Biocarburants: Bruxelles lance un plan d'investissement pour le transport aérien et maritime
La Commission européenne a lancé, le 5 novembre, un plan d'investissement pour des transports durables (STIP) visant à stimuler les investissements dans les carburants renouvelables et bas carbone dans les secteurs de l'aviation et du transport par voie d'eau. Pour atteindre les objectifs des réglementation RefuelEU Aviation et ReFuelEU Maritime, environ 20 millions de tonnes de carburants durables seront nécessaires d'ici à 2035, estime Bruxelles. La Commission souhaite pour y parvenir mobiliser «au moins 2,9 milliards d'euros (Mrd €) au moyen d'instruments de l'UE d'ici à 2027» dont 2 Mrd € pour les carburants alternatifs durables dans le cadre d'InvestEU ainsi que 133,5 M€ pour la recherche et l'innovation au titre d'Horizon Europe. Les biocarburants avancés et issus de déchets sont essentiels à la décarbonation du transport aérien et maritime, mais leur production demeure limitée du fait de la rareté des matières premières, des risques technologiques et commerciaux qui freinent la production, ainsi que de l'incertitude pour les investisseurs quant à l'accès à long terme aux matières premières, selon la Commission européenne. Le plan doit donc permettre d’envoyer «un signal clair aux investisseurs» que les objectifs de l'Europe restent en place et que Bruxelles soutiendra la transition vers des combustibles biologiques et non biologiques renouvelables.
Biocarburants : à la veille de la COP30, plus de 100 scientifiques appellent à en limiter l’essor
Plus d’une centaine de scientifiques ont signé une lettre ouverte, publiée le 5 novembre, appelant les dirigeants du monde entier à limiter l’essor jugé « dangereux » des biocarburants issus de biomasse agricole, à la veille de la COP30 qui se tiendra à Belém (Brésil). Cette publication intervient alors que le Brésil cherche à obtenir un engagements des dirigeants internationaux en faveur d’un plan visant à quadrupler l’usage des « carburants durables », incluant un doublement de la consommation de biocarburants, présentés comme un élément clef de la lutte contre le changement climatique. « De nombreuses preuves scientifiques montrent que, loin d’être une solution durable comme le prétendent de nombreux gouvernements, cette source d’énergie est aujourd’hui responsable, à l’échelle mondiale, de 16 % d’émissions de gaz à effet de serre de plus que les combustibles fossiles qu’elle remplace », avertissent les signataires. D’ici 2030, les biocarburants pourraient émettre chaque année 70 Mt CO2e supplémentaires, soit l’équivalent de 30 millions de voitures diesel supplémentaires sur les routes. Les scientifiques mettent également en garde contre les effets délétères d’une telle expansion sur l’environnement. Ils soulignent en outre qu’une utilisation accrue de biocarburants pourrait provoquer une hausse et une plus grande volatilité des prix alimentaires, tout en détournant des calories de la consommation humaine.
COP30 : Action contre la Faim appelle à placer l’agroécologie au cœur des politiques agricoles
À l’approche de la COP30, qui se tiendra à Belém (Brésil) du 10 au 21 novembre, Action contre la faim (ACF) appelle les États à envoyer un « signal clair » en faveur de la transformation des systèmes alimentaires et de l’agroécologie, qu’elle estime essentiels « pour atteindre les objectifs climatiques ». Dans un dossier publié fin octobre, l’association rappelle que le système alimentaire «industriel» est responsable de plus d’un tiers des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES), tout en contribuant à la dégradation de l’environnement et à l’insécurité alimentaire mondiale. Pour ACF, la transition agricole ne peut toutefois se limiter à la réduction des GES, mais doit être synonyme de « justice sociale ». Interrogée par Agra presse le 4 novembre, Marie Cosquer, analyste plaidoyer « systèmes alimentaires et crise climatique » chez ACF, appelle à ce que les contributions déterminées au niveau national (NDC) incluent des plans de réduction du méthane « « sérieux et adaptés aux réalités locales ». « Aujourd’hui, la question du méthane issu de l’élevage est passé sous les radars », admet-elle. Elle met toutefois en garde contre l’usage « inéquitable » du PRG*, un indicateur controversé utilisé pour mesurer l’effet climatique du méthane, qui « ne prend pas en compte les émissions historiques, ce qui crée une inégalité dans la répartition des efforts » entre pays du Nord et pays du Sud.
