LOA: Genevard va proposer des «conférences de la souveraineté alimentaire»
Alors que les sénateurs débutent l’examen de la loi d’orientation agricole (LOA) le 4 février, la ministre de l’Agriculture compte proposer dans ce cadre des «Conférences de la souveraineté alimentaire», au cours desquelles «les filières elles-mêmes vont élaborer, avec l’État, un plan de souveraineté alimentaire à dix ans». Une nouvelle «méthode» qu’Annie Genevard a justifié par la diversité des besoins. Par exemple, en volailles de chair, l’enjeu est de «produire une entrée de gamme de qualité et de travailler sur l’acceptabilité sociales des poulaillers»; en fruits en légumes, l’accent est plutôt mis sur les impasses techniques. «Chaque année, FranceAgriMer évaluera les évolutions», a précisé Mme Genevard lors de la remise du Grand prix 2023 de l’Afja (journalistes agricoles). Dans son article 1, la LOA inscrit dans le Code rural l’objectif de souveraineté alimentaire, ainsi que le principe d’une programmation pluriannuelle de l’agriculture. Plus largement, après un «acte 1 consacré à la concrétisation des engagements», Annie Genevard veut enclencher un «acte 2» pour le Salon de l’agriculture, autour de «trois grands chantiers»: «réarmement de la puissance alimentaire» (renouvellement des générations, compétitivité, adaptation aux changements climatiques et géopolitiques); «restauration de la confiance entre agriculteurs et pouvoirs publics» (simplification, Egalim); et enfin «restaurer le lien» entre agriculteurs et citoyens.
LOA: le gouvernement contre une large dépénalisation des atteintes à l’environnement
Lors de l’examen de la LOA (loi d’orientation agricole), qui reprend le 4 février en séance publique au Sénat, l’exécutif s’opposera à une large dépénalisation des atteintes à l’environnement. Un amendement du gouvernement prévoit d’«en rester à la dépénalisation des atteintes involontaires» aux espèces protégées, indique le ministère de l’Agriculture. En commission, les sénateurs avaient élargi le texte aux infractions en matière d’élevages ICPE et de stockage de l’eau IOTA. Il s’agit donc de «rétablir la version de l’Assemblée nationale». En cas d’atteinte «involontaire» à l’environnement, le texte initial prévoit la remise en état de l’écosystème, la réparation et un stage de sensibilisation, souligne le ministère. Par ailleurs, un autre amendement du gouvernement rétablit le caractère «modulaire» du diagnostic d’exploitation, prévu notamment lors de la cession et de l’installation. La nouveauté est l’ajout d’un module sur l’«utilisation efficace et durable des ressources et des produits phytos», indique la Rue de Varenne. La ministre Annie Genevard va par ailleurs défendre plusieurs amendements sur la place des femmes en agriculture. Il s’agit notamment «que l’État s’engage à développer une stratégie pour lever les obstacles à leur installation» (accès au foncier, aux prêts bancaires, etc.).
Taxes américaines: Trump lance une guerre commerciale, le Canada réplique
Le président américain Donald Trump a officiellement mis sa menace à exécution: les États-Unis vont imposer, à compter du 4 février, des droits de douane de 25% sur les importations du Canada et du Mexique (à l’exception du pétrole canadien soumis à un droit réduit de 10%). Également dans le viseur de la Maison-Blanche, la Chine voit ses exportations être taxées, mais à un niveau moindre (10%). Trump justifie sa mesure par «la menace extraordinaire posée par les immigrants illégaux et les drogues». En réponse, le gouvernement canadien a déjà annoncé la mise en place de rétorsions, à compter du 4 février, imposant des droits supplémentaires de 25% sur 1256 produits pour un montant de 30 milliards de dollars canadiens (Md$ CA), dont plusieurs produits agroalimentaires (volailles, œufs, saucisses, blé dur, produits laitiers, certains fruits et légumes). «Ces contre-mesures demeureront en place jusqu'à ce que les États-Unis éliminent leurs tarifs contre le Canada», indique le ministère des Finances canadien. À cela devrait s’ajouter prochainement une deuxième vague de mesures d’une valeur de 125 Md$ CA qui concernera aussi l’agriculture (notamment le bœuf et le porc). En parallèle, Ottawa va porter le différend devant l’OMC. De son côté, le Mexique, qui avait aussi annoncé des rétorsions, a réussi à négocier, le 3 février avec Trump, une suspension temporaire des droits pour un mois.
