Remaniement: Genevard reste à l'Agriculture, Pannier-Runacher à la Transition écologique
Dans un communiqué de presse le 5 octobre, la présidence de la République a annoncé que Sébastien Lecornu avait choisi de maintenir dans leurs fonctions Annie Genevard, ministre de l'Agriculture, et Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition écologique. En dehors des crises sanitaires en cours, la ministre de l'Agriculture a plusieurs chantiers à reprendre. En premier lieu, la négociation de la Pac post-2027 qui débute à Bruxelles. Annie Genevard doit également lancer les conférences de la souveraineté alimentaire, finaliser les Assises du sanitaire en élevage, initier l'équivalent pour les filières végétales, et présenter un plan pour les femmes en agriculture. Reste aussi à faire paraître les textes réglementaires d'application de la proposition de loi Entraves (p.ex. ICPE, stockage de l'eau) et de la loi d'orientation agricole (p.ex. droit à l'essai). A la suite de la censure du Conseil constitutionnel, la ministre devra décider si elle veut ou non relancer le dossier de l'acétamipride, avec un projet de loi de réautorisation. Une proposition de loi sur le partage de la valeur dans l'agrivoltaïsme attend également son examen. Au ministère de la Transition écologique, le sujet brûlant des aires de captage attend également un arbitrage d'ici la fin d'année, annoncé comme explosif. La Snanc (nutrition climat) était bloquée à Matignon, juste avant le changement de Premier ministre, la PPE (énergie) et la SNBC (bas carbone) restent à paraître. Enfin, la ministre du Tourisme devait lancer une mission parlementaire sur l'agritourisme, qui doit être confirmée.
Bovins/DNC : cas en Espagne, mise en place d'une zone de surveillance en France
La confirmation d’un foyer de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) dans un élevage de Catalogne, en Espagne, a conduit le 4 octobre les autorités françaises à mettre en place une «zone réglementée» de l’autre côté des Pyrénées, interdisant notamment les mouvements de bovins. «Un foyer de dermatose nodulaire contagieuse bovine (DNC) a été confirmé ce samedi 4 octobre dans un élevage de veaux en Espagne (commune de Castello d’Empuries - Catalogne)», indique le ministère français de l’Agriculture dans un communiqué publié dans la soirée. «Ce foyer en Espagne conduit à la mise en place d’une zone de surveillance dans le département des Pyrénées-Orientales concernant 75 communes», indique le ministère, précisant que la liste de mesures prises était «prescrite ce jour par arrêté préfectoral». «En particulier, les mouvements de bovins sont interdits dans, vers et à partir de cette zone, à des fins d’élevage, le temps d’observer le caractère éventuellement évolutif de la situation sanitaire dans cette zone et en Espagne», prévient le ministère. «La décision de vacciner les bovins détenus dans cette nouvelle zone réglementée sera prise en début de semaine prochaine en concertation avec les parties prenantes professionnelles», ajoute-t-on de même source. La France «dispose d’un stock suffisant de doses vaccinales pour une campagne de vaccination supplémentaire», assure le ministère.
Bovins/DNC : levée de la zone de protection dans les Savoies et l'Ain
La zone de protection autour des foyers de dermatose nodulaire contagieuse (DNC) des bovins a été levée dans les Savoies et dans l’Ain, suite à «l’évolution favorable de la situation sanitaire», ont indiqué le 4 octobre les autorités préfectorales. «La préfète de l’Ain informe que, suite à l’évolution favorable de la situation sanitaire et à l’absence de nouveau foyer, ce samedi, la zone de protection restant en place autour de la DNC des bovins survenus entre le 29 juin et le 6 septembre dans les départements de Savoie, Haute Savoie et de l’Ain, est levée», a indiqué la préfecture de l’Ain dans un communiqué. Cette zone compte plus de 200 communes dont 75 dans l’Ain qui sont donc rétrogradées en «zone de surveillance», au lieu de «zone de protection», allégeant ainsi les conditions de mouvements des animaux. Le premier cas de DNC a été détecté le 29 juin en Savoie, avant que cette maladie ne se propage rapidement dans une petite région de montagne comprenant l'Ain, avec un dernier cas le 6 septembre. Deux semaines plus tard, alors qu'aucun foyer n'avait été signalé, un nouveau cas s'est déclaré le 18 septembre, dans le Rhône, en dehors de la première zone, ouvrant ainsi un nouveau zonage réglementé, qui couvre, pour la vaccination, un nombre similaire de bovins.