Budget de la Pac : le commissaire Hansen se montre ouvert à la discussion avec le Parlement
Alors que le Parlement européen et d’autres institutions, comme le comité européen des régions, mettent la pression sur la commission européenne pour qu’elle revoit sa proposition de cadre financier pluriannuel, notamment en ce qui concerne la Pac, le commissaire européen à l’Agriculture, Christophe Hansen, a donné des signes d’ouverture lors d’un échange le 5 novembre avec les eurodéputés de la commission de l’Agriculture. Il s’est dit « convaincu » qu’il y aurait les « mouvements nécessaires » pour répondre aux priorités du Parlement européen. « Nous avons écouté très attentivement les attentes et les demandes du Parlement « concernant les critiques sur l’intégration de la Pac dans les futurs plans de partenariat nationaux et régionaux, a-t-il indiqué. Et de poursuivre : ces demandes ont été entendues car il est « dans l’intérêt de nous tous de parvenir à un accord acceptable pour chacun - un accord qui offre les moyens, les simplifications et les responsabilités nécessaires à tous les niveaux ». S'ils ne sont pas entendus, les principaux groupes politiques de l'hémicycle menacent de rejeter la proposition sur les partenariats nationaux et régionaux qui comprend une part importante des disposition pour la future Pac.
Crédits nature : les eurodéputés très réservés sur le dispositif
Les eurodéputés de la commission de l’Agriculture ont exprimé, lors d’un échange le 5 novembre, leurs « grandes réserves » face à la volonté de la Commission européenne de développer un marché des crédits nature. Bruxelles a, en effet, lancé au mois de juillet une feuille de route pour la mise en place d’un marché des crédits nature d’ici 2027 dont elle espère faire une source de revenu complémentaire pour les agriculteurs. Mais le coordinateur du groupe PPE (droite), l’Italien Herbert Dorfman s’interroge: «Pour les crédits carbone il y avait déjà un marché. Ici il n’y a pas de marché. Qui va acheter ces crédits? Quelle est la demande?». Autre crainte exprimée par plusieurs parlementaires: que des structures extérieures au secteur agricole (comme des ONG ou des entreprises) achètent des terres pour obtenir des crédits nature ajoutant une pression sur le foncier. La verte Cristina Guarda (Italie) s’inquiète pour sa part d’une financiarisation de la nature. Consciente de ces réticences, la Commission européenne indique ne pas avoir pris de décision. À ce stade elle va mettre sur pied un groupe d’experts chargé de la conseiller. «Beaucoup de questions restent ouvertes. Rien ne dit qu’il y aura une initiative européenne ou si la Commission se contentera d’un rôle de facilitateur pour soutenir les initiatives locales », a indiqué la représentante de la direction générale de l’Environnement.
Biodiversité : la Camargue veut être candidate au patrimoine naturel de l’Unesco
La Camargue a déposé, le 3 novembre, une lettre d’intention auprès du ministère de la Transition écologique pour être candidate à la reconnaissance au patrimoine naturel mondial de l’Unesco, selon un communiqué daté du 5 novembre. La candidature est portée par l’association « La Camargue à l’Unesco » et soutenue par une dizaine d’élus locaux du Gard et des Bouches-du-Rhône, selon l’annexe à la lettre. L’association veut faire reconnaître la Camargue, territoire qui englobe le delta du Rhône, car c’est « l’un des rares deltas méditerranéens à dynamique géomorphologique encore active », ce qui induit « un intérêt scientifique et patrimonial majeur ». Elle met en avant la « mosaïque d’écosystèmes (littoraux marins, lagunes, marais, roselières, sansouïres, steppes salées) désignés comme sites Natura 2000 » ainsi que la « palette d’usages humains : saliculture, élevage extensif, riziculture, viticulture, pastoralisme, coupe du roseau, gestion cynégétique et halieutique ». « Ces pratiques perpétuées au fil des siècles incarnent une écologie relationnelle, où la préservation des milieux est inscrite dans des équilibres hydrauliques partagées », souligne l’association. La Camargue espère ainsi rejoindre deux autres deltas reconnus au patrimoine naturel mondial : celui du Danube en Roumanie, et celui de l’Okavango au Botswana.
