MSA: un rapport d'inspection critique le «service rendu à l'usager»
Trois services d'inspections, celui des Affaires sociales (Igas), de l'Agriculture (CGAAER) et des Finances publiques (IGF) ont fait paraitre, le 5 mai, un rapport sur les performances de la MSA sur la période 2016-2020, critiquant notamment le «service rendu à l'usager». Pour les inspecteurs, «la qualité du service rendu à l’usager demeure en deçà des attentes». Ils constatent même «une dégradation transitoire de la qualité de service, en particulier pour les années 2017 et 2018, durant lesquelles ont été engagées les mutualisations de proximité et, par ailleurs, observe de forts écarts entre caisses locales». En effet, la MSA a conduit des «transformations qui ont lourdement impacté le fonctionnement du réseau local sans produire encore tous les effets escomptés». Le rapport évoque notamment des «mutualisations de proximité» qui n'ont pas produit «tous les effets escomptés», en raison d'un «faible pilotage de la caisse centrale». Les auteurs se félicitent toutefois d'observer que les objectifs de diminution des effectifs fixés par la d’objectifs et de gestion (COG) 2016-2020 «ont été globalement respectés et (que) la productivité a progressé». Pour la prochaine COG, ils recommandent notamment «une réflexion stratégique à moyen terme» et la fusion des caisses Alsace, Lorraine et Sud-Champagne.
Influenza: le ministère propose un redémarrage «sectorisé» dans l'Ouest
Le ministère de l'Agriculture a présenté aux professionnels, le 2 mai, une stratégie de redémarrage de la production avicole dans la région grand Ouest, touchée depuis début mars par une flambée d'influenza aviaire désormais «en voie de stabilisation». Si la «forte décrue» constatée depuis quatre semaines se confirmait, le ministère de l'Agriculture prévoit une «levée sectorisée» de la grande zone réglementée dite «coalescente», qui couvre actuellement quatre départements des Pays de la Loire. Une position qui correspond aux souhaits des professionnels. La logique sera différente de celle appliquée il y a quelques mois dans le Sud-ouest, où la levée des contraintes était intervenue uniformément sur l’ensemble des communes de la zone réglementée coalescente, qui avaient du attendre que les derniers foyers y soient déclarés indemnes. Dans l’Ouest, un redécoupage va être proposé par les autorités sanitaires de chaque département. Il doit permettre de relancer certaines zones réputées «stabilisées», dans une logique de levée «centripète». Dans ces zones, si une série d'opérations a été réalisée (recensement des foyers, de tous animaux en place, nettoyages, désinfections...), certaines mises en place pourront avoir lieu dès le 1er juin : des galliformes (poulets, poules, dindes...) en zone de protection (ZP) devenue ZSA (assainissement), et peut-être aussi des palmipèdes (oies, canards) en zone de surveillance. Au bout de 4 semaines sans incident en ZSA, des palmipèdes peuvent être mis en place.
Pac 2023: la Normandie présente sa déclinaison régionale
La région Normandie a présenté le 5 mai sa nouvelle politique agricole, qui s’adossera aux crédits européens dans le cadre de la déclinaison française de la Pac 2023-27. «Notre maquette sera dotée de 202,5 M€, un niveau équivalent » en comparaison de la précédente, indique la vice-présidente chargée de l’agriculture Clotilde Eudier. Pour cette nouvelle programmation, les régions perdent la gestion des Maec et de la bio, pour se concentrer sur les aides à l'installation et à l'investissement. Quatre défis sont retenus en Normandie : installation et transmission ; changement climatique, décarbonation, biodiversité, bien-être animal, nouveaux circuits de consommation ; création de valeur ajoutée ; formation. Absorbant 50 % du budget, l’investissement dans les entreprises agricoles (80 M€), alimentaires, la formation se taillent la part du lion. Grosse nouveauté: deux niveaux d’accompagnement des exploitations sont prévus. Le niveau medium bénéficie d’un taux d’aide de 20 % (plafond d’investissement : 150 000 €). Il cible les projets d’adaptation, visant de meilleures conditions de travail, à améliorer la vivabilité du système. Le niveau fort bénéficie d’un taux de 40 % (plafond : 400 000 €). «Cela concerne des projets plus innovants ou autour de la transition agro-écologique, des nouvelles pratiques», précise Clotilde Eudier.
