Agrafil du 5 mars 2025

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Taxes américaines : les rétorsions de Pékin sanctionnent l’agriculture américaine

En réponse à l’entrée en vigueur, le 4 mars, des droits de douane supplémentaires sur les importations américaines en provenance du Canada, du Mexique et de la Chine, Pékin a annoncé la mise en place, dès le 10 mars, de mesures de rétorsions, ciblant particulièrement des produits agricoles. Dans le détail, un droit de 15 % sera imposé sur les importations américaines de poulet, de blé, de maïs et de coton. En outre, un droit de douane de 10 % sera appliqué sur le sorgho, le soja, le porc, le bœuf, les produits aquatiques, les fruits, les légumes et les produits laitiers en provenance des États-Unis. L’empire du Milieu indique également que les marchandises qui ont été expédiées du lieu de départ avant le 10 mars et importées entre le 10 mars et le 12 avril ne seront pas soumises aux droits de douane supplémentaires. « L’imposition unilatérale de droits de douane par les États-Unis porte atteinte au système commercial multilatéral, alourdit la charge pesant sur les entreprises et les consommateurs américains et sape les fondements de la coopération économique et commerciale entre la Chine et les États-Unis », précise le ministère chinois des Finances dans son communiqué.

Pac post-2027 : Rousseau dément vouloir ouvrir l’ICHN aux productions végétales

Alors que le média Contexte lui prête le souhait, dans le cadre de la prochaine Pac, que l’ICHN puisse bénéficier à des agriculteurs des zones intermédiaires ayant abandonné l’élevage, Arnaud Rousseau dément avoir fait cette proposition, dans un entretien à Agra Presse le 4 mars. La veille, Contexte indiquait que le président de la FNSEA avait « suggéré » cette évolution lors du congrès de la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA), les 12 et 13 février à La Rochelle. S’il a bien évoqué ce sujet, M. Rousseau réfute : « Je n’ai proposé aucune solution, je n’ai pas évoqué la moindre hypothèse ». Tout en jugeant qu’il est « important de poser le sujet des zones intermédiaires » (à faible potentiel de rendement). Dotée d’une enveloppe annuelle d’environ 1,1 Md€, l’indemnité compensatoire de handicap naturel (ICHN) bénéficie aux éleveurs de montagne (à 75 %), ainsi qu’à ceux des zones de piémont et des zones défavorisées simples (ZDS) ; or, « 72 % des communes des zones intermédiaires sont classées ZDS », selon M. Rousseau. Le débat sur la future Pac au sein de la FNSEA « va venir très vite », indique-t-il, une fois que les services du syndicat auront réalisé un bilan de la précédente réforme. Et Arnaud Rousseau de marteler : « Ma première préoccupation pour le moment, c’est d’obtenir un budget pour la Pac ».

Relations commerciales : E. Leclerc réitère son opposition au SRP+10

Alors que le gouvernement entend prolonger le SRP+10* au-delà du 15 avril grâce à une proposition de loi (PPL) dédiée, Michel-Édouard Leclerc a indiqué le 4 mars sur TF1 qu’il s’opposait toujours à cette disposition inclue dans les lois Egalim. « Je ne comprends pas en quoi nous obliger à vendre du jus d'orange Joker (marque du groupe allemand Eckes Granini Group, NDLR), du Coca-Cola, du Nescafé (groupe Nestlé, NDLR) ou du chocolat avec une marge de 10v% va ruisseler vers l'agriculture française, qui ne produit pas ces denrées », a déclaré Michel-Édouard Leclerc, président du comité stratégique des centres E. Leclerc. Ce dernier a exprimé à plusieurs reprises son opposition au SRP+10, auquel il reproche d’alimenter les hausses de prix et de favoriser les distributeurs qui vendent plus cher que Leclerc, estimant qu'il s'agit d'une « loi de lobby qui protège les grandes entreprises multinationales ». Un consensus existe toutefois entre syndicats agricoles, industriels et grande distribution (sauf E. Leclerc) sur son maintien et le gouvernement prévoit de prolonger sa mise en place « pour trois ou quatre ans » dès avril, a dit récemment sur Public Sénat le ministre des Relations avec le Parlement Patrick Mignola.
* Relèvement du seuil de revente à perte de 10 points sur les produits alimentaires en GMS

