Manifestations: JA et FNSEA du Grand bassin parisien promettent un «siège» de Paris ce lundi
«Dès lundi 29 janvier à 14h00 les agriculteurs des départements: l'Aisne, l'Aube, l'Eure, l'Eure-et-Loir, l'Ile-de-France, la Marne, le Nord, l'Oise, le Pas-de-Calais, la Seine-et-Marne, la Seine-Maritime et la Somme, membres du réseau FNSEA et Jeunes Agriculteurs du Grand Bassin Parisien entament un siège de la capitale pour une durée indéterminée», promettent les deux syndicats, qui représentent la majorité de la profession au niveau national. Les instances nationales des deux organisations n'ont pas encore tranché sur la suite du mouvement de colère de leur profession au niveau de l'ensemble du pays. «Tous les axes lourds menant à la capitale seront occupés par les agriculteurs», selon le mot d'ordre diffusé ce samedi 27 janvier au soir. Le président de la FNSEA Arnaud Rousseau a appelé dimanche les agriculteurs au «calme et à la détermination» avant une «semaine de tous les dangers», prévenant que leur mobilisation restait «totale» malgré les annonces du Premier ministre Gabriel Attal. M. Rousseau, qui s'exprimait sur un barrage installé sur l'A16 près de Beauvais (Oise), a aussi exhorté le gouvernement à «aller beaucoup plus loin». «On appelle tout le monde au calme et à la détermination», a déclaré M. Rousseau, disant ne pas vouloir un drame comme celui de Pamiers (Ariège) où une agricultrice et sa fille ont été tuées mardi sur un barrage: «pas question qu'il y ait d'autres accidents». Mais il a aussi prévenu que la séquence qui s'ouvre était celle d'une «semaine de tous les dangers, soit parce que le gouvernement ne nous entend pas, soit parce que la colère sera telle qu'ensuite chacun prendra ses responsabilités».
Manifestations: la CR du Lot-et-Garonne annonce qu'elle va aller «bloquer Rungis»
Des agriculteurs du Lot-et-Garonne, l'un des points chauds de la mobilisation en France, vont «monter à Paris» à partir de lundi pour aller bloquer le marché d'intérêt national de Rungis (Val-de-Marne), a annoncé le 27 janiver, la Coordination rurale du département. «Nous avons décidé dès lundi matin de partir direction Paris, en tracteurs, pour rejoindre le mouvement. On a décidé de monter à Paris bloquer Rungis», a déclaré José Pérez, co-président de la CR 47. «On part lundi à 9h00 d'Agen, on prend l'autoroute à Cahors, on monte à Paris en passant par Limoges et on récupère tous les gens qui veulent se joindre à nous», a-t-il ajouté. Alors que les annonces du Premier ministre Gabriel Attal ont été jugées insuffisantes par la profession, c'est le premier syndicat à annoncer ouvertement l'objectif d'un blocage majeur à Paris ou à proximité de Paris, évoqué jusqu'à présent comme une possibilité par d'autres organisations. «On a décidé ça un peu tout seuls, on a échangé avec la Haute-Vienne», a dit José Pérez. Le marché d'intérêt national (MIN) de Rungis, au sud de la capitale, est le premier marché de gros de produits frais d'Europe. En 2022, trois millions de tonnes de marchandises ont transité par Rungis pour un chiffre d'affaires de 10 milliards d'euros, dont le secteur fruits et légumes occupe la plus grande part.