Loup : en Grèce, un premier cas confirmé d'hybride chien-loup (ONG)
L'ONG grecque Callisto, spécialisée dans la faune sauvage, a annoncé le 3 octobre qu'un premier cas confirmé d'hybride chien-loup avait été identifié en Grèce, grâce à des analyses génétiques. « C'est le premier [cas] génétique confirmé en Grèce », a déclaré une biologiste de Callisto, Aimilia Ioakimeidou, lors d'une conférence de presse à Athènes. Selon des analyses génétiques, l'animal, dont des échantillons d'ADN ont été découverts près de la ville de Thessalonique (nord), est à 45 % loup et à 55 % chien. Ce cas a été découvert lors d'analyses de 50 échantillons de loups récoltés en Grèce continentale, a indiqué Mme Ioakimeidou. La population de loups, espèce protégée en vertu de la Convention de Berne, n'a cessé de croître en Grèce, s'établissant à 2 075 individus, selon une récente étude s'étalant sur six ans conduite par Callisto. L’ONG est actuellement engagée dans une opération de recherche visant à localiser un loup qui a attaqué et blessé une fillette de 5 ans le 12 septembre dans le nord de la Grèce. Cette attaque a relancé les appels pour un contrôle du nombre de ces animaux dans le pays, des chasseurs et agriculteurs réclamant le droit de pouvoir en abattre.
Loup : en Corrèze, le ton monte autour d’une « battue » organisée par FDSEA-JA
Alors que les élevages du plateau de Millevaches (ouest du Massif central) subissent de nombreuses attaques de loups, une manifestation a rassemblé « plus de 150 agriculteurs, chasseurs et élus » le 1er septembre à Saint-Merd-Les-Oussines, selon la page Facebook de la FDSEA de Corrèze. Placée sous le mot d’ordre « Stop au massacre : battue au loup ! », l’action a d’abord été interdite par le préfet, en raison des risques de « troubles à l’ordre public importants » et du statut d’espèce protégée du loup, rapporte Ici (ex-France bleu). Elle a finalement pu se tenir sous la forme d’un simple rassemblement. Avant la manifestation, le président de la FDSEA Emmanuel Lissajoux expliquait à La Montagne : « Ce sera un rassemblement avec un parcours sur les chemins et à travers les bois. On va faire du bruit. On ne va pas y aller avec des fusils armés. On va juste reproduire une battue. » « On assume d’avoir voulu faire une battue parce que l’urgence est là », a-t-il ensuite déclaré devant ses troupes le 1er octobre. M. Lissajoux évoque des attaques « quotidiennes » avec « 200 brebis » tuées depuis le début de l’année dans cette zone de colonisation du loup, où une reproduction a pu être prouvée. Après l’abaissement du statut de protection du loup en Europe, le gouvernement français prévoirait de faciliter les tirs de défense, en les rendant possibles sur simple déclaration.
Dénominations viandes : des ONG plaident pour ne pas restreindre l’usage aux produits végétaux
Dans une lettre ouverte publiée début octobre, une coalition d’ONG (dont Greenpeace, EEB, Birdlife, Eurogroup for animals) appelle Bruxelles à arrêter l'interdiction par l'UE « des termes « viande » de bon sens » pour les produits à base de plantes. La Commission européenne a, en effet, proposé de rouvrir, le 16 juillet, le règlement sur l’Organisation commune des marchés (OCM), afin de réserver une liste de 29 noms aux produits carnés. A cela s’ajoute un amendement du Parlement européen dans le cadre de la révision ciblée de l’OCM (rapport Imart) destiné à protéger les dénominations carnées pour la viande. Pour les signataires, « cette mesure risque de ralentir la transition vers des régimes alimentaires plus sains et plus durables, axés sur les végétaux ». En outre, les ONG estiment que cela va à l’encontre d’une décision de la Cour de justice de l'UE qui précise que la législation actuelle est déjà suffisante pour protéger les consommateurs et que les consommateurs ne sont pas induits en erreur. Dans cette optique, une pétition a été lancée pour appuyer leur mouvement et demander aux décideurs politiques de rejeter ces textes en l’état.
