Céréales ukrainiennes: la Russie reprend sa participation à l’accord d’Istanbul
Seulement quatre jours après son retrait de l’accord d’Istanbul sur les exportations de céréales ukrainiennes en mer Noire, la Russie a annoncé le 2 septembre reprendre sa participation après avoir reçu des «garanties écrites» de la part de l’Ukraine sur la démilitarisation du couloir utilisé pour leur transport. Le jour même, le président turc Recep Tayyip Erdogan avait indiqué, après un entretien la veille avec le président russe Vladimir Poutine, que «les expéditions de céréales se poursuivront comme avant à partir de midi». En raison de cette décision, le blé était retombé à 340,50 € la tonne sur Euronext, en recul de 4,8% par rapport à la clôture le 1er novembre. Toutefois, Vladimir Poutine a menacé qu’il retirerait une nouvelle fois la Russie dudit accord «en cas de violation de ces garanties par l’Ukraine». Avant d’assurer que, «même dans cette éventualité, nous serons prêts à fournir la totalité du volume de céréales qui a été livré depuis le territoire de l'Ukraine aux pays les plus pauvres». Le président russe justifiant une telle position en raison de «la neutralité de la Turquie dans le conflit avec l’Ukraine». Le 29 octobre, Moscou s’était désengagé contre toute attente de l'accord céréalier après une attaque menée aux drones sur sa flotte basée en baie de Sébastopol, en Crimée. En parallèle, l’ONU tente de convaincre toutes les parties de le renouveler d’ici le 19 novembre, date de son expiration.
Influenza: mesures renforcées face au «risque majeur» d’épizootie dans le grand Ouest
L’Anses met en garde contre «un risque majeur de démarrage d’épizootie [d’influenza aviaire] et d’atteinte de sites stratégiques» dans les Pays de la Loire, indique le ministère de l’Agriculture dans une instruction technique du 31 octobre. Dans ce document, la Rue de Varenne instaure en Bretagne, Pays de la Loire et Deux-Sèvres des «interdictions de mouvements des animaux et de produits, matériels ou substances susceptibles d’être contaminés» dès qu’une suspicion sera déclarée (sans attendre sa confirmation). Le texte entrera en vigueur lors de sa publication dans le prochain Bulletin officiel. Ces interdictions de mouvements s’appliqueront dans le cadre d’une zone réglementée temporaire (ZRT), qui sera «appliquée systématiquement en cas de suspicion (suspicion clinique forte, suspicion analytique ou lien épidémiologique)», et ce dans un «rayon minimal de 3 km», prévoit l’instruction. Par ailleurs, le texte met en place les mesures de biosécurité renforcées annoncées le 19 octobre pour la Bretagne, les Pays de la Loire et les Deux-Sèvres: mise à l’abri obligatoire, deux autocontrôles hebdomadaires en palmipèdes, mises en place conditionnées à un audit de biosécurité favorable ou à l’adhésion à la charte salmonelles. Le grand Ouest concentre plus des deux tiers des 41 foyers en élevage recensés par le ministère de l’Agriculture au 28 octobre. S'y ajoute un deuxième foyer dans les Côtes-d’Armor, à Hillion, selon Ouest-France (article payant), quelques jours après un cas à Mérillac.
Bassines: le chantier de Sainte-Soline n’a pas repris
Le chantier d’une réserve d’eau de substitution pour l’irrigation agricole contestée à Sainte-Soline (Deux-Sèvres) n'a pas repris le 2 novembre, quatre jours après une manifestation ayant donné lieu à des affrontements le 29 octobre. «Le chantier est arrêté. Aujourd’hui, c’est à l'État de décider [...]: le relancer ou aboutir à notre demande de moratoire pour l'ensemble des projets de stockage d'eau en France», a indiqué Marion Vigot, membre du collectif «Bassines non merci», à l’AFP lors d'une conférence de presse donnée le 2 novembre sur le site de Sainte-Soline, restée sous étroite surveillance des gendarmes. Le même jour, la présidente de la FNSEA Christiane Lambert a dénoncé sur franceinfo les violences qui ont émaillé les manifestations contre le projet de Sainte-Soline. Elle dit voir une «diabolisation» de l’agriculture et condamne la «politisation extrême» du débat, qu’elle appelle à «apaiser». Du côté du gouvernement, la Première ministre Élisabeth Borne a pointé, le 2 novembre devant le Sénat, «des scènes inacceptables et profondément choquantes». Et de poursuivre: «Si la majorité des manifestants étaient pacifiques, plusieurs centaines d'individus violents ont pris à partie les gendarmes qui protégeaient le site. […] Ce sont des scènes inacceptables et profondément choquantes.»