Etats-Unis/Chine : Pékin suspend ses droits de douane additionnels sur le soja américain
Le gouvernement chinois a annoncé, le 5 novembre, « cesser d’appliquer des droits de douane supplémentaires » imposés depuis mars sur le soja et des produits agricoles américains pouvant atteindre jusqu’à 15%. Ce sujet revêt une importance cruciale pour le locataire de la Maison Blanche alors que son secteur agricole, qui a massivement voté pour lui lors de l’élection présidentielle de 2024, connait une période de crise. Dans une volonté d’apaisement des tensions commerciales, l’empire du Milieu va également suspendre ses droits de douane additionnels de 24 % sur les marchandises américaines à compter du 10 novembre et pour un an. Les droits généraux de 10 % restent toutefois maintenus. « La suspension de certains droits de douane bilatéraux entre la Chine et les États-Unis est propice à la promotion d'un développement sain, stable et durable des relations économiques et commerciales sino-américaines, ce qui profite aux populations des deux pays et contribue à la prospérité mondiale », indique d’ailleurs le ministère chinois des finances dans son communiqué. Ces annonces interviennent après les engagements pris le 30 octobre entre Donald Trump et Xi Jinping et au lendemain de la signature du décret américain abaissant les surtaxes douanières pour la Chine.
UE/Mercosur: pressions sur l’Allemagne et la France pour le rejet de l’accord commercial
Dans une lettre ouverte datée 5 novembre adressée aux ministres français et allemand de l’Agriculture (Annie Genevard et Alois Reiner), une coalition d’agriculteurs des deux côtés du Rhin fait pression pour que ces Etats membres rejettent la ratification de l’accord commercial UE/Mercosur en cours de discussion. « La France et l’Allemagne peuvent et doivent, ensemble, montrer la voie à l’Union européenne vers un commerce plus juste, un projet agricole porteur de progrès social et environnemental plus cohérent, des objectifs de transition réalistes », indiquent les signataires mettant une nouvelle fois en avant les conséquences néfastes de l’accord pour l’agriculture. Un point sur lequel s’aligne la Hongrie. A l’issue d’un entretien téléphonique avec son homologue français (Benjamin Haddad), Péter Szijjarto, ministre hongrois des Affaires étrangères a rappelé la position ferme de son pays contre le texte. « Nous ne sommes pas prêts à sacrifier l'agriculture hongroise. Nous soutenons nos agriculteurs et rejetons fermement cet accord dans sa forme actuelle », a-t-il indiqué, dans un message posté le 4 novembre sur le réseau social X, tout en dénonçant les pressions de Bruxelles pour faire accepter ce traité. Enfin, de leur côté, les députés Les Républicains menés par Laurent Wauquiez ont demandé, dans un courrier le 3 novembre, au Premier ministre Sébastien Lecornu l’organisation d’un vote au Parlement sur le traité, qu’ils contestent.
Vin : les eurodéputés de la Comagri valident très largement leur position
Les eurodéputés de la commission de l’Agriculture (Comagri) ont validé, le 5 novembre à la quasi-unanimité (43 voix en faveur et 2 abstentions), leur position concernant le paquet de mesures pour le secteur viticole. Concrètement, la Comagri souhaite plus de flexibilité des aides pour les producteurs. Elle propose, entre autres, d’inclure parmi les interventions des fonds sectoriels de l'UE les mesures de gestion de crise contre les excédents de vins (arrachage, distillation d'urgence et vendanges vertes) ou encore de fixer à 30% le plafond des paiements nationaux pour la distillation d'urgence et les vendanges vertes. Le texte introduit également la possibilité de reporter d'une année sur l'autre les fonds non utilisés pour les interventions sectorielles dans le secteur vitivinicole. En matière d’étiquetage, deux nouvelles définitions sont introduites: «sans alcool» accompagné de la mention « 0,0% » si le titre alcoométrique acquis du produit n’excède pas 0,5% vol et «à teneur réduite en alcool» (supérieur à 0,5% en volume et inférieur d’au moins 30% au titre alcoométrique volumique de leur catégorie). Le rapport sera soumis au vote la session plénière les 12 et 13 novembre, à Bruxelles. En cas d’issue positive, une première réunion de négociation avec le Conseil de l'UE aura lieu le 4 décembre avec pour objectif de conclure d’ici la fin de l’année.
