Agrafil du 5 juillet 2024

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UE/Chine: mise en œuvre des droits compensateurs sur les véhicules électriques

Comme prévu, la Commission européenne a annoncé le 4 juillet la mise en place, dès le lendemain, des droits compensateurs provisoires sur les importations de véhicules électriques à batterie en provenance de Chine. En fonction des constructeurs, ces droits pourront aller de 17,4% à 37,6% et s’ajouteront au droit d’importation ordinaire de 10% perçu sur les importations de véhicules électriques à batterie. La Commission européenne précise qu’elle dispose à présent d’une période de quatre mois pour décider de surtaxes définitives, ouvrant une période de dialogue avec Pékin pour trouver une solution consensuelle. Cette annonce intervient dans un contexte de tensions commerciales croissantes entre l’UE et la Chine qui fustige le «protectionnisme européen» et menace de mesures de rétorsion. Ainsi, depuis le début de l’année 2024, l’empire du Milieu a lancé deux enquêtes antidumping concernant les importations de cognac et de viande porcine en provenance de l’UE. Une situation qui inquiète les délégués agricoles de l’UE, comme ils ont pu le rappeler à l’occasion de la réunion du Comité spécial agriculture (CSA) du 2 juillet.

Agriculture verticale: fin de partie pour la ferme verticale Jungle France

Placée en redressement judiciaire le 11 avril 2024, la start-up française spécialiste des cultures verticales vient d'être liquidée, faute de projets de reprise jugés viables, rapportent nos confrères d'Agra Innovation. La hausse des coûts énergétiques fait partie des causes de cet échec. Créée en 2019 à Épaux-Bézu (Aisne) par Gilles Dreyfus, président, et Nicolas Séguy, cofondateur et directeur général, Jungle France était en cessation de paiement depuis le 26 mars. Trois projets de reprise d’activité auraient été présentés au mandataire judiciaire, mais aucun n’a visiblement convaincu. Sollicité par Agra Innovation, Gilles Dreyfus n’a pas répondu à nos demandes d’interview. Après des tests sous forme de ferme pilote au Portugal dès 2016, Jungle est passé à un échelon industriel de production végétale en continu avec de l’éclairage par Leds horticoles et de l’hydroponie pour des cultures de plantes aromatiques, visant des débouchés dans la grande distribution, le food service et l’industrie agroalimentaire. Elle a ouvert sa première ferme verticale en 2019 dans l’Aisne. En 2021, après avoir produit plus de 50 000 unités de végétaux l’année précédente, Jungle France concrétisait une levée de fonds de 42 M€ (35 M€ en dettes et 7 M€ en equity). Alors qu’elle prévoyait un chiffre d'affaires de 10 M€ dès 2022, Jungle France (25 salariés fin 2021) n’a réalisé que 602 000 € pour 4,2 M€ de pertes (François Lecocq).

Vin AOP: deux premiers dispositifs d'évaluation des innovations validés par l'Inao

À l'occasion d'une réunion du Cnaov (appellations d’origine vins/boissons alcoolisées/spiritueux) le 25 juin, l'Inao a validé deux dispositifs d'évaluation des innovations (DEI), pour les appellations cognac et alsace. À l'instar des Vifa (variétés d’intérêt à fin d’adaptation) en vigueur depuis 2021, les appellations peuvent intégrer, depuis 2023, des innovations à raison notamment d'un plafond de 10% de leurs volumes pour les tester en grandeur nature, dans le cadre de ce que l'on appelle désormais les DEI. Le 25 juin, le Cnaov a ainsi validé le recours au bâchage des sols en Alsace pour limiter l'usage des herbicides. La décision est soumise à une réserve (un travail complémentaire sur la dégradabilité des plastiques) et à l'approbation de l'organisme de gestion (ODG) de l'appellation. Au passage, l'inscription de dix variétés (six résistantes aux maladies, quatre à but d'adaptation climatique), dont des variétés de syrah et de chenin, a été acceptée dans cette appellation par l'Inao au titre des Vifa (contre 16 demandées par l'ODG). De même, le chauffage du vin par un échangeur externe «vapeur» est autorisé dans le cadre d'un DEI en appellation cognac – toutefois des travaux complémentaires vont se poursuivre sur le bilan en terme d'émissions de gaz à effet de serre de cette technique.