Manifestations: la Conf' appelle à «poursuivre la mobilisation», manifestation à Bruxelles jeudi
Dans un communiqué paru le 28 janvier, la Confédération paysanne annonce qu'elle «va continuer la mobilisation ce week-end et la semaine prochaine, dont le 1er février à Bruxelles à l’appel du syndicat belge Fugea.» Pour le syndicat minoritaire, «les annonces du Premier ministre (vendredi soir) sont largement insuffisantes voire, pour certaines d’entre elles, totalement éloignées des réalités et de l’urgence d’agir sur le revenu paysan pour redonner des perspectives d'avenir à toutes les fermes.» A l'issue de son rendez-vous avec le Premier ministre le 23 janvier, la porte-parole de la Confédération paysanne Laurence Marandola a estimé que les premières pistes évoquées par Gabriel Attal étaient «très inquiétantes». Plus tôt dans la journée, elle avait exposé ses deux grandes demandes, à l'occasion de sa conférence de presse de rentrée: interdire les ventes de produits agricoles sous leur prix de revient, et «stopper» les négociations ou «revenir» sur les accords passés de libre-échange. Le lendemain, à l’issue d’un comité national le 24 janvier, elle avait appelé l’ensemble de ses structures départementales à «se mobiliser» en «solidarité» avec «les mouvements d’agricultrices et d’agriculteurs en France». Ce dimanche 28 janvier, la Conf' annonce des mobilisations dans au moins huit départements, dont une «grande mobilisation régionale dans la matinée dans l’est lyonnais», mardi, et une «mobilisation européenne à Bruxelles», jeudi 1er février.
Manifestations: en Belgique, les agriculteurs bloquent une autoroute dans le sud du pays
Des agriculteurs belges ont bloqué dimanche une autoroute dans le sud de la Belgique, une mobilisation qui rejoint le mouvement de colère du monde agricole en France et en Allemagne. Lors d'une opération escargot, des dizaines de tracteurs ont progressé sur un important échangeur avant de bloquer la circulation sur l'autoroute E42 au nord de Namur dans le sud du pays. Il est devenu «impossible de tirer un revenu décent» des activités agricoles, a déclaré à l'AFP Pierre D'Hulst, porte-parole de la Fédération des jeunes agriculteurs (FJA) de Belgique, qui a organisé la manifestation. «Nous demandons une réforme de la politique agricole commune qui prend en compte la réalité du terrain», a-t-il ajouté. «Tous les agriculteurs doivent faire plus avec moins de moyens. Les agriculteurs, ils sont prêts à faire des efforts mais pour faire ça, il faut qu'ils puissent vivre décemment.» M. d'Hulst a également dénoncé la concurrence avec les produits d'importation qui ne sont pas soumis aux mêmes normes. Sur les tracteurs étaient placardées des affiches : «Notre fin sera votre faim», et «Rêve d'enfant, cauchemar d'adulte». Des agriculteurs manifestant devant un stade de football dimanche ont provoqué de report d'une trentaine de minutes d'un match opposant le FC Genk et l'équipe de Saint-Trond.
Manifestations «15.000» membres des forces de l'ordre mobilisés lundi, annonce Darmanin
Gérald Darmanin a annoncé le 28 janvier que 15.000 membres des forces de l'ordre seraient mobilisés le 29 janvier pour empêcher que les tracteurs entrent dans «Paris et les grandes villes» et les blocages du marché de Rungis et des aéroports franciliens. S'exprimant à l'issue d'une réunion interministérielle de crise à laquelle a participé le ministre de l'Agriculture, Marc Fesneau, le,ministre de l'Intérieur a fait part en outre d'une «modération» demandée aux forces de l'ordre qui ne devront pas «intervenir sur les points de blocage» mais les «sécuriser». Le ministre de l'Intérieur a expliqué que le président Emmanuel Macron avait donné «pour consigne» de «garantir que les tracteurs ne se rendent pas à Paris et dans les grandes villes pour ne pas créer des difficultés extrêmement fortes». En Ile-de-France, a-t-il dit, il a fait valoir qu'il fallait que le marché international de Rungis «puisse fonctionner ainsi que les aéroports parisiens d'Orly et de Roissy». Aux abords de Rungis et de l'aéroport de Roissy, des blindés de la gendarmerie ont pris place en début de soirée pour empêcher le blocage de leurs accès. La même consigne sera appliquée pour les aéroports de province et les grands marchés d'approvisionnement. Le ministre de l'Intérieur a dit s'attendre à «une semaine difficile».