Agrofournitures: Bioline (InVivo) lance un label «Savoir-faire agricole français»
Afin de valoriser l’origine française de ses produits et services, mais aussi son ancrage territorial dans l’Hexagone à travers ses marques (Be Api, Semences de France, Atekka, Aegilops, Phyteurop, Agrosolutions, Fermes Leader, Smag, etc.), Bioline, filiale du groupe coopératif InVivo, a créé le label «le savoir-faire agricole français». Présenté le 2 novembre à Agra Presse et disponible dès cette année, ce dernier fusionne le cahier des charges du «Made in France» en ce qui concerne les produits et celui de la certification «Service France garanti» en ce qui concerne les services ayant fait l’objet de développement informatique. «Tous les produits et services ont été analysés par nos responsables juridiques pour être sûr qu’ils répondent à ce label», a précisé la filiale à Agra Presse. En tout, quatre mois ont été nécessaires à une équipe de quatorze personnes – membres des différentes entreprises de la filiale – pour mener à bien ce projet. «Bioline est fière […] de sa contribution pour valoriser le savoir-faire des hommes et des femmes engagés au quotidien pour une agriculture et une alimentation durables», précise un document transmis par l'entreprise.
Programmes opérationnels de la Pac: trois AOP de l’Ouest demandent le soutien des députés
Invités par les députés de la commission des Affaires économiques (Coméco) à participer à une table ronde sur la structuration des filières le 2 novembre, les AOP de l’Ouest Cerafel (légumes), Poplait (lait) et Porcs Grand Ouest (porcs) ont prôné le regroupement des producteurs en organisations de producteurs (OP) pour «concentrer» l’offre, et ainsi «peser sur le marché» afin d’améliorer véritablement le revenu des agriculteurs. «On attend de vous, mesdames et messieurs les députés, de faire en sorte que les agriculteurs puissent agir collectivement, et pour ça il faut encourager les OP et AOP, via un bonus individuel pour inciter à l’organisation économique, et via le financement de programmes opérationnels (PO)», a déclaré le président de Poplait Fabrice Guérin. À l’instar de la filière des fruits et légumes habituée des PO pour se structurer, Poplait et Porcs Grand Ouest veulent obtenir des cofinancements européens via la mise en place de PO durant la prochaine Pac (2023-2027). «On veut être intégrés aux négociations sur la répartition des financements prévus par les PO dès cet automne», a ajouté M. Guérin, qui espère obtenir un rendez-vous à ce sujet avec le ministère de l’Agriculture.
Gaspillage alimentaire: le gouvernement planche sur un label national
Le gouvernement lancera «prochainement» un label national pour «clarifier et valoriser» les initiatives anti-gaspillage alimentaire des entreprises, a annoncé la secrétaire d’État chargée de l’économie sociale et solidaire et de la vie associative, Marlène Schiappa, au Sénat le 2 novembre, à l’occasion des questions au gouvernement. Cette mesure est prévue dans la loi Agec, adoptée en février 2020. Le label sera porté par les ministères de l’Agriculture et de la Transition écologique. «Les Français sont toujours plus sensibles à leur manière de consommer, a déclaré la secrétaire d’État. L’entreprise de l’économie sociale et solidaire Phenix dit, par exemple, que 84% des Français privilégieraient un supermarché identifié par un label de ce type» (source: site web de Phenix). La loi Agec fixe l’objectif de réduire de 50% le gaspillage alimentaire dans la distribution alimentaire et la restauration collective d’ici 2025, par rapport à son niveau de 2015. «Les questions du gaspillage alimentaire et de l’accès à l’alimentation sont fondamentales pour nous», a affirmé Marlène Schiappa. Par ailleurs, la première ministre Élisabeth Borne et le ministre des Solidarités Jean-Christophe Combe seront en déplacement, le 3 novembre, dans une banque alimentaire.
Machinisme: au Sima, la FNSEA veut «impulser» le mouvement de décarbonation
Lors du Salon international du machinisme agricole (Sima, du 6 au 10 novembre à Paris Villepinte), la FNSEA organisera une table ronde sur la décarbonation des machines lundi 7 novembre*. «La FNSEA se doit de donner l’impulsion» sur ce sujet, a estimé Damien Greffin, membre du bureau national, lors d’une conférence de presse le 2 novembre. La table ronde rassemblera la directrice France de TotalEnergies Isabelle Patrier, le responsable du pôle technique d’Axema (constructeurs) Guillaume Bocquet et deux représentants des tractoristes (Claas et John Deere). Prendront également la parole deux des vice-présidents de la FNSEA, Luc Smessaert et Henri Biès-Péré, ainsi que des élus nationaux en charge des filières biodiesel (Arnaud Rousseau), bioéthanol (Éric Thirouin) et méthanisation (Olivier Dauger). «À ce jour, il n’y a pas d’alternative crédible au GNR» (gazole non routier, NDLR), car les tracteurs nécessitent des puissances très importantes», précise Damien Greffin. Mais la FNSEA «cherche à mobiliser autour de cette question». Qu’il s’agisse de biométhane, d’électricité ou d’hydrogène, de nombreux projets sont en cours chez les constructeurs, comme le montre notre enquête dans Agra Presse hebdo.
