Législatives: tous les candidats agricoles confirmés au 2nd tour, sauf De Fournas
Qu'ils soient ministres de l'Agriculture, députés sortants du Nouveau front populaire (NFP), des Républicains, du camp présidentiel (Ensemble, Modem) ou du Rassemblement national, tous les candidats spécialistes d'agriculture qui s'étaient qualifiés pour le second tour des législatives ont été élus ce 7 juillet, à l'exception du viticulteur de Gironde, Grégoire de Fournas (télécharger les résultats complets). En tête des résultats provisoires durant une partie de la soirée, le député du Rassemblement national a finalement été sorti de justesse en Gironde (49%), à 1000 voix près. Cela s'est aussi joué de justesse, à 500 voix, pour le député LR de l'Aisne Julien Dive ; l'auteur d'une proposition de loi sur le calcul des retraites agricoles s'est imposé in extremis. Le score a également été serré en Charente-Maritime, où Anne-Laure Babault (Modem) s'était désisté en faveur de l'ex-eurodéputé Benoit Biteau ; l'agriculteur du NFP s'est imposé de justesse (53%). Les deux ministres de l'Agriculture, Marc Fesneau (Modem) et Agnès Pannier-Runacher (Ensemble), sont passés avec respectivement 60% et 55% des voix. Dans le sud, le député Ensemble Jean Terlier, auteur d'une PPL sur les baux ruraux, passe de justesse avec 51%. Du côté du Rassemblement national, le viticulteur Christophe Barthes a été réélu largement dans l'Aude avec 61%.
Royaume-Uni: le Parti travailliste arrive au pouvoir, après avoir promis de bannir le foie gras
Le Parti travailliste du Royaume-Uni a largement remporté, le 4 juillet, les élections générales britanniques. Avec 412 sièges obtenus contre 121 pour leurs rivaux du Parti conservateur, les travaillistes retrouvent le pouvoir 14 ans après l’avoir quitté. Keir Starmer, leur dirigeant depuis 2020, devient donc le nouveau Premier ministre du Royaume-Uni. Au niveau agricole, le poste de secrétaire d’Etat pour l’Environnement, l’alimentation et les affaires rurales devrait échoir à Steve Reed qui occupe cette fonction dans le cabinet fantôme de l’opposition depuis 2023. De son côté, la NFU (National Farmers' Union), principal syndicat agricole britannique, a indiqué dans un communiqué que cette élection représente «un nouveau départ pour l'agriculture britannique» tout en espérant établir un nouveau partenariat avec le gouvernement Starmer afin de rétablir la confiance dans le secteur agricole. En juin, Steve Reed déclarait au quotidien The Times qu’en cas de victoire, le gouvernement travailliste souhaitait interdire l'importation commerciale de foie gras, dont la production est déjà prohibée outre-Manche, pour «mettre fin à la cruauté envers les animaux».
Blé tendre : les rendements 2024 estimés en baisse de 13% sur un an à cause des pluies
Dans un communiqué paru le 5 juillet, Arvalis (institut technique) et Intercéréales (interprofession) estiment que le rendement moyen de blé tendre en France devrait atteindre 64 quintaux à l’hectare en 2024, soit une baisse de 13% par rapport à 2023 et de 11% par rapport à la moyenne en 10 ans. Un décrochage attribué à une année exceptionnellement pluvieuse (+40% en moyenne en France par rapport aux vingt dernières années d’après Arvalis). Une météo qui a perturbé les conditions de semis, puis de croissance. Pour Jean-Pierre Cohan, directeur R&D d’Arvalis, l’année a aussi été marquée «par une forte pression des adventices et des maladies, et enfin par une baisse du rayonnement affectant une grande partie du territoire, -7% en moyenne en France par rapport aux 20 dernières années et jusqu’à -15%». Concernant la qualité des grains, la teneur moyenne en protéines du blé tendre français est estimée à 11,6% en 2024, une valeur équivalente à 2023 et très proche de la moyenne décennale. Jean-François Loiseau, président d’Intercéréales se veut, de son côté, rassurant. Arvalis et Intercéréales rappellent que ces données sont des prévisions. La réalité des rendements et de la qualité du grain ne pourra être réellement vérifiée qu’à la fin des récoltes.