Élections chambres : en Loir-et-Cher, le président FDSEA réélu malgré la victoire de la CR

Lors de la session d’installation de la chambre d’agriculture du Loir-et-Cher, le 3 mars, le président sortant Arnaud Bessé a été réélu, rapporte France 3 Centre-Val de Loire. Une élection surprise pour ce membre de la FDSEA, car la Coordination rurale (CR) était arrivée en tête du scrutin fin janvier, avec 42,91 %, soit 17 voix d’avance sur la liste FDSEA-JA (41,54 %). Bien que disposant de 13 sièges dans le collège 1 (chefs d’exploitation), la CR n’a pas rassemblé de majorité parmi les autres collèges – la chambre du Loir-et-Cher compte en tout 36 élus. Âgé de 55 ans, Arnaud Bessé cultive des céréales et élève des volailles à Saint-Marc-du-Cor, dans le nord-ouest du département. « La colère des agriculteurs n'a pas été entendue », a réagi le candidat de la Coordination rurale Édouard Legras, annonçant le dépôt d’un recours devant le tribunal administratif. Dans plusieurs autres chambres, la CR n’est pas parvenue à faire élire son candidat alors qu’elle était arrivée en tête : Gironde, Lozère et Charente-Maritime. En revanche, les candidats de la Coordination rurale ont bien été élus dans le Gers (Lionel Candelon), en Dordogne (Rémi Dumaure), en Charente (Laëtitia Plumat-Perrocheau) et dans les Ardennes (Jean-Baptiste Bourin), des départements acquis par le syndicat fin janvier.

Pesticides : une assurance liée à un OAD séduirait un viticulteur sur deux (étude)

Une assurance « verte », couvrant les pertes liées à une réduction des pesticides, séduirait plus d’un viticulteur sur deux, selon une équipe de chercheurs de l’Inrae, de l’IFV, et des universités d’Angers, Bordeaux et Bonn. Leur étude, publiée dans la Revue européenne d’économie agricole, montre que 48 % à 60 % d’entre eux seraient prêts à souscrire ce type de contrat lié à un OAD (outil d’aide à la décision). La garantie compense les pertes de rendement liées à l’échec de la maîtrise des maladies par l’OAD, qui cible la réduction des pesticides. Cette assurance « verte » repose sur un bonus, subventionné par l’État, qui serait versé aux producteurs respectant les consignes de traitement. « Nous constatons que parmi les 412 viticulteurs français interrogés, 54 % sont prêts à souscrire une assurance individuelle basée sur les pertes pour un prix annuel de 5 % du capital assuré et une couverture de leurs pertes à 80 % (y compris le bonus de 30 % obtenu en se conformant aux recommandations) », affirment les chercheurs. Les viticulteurs bio sont plus attirés par la formule et moins sensibles au prix, selon eux. Autre enseignement de l’étude, les producteurs assurés réduiraient les fongicides de 45 % grâce aux recommandations de l’OAD.

Biocontrôle : InVivo vend sa filiale Bioline AgroSciences au fonds EPBF (Eurazeo)

Le groupe d’investissement Eurazeo a annoncé, le 3 mars, que son fonds EPBF* « a acquis une participation majoritaire dans Bioline AgroSciences », la filiale de biocontrôle d’InVivo. Une opération menée « aux côtés du fonds familial d’investissement à impact Aurae en tant qu’actionnaire minoritaire », précise un communiqué. Avec ce premier investissement, Eurazeo ambitionne de « construire des champions globaux qui contribueront à l’accélération d’une agriculture durable ». Une stratégie dite de « buy-and-build » rendue possible par la configuration du marché du biocontrôle, « en croissance rapide » et « extrêmement fragmenté partout dans le monde », selon EPBF. Bioline AgroSolutions exploite six usines (États-Unis, Royaume-Uni, France, Espagne, Kenya). Présente dans plus de 30 pays, l’entreprise « cible principalement les cultures à forte valeur ajoutée » (fleurs, plantes ornementales, fruits et légumes). Du côté de l’union de coopératives InVivo, cette opération s’inscrit dans sa stratégie de recentrage sur les grandes cultures, en particulier les filières blé et orge, après le rachat de Soufflet en 2022. En décembre, le groupe a ainsi annoncé qu’il cherche un repreneur pour son pôle vin.
*Eurazeo Planetary Boundaries Fund