Vin/retraites : le gouvernement veut protéger les pensions lors des arrachages
Dans le cadre de la première lecture publique du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, le gouvernement a déposé un amendement visant à sécuriser le versement des pensions de retraites dès lors qu’elles s’inscrivent dans un processus d’arrachage définitif de culture. « Certains exploitants agricoles voulant faire valoir leurs droits à la retraite, et engagés dans un processus d’arrachage définitif, risquent la suspension du service de leur pension de retraite liquidée si les opérations d’arrachage tardent à intervenir, » est-il expliqué dans l’exposé des motifs. La situation existe aussi pour ceux « ayant déjà fait valoir leurs droits à la retraite mais qui continuent à exploiter dans la limite autorisée de la parcelle dite de « subsistance », dès lors qu’elles résilient un fermage sur des parcelles dont elles sont propriétaires pour pouvoir procéder aux opérations d'arrachage » . Le risque étant de ne plus respecter la limite de la parcelle de subsistance prévue par arrêté préfectoral. Un décret viendrait préciser les modalités d’application de cette dérogation et notamment sa durée ou sa remise en cause le cas échéant en cas de récolte et de commercialisation des produits.
Champagne : les députés sécurisent le bail à métayage
Lors de l’examen du PLFSS 2026 (financement de la Sécurité sociale) à l’Assemblée nationale, les députés ont apporté le 5 novembre une clarification au bail à métayage, menacé dans le vignoble champenois par de nouvelles pratiques d’assujettissement à la MSA. Ils ont adopté un amendement de Charles de Courson (Liot, Marne) prévoyant que « le bailleur à métayage n’est pas affilié au régime de protection sociale des non-salariés agricoles, sauf s’il participe effectivement à l’activité ou à la direction de l’exploitation ». D’après l’exposé des motifs, « cette clarification est nécessaire afin d’éviter une « sur-affiliation » » à la MSA. Le SGV (vignerons) de la Champagne avait alerté, le 3 novembre dans un communiqué, sur une « mise en péril » du bail à métayage, qui concerne plus d’un tiers du vignoble de l’appellation. « Une nouvelle interprétation de la MSA, fondée sur un toilettage du Code rural, tend à assimiler automatiquement les bailleurs à métayage à des chefs d’exploitation, même lorsqu’ils ne participent plus à l’activité », s’inquiétait l’organisation. Cela contraindrait le bailleur retraité « à abandonner purement et simplement le métayage ».
Fin du statut de conjoint collaborateur : exonération sociale confirmée dans l’Hémicycle
Dans le cadre de la première lecture publique du projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, les députés ont adopté plusieurs amendements similaires concernant le statut du collaborateur conjoint, pour accélérer son extinction, confirmant ce qu’avait voté la Commission des affaires sociales le 27 octobre. Les conjoints collaborateurs qui acceptent de changer de statut se voient octroyer le bénéfice de l’exonération de cotisations sociales applicable aux jeunes agriculteurs, sans que la condition d’âge inhérente au dispositif ne s’applique. Et cela malgré l’avis négatif du gouvernement. Les dispositions particulières suivantes ont aussi été validées dans l’hémicycle : que les conjoints collaborateurs concernés justifient bien d’une durée d’affiliation de cinq années sous ce statut, qu’ils fassent le choix d’exercer en tant que chef d’exploitation ou d’entreprise agricole à titre principal ou exclusif et qu’ils s’engagent à conserver ce statut pendant au moins cinq ans. Cette disposition vise à accélérer le basculement de ce statut, modifié par la loi « Chassaigne 2 » en 2022 et ne pouvant être conservé plus de cinq ans, vers celui de chef d’exploitation ou d’entreprise agricole. Au 1er janvier 2027, près de 10 000 personnes seront concernées.