Charcuterie : moins d’entreprises dans le rouge, mais la filière reste fragile (Banque de France)
Le rapport réalisé par Banque de France pour la Fict (industrie charcutière) sur la situation financière des entreprises montre une légère remontée du taux de marge nette en 2024, mais une trésorerie aussi précaire qu’en 2023 et un taux d’investissement toujours insuffisant. Banque de France compte un quart d’entreprises déficitaires en 2024, contre un tiers en 2023. Mais ce qui inquiète la Fict dans son communiqué du 2 octobre est le niveau moyen de résultat courant avant impôt, qui a baissé de 30% depuis 2020, à 2% (vs 3,9% pour les IAA). « On est bien loin des 5% dont ont besoin les entreprises pour financer leur modernisation et les transitions écologiques et énergétiques », souligne la fédération, qui réitère sa demande d’un meilleur partage de valeur avec la distribution, alors que les négociations annuelles approchent. Dans le détail, le taux de marge nette s'élève à 1,7% en 2024, contre 1% en 2023 (et 2,7% en 2021). La trésorerie des entreprises représente en moyenne 13 jours de chiffre d’affaires en 2024, contre un mois en 2022. Le taux d’investissement de 19% en 2024 est en baisse de 20% par rapport à 2022 et de 30% par rapport à 2021.
Œufs : en Suède, la ponte en cage a disparu sans contrainte réglementaire (ONG)
Les éleveurs de poules pondeuses en Suède abandonnent l’élevage en cage pour tout débouché, a salué la Fondation Droit animal éthique et science (LFDA) le 19 septembre sur son site internet, après s’être entretenue avec Benny Andersson, p.-d.g. de l’association suédoise Project 1882, qui a fait pression sur les distributeurs et industriels de l’agroalimentaire dans ce pays. D’après LFDA, la Suède est le premier pays européen à avoir éliminé les cages de sa filière œufs. Engagée depuis la fin du XIXe siècle contre l’élevage intensif, Project 1882 a reçu la confirmation cette année qu’aucun industriel du pays ne s’approvisionnait plus en œufs pondus dans des cages en Suède. L’association suédoise se félicite d’avoir recueilli 50 000 signatures pour l’initiative des citoyens européens « Fin de l’âge des cages ». D'après nos confrères des Marchés (groupe Réussir) – qui s'appuyaient sur les données de la Commission européenne pour 2021 –, la Suède faisait partie des pays de l’UE comportant moins de 20 % de poules élevées en cage, avec l’Allemagne, le Danemark et les Pays-Bas. L’élevage au sol dominait (77 %) déjà largement. Au début de 2025, considère-t-elle, il ne restait que 1 % de poules élevées en cage en Suède.
Restauration collective : l’Anses prône la baisse des produits animaux, les filières vent debout
Un collectif réunissant les interprofessions lait, viande, oléoprotéagineux, et fruits et légumes, une fédération de nutritionniste ainsi que trois organisations de la restauration collective s’oppose à la publication de l’avis rendu le 25 septembre par l’Anses sur la révision de l’arrêté de 2011 relatif à la qualité nutritionnelle des repas servis dans le cadre de la restauration collective. Dans un courrier envoyé au Premier ministre Sébastien Lecornu le 3 octobre, que publie Agra presse, ils estiment que cette évaluation remet en cause « les nombreux mois de travail » de co-construction au sein du Conseil national de la restauration collective (CNRC). Et d’ajouter qu’elle a été présentée de manière « superficielle », à deux semaines de l’arbitrage final sur le projet de révision, le 7 octobre. Selon plusieurs sources proches du dossier, l’avis de l’Anses préconiserait « des baisses drastiques » de certaines recommandations, en particulier sur la fréquence de consommation des produits laitiers. Plus précisément, contrairement à l’arrêté de 2011, l’Anses ne prévoit plus la présence d’un produit laitier pour la quasi-totalité des repas scolaires. L’avis évoquerait également une réduction de la viande, sans que nous n’ayons pu avoir accès à des chiffres précis. Pour les signataires du courrier envoyé à M. Lecornu, ces recommandations ne tiennent pas compte, en outre, « de la couverture des besoins nutritionnels des enfants » ; ils jugent « inconcevable » que l’avis de l’Anses soit annexé au projet de révision de l’arrêté de 2011.