Administratif: Hectar prépare un chatbot recourant à l'IA pour aider les agriculteurs
Hectar, campus et accélérateur de start-up cofondé par Audrey Bourolleau et Xavier Niel, a annoncé le 3 février 2025 qu’il préparait la mise au point de plusieurs chatbots. Ces derniers fonctionneront grâce à l’intelligence artificielle et seront «capables d’aider les agriculteurs pour leurs tâches répétitives et à faible valeur ajoutée», comme l’explique Audrey Bourolleau dans Agra Innovation. «Les chatbots IA seront capables de répondre aux questions des agriculteurs d’ordre juridique et fiscal, mais aussi être en mesure de les aider à remplir un dossier de demande de subvention ou de réaliser toutes les démarches nécessaires pour le recrutement et la paie des salariés», selon Audrey Bourolleau. Pour «nourrir» ces assistants virtuels, les chatbots se baseront sur les données propres à l’utilisateur (qu’il faudra adapter pour qu’elles soient exploitables par le chatbot), externes ou issues de partenaires. Hectar met en place une équipe de trois personnes pour mener ce chantier qui doit aboutir à une version mise en oeuvre sur la ferme pilote d’Hectar dès septembre 2025, puis utilisable gratuitement par tous agriculteurs. (Cyril Bonnel, Agra Innovation)
Semences: l'union Top Semences annonce un plan social, la moitié des emplois menacés
L’union de coopératives Top Semences, dédiée à la production de semences et située dans la Drôme, vient d’annoncer un «projet de réorganisation» pour faire face aux difficultés conjoncturelles du secteur. La guerre en Ukraine a eu un impact néfaste sur les exportations françaises de semences de maïs et de tournesol qui représentent, avec les céréales, une part importante de l’activité de Top Semences. L’entreprise déclare, dans un communiqué, s’est retrouvée en «surcapacité industrielle, [ce] qui a engendré des difficultés économiques». Le conseil d’administration de Top Semences a décidé d’engager un plan d’adaptation prévoyant de réduire le portefeuille d’espèces produites, d’arrêter la production sur le site de La-Côte-Saint-André (Isère), de chercher un repreneur pour cet outil industriel, et de se désengager de ses filiales et participations déficitaires. Ce plan d'adaptation prévoit la suppression d’une soixantaine de postes, sur les 120 salariés environ que compte l’entreprise. En 2023 et 2024, Top Semences a enregistré un déficit, à -4,88 M€ et -3,66 M€. (Elena Blum)
Lin fibre: les prix devraient se maintenir au niveau actuel jusqu’à juin 2025 (syndicat)
Le marché du lin fibre devrait «se stabiliser au niveau de prix actuel jusqu’à juin 2025, soit 3 à 4 €/kg départ site de teillage», s’est exprimé Raymond Libeert, directeur général de Libeco, négociant et transformateur belge, et administrateur de l’Alliance européenne du lin et du chanvre (syndicat des agro-industriels), lors du colloque lin fibre le 28 janvier à Amiens, organisé par Arvalis et le Cipalin (interprofession française). Et ce en raison de la bonne récolte 2024 dans l’UE, principal producteur mondial (qui se concentre sur la France, la Belgique et les Pays-Bas). Raymond Libeert ajoute à cela le maintien de la faible dynamique de l’intérêt des acheteurs: «Le contexte macroéconomique n’est pas très porteur, et pèse sur la demande. Les ventes au détail de vêtements sont en dessous des niveaux habituels.» L’élection de Donald Trump à la Maison-Blanche risque de peser davantage, avec la potentielle mise en place de droits de douanes sur les produits manufacturés européens et chinois, incluant donc ceux à base de fibre de lin. Raymond Libeert explique que les prix avaient flambé il y a quelques années, à 10-11 €/kg (départ site de teillage), en raison d’une série de mauvaises récoltes, accompagnée d’une demande en croissance. Mais depuis la fin d’année 2024 (octobre-novembre), les cours ont dégringolé, à un niveau plus habituel. Ainsi, les prix actuels reflètent «un certain rééquilibrage du marché», d’après l’expert.