Acétamipride : les groupes parlementaires précisent leurs propositions
À l'occasion de l'examen de la pétition contre la loi Entraves, en commission des Affaires économiques le 5 novembre, les députés ont consacré l'entièreté de leurs débats à l'acétamipride. Après la censure du Conseil constitutionnel de la réautorisation de ce néonicotinoïde, les groupes politiques ont pu exposer leurs propositions. La ligne de démarcation entre partisans et opposants de la réautorisation se situe encore à l'intérieur même du groupe Modem : Éric Martineau a rappelé son soutien à la loi Entraves, tandis que Pascal Lecamp a proposé de compenser le manque à gagner des producteurs de noisettes, le temps que le parasitoïde attendu par la filière soit déployé, ce qui devrait encore prendre trois à quatre ans. Cette idée est d'ailleurs soutenue par la députée LFI Aurélie Trouvé. Son groupe présentera aussi une proposition de loi d'abrogation de la loi Entraves lors de sa niche parlementaire le 27 novembre, qui inclura une interdiction des importations de noisettes produites avec de l'acétamipride. De son côté, le socialiste Dominique Potier a proposé de saisir l'Anses, pour « trancher le débat », au travers d'une « procédure accélérée de reconnaissance mutuelle ». Le président de la commission des Affaires économiques, Stéphane Travert (EPR), a demandé à la conférence des présidents que le débat puisse se tenir également en séance publique. Il a aussi indiqué que l'Opecst (office parlementaire des choix scientifiques) a été saisi sur la réévaluation de plusieurs pesticides, dont l'acétamipride.
Betteraves : la CGB pousse la prolongation du flonicamide et du spirotétramate
À la veille de l'examen en commission de la pétition contre la loi Entraves, la ministre de l'Agriculture a reçu, le 4 novembre, les producteurs de betterave de la CGB (FNSEA), avec qui il fut largement question des pesticides, interdits, menacés et en cours d'évaluation. L'hypothèse d'un projet de loi de réautorisation de l'acétamipride ne devrait être tranchée qu'après l'examen de la pétition contre la loi Entraves, rapporte Frank Sander, président de la CGB. Son examen en commission a eu lieu le 5 novembre, et pourrait se poursuivre en séance publique à la demande de Stéphane Travert (EPR) – il reviendra à la conférence des présidents de l'Assemblée de se prononcer et de fixer une date pour ce débat. Les betteraviers ont également demandé que le flonicamide et le spirotétramate, menacés d'interdiction à court terme, puissent bénéficier de dérogations, et que les nouvelles molécules en cours d'évaluation puissent être « mis en haut de la pile », indique Frank Sander. À ce jour, le gouvernement n'a pas encore fait paraitre l'arrêté qui définira une liste d'usages prioritaires que l'Anses devra prendre en compte dans le calendrier d'examen des demandes d'autorisations de mise sur le marché (AMM) de pesticides. Pour ce faire, elle doit encore saisir préalablement l'Inrae pour avis.