Manifestations: en Indre-et-Loire, Attal dit envisager des mesures «supplémentaires»
En visite en Indre-et-Loire, Gabriel Attal a reconnu le 28 janvier n'avoir «pas répondu» à «tout (...) le mal-être de nos agriculteurs», mais s'est dit «résolu à avancer vite», alors que certains d'entre eux ont annoncé un «siège» de Paris lundi. Deux jours après ses premières annonces en Haute-Garonne, le Premier ministre a effectué un nouveau déplacement le 28 janvier au matin en Indre-et-Loire. Il a d'abord visité une exploitation à Parçay-Meslay avant d'intervenir lors de la cérémonie de voeux de la députée Renaissance Fabienne Colboc à La Riche. «Je sais bien que, à travers ces premières mesures (annoncées vendredi), on n'a pas répondu encore à tout ce que je viens d'évoquer et ce qui constitue le malaise et le mal-être de nos agriculteurs aujourd'hui. Et je suis résolu à avancer, avancer résolument, à avancer vite», a assuré le 28 janvier le chef du gouvernement. «Notre agriculture, c'est d'abord une des parts majeures de l'identité de la France», a également déclaré Gabriel Attal. «Nos agriculteurs ne demandent pas quelque chose d'extravagant, d'insurmontable: ils veulent être considérés, ils veulent travailler et ils veulent être rémunérés pour leur travail», a-t-il résumé. Après avoir écouté les doléances de ses hôtes, M. Attal a notamment déclaré qu'il envisageait des mesures «supplémentaires», aux niveaux national et européen, pour protéger les agriculteurs contre la concurrence déloyale d'autres pays qui ne sont pas soumis aux mêmes contraintes règlementaires. Dans le viseur: les produits phytosanitaires que les agriculteurs français ne peuvent plus utiliser.
Bloquer Paris risque de ne pas servir les «intérêts des agriculteurs», dit Fesneau
Le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau a dit le 28 janvier douter qu'un blocage d'accès routiers à Paris serve les «intérêts des agriculteurs», alors que plusieurs de leurs organisations ont promis un «siège» de la capitale lundi. «C'est un acte qui, à la fin, vient pénaliser principalement les Parisiens. Bloquer l'ensemble de l'Ile-de-France, je suis pas sûr que ça va rendre service aux intérêts des agriculteurs», a affirmé M. Fesneau à l'antenne de BFMTV. «Bloquer Paris et la région parisienne est un acte qui vient pénaliser principalement les Parisiens. Or, en Ile-de-France, il y a des gens qui travaillent, des gens qui les [les agriculteurs] écoutent, des gens qui les respectent», a plaidé M. Fesneau. Alors que son collègue de l'Intérieur Gérald Darmanin avait donné le 24 janvier des consignes de «grande modération» aux préfets face à la colère paysanne, M. Fesneau a professé dimanche une «tolérance zéro sur les violences et les dégradations». Concernant le marché de Rungis, que la Coordination rurale du Lot-et-Garonne prévoit de bloquer, le ministre de l'Agriculture a remarqué que «c'est le lieu où viennent converger la plupart des produits français (...) vous savez qui ils vont pénaliser ? Ils vont pénaliser les agriculteurs. Parce qu'à la vérité, quand vous bloquez Rungis, vous bloquez la capacité d'écoulement des produits».
Manfiestations: Ciotti (LR) plaide pour un revenu net de 1.500 euros pour les agriculteurs
Le président des Républicains (LR) Eric Ciotti plaide pour un revenu minimum de 1.500 euros net mensuels pour les agriculteurs et estime le 28 janvier, dans un entretien au JDD, que les réponses du gouvernement à leur colère sont «ridiculement faibles». «Nous devons mettre en place un dispositif d'accompagnement financier des agriculteurs qui vivent sous le seuil de pauvreté. Aucun agriculteur ne doit gagner moins de 1.500 euros net par mois», affirme Eric Ciotti. «Le combat des agriculteurs est celui d'une France du bon sens et du travail qui ne doit pas disparaître», ajoute-t-il. Le chef de la droite estime qu'une telle mesure pourrait être financée «en sanctionnant fortement les distributeurs qui ne respectent pas la loi qui garantit un prix minimum aux productions agricoles» et en supprimant «certaines aides dépensées à perte, notamment pour la politique de la ville». Il demande également de mettre fin aux accords de libre-échange et d'interdire l'importation de produits provenant de pays ne respectant pas les mêmes règles sociales et environnementales que la France.