Élevage : en Vendée, FDSEA et CR vent debout contre la présence de L214 dans un lycée

À la suite à l’organisation d’une formation à la cuisine végétale par L214 dans un lycée professionnel vendéen ce 4 mars, les JA et la FDSEA du département s’insurgent de la présence de l’association au sein de la structure scolaire. « FDSEA et JA Vendée exigent que les directeurs d’établissements vendéens interdisent toute intervention de L214 auprès des élèves », clament les syndicats dans un communiqué du 3 mars. De son côté, l’association antispéciste regrette l’intervention du monde agricole auprès de la direction de l’établissement Édouard-Branly. « Rendez-vous avec le directeur, menace de manifester avec les tracteurs… Cette ingérence est insupportable et démontre une fois de plus la volonté de ces syndicats de censurer les acteurs qui proposent une évolution des pratiques alimentaires », écrit-elle. Bien que FDSEA et JA aient renoncé à manifester devant l’établissement, L214 signale que la Coordination rurale était, elle, bien présente sur place. Cette formation avait lieu dans le cadre du programme VegOresto Pro de L214. Sur son site, l’association explique que ce dispositif vise à accompagner « les acteurs de la restauration et de la grande distribution à développer leurs offres et produits ». (Tanguy Dhelin)

Consommation : une étude décrypte la préférence des Français pour les protéines carnées

Les consommateurs donneraient moins leur préférence aux produits carnés, au profit du poisson et de protéines végétales, s’ils choisissaient en fonction du rapport entre l’apport protéique et le prix, selon une étude publiée par FranceAgriMer le 2 mars. À cet égard, le poisson et les protéines végétales ont un potentiel concurrentiel non réalisé à l’égard des viandes et de l’œuf. En effet, conclut l’étude, le poisson est perçu comme cher en raison d’un grand nombre de produits aquatiques haut de gamme et d’une forte volatilité des prix. Pour autant, il existe des produits aquatiques comparables dans chaque gamme de produits carnés, nuance l’étude. De leur côté, les alternatives végétales ressortent « très compétitives au regard du prix moyen à portion équivalente de viandes et d’œufs ». Mais le développement de leur consommation est pour l’heure bridé par leur offre limitée, leur temps de préparation, le manque de savoir-faire des consommateurs, ou encore leur fonction de légume d’accompagnement d’un produit carné. Par exemple, 20 g de protéines de légumineuses reviennent à 0,5 €, un prix comparable à une côte de porc ou à des moules fraîches; 20 g de protéines d’une galette de soja reviennent à plus de 1,5 €, plus que du rumsteak, mais autant que du filet de cabillaud.

Protéines alternatives : Solar Foods obtient 10 M€ de subvention et se lance aux USA

La start-up finlandaise spécialiste de la fermentation de précision Solar Foods a obtenu une subvention de 10 M€, comme elle l’indiqué dans un communiqué. Ce financement est accordé par Business Finland dans le cadre des « projets importants d'intérêt européen commun » (IPCEI). Sa protéine Solein est cultivée grâce à « un processus de fermentation révolutionnaire qui utilise l’air et l’électricité renouvelable comme principales ressources », indépendamment « des conditions météorologiques et climatiques, de l’utilisation des terres et de la consommation d’eau à grande échelle, ce qui en fait l’une des protéines les plus durables au monde », selon Solar Foods. Ce financement qui couvre « la recherche, le développement et la mise sur le marché de la protéine Solein » va permettre notamment à l’entreprise d’accompagner son lancement aux États-Unis, pays pour lequel elle a obtenu le statut GRAS (« généralement reconnu comme sûr ») en 2024. La start-up se concentre sur le marché de la nutrition santé et sportive, en mettant l’accent sur les qualités fonctionnelles de sa protéine (neuf acides aminés essentiels, sans cholestérol ni graisses saturées), sa polyvalence et le faible impact environnemental de sa production.