Santé/climat : EAT-Lancet plaide pour moins de viande et une refonte du système agroalimentaire
Six ans après sa première publication, la Commission EAT-Lancet réaffirme, dans un rapport publié le 2 octobre dans The Lancet, qu’une alimentation majoritairement végétale et une profonde transformation des systèmes agroalimentaires sont indispensables. Au cœur de ses recommandations figure le régime de santé planétaire (Planetary Health Diet, PHD), qui préconise une alimentation majoritairement végétale, limitant la viande rouge (bœuf, mouton, porc) à 14 g par jour et réduisant strictement graisses saturées, sucres ajoutés et sel. Selon la Commission – composée d’experts de plus de 35 pays –, les données les plus récentes montrent que ce régime est associé à une importante réduction de la mortalité toutes causes confondues, à un déclin de l’incidence des maladies chroniques liées à l’alimentation et à une meilleure santé globale. Son adoption permettrait d’éviter 15 millions de décès prématurés par an et de réduire de 15 % les émissions agricoles mondiales de CO2. Au-delà de l’évolution de nos régimes alimentaires, le rapport plaide pour une refonte des systèmes agroalimentaires (agroécologie, réduction des pesticides, protection des écosystèmes, lutte contre le gaspillage…). Il estime qu’elle pourrait engendrer 5 000 milliards de dollars (environ 4 700 milliards d’euros) par an, soit dix fois l’investissement nécessaire à ladite transformation.
OCM : la question des contrats écrits obligatoires au centre des attentions des eurodéputés
Alors que la session plénière Parlement européen se prononcera, le 8 octobre, sur la révision ciblée du règlement OCM de la Pac, la question de l’obligation de contrats écrits lors des transactions entre l’agriculteur et l’acheteur reste encore en suspens. Plusieurs amendements ont donc été déposés au rapport de la Française Céline Imart (PPE, droite). Certains eurodéputés allemands, belges et irlandais issus des groupes PPE (droite) et Renew (centre) contestent ainsi le caractère obligatoire et souhaitent accorder de la flexibilité aux États membres dans le choix d’utiliser ou non ces contrats écrits. En outre, ils avancent que certaines exemptions devraient être prévues dans le règlement dans le cas où les contrats écrits obligatoires sont choisis par un Etat membre. De leur côté, les Verts poussent pour intégrer certains facteurs pertinents comme les coûts de production et les conditions du marché dans les contrats « afin que les agriculteurs reçoivent systématiquement un prix couvrant leurs coûts de production ». Une fois l’aval de Strasbourg obtenu, des négociations interinstitutionnelles devront s’engager avec le Conseil de l’UE pour définir le texte définitif.
Simplification de la Pac : quelques ajustements encore en discussion à l'approche du vote du Parlement européen
En vue de l’examen par le Parlement européen de sa position sur le paquet de simplification de la Pac, présenté au printemps et portant notamment sur l’allègement de la conditionnalité, une douzaine d’amendements ont été déposés au rapport déjà adopté en commission de l’Agriculture. Le vote en plénière se tiendra le 8 octobre à Strasbourg. Parmi ces ajustements, certains venant du groupe social-démocrate visent à rétablir le lien entre les plans stratégiques de la Pac et les obligations de la stratégie « De la ferme à la table ». Les Verts souhaitent annuler l’assouplissement proposé pour les prairies permanentes de porter leur pourcentage, sur la période, de 5 à 10 % au niveau national. La centriste allemande Christine Singer estime, elle, que les agriculteurs bio en conversion et les surfaces en zone Natura 2000 devraient, comme le bio, bénéficier d’une exemption de certaines obligations de la conditionnalité. Enfin, pour le PPE (droite), Céline Imart propose d’obliger les États membres à verser une aide de crise aux agriculteurs touchés par des catastrophes naturelles au titre du développement rural. Une fois cette position définitivement adoptée, des négociations pourront s’ouvrir avec le Conseil de l’UE en vue de parvenir rapidement à un accord. L’objectif étant que les nouvelles dispositions entrent en application dès début 2026.