Blé: accord de 420 millions d'euros entre l'Algérie et l'Italie
L'Algérie et l'Italie ont signé le 6 juin un accord de 420 millions d'euros portant sur un projet d'investissement italien dans le sud du plus grand pays d'Afrique afin notamment de produire du blé et renforcer sa sécurité alimentaire, selon un communiqué conjoint. Le projet sera réalisé par le groupe italien Bonifiche Ferraresi et le Fonds National d'Investissement, pour la production des céréales et des légumineuses sur une superficie estimée à 36.000 hectares dans la wilaya (préfecture) de Timimoune, précise le communiqué. Le projet sera consacré à la production de blé, de lentilles, de haricots secs et de pois chiches ainsi qu'à la mise en place d'unités de transformation pour la fabrication de pâtes alimentaires, et de silos de stockage. Il sera lancé au cours de l'année 2024 et permettra d'accroître les exportations et la création de plus de 6.700 emplois, selon la même source. Outre cet accord avec l'Italie, la mise en valeur de ces terres du désert algérien sera réalisée, selon M.Cherfa, en partenariat avec des entreprises internationales, dont des sociétés qataries.
Fruits et légumes : un accord pour encadrer les promotions prix hors du point de vente
Un accord interprofessionnel sur la sécurisation des annonces de prix des fruits et légumes frais hors des lieux de vente a été signé le 11 juin, communique Interfel. L’annonce du prix de vente par voie de prospectus ou de catalogue est autorisée sous certaines conditions cumulatives. D’une part, un accord entre le vendeur et l’acheteur doit être conclu au moins 5 semaines avant le premier jour de la diffusion de l’annonce. Celui doit définir la qualité des produits (dénomination commerciale calibre, origine, cahier des charges…), l’estimation des volumes et les modalités déterminant les volumes définitifs, les modalités déterminant le prix de cession avec les pourcentages de variation si nécessaire. D’autre part, il sera suivi d’un contrat indiquant prix de cession ferme et volume définitif trois semaines au plus tard avant le début de l’annonce. Concernant les annonces par radio, presse quotidienne, affichage ou internet, un contrat similaire à celui-là peut être signé trois jours au plus tard avant le promotion : ce type de promotion touche en effet les produits climato-sensibles. L’accord, courant sur un an, s’inscrit dans le cadre du dispositif prévu à l’article L 443-1 du code du commerce.
Foie gras : le sélectionneur Orvia poursuit sa sécurisation avec le Couvoir de Haute Chalosse
Le groupe Orvia a annoncé dans un communiqué avoir signé le 1er juillet 2024 un «accord de rapprochement» avec le Couvoir de Haute Chalosse, expliquant que cet accord s’inscrit dans la continuité de sa politique de sécurisation à l’égard du risque d’influenza aviaire. Dans le cadre de celui-ci, le Couvoir de Haute Chalosse produira des canetons Mulard (croisement spécifique de la filière foie gras) à partir de reproducteurs sélectionnés par Orvia ; sa capacité étant de 70 000 mâles Mulard par semaine. Le groupe vendéen précise avoir placé 30% de ses élevages de reproducteurs dans des zones à faible risque. C’est le cas des parentaux qu’il fait élever dans 5 sites du Sud-Ouest à l’issue d’un partenariat conclu début 2024 avec la société AFR. Les 70 % restants des reproducteurs Orvia, situés en ZRD (Zone à risque de diffusion), sont dûment vaccinés. A noter que le Couvoir de Haute Chalosse conserve sa gouvernance familiale, Joël Hourquebie en devenant directeur général. (Groupe Orvia, sélectionneur et multiplicateur de canards : 105 millions d’euros de chiffre d’affaires, plus de 600 salariés et éleveurs en France et dans le monde) SC
Influenza aviaire : un projet américain de vaccin à ARN messager pour protéger l'humain (presse)
Connue pour ses vaccins pour le Covid-19, la société américaine de biotechnologies, Moderna pourrait mettre au point dès l’automne un vaccin à ARN messager pour protéger les humains de la grippe aviaire, selon un entretien accordé par son fondateur Stéphane Bancel au journal Les Echos daté du 3 juillet. Le laboratoire américain reçoit pour sa recherche 176 millions de dollars par le ministère américain de la Santé et Barda, l'agence en charge des crises sanitaires, détaille le quotidien. La technologie de l’ARN messager permet une adaptation rapide aux souches en circulation ; un avantage sur le vaccin pré-pandémique de la firme CSL Seqirus. C’est avec ce spécialiste australien des vaccins antigrippaux que la Commission européenne a passé un contrat-cadre de passation de marché en juin 2024, pour un maximum de 665 000 doses destinées aux personnes exposées à l’influenza aviaire. Ce vaccin est pour l’heure le seul autorisé contre la grippe aviaire dans l’UE.