Boissons/conserves: la consigne du verre expérimentée dès 2025 dans le nord et l'ouest

Le retour de la consigne du verre va être expérimenté dans quatre grandes régions du nord-ouest de la France à compter de mai 2025, ont annoncé le 3 juillet le gouvernement sortant et l'éco-organisme Citeo, qui espèrent à terme une «généralisation» à l'échelle nationale. «Dès mai 2025, 16 millions de Français pourront acheter des produits de grande consommation dans des emballages réemployables, dans les grandes surfaces alimentaires de quatre grandes régions de l'ouest et du nord de la France (Pays de la Loire, Bretagne, Normandie, Hauts-de-France)», a indiqué Citeo dans un communiqué. La mise en production de ces emballages est prévue à partir d'octobre 2024, selon l'organisme, qui table sur une installation des dispositifs de collecte en magasin à compter de mars 2025. Principaux produits concernés, selon le gouvernement: les bouteilles de bière, mais également de jus de fruits, ainsi que les bocaux de conserves alimentaires. Cette initiative, développée avec l'appui du syndicat Brasseurs de France, qui rassemble les plus grands acteurs de la filière, «part d'un constat, la hausse des prix du verre l'année dernière lors de la crise énergétique», a indiqué le gouvernement lors d'un point presse mercredi soir.

Kiwi: le Bik souligne la disparité des autorisations de phytos entre pays producteurs

Lors de son assemblée générale le 27 juin, le Bureau interprofessionnel du kiwi (Bik) a fait part de sa préoccupation concernant les moyens de protection des vergers. «Le benchmarking réalisé dresse un constat alarmant: aujourd’hui, sur les 35 usages kiwi répertoriés en Europe, huit n’existent pas en France, bien que, pour six d’entre eux, les maladies ou ravageurs soient présents dans l’Hexagone. Les deux restants étant des ravageurs présents en Espagne et Italie, dont on peut craindre qu’ils arrivent prochainement en France», souligne le Bik, qui rappelle que sur les 15 usages existants pour les producteurs, 11 (bientôt 12, voire 13) sont non ou mal pourvus. «Lorsqu’on regarde du côté des substances actives d’intérêt fort, seules 9% d’entre elles sont autorisées en kiwi en France, contre 56% en Italie, 49% au Portugal et 39% en Grèce. Les attentes des kiwiculteurs sont donc fortes sur ce dossier, eu égard aux impasses auxquelles ils font face», explique-t-il. La filière a pu néanmoins enregistrer des avancées. En premier lieu, la dérogation pour l'étofenprox a été signée le 10 juin. Le Bik a par ailleurs eu la confirmation que les fruits récoltés avant décembre pourront présenter une LMR (limite maximale de résidu) jusqu’à 0,15 ppm pour cette molécule.

Raisin de table: le thrips des agrumes remonte vers le nord de l'Espagne

Le syndicat d’agriculteurs Unió Llauradora a officiellement confirmé la présence du thrips sud-africain des agrumes (Scirtothrips aurantii) dans les zones de production de la Communauté valencienne, rapporte le quotidien espagnol Mercados le 2 juillet. C’est la première notification de ce ravageur dans une région aussi septentrionale du pays. Il est déjà présent dans les zones de Séville, Huelva (première détection en 2020) et du sud du Portugal, et fait l’objet d’un plan de lutte depuis 2021. Cette espèce de thrips s’attaque aux agrumes, mais elle peut également affecter la production d’avocat, de raisin de table, de grenade et de kaki. Elle cause des dommages aux fruits, les laissant uniquement aptes à la transformation. Les températures élevées hivernales de cette année ont favorisé, avec une humidité relative suffisante, le développement et la dispersion de Scirtothrips aurantii. Le secrétaire général du syndicat, Carles Peris, s’inquiète: «Nous ne disposons pas d’une lutte biologique suffisamment développée pour y faire face, puisque nous disposons de moins en moins de matières actives». L’information a été officiellement communiquée au ministère de l’Agriculture espagnol, à la Commission européenne et à d’autres communautés autonomes.