Législatives: la Conf' se positionne en faveur de la nouvelle union de la gauche
A l'occasion de son assemblée générale, le 4 mai, la Confédération paysanne a adopté, par un «vote indicatif», non prévu à l'ordre du jour, et à une courte majorité (67 votes pour, 60 contre), une position de soutien à la Nouvelle union populaire écologique et sociale au prochaines élections législatives. En cours de construction, cette alliance politique réunira la France insoumise (LFI), EELV et le PCF, sous une bannière commune, et peut-être le Parti socialiste dont le bureau national doit encore valider l'accord conclu avec LFI. «Il y a un eu un vote, peu tranché, pour appeler à voter pour l'union populaire, mais qui nous engage à communiquer», a déclaré Nicolas Girod le lendemain. Les «termes et les moyens à mettre en oeuvre» pour formaliser cet appel restent à discuter, a précisé le porte-parole. Une réunion sur le sujet devrait se tenir en début de semaine prochaine. Nicolas Girod assure toutefois qu’une consigne de vote ne vaudrait pas blanc-seing : «Nous ne pouvons pas nous empêcher de nous exprimer plus fort, tout en restant lucides sur notre place, en continuant d’imposer un rapport de force quel que soit le gouvernement en place, a averti l'éleveur dans son discours de clôture. Il faudra être dans la rue et dans les champs, pour que ce qu’il peut y avoir dans les programmes prenne corps».
Bio: la Conf' demande des «aides d'urgence»
Deux jours avant son assemblée générale, la Confédération paysanne avait adressé, le 2 mai, un courrier au ministère de l'Agriculture pour lui demander de mettre en place «une aide d’urgence forfaitaire et le redéploiement du reliquat des aides à la conversion bio vers une aide à destination des producteurs déjà engagés en bio», rapporte le syndicat dans un communiqué paru le 4 mai. «Sans ces deux mesures, il est certain que les objectifs de transition écologique affichés par le gouvernement et notamment l'atteinte de 18 % de SAU française en bio en 2027 soient fortement remis en cause», estime la Conf'. Plusieurs filières bio traversent ces derniers mois des crises de marché (lait, viande, oeufs, fruits et légumes). «Il nous faut une aide d'urgence pour faire passer l'année aux agriculteurs, comme il y en a eu en production porcine en début d'année», plaide Jonathan Chabert, responsable de la commission Fruits et légumes. A plus long terme, le syndicat plaide pour une «régulation des marchés, une réforme de la Pac, des prix minimums d'entrée et une sécurité sociale de l'alimentation», rappelle l'agriculteur. Le syndicat souhaite aussi un renforcement de l'information publique sur les marchés bio.
Prédateurs: le loup réapparaît en Bretagne après plus d'un siècle d'absence
Un loup a été filmé par un appareil automatique le 4 mai dans le Finistère, département où sa présence n'avait pas été signalée depuis plus d'un siècle, a annoncé le lendemain la préfecture à Quimper. Le grand canidé a été filmé sur la commune de Berrien, dans les monts d'Arrée, dans le centre du département, indique la préfecture dans un communiqué. «Si la présence du loup dans le Finistère est une première depuis plus d'un siècle, l'espèce est connue pour sa grande capacité de dispersion», souligne-t-elle. Depuis le retour du loup en France dans les Alpes du Sud en 1992, l'espèce est ponctuellement mais régulièrement aperçue sur des territoires éloignés du coeur de population alpin, comme ça a été le cas dans les départements de la Vendée, la Charente-Maritime, la Loire-Atlantique ou le Calvados, selon la même source. L'observation réalisée dans les monts d'Arrée, d'un animal seul et éloigné des zones où l'espèce est installée, est caractéristique des individus en phase de dispersion, phénomène qui intervient deux fois dans l'année, au printemps et à l'automne. Les loups peuvent parcourir plusieurs centaines de kilomètres avant de se fixer, et ceci en quelques mois. «C'est la première observation avérée d'un loup (Canis lupus) dans le Finistère et la Bretagne administrative depuis sa disparition sous la pression de destruction au tout début du siècle dernier», indique pour sa part le Groupe loup Bretagne, qui vise à «anticiper» le retour du loup dans la région.