Manifestations: incendie au bureau des douanes à Nîmes, «graves dégradations»
Un incendie, provoqué par des agriculteurs en colère, a causé le 27 janvier au soir de «graves dégradations» au bureau des Douanes à Nîmes, avec de «gros dégâts sur le bâtiment» et huit véhicules brûlés, a-t-on appris auprès de la préfecture du Gard. Déclenché à 19H15, le feu a été «maîtrisé à 21H10»n ont précisé à l'AFP les pompiers qui ont «engagé dix véhicules et une trentaine de personnels», selon la préfecture. Selon le service de communication de la préfecture, «huit véhicules légers ont été incendiés dans l'enceinte du bureau des Douanes par des individus entrés au volant d'engins agricoles», qui ont également causé de «gros dégâts sur le bâtiment et détruit le portail». En début de soirée, le préfet du Gard avait "condamné avec la plus grande fermeté ces graves dégradations", précisant qu'"une enquête est en cours pour identifier les auteurs». Par ailleurs, toujours à Nîmes, une trentaine de personnes brandissant des banderoles ont fait irruption vers 20H15 sur le stade des Antonins qui accueillait un match de National entre le Nîmes Olympique et le Football Club de Rouen. «La rencontre a été interrompue durant 20 minutes», a indiqué la préfecture. Vendredi en début d'après-midi, à Narbonne, un bâtiment de la Mutualité sociale agricole (MSA) avait été incendié en marge d'une manifestation d'agriculteurs, un geste qualifié d'«intolérable» par le président de la MSA Pascal Cormery.
Manifestations: réouverture de l'autoroute A9 entre Montpellier et l'Espagne
L'autoroute A9 qui a été fermée le vendredi 26 janvier au matin en raison d'actions des agriculteurs sur le tracé a rouvert «dans sa quasi-totalité à 17h30» samedi, c'est-à-dire sur une large portion reliant Montpellier et la frontière espagnole, selon Vinci Autoroutes. Vendredi au petit matin, au vu de l'ampleur de la mobilisation agricole, les autorités avaient décidé de fermer l'A9 dans les deux sens entre Orange (Vaucluse) et Sigean (Aude), un axe très emprunté par les poids-lourds entre l'Espagne et la France. «On n'avait jamais vu ça, d'une telle ampleur et sur une telle durée», avait expliqué à l'AFP vendredi une porte-parole de la société exploitante Vinci autoroutes. Samedi en fin d'après-midi, l'A9 a rouvert entre Montpellier et l'Espagne, selon un communiqué de Vinci Autoroutes, même si une difficulté dans le sens nord-sud obligeait encore les automobilistes à quitter l'autoroute à Narbonne-est (Aude) pour la retrouver quelques kilomètres plus loin à Sigean, dans le même département, pour poursuivre vers l'Espagne. Dans le sens sud-nord, l'A9 était en revanche totalement rouverte entre l'Espagne et Montpellier, la sortie étant obligatoire peu après la cité héraultaise, à hauteur de Gallargues (Gard), à mi-chemin entre Montpellier et Nîmes. A hauteur de Nîmes, des agriculteurs occupaient les voies au niveau de l'échangeur entre les autoroutes A9 et A54 et ont dit leur intention d'y passer la nuit.
Manifestations: dernier barrage levé dans les Bouches-du-Rhône, discussions annoncées
Les agriculteurs doivent lever le dernier barrage dans les Bouches-du-Rhône dans la soirée, a indiqué le samedi 27 janvier le préfet du département en annonçant une série de discussions locales sur des sujets comme la gestion de l'eau ou les besoins du secteur en main d'oeuvre étrangère. Une partie de l'autoroute A54, qui relie Nîmes à Salon-de-Provence, en passant par d'importantes zones logistiques, est fermée depuis plusieurs jours en raison de rassemblements d'agriculteurs au niveau de Salon-de-Provence (Bouches-du-Rhône). «Ils vont lever le barrage ce soir sur Salon», a indiqué à l'AFP le préfet Christophe Mirmand après être allé discuter sur place avec les agriculteurs. «Ils ont une forte attente au-delà des mesures qui ont déjà été annoncées par le Premier ministre, de voir un certain nombre de sujets locaux être traités et donc c'est la raison pour laquelle j'ai proposé que nous puissions entamer une série de discussions et d'échange dès la semaine prochaine», a-t-il ajouté. Parmi les points qui préoccupent les paysans des Bouches-du-Rhône, département comptant 4.200 exploitations réparties sur près d'un tiers du territoire, la gestion de l'eau, notamment la répartition des eaux du barrage de Serre-Ponçon et de la Durance. «Il y a la crainte notamment de voir les réserves agricoles mises en balance face à des problématiques touristiques» a précisé le préfet. «Les questions d'introduction de salariés étrangers, donc la reconnaissance de l'agriculture comme métier en tension», devraient être abordées, tout comme les réglementations sur la question des permis de construire pour les enfants d'exploitants sur l'exploitation.