Semences/grandes cultures : le leadership mondial de la France à l'export menacé selon l'UFS
Lors de sa conférence de presse annuelle du 5 novembre, le président de l'UFS (semenciers français), Olivier Paul, a fait part de sa crainte de voir la France perdre sa première place d’exportateur mondial de semences de grandes cultures, et ce « dès l’an prochain ». L’une des raisons est la complexification du contexte géopolitique, engendrant une intensification de la concurrence internationale, et la perte de débouchés, notamment russe. Pour rappel, la Russie adopte une politique ambitieuse de développement de son industrie semencière afin de renforcer son autosuffisance alimentaire, via un programme de subventions massives, mais aussi via la fermeture de son marché aux importations. Afin de pallier ces défis et au manque de compétitivité du secteur français, l’UFS a rappelé ses diverses demandes, incluant, entre autres, la sécurisation du crédit d'impôt recherche (CIR), et l’adoption d’un texte réglementant l’usage des NGT en Europe, prévu pour la fin de l’année. L’organisation espère aussi des avancées au sujet du projet de règlement européen PRM (Matériel de Reproduction des Végétaux), visant à définir et à harmoniser au niveau européen les conditions d’inscription des nouvelles variétés, de production, de certification et de mise en marché des semences. « La finalisation de l’analyse par le conseil européen du projet de texte est prévue pour fin 2025, afin de pouvoir commencer le trilogue », a précisé Rachel Blumel, sa directrice générale.
Meunerie/boulangerie : l’ANMF et France Travail s'associent pour stimuler le recrutement
Dans un communiqué du 4 novembre, l’ANMF (meunerie française) et France Travail ont annoncé la signature d'un partenariat afin de répondre aux besoins de recrutement des secteurs de la meunerie et de la boulangerie, estimés à 25 000 postes en France. Plus en détail, France Travail s’engage à inscrire directement les offres d’emploi dans ces filières sur la plateforme ChasseursDeGraines.fr, lancée l’année dernière par l’ANMF, en partenariat avec la CNBPF (artisans français de la boulangerie-pâtisserie) et la FEB (entreprises de boulangerie), en plus de les publier sur son site. Ensuite, « un accompagnement renforcé des demandeurs d’emploi intéressés par les métiers » sera proposé, ajoute le communiqué. Le partenariat entre l’ANMF et France Travail est opérationnel depuis le 23 octobre. « Il sera accompagné d’un plan de communication destiné à prolonger la dynamique initiée par la campagne de février 2024 », précise l’ANMF. Pour rappel, le secteur de la meunerie française souffre actuellement d’une faible rentabilité, parmi les plus basses de l’industrie agroalimentaire. Ce qui ne l’empêche d’avoir des besoins en personnel qualifié.
Machinisme : un nouveau concessionnaire automobile s'invite sur la marché agricole
Dans le cadre de la réorganisation du réseau de distribution Claas, qui cède ses concessions depuis plusieurs mois à des distributeurs indépendants, un nouveau groupe de distribution automobile vient de faire son entrée sur le marché agricole. Selon la presse spécialisée, le groupe Faurie (873 M€ de chiffre d'affaires) vient de racheter le réseau de distribution Claas Auvergne, qui inclut trois sites : Gannat-Saulzet et Moulins-Bressolles dans l'Allier, ainsi qu’Issoire-Saint-Rémy-de-Chargant dans le Puy-de-Dôme. En quelques mois, les concessionnaires automobiles ont secoué leurs homologues du secteur agricole, avec six opérations de rachat en deux ans, alors qu’elles étaient jusqu’ici très rares (lire notre enquête) : Agreom et Ouest Agri fin 2023, Sicoit et Bretagri en février 2024, Gabagri en mai 2024, Primault en octobre 2024, deux sites de Ouest Motoculture en mai 2025. Ces opérations étaient jusqu'ici le fait de quatre groupes : Dubreuil, Emil Frey, Bornhauser Performances Motors Group (BPM) et Gueudet 1880, aux dimensions incomparables avec les concessionnaires agricoles. Le groupe Faurie est légèrement plus petit que ces groupes parfois très diversifiées, qui pèsent chacune entre 1,6 et 5,2 Md€ de chiffre d’affaires, alors que les plus gros concessionnaires agricoles français atteignent à peine quelques centaines de millions d’euros.