Négoce: en difficulté financière, ADM pourrait licencier aux États-Unis (presse)
D'après un article publié le 31 janvier par Reuters, le géant du négoce international de céréales Archer Daniel Midland (ADM), membre du quatuor ABCD, pourrait se séparer prochainement de certains salariés aux États-Unis. Aucun chiffre n'a encore été divulgué. La raison: la chute des cours internationaux des céréales et des oléagineux entre 2022 et 2024. L'année dernière, les valeurs des contrats à terme du Chicago Mercantil Exchange (CME) adossés au maïs, au blé et au soja, ont touché un plus bas depuis quatre ans, en raison de récoltes abondantes aux États-Unis et au Brésil. En décembre 2024, ADM avait alerté sur le fait que «l'année 2025 sera charnière», alors que l'érosion des prix internationaux des grains devrait se poursuivre. La compagnie y ajoutait les incertitudes sur la réglementation sur les biocarburants aux États-Unis, ainsi que la potentielle nouvelle guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine. Rappelons également qu'ADM avait était épinglée par les autorités américaines en 2024 pour des irrégularités dans ses comptes, faisant chuter son action. Autre négociant majeur à connaître des difficultés, Cargill devrait se séparer de 8000 salariés à travers le monde, annonçaient Reuters et Bloomberg en fin d'année dernière.
OFB: à Poitiers, enquête ouverte après des dégradations de locaux par la CR
Une enquête en flagrance a été ouverte le 3 février après que les locaux de l'Office français de la biodiversité (OFB) de Poitiers (Vienne) ont été pris pour cible par des militants du syndicat agricole Coordination rurale dans la nuit du 2 au 3 février, a annoncé le parquet. «Les services de police ont été avisés qu'un tracteur aurait déversé du lisier et des légumes pourris» à l'entrée du bâtiment, écrit le procureur de la République de Poitiers Cyril Lacombe dans un communiqué, selon l’AFP. Il dépeint des «salissures et immondices» retrouvées sur place, ainsi qu'«une banderole» et des «écritures à la bombe de peinture» où l'on pouvait lire «STOP OFB CR86». Des affiches ont également été apposées sur l'entrée et les fenêtres indiquant «Stop à l'agricide rejoignez-nous Coordination rurale», selon le parquet. «Il s'agit de la sixième fois en quelques mois que ce type de faits se produit», précise le magistrat, qui a retenu la qualification de «harcèlement», outre celle pour «dégradations ou détériorations du bien d'autrui». Vendredi 31 janvier, des agents de l’OFB, dont l'action est remise en cause par des responsables politiques et syndicats agricoles, ont manifesté dans toute la France lors d'un mouvement de protestation inédit et très suivi, pour exprimer leur «mal-être» et réclamer davantage de soutien des pouvoirs publics.
Nutrition animale: entre 2 et 10 €/t pour gérer les mycotoxines en maïs, selon le Snia
Contacté par Agra Presse, François Cholat, président du Snia (fabricants d'alimentation animale), indique que la gestion par les fabricants d’aliments pour animaux des lots de maïs contenant des mycotoxines coûte «entre 2 €/t et 10 €/t selon les solutions utilisées». La principale d’entre elles est à base d’argile, qui fixe la toxine et qui sera évacuée par le système digestif des animaux. Rappelons que la récolte française 2024 a été particulièrement touchée par les mycotoxines, en raison du retard des travaux de moisson lié aux pluies. La moitié ouest du pays est davantage concernée que l’Est. «Il est possible que les fabricants, selon les régions, relèvent leur consommation d’autres matières premières, comme le blé ou l’orge, afin d’adapter leurs formules», précise François Cholat. La profession confirme que des industriels ont dû refuser des lots présentant des taux trop élevés. Elle constate également que les coproduits (incluant les drêches), issus du broyage des grains de maïs, concentrent davantage les mycotoxines. Toutefois, le Snia se veut rassurant: «La situation est tout à fait gérable, notamment grâce au plan Oqualim. Il faut simplement que les fabricants soient prévenus à l’avance, par leur fournisseur, des teneurs en mycotoxines des lots qu’ils leur livrent», indique le président.
