Royaume-Uni va restreindre la publicité pour les aliments «malsains»
Le Royaume-Uni s’apprête à instaurer l’un des règlementations les plus strictes au monde en matière de publicité alimentaire. À partir du 5 janvier 2026, la publicité pour les aliments et boissons dits malsains sera interdite à la télévision entre 5h30 et 21h00, et en ligne (publicité payante), sans restriction horaire, rapporte le média France info le 25 décembre. Cette mesure s’inscrit dans le cadre de la loi britannique sur la santé et les soins de 2022 (Health and Care Act 2022), avec pour objectif de réduire l’exposition des enfants à la publicité pour les aliments trop gras, trop sucrés et/ou trop salés. Selon le département de la Santé britannique, « des études montrent que l’exposition répétée à ces publicités influence les habitudes alimentaires dès le plus jeune âge, augmentant ainsi le risque de surpoids et d’obésité ». Aujourd’hui, plus de 20 % des achats d’aliments et de boissons dans les supermarchés britanniques concernent des produits trop gras, trop sucrés et/ou trop salés, rapporte The Economist dans un article du 29 septembre. Avec des conséquences sur la santé des britanniques, à commencer par celle des plus jeunes. Outre-manche, un enfant sur dix est en situation d’obésité à l’entrée en maternelle, et un enfant sur cinq souffre de caries dentaires dès l'âge de 5 ans, selon le département de la Santé.
Porc/volaille : le projet du gouvernement britannique pour renforcer le bien-être animal
Le gouvernement britannique a présenté le 22 décembre au Parlement sa nouvelle «stratégie pour le bien-être animal», projet de réforme qui concerne autant les animaux domestiques et que les animaux de rente, avec des effets importants sur les conditions d'élevage et d'abattage en porcs et volailles. Le 10 Downing Street prévoit notamment d’abolir les cages de ponte et les cases de mise-bas pour truies. Les conséquences seraient significatives : les cages aménagées fournissent plus de 20% des œufs coquilles du pays. En porc, environ 92% des truies en bâtiment (la moitié du cheptel) mettent bas et allaitent dans des cases. Le système flexible de naissage se développe, qui représente environ 5 000 places et 1000 autres programmées, souligne toutefois la NPA (éleveurs) dans un communiqué du 22 décembre. Le gouvernement se dit aussi prêt à accompagner la filière œuf vers l’arrêt du sacrifice des poussins mâles de la filière œuf, notamment par l’ovosexage, et de l’épointage des becs. En abattoir, le ministère envisage le remplacement du CO2 par l’argon comme gaz d’étourdissement des porcs avant l’abattage, ou l'emploi du choc électrique. Pour prendre cette décision contestée par la NPA, le gouvernement s’est appuyé sur le groupe d’expertise en bien-être animal AWC, entité indépendante créée par le gouvernement.
Ovosexage: fin de l'accord interprofessionnel, un indicateur «Egalim» en janvier
Le ministère de l'Agriculture a fait paraitre au Journal officiel du 29 décembre un arrêté abrogeant l’accord interprofessionnel étendu du CNPO (interprofession de l’œuf) du 28 février 2025 qui soumettait les distributeurs de l’aval (détaillants et grossistes) à une cotisation pour financer l’ovosexage. Le coût de l’ovosexage sera désormais intégré au prix des poulettes vendues par les couvoirs aux éleveurs de poules pondeuses. Ainsi en étaient convenus le 3 octobre les membres du CNPO en constatant que la cotisation (alors de 31 centimes/100 œufs) pesant sur la filière de l’œuf coquille ne suffisait pas à couvrir le coût. « On entre maintenant dans un schéma classique avec répercussion selon Egalim », explique à Agra Presse Yves-Marie Beaudet, président du comité interprofessionnel. Les relations commerciales pourront s’appuyer sur un indicateur du prix du poussin de poule ovosexé, qui sera publié à compter du 15 janvier, annonce-t-il. Ainsi, le coût sera en principe répercuté le long de la filière de l’œuf coquille et de celle des ovoproduits utilisés en industrie et en restauration. « Le CNPO aura accompagné trois ans la mise en place de l’ovosexage, pratique désormais établie », conclut Yves-Marie Beaudet.
Alimentation animale : le chlorure de choline de Chine définitivement sanctionné
La Commission européenne a institué, le 19 décembre, des mesures antidumping définitives sur les importations de chlorure de choline en provenance de Chine après qu'une enquête de 14 mois a mis en évidence des pratiques commerciales déloyales. Le chlorure de choline, souvent utilisé dans l’alimentation animale, est un nutriment essentiel pour la croissance, le développement et la bonne santé de nombreuses espèces animales, principalement dans les secteurs de la volaille et de la viande. Dans le détail, Bruxelles met en place, pour une durée renouvelable de cinq ans, des taux de droit antidumping définitifs pouvant aller de 90 % à 115,9 % en fonction des entreprises chinoises, applicables au prix net franco-frontière de l’UE, avant dédouanement. Une sanction saluée par Eastman et Belchem, producteurs de chlorure de choline dans l'UE, dans un communiqué du 22 décembre. Le marché européen s'élève à 84 M€ et l’industrie emploie entre 160 et 175 personnes. Les deux entreprises précisent que « l'UE ne peut se permettre de laisser des importations chinoises, issues de pratiques commerciales déloyales, rendre ses industries agroalimentaires entièrement dépendantes des fournisseurs chinois ».