Chambres d’agriculture: les négociations salariales échouent, la CFDT «écœurée»
Lors des négociations annuelles le 28 juin, les représentants des salariés et ceux des employeurs des chambres d’agriculture n’ont pas trouvé d’accord, annonce la CFDT Agri-Agro le 5 juillet. «La délégation patronale est restée sur une proposition inacceptable de 0,50% [d’augmentation], non négociable, après avoir proposé 0%», dénonce-t-elle dans un communiqué. Le premier syndicat parmi les 8000 salariés des chambres dit avoir soumis «une dernière proposition (…) très raisonnable, à +1,25%», rejetée par les employeurs. «La délégation [de la CFDT] est sortie de cette négociation écœurée, dégoutée et révoltée.». Et de rappeler que les chambres bénéficient cette année d’une hausse «sans précédent» de 7,1% de la TATNFB (taxe additionnelle à la taxe sur le foncier non bâti), sa première source de recettes. Cette ressource supplémentaire «est de nature à être justement partagée» entre «le renforcement de la solidité financière des établissements et un juste retour vers les salariés», estime la CFDT. Le syndicat veut «échanger avec les autres organisations» et se dit prêt à «mettre en place toutes les actions possibles pour poursuivre cette négociation». En 2023, les salariés avaient obtenu une augmentation de 1,75%, après une manifestation devant le siège de Chambres d’agriculture France.
Start-up: les investissements dans l'agtech/foodtech continuent de chuter début 2024
Les investissements de capital-risque à destination des start-up de l’agtech et de la foodtech (nouvelles technologies appliquées à l’agriculture et l’alimentation) continuent de chuter sur le premier semestre 2024, annoncent les analystes américains d’AgFunder dans une une note parue le 5 juillet. Les start-up du secteur ont levé 7 milliards de dollars (Md$) depuis le début de l'année, contre 8 Md$ l'an passé à la même époque, en incluant une levée de fonds massive dans le secteur de la livraison (Wonder, 700 M$). Le nombre d'opérations a été divisé par deux: 427 contre 934. Ce bilan en berne intervient quelques jours après l'annonce de la fin de la start-up française Jungle, spécialiste de l'agriculture verticale. En 2022 et 2023, le secteur agtech/foodtech avait connu deux années de baisse consécutive, après huit années de hausse qui avaient porté ce marché à un record de 53 Md$ en 2021. L’année 2023 avait été marquée par d’importants revers dans le secteur de l’agriculture verticale (voir notre enquête), avec notamment l’annonce du leader européen Infarm d'une réduction de moitié de ses effectifs et de son départ de plusieurs pays, dont la France.
Affichage environnemental: un outil de l'Inrae et l'Ifip pour avancer sur la biodiversité
L’Ifip (institut français du porc) et l’Inrae ont produit un «schéma conceptuel» sur «les relations de cause à effet déjà établies» entre pratiques agricoles et biodiversité, a indiqué l’ingénieur à l’Ifip Corentin Babin, lors d’un webinaire de présentation le 5 juillet. Ce travail vise à alimenter la réflexion sur l’affichage environnemental, dont les derniers arbitrages concernant les produits alimentaires n’ont toujours pas été rendus par le ministère de la Transition écologique. «Il est destiné à toute personne qui s’intéresse à l’évaluation de la biodiversité, mais il peut surtout être une étape intermédiaire à la constitution d’une méthode, sous forme de scoring, puisqu’il atteste d’effets robustes de pratiques agricoles sur la biodiversité, avec une hiérarchisation des choses» a étayé Sandrine Lespagnol, experte en bilans environnementaux à l’Ifip et co-encadrante du projet. L’outil, «pas encore tout à fait achevé», hiérarchise les pratiques agricoles en faisant apparaître les «synergies», les «antagonismes» et les «modulateurs de réponse» sur la biodiversité, a expliqué Corentin Babin. Il résulte d’une étude lancée par les GIS avenir élevages et Grandes cultures (Irae) qui fait par ailleurs apparaître que la littérature scientifique sur le sujet est encore très lacunaire.