Viande: la préfecture suspend partiellement l'activité de l’abattoir Rhône Ouest
La préfecture d'Auvergne-Rhône-Alpes a suspendu le 3 janvier l'activité d'abattage des porcs dans l’abattoir Rhône Ouest, après une inspection ayant mis en évidence «des anomalies majeures en matière de protection animale». La préfète «a pris la décision de suspendre l'activité d'abattage des porcins sur le site de Saint-Romain-de-Popey» de la société Secat, avec effet immédiat, indique la préfecture dans un communiqué. Cet abattoir public dispose de deux chaînes d'abattage: une bovine et une ovine et porcine. L'activité bovine est maintenue sous réserve de «procéder à un certain nombre d'actions» pour l'améliorer, précise la préfecture; sur la branche ovine/porcin, l'activité porcine présente des anomalies et est donc suspendue. L'arrêté de suspension pourra être levé «dès la mise en œuvre des mesures correctives demandées» et «la transmission des documents justificatifs sollicités», précise la préfecture. La DDPP (préfecture) avait réalisé les 30 et 31 janvier une inspection à vide puis en fonctionnement de la chaîne porcine, après la diffusion d'une vidéo et le dépôt d'une plainte par l'association L214 contre l'abattoir pour «sévices graves et mauvais traitements» sur des moutons, des cochons et des vaches, tués entre ses murs.
Porc: atteindre les objectifs environnementaux nécessiterait une baisse de production de 28% (Ifip)
Parmi 20 scénarios d’évolution de la filière porcine à horizon 2050 présentés par l’Ifip aux Journées de la recherche porcine, le seul combinant objectifs environnementaux (en particulier les émissions de GES) et souveraineté est associé à une réduction de production de 28% et de la consommation de 20%. Ce scénario est l’un des plus coûteux en investissement dans des bonnes pratiques environnementales. Mais surtout, une telle réduction de la production «engendre une fragilisation importante de l’aval», selon Sandrine Espagnol, ingénieure environnement au pôle Techniques d’élevages de l’institut du porc, qui présentera ses travaux le 4 février. «Mettre en péril des abattoirs peut conduire à la disparition d’une filière régionale», explique-t-elle, en pointant «des effets de seuils». À l’inverse, un objectif de souveraineté basé sur la consommation actuelle aboutirait à des émissions nationales porcines qui excèdent de 45% les objectifs de la SNBC (Stratégie national bas carbone) pour les émissions de GES des élevages français et l'aliment produit en France, avec un coût encore plus élevé en bonnes pratiques environnementales. Dans son étude, l'Ifip a calculé sept indicateurs de durabilité, dont les émissions de polluants, les besoins en terres cultivées, l'azote valorisable, le coût des bonnes pratiques environnementales ou encore la couverture de la consommation.
Aliments ultra-transformés: pas encore d'indicateur fiable, d'après l'Anses
Dans un rapport paru le 30 janvier sur le concept d'aliments ultra-transformés, l'Anses (agence sanitaire/réglementaire) constate «l'absence de définition consensuelle» et donc l'impossibilité de trouver un indicateur fiable sur lequel asseoir des politiques de santé publique. Sur dix indicateurs examinés, des études associent un sur-risque de maladies chroniques non transmissibles (MCNT, dont diabète de type 2, surpoids, cancer du sein, cancer colorectal...), pour sept d'entre eux, mais avec un poids de preuve faible. Même le plus couramment utilisé, l'indicateur brésilien Nova souffre d'un «manque de reproductibilité», et certains manquements comme l'absence de la prise en compte du risque d'apparition de substantes néoformées. Si bien que l'Anses considère que «cette classification, ni aucune autre étudiée, ne peut servir directement de base à la construction d'outils de prévention des MCNT, tels que des recommandations ou une inclusion dans un mécanisme de catégorisation». Le sujet n'est pourtant pas neuf. En juin 2022, des chercheurs de la Société française de nutrition, de l’Inrae, de l’Inserm et de trois autres organismes* avaient plaidé pour la création d’un nouveau système de classification des aliments selon leur niveau de transformation, soulignant la faiblesse de l'indicateur Nova. La France s’était donné l’objectif de réduire de 20% la consommation de ces produits entre 2018 et 2022.