Chèque alimentaire promis par Macron: des associations dubitatives
Le «chèque alimentaire» promis par Emmanuel Macron pour aider les plus modestes à se fournir en produits alimentaires locaux, durables voire bio, risque de s'apparenter à un «gadget» qui ne permettra pas de régler durablement la question de la précarité alimentaire en France, ont mis en garde le 5 mai plusieurs associations. Evoqué depuis deux ans, ce projet censé entrer en vigueur cette année «est loin de répondre à toutes les questions de la lutte contre la précarité alimentaire», a fait valoir lors d'une conférence de presse un collectif associatif investi dans l'aide aux plus précaires. D'une part, les sommes évoquées sont trop modestes selon lui: de l'ordre de 30 à 50 euros par mois et par bénéficiaire alors qu'il faudrait au moins 120 euros par mois pour financer une alimentation correcte. Un tel système reviendrait à «donner des miettes» et à «faire l'impasse sur des solutions qui permettent de vivre dignement» sur le long terme, notamment l'augmentation des minima sociaux, a ainsi commenté Laurent Seux, du Secours catholique. Les associations craignent aussi que les fonds publics fléchés vers les chèques alimentaires se traduisent par autant de subventions en moins pour les associations déjà actives sur ces thématiques. Le «réseau Cocagne», qui gère des jardins bio à vocation d'insertion sociale, vient ainsi d'apprendre qu'il allait perdre 300.000 euros de subvention publique allouée à ses «paniers solidaires» et que le gouvernement aurait justifié cette mesure par le futur déploiement des chèques.
Commerce équitable: en hausse de 11% en 2021, les ventes dépassent les 2Mdr€
Les ventes de produits équitables ont connu une hausse de 11% en 2021 et dépassent pour la première fois les 2Mdrs€ (2,04Mdrs€ contre 1,83Mdrs en 2020), d’après les résultats de l’Observatoire du commerce équitable dévoilés le 5 mai par le collectif Commerce équitable France. Une croissance à contre-courant du marché global des produits de grande consommation (PGC) dont les ventes sont restées «atones» l’année dernière (-0,3% selon NielsenIQ). Le d.g. du label Max Havelaar, Blaise Desbordes, illustre le dynamisme des produits équitables par rapport aux autres filières en prenant l’exemple de la banane : «On est sur une croissance de 10% des ventes sur la banane labellisée bio et équitable, et à environ 3% sur le reste des bananes.» Les produits laitiers connaissent la croissance de vente la plus forte (44%), suivis du chocolat (28%). Après avoir tiré la croissance du commerce équitable pendant plusieurs années, les filières françaises passent derrière les filières internationales en termes de progression des ventes, soit respectivement +9 % et +12%. La déléguée générale de Commerce équitable France, Julie Stoll, souligne l’augmentation «assez extraordinaire» du nombre de références équitables en produits alimentaires (+36%), qui représentent 95% des produits équitables vendus en France.