Tomate : investissement massif du franco-marocain Azura au Sahara occidental (presse)
Le groupe franco-marocain Azura, spécialisée dans la production de tomates, a annoncé, le 1er novembre, un investissement de 200 millions de dirhams (18,72 M€) dans la région de Dakhla, au Sahara occidental d’ici à la fin de l’année, rapporte le site d’information marocain Le Desk. Le groupe dispose de 436 hectares de production sur la région (sur un total de 1200 hectares) et une station aquacole de 200 ha dédiée à la production de palourdes européennes, pour plus de 7000 emplois. Ce programme viserait à intensifier la présence du groupe en aval de la filière, en misant sur la transformation et la montée en gamme de la production locale, croit savoir LeDesk. Cet investissement intervient alors que l’accord commercial entre le Maroc et l’Union européenne vient récemment d’être révisé, en incluant le Sahara occidental dans le traitement préférentiel en matière de droits de douane. Le groupe Azura a exporté 188 000 tonnes de tomates cerises produites par 53 fermes de production et réalisé un chiffre d’affaires consolidé de 513 millions d’euro en 2024. Depuis son installation dans la région de Dakhla, il y un peu plus de deux décennies, il y a déjà investi plus de 140 millions d’euros.
Légumes : les PAT peuvent diversifier un territoire vers le maraîchage (étude)
Selon une publication scientifique parue fin octobre dans la publication « So What ? » de la Chaire Unesco Alimentations du monde, les PAT (Projets alimentaires territoriaux) ont la capacité de faire émerger des filières maraîchères dans le cadre de systèmes agricoles et alimentaires laissant peu de place à cette diversification. L’étude, conduite par l’Inrae, a mis en avant le rôle d’interface qu’ont joué trois PAT d’Occitanie entre les initiateurs du maraîchage, dont la restauration collective, et les tenants de la spécialité agricole locale – respectivement la viticulture, les grandes cultures et l’élevage. Dans ces trois territoires, les PAT ont pu lever les freins à ce développement en dépit de moyens financiers limités. Ils ont pour cela mis en place des gouvernances adaptées à chaque contexte : soit « territorialisée » afin de convaincre les parties prenantes d’une nécessaire transition agricole et alimentaire, soit « partagée » pour entraîner l’implication collective, soit « centralisée » pour, dit l’étude, « mobiliser efficacement les moyens et définir les objectifs de politiques publiques ».
Sainte-Soline: enquête administrative sur l'action des gendarmes, deux ans et demi après
Une enquête administrative a été ouverte le 5 novembre sur les agissements de gendarmes lors du violent rassemblement de Sainte-Soline (Deux-Sèvres) en 2023, après la publication dans la presse de vidéos montrant des tirs de grenades illégaux, parmi d’autres dérives dénoncées. Le journal Libération et le site d’information Mediapart ont eu accès à des dizaines d’heures d’images captées ce jour-là par les caméras-piétons que portaient les forces de l’ordre, mobilisées en nombre (plus de 3.000) autour d’une réserve d’eau agricole contestée, surnommée mégabassine par des milliers de manifestants. Le rassemblement, interdit, avait dégénéré en affrontements entre militants radicaux et gendarmes, plus de 5.000 grenades lacrymogènes et/ou explosives et des dizaines de tirs de LBD répliquant à une pluie de pierres, de cocktails Molotov et de mortiers d’artifice. Pour les deux médias, les forces de l’ordre ont multiplié les «tirs tendus» de grenades, une pratique dangereuse et interdite mais encouragée par leur hiérarchie. «Tendu, tendu, tendu», «vous balancez un tendu s’il le faut», «on baisse le cougar (canon lanceur de grenades, NDLR) les gars, on les nique là, allez», entend-on sur des extraits diffusés.
Forêts tropicales : à l’approche de la COP30, le Brésil lance un fonds de préservation
À la veille de la COP30, le Brésil a annoncé le lancement, le 6 novembre, d’un fonds d’investissement destiné à rémunérer la préservation des forêts tropicales, baptisé « Tropical Forests Forever Facility ». Une première phase prévoit de trouver 25 milliards de dollars auprès de gouvernements « sponsors », prêts à assumer les éventuelles pertes initiales, avant d’attirer 100 milliards de dollars supplémentaires de capitaux privés (fonds de pension et fonds souverains). Le capital sera investi dans un portefeuille d’obligations de longue durée, principalement sur les marchés émergents. Les profits, après rémunération des investisseurs, seront reversés aux pays tropicaux présentant de faibles taux de déforestation (moins de 0,5 %), confirmés par observation satellitaire. Le Brésil estime que le fonds pourrait engendrer quatre milliards de dollars par an pour la conservation des forêts tropicales. En tout, 74 pays ont été identifiés comme bénéficiaires potentiels, mais seule une poignée d’entre-eux seront éligibles dans un premier temps, selon une note de synthèse. Certaines ONG, comme la Global Forest Coalition, estiment que ce fonds est une « fausse solution », relevant du « capitalisme vert ». Mais pour d’autres observateurs, comme Mauricio Voivodic, directeur du WWF Brésil, « cela vaut mieux que d’attendre la solution parfaite ».