Loups: la Finlande va réautoriser la chasse au loup en 2026
La Finlande va réautoriser l’année prochaine la chasse au loup, avec des quotas, afin de gérer sa population croissante, abrogeant ainsi les mesures de protection en vigueur depuis 1973. Les modifications apportées à la loi finlandaise sur la chasse permettront la chasse au loup pendant des périodes restreintes, sur la base de quotas régionaux fixés par le ministère finlandais de l’Agriculture et des Forêts. La période de chasse proposée va du 1er janvier au 10 février 2026, la décision finale sur les dates étant attendue mardi. Auparavant, l’abattage des loups n’était autorisé que lorsqu’un individu représentait un danger ou causait des dommages importants. Le projet de loi, qui a été facilement adopté par le Parlement finlandais en décembre, pourrait également assouplir les règles strictes relatives à la chasse au lynx et à l’ours, mais la décision finale sera prise ultérieurement. Selon la loi, au moins 65 loups pourraient être abattus au cours de la prochaine saison hivernale, a indiqué le gouvernement finlandais. Le pays comptait environ 430 loups en mars, soit une augmentation de 46% par rapport à l’année précédente. L’Association finlandaise pour la conservation de la nature estime qu’une population de loups viable devrait compter au moins 525 individus. Mais le ministère de l’Agriculture et des Forêts du pays a fixé à 273 le nombre de référence pour garantir le statut de conservation du loup.
Légumes: création d'une AOP nationale commune aux carottes et radis
Dans un arrêté du 18 décembre, la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a reconnu, comme association d'organisations de producteurs (AOP) nationale l'association «Carottes et Radis de France». Autrement dit, la production de radis intègre la structuration de la filière carotte, qui dispose d'une AOPn propre (Carottes de France) depuis 2009. C'est la première fois que la production de radis se structure au niveau national, après un échec il y a une quinzaine d'années. Cinq organisations de producteurs de radis représentant environ 40% de la production, dont Agrial et Fleuron d'Anjou, sont à l'origine de cette structuration, indique Christian Letierce, président de l'association Carottes de France, à Agra presse. L'AOPn Carottes de France a plusieurs missions: surveillance des marchés, communication, animation technique, qu'elle dupliquera pour les radis. Les deux productions, radis et carotte, n'ont pas la même dimension, ni la même géographie. La production nationale de carottes est d'environ 500 000 tonnes pour le frais et l'industrie, sur 12000 hectares. Les trois premiers départements producteurs sont les Landes, la Gironde et la Manche. La production française de radis est plus réduite, autour de 50 000 tonnes. Le gros de la production est réalisé dans la région nantaise, indique Christian Letierce, devant la Manche et le Centre Val de Loire. Des rapprochements similaires existent entre d'autres cultures : AOPn Tomates et concombres, AOPn Fraises et framboises.
Grandes cultures: risque «très élevé» d'introduction d'une «superweed» en France
Fléau des producteurs américains de maïs et soja OGM, connue pour ses populations multi-résistantes aux herbicides (ce qui lui vaut le qualificatif de «superweed» aux Etats-Unis), l'amarante de Palmer, présente une probabilité «très élevée» d'introduction en France, estime l'Anses dans un avis publié en décembre. Sur les cultures estivales (maïs, soja, sorgho, tomate, oignon, tournesol...), elle causerait des dommages moindres qu'en Amérique, compte tenu des différences de pratiques culturales (pas de culture OGM tolérante aux herbicides non sélectifs, faible surface en semi direct). Mais ces dommages resteraient «élevés», estime l'agence. L'amarante de Palmer aurait aussi un «impact modéré» en vergers ou en cultures pérennes. Aux États-Unis, elle frappe notamment la vigne et la tomate, en Espagne, la luzerne. Déjà présente en Italie et en Espagne (où elle est réglementée), y compris dans des zones frontalières, cette amarante pourrait être introduite par plusieurs voies : les importations de soja et maïs américains, ou les aliments pour bétail/foin venus d'Espagne. L'Anses recommande de la classer comme organisme nuisible, induisant un contrôle des lots de soja et de maïs importés, une détection précoce et la mise en œuvre d’une démarche d’éradication en cas d’observation confirmée.
No-low : le bordelais Castel-Vins investit 10 M€ dans une unité de désalcoolisation
Le groupe Castel-Vins, dont le siège est à Blanquefort (Gironde), investit dans une unité de désalcoolisation, a-t-il annoncé le 16 décembre. Implanté dans l’usine de La Chapelle-Heulin (Loire-Atlantique), ce nouvel équipement industriel représente un coût de 10 M€, d’après le communiqué. Sa capacité atteint « plusieurs millions de cols annuels ». La production comprend des vins désalcoolisés tranquilles (blancs, rosés, rouges) et effervescents, sans ajout d’arômes exogènes et « très peu sucrés » (moins de 30 g/l contre 50 à 60 g/l « habituellement constatés » dans les vins sans alcool). Castel voit dans le no-low « un marché d’avenir » : 16 % des consommateurs de vin consomment déjà des vins sans alcool, d’après son baromètre. « La progression du marché no-low dans le monde a été multipliée par deux sur les cinq dernières années, avec un potentiel de croissance de 7 points entre 2023 et 2027 », selon le communiqué s’appuyant sur les chiffres du cabinet IWSR. 67 % de la génération Z modère sa consommation d’alcool contre 52 % pour toutes les tranches d’âge, poursuit le groupe. En 2024, l'entreprise fondée par Pierre Castel (99 ans) a réalisé un chiffre d'affaires de 6,5 Mds, dont 1,1 Md dans le seul secteur du vin avec de nombreuses marques grand public (Baron de Lestac, Listel, Kriter, cavistes Maison Nicolas...).
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