Soja/taxes américaines : Washington promet une aide « substentielle » à ses agriculteurs
Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a affirmé à la chaine américaine CNBC, le 2 octobre, que l’administration Trump était en train de préparer « un soutien substantiel [aux] agriculteurs » et « en particulier aux producteurs de soja » qui devrait être dévoilé le 7 octobre. Selon le Wall Street Journal, qui cite un responsable anonyme, ce soutien pourrait être de l’ordre de 10 à 14 Md$. Cette annonce intervient au moment où Donald Trump a fait savoir qu'il allait rencontrer son homologue chinois Xi Jinping en marge du sommet de l’APEC (Coopération économique Asie-Pacifique) fin octobre en Corée du Sud pour évoquer la question du soja. Il faut dire qu’en raison des fortes tensions commerciales et géopolitiques sino-américaines, Pékin a drastiquement réduit ses achats de soja aux Etats-Unis causant des difficultés pour la filière. Un point sur lequel a insisté Scott Bessent. « Il est regrettable que les dirigeants chinois aient décidé d’utiliser les agriculteurs américains, notamment les producteurs de soja, comme otages ou pions dans les négociations commerciales », a-t-il ainsi souligné. Au cours du premier mandat Trump, une situation similaire s’était produite, la Maison Blanche avait alors dégainé un plan de soutien de 28 Md$.
Phytos et semences : Corteva va scinder ses activités en deux sociétés l'an prochain
Corteva a annoncé, le 1er octobre, son intention de scinder ses activités en deux sociétés distinctes, dès 2026. La première « New Corteva » reprendra l’activité actuelle de protection des cultures (herbicides, fongicides, insecticides et biosolutions) tandis que « SpinCo » regroupera l’activité semences avec les marques Pioneer et Brevant. À l'issue de la scission, l'actuel président de Corteva, Greg Page, deviendra président de New Corteva, tandis que l'actuel PDG de Corteva, Chuck Magro, deviendra PDG de SpinCo. La composition complète des conseils d'administration et des équipes de direction des deux sociétés sera détaillée ultérieurement. « Pour l'avenir, nous voulons positionner au mieux les deux entreprises afin qu'elles s'imposent sur leurs marchés respectifs et accélèrent la création de valeur pour les actionnaires », a déclaré Chuck Magro dans un communiqué publié par le groupe. Il ajoute : « Les marchés des semences et de la protection des cultures ont évolué, et nous constatons par conséquent que les opportunités qui s'offrent aux deux entreprises divergent. C'est le moment idéal pour agir afin de rester en tête du marché ». L’annonce de cette scission a fait chuter les actions de Corteva de 7 %. (Anne Gilet)
Échalote traditionnelle : reforme du prococole OCVV lancée, les Bretons opposés
L’assemblée générale du Collectif de l’échalote traditionnelle de Bretagne mi-septembre, a fait le point sur l’épineux dossier des variétés, d’origine néerlandaise, vendues sous le nom d’«échalotes de semis» alors que la profession les considère comme des oignons. En 2024, les démarches entreprises ont abouti au retrait du catalogue européen des espèces potagères de deux variétés d’oignons inscrites dans la catégorie échalote : Innovator et Davidor. «Début septembre, l’Office communautaire des variétés végétales (OCVV) a réuni tous les opérateurs européens», explique Bernard Cadiou, président du Collectif contacté par Agra Presse, «Un consensus sur le calendrier de la réforme du protocole échalote, voulue par l’OCVV, a été trouvé. Nous sommes contre la révision d’un dispositif convenant aux producteurs nord finistériens ». Il a été acté que les parties se revoient au printemps prochain aux Pays Bas (pour la France, le Collectif, Cerafel et la section nationale Échalote). Le sujet est vital pour le Collectif (100 producteurs, 16 négociants, 25 000 tonnes de production). « Nous sommes engagés dans une démarche IGP, avec l’espoir du présentation du dossier au comité national de l’INAO début 2026. L’échalote issue de semences met en péril notre production et les chances d’obtenir ce signe de qualité »
Myrtilles : vers une « crise d’identité » des variétés de gros calibre (filière internationale)
Selon une analyse de l’Organisation internationale de la myrtille (OIM), l’évolution de la génétique au niveau mondial améliore la qualité du fruit, mais elle suscite aussi des interrogations au sein de la filière myrtilles. Selon l’OIM, la demande des consommateurs pour des fruits de qualité supérieure a favorisé le développement de nouvelles variétés aux caractéristiques améliorées (fermeté accrue, saveur plus sucrée, durée de conservation allongée, apparence soignée). « L'amélioration des variétés de myrtilles a donné une qualité moyenne stable et permis une plus grande segmentation vers le haut de gamme », indique le rapport. Les producteurs s'inquièteraient toutefois que les myrtilles de gros calibre soient automatiquement associées au concept de « premium », alors qu'« elles n'ont que peu à voir avec la qualité ou la saveur. Ce segment sera confronté à une crise d'identité au cours des deux à trois prochaines années », est-il indiqué. L’évolution variétale aurait aussi créé un décalage saisonnier sur les principaux marchés du Nord, notamment aux États-Unis, au Canada et dans certaines régions d'Europe : « Durant l'été, les volumes nationaux diffèrent sensiblement, tant en apparence qu'en qualité gustative, de ceux des variétés de bleuets importées du Sud, disponibles le reste de l'année », précise le rapport.