Engrais/nutrition animale : un nouveau directeur général chez Timac Agro
Dans un communiqué du 5 novembre, le groupe Timac Agro, filiale du groupe Rouiller spécialisée dans les secteurs des engrais et de la nutrition animale, a annoncé la nomination de Maxime Godart au poste de directeur général de sa branche française. « Entré au groupe Roullier en 2016, il a successivement occupé les fonctions de directeur général du pôle négoce, puis de directeur des matières premières pour Timac Agro à l’international », précise le communiqué. Il était ensuite directeur agrofournitures chez Axéréal entre février 2024 et juillet 2025. Il se chargera, entre autres, de renforcer l'innovation agronomique et zootechnique du groupe, développer les compétences et l'attractivité des métiers agricoles, et anticiper les évolutions réglementaires et environnementales.
Presse agricole : Arnaud Carpon nommé rédacteur en chef à La France agricole
Arnaud Carpon a été nommé rédacteur en chef à La France agricole, annonce l’hebdomadaire du groupe NGPA dans un communiqué le 5 novembre. Avant cela, ce diplômé de l’Ihedrea et de l’IAE de Caen (management) a passé 15 ans à la rédaction de Terre-net (également dans le grouper NGPA), « dont 10 ans en tant que rédacteur en chef ». Il y a « largement contribué à la stratégie de spécialisation sur les grandes cultures et les cultures industrielles, ainsi qu’à la redynamisation de l’offre servicielle ». Arnaud Carpon remplace Vincent Guyot, qui avait été nommé en avril 2024. Le nouveau rédacteur en chef sera épaulé par Marie Salset, nommée rédactrice en chef adjointe après avoir été « cheffe du service Institutions ». Le tandem travaillera « en étroite collaboration avec Philippe Pavard, directeur de la rédaction et garant de la ligne éditoriale, ainsi qu’avec Éric Roussel, rédacteur en chef, dans le cadre d’une réorganisation plurimédia », précise le groupe NGPA.
Alcool : la FEVS et l’UMVIN nomment à leur tête une spécialiste des affaires publiques
La FEVS (exportateurs de vins et spiritueux) et l’UMVIN (négoce en vin) ont annoncé le 3 novembre la nomination comme directrice générale de Laëtitia de La Maisonneuve, « une spécialiste des affaires publiques ». Objectif : « monter en puissance auprès des instances européennes », selon un communiqué. « Sa connaissance des arcanes européennes et nationales » doit permettre de « faire reconnaître par les décideurs européens le rôle clé de nos maisons dans la création de valeur et l’économie de notre filière », souligne le président de la FEVS Gabriel Picard. « Nous devons veiller à ce que notre filière ne devienne pas la variable d’ajustement d’autres politiques européennes. » Laëtitia de La Maisonneuve succède à Nicolas Ozanam. Elle a œuvré près de vingt ans au service de parlementaires et de ministres (cabinet du Premier ministre, ministères de la Santé, Outre-mer, Aménagement du territoire). Dans le privé, elle a notamment été consultante pour le lobbyiste européen Action Europe, directrice des affaires publiques chez Axema (machinisme). Son arrivée à l’UMVIN sera l’occasion de renforcer les liens entre la fédération nationale et ses syndicats régionaux, de « favoriser une compréhension approfondie des enjeux locaux pour qu’ils soient mieux pris en considération dans les débats nationaux et européens ».