* De 11h à 13h, hall 6, salle 611
Céréales: la coopérative Gersycoop investit 7 M € dans un silo de stockage bio
La coopérative céréalière Gersycoop, détenue par 1000 agriculteurs en conventionnel et 180 en bio, a annoncé dans un communiqué de presse daté du 2 novembre avoir investi 7 M€ dans un silo dédié aux céréales biologiques. Situé à Fleurance, dans le département du Gers, ce dernier peut stocker l’équivalent de 10 200 tonnes de blé et couvre ainsi «toute la partie nord du département», précise le communiqué. Inauguré en septembre dernier, ce silo d’ores et déjà opérationnel représente, selon la coopérative gersoise, «un investissement plus conséquent qu’un silo classique», étant donné «le traitement particulier» que demandent les céréales en culture biologique, mais aussi par «l’attention importante accordée au développement des insectes», les «vitesses de manutention réduites» et les «cellules de stockage plus petites». À travers cet investissement, la coopérative espère ainsi «accompagner davantage ses agriculteurs dans leur conversion au bio et leur donner les moyens d’y parvenir. D’autant qu’elles sont aujourd’hui ralenties par le conflit russo-ukrainien», soutient le communiqué. En plus de cette structure, Gersycoop détient un silo stockeur bio d’une capacité de 11 000 tonnes à Fleurance, un autre d’une capacité de 5000 tonnes à Berdoues, ainsi que quatre collecteurs bio.
Semences potagères: inauguration d'un atelier de production Nunhems en Maine-et-Loire
L’entreprise hollandaise Nunhems, appartenant au groupe chimique allemand BASF et spécialisée dans les semences potagères, a inauguré le 28 octobre un nouvel atelier de production avec un séchoir dynamique et une ligne de triage à Longué-Jumelles (Maine-et-Loire), en présence de représentants politiques locaux, parmi lesquels Jackie Goulet, maire de Saumur, Michel Pattée, maire de Doué-en-Anjou et Frédéric Mortier, maire de Longué-Jumelles. Installée depuis 2011 à Longué-Jumelles, l’entreprise Nunhems a développé un réseau d’une soixantaine de producteurs partagés entre l’Anjou et la Beauce, et emploie six personnes sur place. Parmi les espèces produites figurent par ordre d’importance les poireaux, la mâche, les pois, les épinards, les haricots et le céleri. À travers cet investissement de 732 600 euros – dont une subvention de 586 080 euros de la région Pays de la Loire –, la société espère «maintenir sa position de leader en semence», grâce notamment à «une meilleure gestion des flux de matières», précise un communiqué de presse de l’entreprise.
Vin: un grand cru de margaux vendu à un milliardaire américain
Château Lascombes, deuxième grand cru classé de l'AOC margaux dans le Bordelais, a été racheté aux deux tiers par le milliardaire américain Gaylon Lawrence, a annoncé le 2 novembre son propriétaire, la Mutuelle d'assurances du corps de santé français (MACSF). Celle-ci, qui avait acquis le domaine en 2011 auprès du fonds d'investissement américain Colony Capital, conserve 35,7% des parts, a précisé à l'AFP une source proche de la mutuelle. Le montant de la vente de la propriété, qui s'étend sur 120 ha de vignes en appellation margaux et 10 ha en appellation haut-médoc, n'a pas été précisé, mais il y a onze ans, le montant de 200 M€ avait circulé pour la valorisation du domaine. Selon la Safer, le prix moyen d'un hectare dans l'appellation margaux est de 1,5 M€ et il peut grimper à 3 M€ d'après un spécialiste interrogé par l'AFP, un chiffre qui valoriserait aujourd'hui le domaine entre 300 M€ et 400 M€. L'acquéreur, Gaylon Lawrence, est un homme d'affaires américain actif dans divers secteurs, dont l’agriculture et, depuis 2018, dans la viticulture en Californie. Il y a deux semaines, un autre domaine, Château Lanessan, qui s'étend sur 80 ha en Haut-Médoc, était passé sous pavillon australien.
Sécurité sanitaire: Benoît Vallet nouveau directeur général de l’Anses
Benoît Vallet a été nommé directeur général de l’Anses par décret le 31 octobre, informe l’Agence nationale de sécurité sanitaire. Il prendra ses fonctions le 15 novembre, en remplacement de Roger Genet, qui est à la tête de l’Anses depuis 2016. Médecin, chercheur et professeur d’université, Benoît Vallet est le directeur général de l’ARS (agence régionale de santé) Hauts-de-France depuis 2020. Au poste de directeur général de la Santé (DGS) entre 2013 et 2018, il a travaillé notamment sur les dossiers de l’antibiorésistance, du chlordécone et de la santé environnementale.