Truffes: en 2023-2024, volumes en hausse et prix soutenus (RNM)

Sur la campagne 2023-2024, l’offre française en truffes a été plus conséquente que la campagne précédente, selon une note du Réseau des nouvelles du marché (RNM). Les volumes sont en forte hausse dans le Sud-Est: 5270 kg sur le marché de Richerenches (+276%) et 445 kg sur celui de Carpentras (+287%). Comparativement, ces deux marchés avaient écoulé 1400 kg et 115 kg respectivement durant la campagne 2022-2023. Dans le Sud-Ouest, le marché de Lalbenque a aussi une offre plus importante que lors de la campagne précédente (240 kg contre 114 kg, soit +111%). Les marchés de Saint-Alvère et de Saint Jean-d’Angély progressent de 54% et 43% respectivement. «Malgré une offre plus importante, les cours sont dans l’ensemble relativement élevés», souligne le RNM: avec un prix moyen de 605 €/kg sur Carpentras et Richerenches (+30% environ par rapport à la moyenne olympique) et de 698 €/kg sur Lalbenque (+8%), ils sont proches de ceux de la saison précédente. «Touchée par la sécheresse et les restrictions d’arrosage, la concurrence espagnole semblerait moins présente qu’au cours des dernières campagnes, favorisant le maintien de prix rémunérateurs pour la truffe française, et ce malgré une récolte abondante», explique par ailleurs le RNM.

Céréales et oléagineux bio: Aquitabio accueille Centre Ouest Céréales dans son capital

Lors d’une assemblée générale extraordinaire le 27 juin, l’entreprise Aquitabio a annoncé l’entrée de la coopérative Centre Ouest Céréales (COC) à son capital (1,4 million d’euros à date). Créée début 2019, Aquitabio regroupe désormais six partenaires : COC, Cap Faye Ardin, CEA Loulay, Océalia, Union Entente Agricole (union de neuf coopératives) et Sèvre et Belle. Aquitabio est une entreprise dédiée à la commercialisation, au stockage, à la transformation et à la livraison de productions végétales bio. Son objectif est de structurer l’offre et d’agir pour développer l’agriculture biologique en Nouvelle-Aquitaine. Dans un communiqué du 1er juillet , Aquitabio précise que COC collecte 6000 tonnes de céréales et oléagineux bio par an, principalement sur la Vienne. Dans la presse, Ulrich Rousseau, directeur général de la coopérative, s'est félicité de ce partenariat, qui va lui permettre de mutualiser les volumes, les compétences et les débouchés. 

Déforestation/soja: en congrès, le Snia dubitatif sur l’entrée en vigueur début 2025

Lors de son assemblée générale annuelle, à Lorient le 4 juillet, le Syndicat national de l’industrie de la nutrition animale (Snia) a souligné que l’entrée en vigueur de la nouvelle directive européenne sur la déforestation importée prévue le 1er janvier 2025 sera difficilement tenable. Le règlement européen prévoit d’interdire l’importation de différentes matières (notamment le soja) lorsque leur culture favorise la déforestation. Les incertitudes du secteur en France, fort de 200 entreprises, 300 sites industriels pour 19,15 millions de tonnes (Mt) fabriquées en 2023, sont multiples. Non seulement «ce soja n’est pas encore coté, mais l’administration ne nous a toujours pas informé des contrôles qu’elle doit mettre en place», a expliqué François Cholat, président du Snia. Le même climat d’incertitude prévaut ailleurs en Europe «où neuf pays n’ont pas pris plus de mesures de contrôles», a ajouté Pedro Cordero, président de la Fefac (fédération européenne), présent à Lorient. De son point de vue, «il n’est pas réaliste de maintenir la date du 1er janvier 2025» pour l’entrée en vigueur de la directive. L’Europe importe près de 30 Mt de soja par an (en provenance du Brésil et de l'Argentine notamment) pour 148 Mt d’aliments fabriqués l’an passé. La France en importe autour de 3 Mt. (Franck Jourdain)

Viandes/distribution: Les Boucheries Nivernaises et Beaugrain «rassemblent leurs forces»

Le grossiste en viandes labellisées et premium Les Boucheries nivernaises accueille en son sein la société Beaugrain, spécialisée dans le négoce et la livraison de viandes et de fruits & légumes frais auprès des métiers de bouche d’Ile-de-France. Leur objectif commun est d’offrir aux opérateurs des métiers de bouche, à l’échelon national ainsi qu’à l’étranger, des produits frais variés, ainsi que l’explique, le 3 juillet dans un communiqué, la société qui a conseillé Beaugrain dans sa cession, In Extenso Finance. S’adosser à un groupe plus important était, selon In Extenso Finance, une nécessité pour Beaugrain (10 millions d’euros de chiffre d’affaires), une société en pleine croissance dans le contexte inflationniste. Un des conseillers observe dans le communiqué que «les grossistes et demi-grossistes rassemblent leur force afin de faire face à l’évolution du marché de la RHF et la concentration des donneurs d’ordre». La présidente de Beaugrain, Marie-Claire Poirier, considère que son entreprise fait entrer Les Boucheries Nivernaises dans l’ère du végétal à travers des projets communs de croissance externe. (Les Boucheries nivernaises : 65 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2022 répartis sur plusieurs entités) SC