Protéines végétales : un partenariat lancé entre la Fondation Avril et la région Grand Est

Lors du Salon de l’agriculture le 27 février, la Fondation Avril et la région Grand Est ont annoncé un partenariat afin de développer des « filières de protéines végétales » et de favoriser la transition écologique « des exploitations d’élevage et de polyculture-élevage », explique un communiqué. Une dizaine de projets répondant à ces objectifs seront sélectionnés. Ils bénéficieront d’un budget de 700 000 euros, dont la moitié proviendra de la Fondation Avril et l’autre de la Région Grand Est. Dans le détail, les deux entités ont signé une charte de collaboration d’une durée de cinq ans, afin de soutenir l’agriculture durable et de « renforcer les liens entre les agriculteurs, les habitants et les collectivités territoriales ». Un vote citoyen, via le site Ma Région Demain, sera également proposé à titre expérimental afin de juger de la qualité des projets. Cette annonce se fait dans le cadre du projet « Territoires à agricultures positives » lancé il y a quelques années par La Fondation Avril et l’État. De son côté, la Région Grand Est agit dans le cadre de sa stratégie Ambition 2030.

Légumes : excellent exercice 2023-2024 pour Marché de Phalempin (Hauts-de-France)

La coopérative nordiste Marché de Phalempin a bouclé son exercice 2023-2024 (au 31 août) avec un chiffre d’affaires de 87 millions d’euros (M€), en progression de 5 % par rapport à l’année précédente. « C’est un niveau record depuis la création il y a trente ans ! », se félicite Sébastien Lejosne, directeur, contacté par Agra Presse. « La coopérative a reversé plus de 74,5 M€ aux producteurs adhérents dont 1,76 M€ de complément de prix décidés à la clôture des comptes. » L’endive représente 72 % du total. Si les volumes ont été en baisse (11%, à 21 788 t), à la suite des conditions météo et des rendements faibles, la valorisation, portée par le contexte inflationniste, a été bonne : le prix de rémunération de l’endive blanche a progressé de 21 %, de 7 % pour les jeunes pousses, de 11 % en endives de terre. Le reste de l’offre du Marché de Phalempin a généré près de 22 M€ avec des performances en volumes : +33 % en poireau, +30 % en chou pommé, +15 % en navet, entre autres. D’une manière générale, la rémunération a été présente, sauf pour le navet. Les résultats sont plus délicats pour les fruits, en volumes : -7 % en fraise, - 23 % en pommes et -12 % en poire, mais compensés par les prix (respectivement +15 %, +7 % et +5%.) « Cette gamme permet aux producteurs de se lancer sur d’autres diversifications qui abaissent la sensibilité aux aléas climatiques », analyse Sébastien Lejosne.

Fruits et légumes : en dix ans, l’Italie a augmenté ses importations des pays tiers

Amérique du Sud, Afrique et, dans une moindre mesure, les pays producteurs européens sont les grands gagnants de dix ans d’importations de fruits et légumes par l’Italie, souligne le site Italiafruit, se fondant sur le rapport Freshfel Qlickfresh et les données d’Eurostat. En une décennie, entre 2013 et 2023, les importations italiennes de fruits et légumes en provenance du continent américain ont progressé de 14 %, atteignant  943 000 t. Le développement de la demande en produits exotiques explique en partie cette progression, qui a profité à des pays comme le Costa Rica (+26 %), la Colombie (+85 %) et, dans une moindre mesure, l'Équateur (+2 %). À noter aussi la forte présence des Pays-Bas, qui s’explique par son rôle de réexportation sur le marché européen, surtout concernant l’avocat. Mais la progression la plus remarquable est du côté de l’Afrique, qui a bondi de 70 % en une décennie (221 000 t). L’Europe a aussi conforté sa position, mais moins fortement (+4 %), avec l’Espagne comme premier fournisseur (plus de 500 000 t par an). En revanche, sur la période, la France comme l’Allemagne sont en retrait à -27 % et -13 % respectivement. Enfin, l’Italie a diminué ses importations en provenance d’Asie et d’Océanie (-13 % et -11 %).