Haies: le ministère de l'Agriculture lancé son appel à projets pour structurer les filières
Comme annoncé dans le cadre de la Planification écologique et du Pacte en faveur de la haie, le ministère de l’Agriculture vient de lancer son appel à projets intitulé Structuration des filières de valorisation durable de la haie, annonce-t-il dans un communiqué le 5 juillet. Le guichet est ouvert jusqu’au 30 septembre. Les dossiers de demandes d’aide sont à déposer en ligne sur la plateforme Agir de l’Ademe. La mesure couvrira d’une part, «des investissements matériels permettant de renforcer en quantité et en qualité les capacités de production, tels que des broyeurs pour produire des plaquettes ou des plateformes de stockage», et, d’autre part, «un accompagnement des acteurs dans leur structuration collective, comme la constitution de groupements de producteurs, la réalisation d’études de préfiguration ou de dimensionnement». Il vise à la fois des projets qui relèvent de «l’initiative émergente, au projet de développement d’une filière déjà structurée.»
Projets alimentaires territoriaux: le ministère lance un nouvel appel à candidatures
Suite à l'annonce d'une rallonge de 20 millions d'euros pour 2024, dans le cadre de la Planification écologique, le ministère de l'Agriculture vient de lancer un nouvel appel à candidatures, annonce-t-il dans un communiqué le 5 juillet. Il sera géré par les préfectures (Draaf et Daaf), Il vise à soutenir le «passage en phase opérationnelle» des projets alimentaires. Les subventions seront comprises entre 50 000 € et 200 000 € par PAT et pourront représenter jusqu’à 70 % du total des dépenses éligibles du budget global. Les candidats sont invités «à consulter les calendriers régionaux sur l’annexe dédiée aux spécificités régionales et à déposer leurs candidatures via le guichet demarches-simplifiees.fr dédié.» Au printemps, le ministère avait précisé que cette enveloppe de 20 millions serait également dédiée à la structuration d’un réseau national et réseaux régionaux des PAT. Le gouvernement avait aussi lancé en parallèle la plateforme «France PAT». Ce site internet permettra de suivre les différents projets et de partager les «bonnes pratiques».
Gaza : 57% des terres agricoles ont été endommagées par la guerre
Dans la bande de Gaza, où la guerre fait rage depuis l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien le 7 octobre sur le sol israélien, 57% des terres agricoles ont été endommagées, selon une évaluation publiée en juin par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et le centre satellitaire de l'ONU, Unosat. Les dégâts sont généralement dus au passage «des véhicules lourds, des bombardements (...) qui pourraient aussi se traduire par des incendies», a déclaré à l'AFP un analyste de l'Unosat, Lars Bromley. Les destructions menacent la souveraineté alimentaire de la bande de Gaza, alerte Matieu Henry, conseiller technique à la FAO, précisant que 30% de la consommation des biens alimentaires du territoire palestinien provenaient de
ses terres agricoles. En 2022, les agriculteurs gazaouis ont exporté pour plus de 44,6 millions de dollars de produits, principalement vers la Cisjordanie occupée puis Israël, les fraises et les tomates représentant 60% du marché, selon les données de la FAO.
Agro-fournitures: Alain Datin, nouveau président du réseau Actura
Alain Datin est le nouveau président du réseau national de coopératives et négoces agricoles Actura. Jusqu’alors vice-président du conseil d’administration, le dirigeant de D2N, négoce basé à Le Teilleul dans la Manche, a été élu à l’unanimité le 27 juin, informe un communiqué d’Actura, Alain Datin remplace Xavier Bernard, qui était à l’initiative d’Actura en 2015, et qui n’a pas souhaité se représenter. Le conseil d’administration a élu comme vice-président Frédéric Hialé, qui est d.g. du groupe coopératif Lur Berri, dans les Pyrénées-Atlantiques. (Actura : 140 entreprises adhérentes, 737 millions d’euros de chiffre d’affaires consolidé 2022-2023) SC
Agroalimentaire : Maxime Costilhes, nouveau directeur général de l’Ania
Le directeur général d’Intercéréales Maxime Costilhes a été nommé à la direction générale de l’Ania (entreprises alimentaires), le 5 juillet, annonce un communiqué. Cette nomination intervient quelques jours après l’élection du président d’Intercéréales, Jean-François Loiseau, à la présidence de l’association d’industriels, le 20 juin. Maxime Costilhes prendra ses fonctions le 15 juillet. Diplômé de SciencesPo Grenoble et ancien conseiller politique, il a dirigé pendant quatre ans le syndicat professionnel des Brasseurs de France avant de rejoindre Intercéréales. Il succède à Nicolas Calo qui avait annoncé son départ en début d'année 2024.