*Bordeaux Sciences Agro, VAB-Nutrition et MS-Nutrition
Climat: la tarification des émissions agricoles «pourrait être efficace» (rapport)
Dans un rapport sur la «neutralité carbone» paru en janvier, la direction générale du Trésor (ministère de l'Économie) conclut que la tarification des émissions de GES agricoles «pourrait être efficace». Et de mettre en avant l’élasticité-prix «relativement élevée des consommations alimentaires émissives (proche de -1 pour la plupart des viandes) et de la consommation des intrants émissifs à long terme (-0,9 pour les engrais).» En revanche, l’élasticité-prix des émissions dites «négatives agricoles (stockage de carbone)» est qualifiée d'«incertaine». Selon les auteurs, le potentiel de réduction des émissions domestiques lié à la mise en œuvre d’une taxe carbone de 100 €/tCO2eq au niveau des consommateurs sur l’ensemble des produits alimentaires (et sans recyclage des recettes) pourrait atteindre jusqu’à 11%, par rapport aux émissions engendrées par la consommation alimentaire en 2010. Les auteurs préviennent toutefois qu'en l’absence d’une hausse de prix qui s’appliquerait à l’ensemble des produits alimentaires y compris importés, les consommateurs «pourraient se reporter vers des produits émissifs étrangers, ce qui annulerait les bénéfices environnementaux d’un signal-prix renforcé tout en pénalisant les producteurs domestiques».
Chlordécone: le recours de 1200 plaignants pour préjudice d’anxiété examiné en appel
La cour administrative d’appel de Paris a examiné, le 3 février, le recours pour préjudice d’anxiété de 1286 plaignants exposés à la chlordécone, rapporte l’AFP le même jour. Ces derniers, vivants ou ayant vécu en Guadeloupe ou Martinique, demandent une indemnité de 15 000 euros chacun. Leur requête avait été rejetée par le tribunal administratif de Paris en juin 2022. L’un de leurs avocats, Me Christophe Lèguevaques, avait alors indiqué qu’il ferait appel. À l’audience, la rapporteure publique a détaillé «la faute caractérisée» et «les carences fautives» de l'État dès la commercialisation de l’insecticide en 1972, car «le caractère toxique et persistant du produit et les risques de pollution environnementale étaient parfaitement connus dès l'origine». Mais elle a ajouté que les demandeurs doivent apporter «des éléments personnels et circonstanciés pertinents» pour établir que l’exposition à la chlordécone fait encourir «un risque élevé» de développer une pathologie grave et de voir son espérance de vie diminuer. Les plaignants ont aussi demandé la reconnaissance de préjudice moral, dont les conditions d’indemnisation sont «plus souples», selon leur avocat Me Jérémy Bousquet. La décision sera rendue aux alentours du 11 mars. (lire notre enquête sur la chlordécone)
Vanille: première récolte au monde de plants cultivés sous serre à grande échelle
Vanilla Vida, une start-up israélienne, a annoncé sa première récolte à grande échelle de plants de vanille cultivés sous serre dans le nord du pays, en attendant celles de deux autres sites dans le centre et le sud d’Israël, prévues pour la fin 2025 et le début 2026, rapporte le site internet AFN le 30 janvier. «Il s’agit de la première récolte à grande échelle de vanille sous serre au monde», s’enorgueillit Ilanit Bar-Zeev, président-directeur général. Et de rappeler les avantages du système de production sous température contrôlée développé par l’entreprise: augmentation du nombre de gousses sur la plante, raccourcissement du temps entre la plantation et la récolte, réduction des risques de maladies et production des gousses de vanille plus riches en glucovanilline (précurseur de la vanilline). Sur ce dernier point, au-delà des tonnages attendus, Ilanit Bar-Zeev explique que les rendements en vanilline sont généralement bien supérieurs à la moyenne d'environ 1% à 2% grâce au processus de séchage: «Nous pouvons convertir plus de 90 % de la glucovanilline en vanilline, ce qui est supérieur à la norme du marché». L’enjeu est de taille: on considère que, au niveau mondial, près de 15 000 tonnes de vanilline sont actuellement issues de laboratoire et seulement 2000 à 2500 tonnes issues de gousses récoltées.
Horticulture: Allan Maignant nouveau directeur général de l’Astredhor
Le 1er février, le bureau de l’Astredhor (centre technique du végétal) a nommé Allan Maignant en tant que nouveau directeur général de l’institut. Engagé au sein de celui-ci depuis 2018, Allan Maignant, titulaire d’un doctorat en sciences de gestion (horticulture) et d’un master en productions végétales, a occupé plusieurs postes à responsabilités, dont celui de directeur du développement et de l’accompagnement des entreprises. Depuis octobre 2024, il assurait la co-direction générale par intérim. L'Astredhor conduit chaque année près d’une centaine de projets de recherche et d’innovation publics et privés pour relever les défis techniques, économiques et environnementaux de la filière végétale.