Phytos : des impacts avérés sur la biodiversité et ses services rendus (expertise)
Une expertise Inrae et Ifremer, présentée le 5 mai, montrent des impacts «avérés» des phytos sur la biodiversité et les services écosystémiques. Tous les types de milieux sont contaminés, pointent-ils, sur la base de plus de 4 000 références scientifiques. Dans les espaces agricoles, les phytos contribuent au déclin des invertébrés terrestres (comme les insectes pollinisateurs, les coléoptères auxiliaires de cultures), d’invertébrés aquatiques et d’oiseaux communs. Les deux instituts citent de nombreux travaux identifiant des effets directs aigus, allant jusqu’à la mort d’individus, ou les effets d’une exposition chronique, parfois transmissibles entre générations. Côté services écosystémiques, l’expertise montre que l’usage des phytos affecte négativement la pollinisation et la régulation naturelle des ravageurs. Le cas du biocontrôle est par ailleurs abordé. Inrae et Ifremer confirment que la plupart des produits présentent de faibles persistance et écotoxicité, mais des exceptions demeurent. Quelques-uns montrent «une persistance et/ou une toxicité équivalentes voire supérieures » à leurs homologues de synthèse. Enfin, l’expertise pointe les limites de la réglementation européenne sur les phytos, qui « sous-estime l’effet cocktail» des substances et leurs éventuels effets indirects.
Commerce équitable: Max Havelaar labellise pour la première fois une filière française
L’ONG Max Havelaar a annoncé, le 5 mai, le lancement de produits laitiers labellisés Fairtrade/Max Havelaar en partenariat avec la coopérative Maîtres Laitiers du Cotentin, une première pour des produits «origine France». Deux références de fromages blancs seront commercialisées fin mai-début juin en grande distribution et en restauration collective. La recette est complétée par de la vanille et du sucre de canne, issus de filières certifiées par le label dans les pays du Sud. Il y a quelques mois, Max Havelaar avait fait part de sa volonté d’élargir sa certification équitable aux producteurs français et avait publié des cahiers des charges adaptés aux filières lait et blé. «Nous avons adapté notre cahier des charges en tenant compte du niveau de développement et des spécificités de l’agriculture française, tout en gardant les fondamentaux du commerce équitable», explique son directeur général Blaise Desbordes. Plusieurs coopératives laitières et céréalières se sont manifestées pour intégrer la démarche et obtenir la certification, dont la coopérative laitière de la Sèvre, la laiterie coopérative de Pamplie et le groupe coopératif Vivadour. En 2021, les ventes de produits labellisés Max Havelaar ont augmenté de 21% (1219 M€ de CA).
Lait in-vitro: une start-up va ouvrir la plus grande usine du monde au Danemark
La start-up israélienne Remilk a fait part de son intention d’ouvrir la plus grande usine du monde de lait in-vitro au Danemark, peut-on lire dans un article publié le 29 avril sur le site du Times of Israel. La société fondée en 2019 fabrique des protéines de lait issues de levures grâce à une technologie dite de «fermentation de précision». Son usine danoise, d'une superficie de près de 70 000 mètres carrés, sera située à Kalundborg, un port industriel au bord de la mer Noire. En janvier, l'entreprise avait réalisé un levée de fonds de 120 M$, un record dans ce secteur. Remilk compte parmi ses investisseurs la société de capital-risque américaine spécialisée dans le food-tech Rage Capital et le principal producteur de lait en Israël, Tnuva. La start-up a déjà déposé une demande d’autorisation de mise sur le marché auprès des autorités israéliennes et espère commercialiser prochainement ses protéines de lait sous formes de crèmes glacés, de fromages et de yaourts.
Retrouvez l'agenda de la semaine agricole du 9 mai
Samedi 7 mai
Salon Sous les pavés les vignes, à Paris jusqu’à lundi (vin naturel)
Mardi 10 mai
Conférence de presse de l’Etiquette bien-être animal
Conférence de presse de Syndilait sur l'actualité économique du secteur du lait de consommation
Visioconférence de l’Apecita sur l’horticulture
Conférence de presse du salon Val’hor (horticulture)
Signature d'un partenariat entre McCain, le Crédit agricole et le Gappi
Mercredi 11 mai
Conférence ministérielle sur les produits chimiques et l'environnement
Conférence de presse du Salon agriculture Nouvelle-Aquitaine, à Bordeaux
Conseil spécialisé FranceAgrimer Grandes cultures
Jeudi 12 mai
Conférence de presse du CNPO (œufs)
Grand angle ovin
Vendredi 13 mai
Table ronde Interfel Aura (Auvergne-Rhône Alpes)