Manifestations: blocage levé en Haute-Garonne sur l'A64, rouverte à la circulation
Le blocage par des agriculteurs de l'A64 à hauteur de Carbonne (Haute-Garonne) a été totalement levé et cet axe reliant Toulouse à Bayonne rouvert à la circulation à 15h25, a annoncé la préfecture dans un communiqué. «Comme ils s'y étaient engagés vendredi 26 janvier au soir à la suite des annonces de Monsieur le Premier ministre, Gabriel Attal, les agriculteurs ont libéré l'autoroute A64 au niveau de Carbonne, ce jour à 12h», a confirmé la préfecture de Haute-Garonne, après qu'un des porte-parole des agriculteurs sur place eut indiqué à l'AFP dans la matinée que leur barrage était «quasi-fini et dégagé». «Pierre-André Durand, préfet de la région Occitanie, préfet de la Haute-Garonne, salue l'esprit de responsabilité des agriculteurs, qui ont notamment procédé au nettoyage de la section d'autoroute qui était occupée», a ajouté le communiqué, précisant: «A 15h25, l'autoroute vient de rouvrir dans les deux sens». Le barrage de Carbonne, à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest de Toulouse, a été le premier du mouvement de colère des agriculteurs à se mettre en place il y a dix jours. «On a été entendu, on a eu quelques réponses, tout ne sera pas parfait de suite, on ne va pas changer l'agriculture française en cinq minutes sous un pont d'autoroute mais il me semble qu'on a été vraiment, vraiment entendus», a affirmé à l'AFP Joël Tournier, éleveur-céréalier mobilisé depuis le début sur ce barrage, avec son ami Jérôme Bayle, devenu une figure médiatique du mouvement.
Roundup: Monsanto condamné à Philadelphie à 2,25 milliards de dollars de dommages
Le groupe Monsanto, filiale du géant allemand Bayer, a été condamné le 27 janvier par le jury d'un tribunal de Philadelphie (nord-est) à verser 2,25 milliards de dollars de dommages et intérêts à un homme qui accusait le désherbant Roundup d'être à l'origine de son cancer. Avocat de John McKivison, Ron Miller a confirmé à l'AFP que les jurés de ce tribunal civil de l'Etat de Pennsylvanie avaient attribué à leur client 2 milliards de dollars de dommages et 250 millions d'indemnité compensatoire. Le demandeur affirmait que son lymphome non-hodgkinien, un cancer du système lymphatique, était lié à l'utilisation du Roundup, dont le principe actif est le glyphosate. Bayer conteste la nocivité du glyphosate. Le groupe a indiqué à l'AFP son intention de faire appel de la décision. Le glyphosate a été classé, en 2015, «cancérogène probable» par le Centre international de recherche sur le cancer de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Mi-novembre, le jury d'un tribunal du Missouri (centre des Etats-Unis), a infligé à Monsanto 1,5 milliard de dollars de dommages-intérêts au bénéfice de trois Américains qui avaient, eux aussi, imputé leur lymphome non-hodgkinien à des années d'utilisation du Roundup. Le groupe a également fait appel de cette condamnation. Selon Bayer, 113.000 des quelque 165.000 procédures entamées contre Monsanto et liées au désherbant ont été résolues ou déclarées irrecevables, à ce jour.