Planification écologique : la France en pointe grâce au SGPE (rapport)

En matière de planification écologique, « la France se distingue de beaucoup d’autres pays en ayant une approche transversale et une structure chef d’orchestre de la mise en œuvre de sa planification », à savoir le SGPE (Secrétariat général à la planification écologique) : c’est le constat positif du rapport de Barbara Pompili, ex-ministre de la Transition écologique (2020-2022), remis le 3 mars à l'actuelle ministre Agnès Pannier-Runacher et consacré à la planification écologique dans les pays du G20 et de l’UE. Le rapport cite aussi le ministère indonésien de la Planification du développement national (Bappenas) comme un bon exemple. Parmi les 11 recommandations du rapport : « maintenir le SGPE auprès du Premier ministre » et « le renforcer dans son rôle de pilotage » (n° 4) ; doter la France d’une « entité d’évaluation » de sa planification, indépendante, qui appuiera le SGPE (n°5). Par ailleurs, le rapport recommande de « construire un narratif » dans lequel la transition est « un moyen et non une fin » (n°1), d’inscrire dans la loi l’obligation d’une planification écologique (n°2) avec un suivi annuel devant le Parlement (n°6), ou encore de doter la France d’une planification à échéance 2040 et 2050 « qui doit intégrer ses objectifs en matière d’adaptation et de reconquête de la biodiversité » (n°7).

Céréales : la Côte-d’Ivoire atteindra l'autosuffisance en riz dès 2026

Lors d’une conférence de presse en marge du Salon de l'agriculture, le ministre ivoirien de l’Agriculture et du développement rural Kobenan Kouassi Adjoumani a annoncé que la Côte-d’Ivoire devrait atteindre dès 2026 son autosuffisance en riz, céréale la plus consommée dans le pays, et qu’elle serait ensuite en capacité d’approvisionner les pays voisins. Il a mentionné les chiffres de l’agence nationale de développement du riz : la production est aujourd’hui de 1,5 Mt pour une consommation de 2,1 Mt. « Il y a un gap de 600 000 tonnes à combler, comme le veut le président » Alassane Ouattara, a-t-il déclaré. « Fin 2026, ce gap sera comblé », a-t-il projeté, à la faveur d’un « programme de développement de deuxième génération » anticipant l’échéance initiale de 2030. M. Adjoumani a affirmé que le riz ivoirien était préféré par les consommateurs au riz importé d’autres continents. « La guerre en Ukraine et le Covid-19 nous ont fait prendre conscience de la nécessité de produire ce que nous consommons », a-t-il justifié, en mentionnant le manioc, le maïs (pour fabriquer de la farine et nourrir les animaux), l’igname et la banane plantain ; des productions vivrières à développer en marge du cacao et de la noix de cajou.

Maïs : le Sénégal veut réduire sa dépendance aux importations (presse)

Selon un article de Radio France internationale (RFI) du 3 mars, un protocole d’accord a été trouvé mi-février entre les producteurs de maïs et les industriels sénégalais pour que ces derniers achètent au moins 5 000 t de marchandises locales dès cette année. Cela représente 1% des volumes annuels importés par le pays (500 000 t). Il s’agirait d’une avancée majeure, car les producteurs locaux éprouvent toutes les peines du monde à écouler leurs marchandises sur le marché national. En effet, ils doivent faire face aux importations étrangères très compétitives, grâce à des rendements bien plus élevés. Ainsi, des pays comme la France ou les États-Unis sont capables de produire 8 à 10 t/ha, contre seulement 3 t/ha pour les Sénégalais. L’accord prévoit que les industriels paient 225 francs CFA/kg aux producteurs, alors que les offres étrangères s’affichent à 198 francs CFA/kg, rapporte le média public. Il s’agirait d’une première étape afin de créer une filière, et ainsi augmenter la production nationale dans les années à venir. Par exemple, un objectif de 10 000 t de maïs vendu localement a été fixé pour l’an prochain. L’État sénégalais investirait par ailleurs dans l’introduction de nouvelles semences.