Lait: Pascal Le Brun est élu président du Cniel, Marie-Andrée Luherne est présidente déléguée

Pascal Le Brun a été élu à l’unanimité à la présidence du Cniel lors d’une assemblée générale extraordinaire le 4 juillet, annonce l’interprofession laitière dans un communiqué. Producteur de lait dans le Calvados, Pascal Le Brun est président de la branche lait d’Agrial. Il est également vice-président d’Agrial et président de la Coopération laitière depuis 2022. Il présidera le conseil d’administration du Cniel aux côtés de Marie-Andrée Luherne (FNPL), nommée présidente déléguée. Éleveuse dans le Morbihan, elle est chargée de l’installation, du renouvellement des générations et de la place des femmes dans la filière. Le représentant des coopératives et celle des producteurs étaient tous les deux en lice pour succéder à Thierry Roquefeuil, qui quitte la présidence après onze ans à la tête de l'interprofession. Quatre vice-présidents sont désignés: Yohann Barbe (FNPL, collège des producteurs), également trésorier du Cniel; Luc Verhaeghe (Sodiaal, coopératives); François-Xavier Huard (Fnil, industriels privés) et Marc Delage (FCD, commerce, distribution et restauration). Parmi les chantiers qui attendent la nouvelle gouvernance: le renouvellement de la contribution volontaire obligatoire d’ici 2026 et de l’indicateur beurre-poudre. Sur ce dernier dossier, le nouveau président du Cniel déclare vouloir «sortir de l’impasse».

Emploi: Christophe Hass renouvelé à la présidence du Service de remplacement

Le conseil d’administration de Service de remplacement France a confirmé Christophe Haas comme président de l’association le 3 juillet, après un premier mandat entamé en 2022. Lors de sa réunion, le CA a abordé plusieurs sujets d’actualité, apprend-on sur LinkedIn: allocations de remplacement, aide au répit professionnel, crédit d'impôt remplacement, qualité de vie et des conditions de travail, concours national des agents de remplacement, appel à projets de l'Anact. Pour mémoire, Christophe Hass avait été auditionné en juin par la commission des Affaires économiques du Sénat au sujet des dispositions relatives aux groupements d'employeurs et aux Services de remplacement dans le projet de loi d'orientation agricole (LOA). Il s’était exprimé sur différents sujets: stratégie de l'État pour encourager le développement des services de remplacement (article 8 du projet de loi adopté par l'Assemblée en première lecture), reconnaissance de la qualité de créancier prioritaire pour les groupements d'employeurs (article 11) et exclusion des salariés mis à disposition dans le calcul des effectifs.

Instituts techniques: Mehdi Siné deviendra directeur général de l'Acta en octobre

Actuellement directeur scientifique, technique et numérique de l'Acta (instituts techniques agricoles), Mehdi Siné va en prendre la direction générale à partir d'octobre, a appris Agra Presse, confirmant une information du média Contexte. Mehdi Siné a une longue expérience du numérique agricole, chez Arvalis puis à l'Acta. Il remplacera Jean-Paul Bordes, en poste depuis 2018, et précédemment directeur de recherche à Arvalis.

Erratum sur les prix de la betterave

Contrairement à ce qui a été écrit par erreur dans l'Agrafil daté du 3 juillet, c'est Tereos et non Cristal Union qui avait payé ses fournisseurs «48,16 €/tonne à 16°» en 2023.

Agenda de la semaine agricole du 8 juillet 2024

Vendredi 5 juillet
Visioconférence sur la biodiversité et les pratiques agricoles (Gis Avenir élevage et Grandes cultures)
Journée nationale de la bioproduction et des biomédicaments, à Toulouse

Dimanche 7 juillet
Second tour des élections législatives

Mardi 9 juillet
Voyage de presse des Irrigants de France, en Charente

Mercredi 10 juillet
Conférence de presse des organisateurs du Village de l'eau (du 16 au 21 juillet à Melle)

Jeudi 11 juillet
Réunion du comité de bassin Loire-Bretagne sur le 12e programme 2025-2030
Rencontres Commerce agroalimentaire de l'Aria Île-de-France
Visioconférence sur les «demandes contradictoires des consommateurs» (Oui à l'innovation)