Kiwi : deux nouveaux essais d'agrivoltaïsme, sur kiwi jaune dans le Gard
Le Domaine des Coteaux et le fabricant de serres agrivoltaïques Reden ont inauguré le 25 septembre deux serres agricoles photovoltaïques sur 6 ha au global, récemment mises en culture au Domaine des Coteaux avec la nouvelle variété de kiwi à chair jaune Kikoka. L’objectif est double : monter en puissance sur la production de kiwi jaune dont le segment est en forte croissance et fournir de l’électricité pendant au moins trente-cinq ans auprès de 1 500 foyers sur la commune de Générac dans le Gard où est implantée l’entreprise de production. Pour rappel, Kikoka est le nouveau projet mondial de kiwi jaune comportant deux variétés sélectionnées par NKP (New kiwi plant) entre autres pour leur goût, leur aptitude à la conservation, leur tolérance à la bactériose (PSA), et coordonné par le consortium italien Rivoira. 1 500 ha ont été attribués à douze entreprises en Europe. En France, il implique le groupe Innatis (plantations déjà amorcées chez Domaine des Coteaux mais aussi Cardell et Pomanjou) et Savajols, qui s’engagent à planter dans les cinq ans à venir 150 ha chacun. (Florence Rabut)
Sécurité sociale : les trois axes portés par la MSA dans les négociations du COG
A l’occasion d’une conférence de presse le 2 octobre, François Serpaud, premier vice-président de la MSA, a détaillé les trois axes que cette dernière va mettre en avant dans les négociations avec le gouvernement de la convention d'objectifs et de gestion 2026-2030. « Le premier sera d’assurer l’excellence de la protection sociale et augmenter le service rendu aux adhérents en simplifiant l’accès à la source, renforçant les contrôles internes contre la fraude et avoir une approche multicanal sur le non-recours », a-t-il expliqué, vantant le guichet unique, « adapté aux spécificités territoriales et agricoles ». Le deuxième axe porte sur une « santé intégrée » (One Health) incluant la préservation de l’humain (transition professionnelle, relève générationnelle), environnemental et animal. Sans surprise, le troisième et dernier axe concerne les moyens humains et financiers. Les négociations ont débuté courant juin. « Nous finalisons la phase 1 qui définit les thèmes retenus », a précisé Anne-Laure Torresin, directrice générale. Ensuite la phase 2 portera sur les moyens à engager pour tous les fonds et les niveaux de résultats par objectif. Une dernière phase réglera les sujets restant ». La MSA espère que sa convention d'objectifs et de gestion pourra être bouclée pour le début de l’année 2026.
MSA : « pas de position figée » après le rapport de la Cour des comptes, selon son président
Lors d’un point presse le 2 octobre, Jean-François Fruttero, président de la CCMSA, a tenu à réagir au rapport de la Cour des comptes sur l’action de la Sécu agricole durant la période 2020-2025. Un point noir, selon les sages de la rue Cambon, portait sur la gouvernance. « La nomination de plusieurs directeurs généraux, nous y tenons. Contrairement au régime général, nos délégués sont des élus. Cela fait sens. Il n’y a pas de débat », a-t-il martelé. En revanche, le président reconnait que la représentation entre salariés et non-salariés agricoles était « un sujet à évaluer, mais dans le respect des enjeux de chacun. La démographie des non-salariés agricoles évolue et se complexifie. Il n’est pas question de créer une confrontation entre les deux. » Récemment, la CFDT Agri-Agro avait contesté l’élection du premier vice-président et appelé à une évolution des modes de scrutin. La Cour souhaitait aussi que la MSA aille plus loin sur l’immobilier. Pas opposé à la recommandation de la Cour des comptes, Jean-François Fruttero a rappelé que les comportements des adhérents changeaient (fréquentation des maisons de santé dans lesquelles la sécurité sociale agricole participe aussi), ce qui influe sur le nombre de visites dans la grande majorité des sites de production et d’accueil de la MSA : « Une réflexion sur le fond concernant l’implantation territoriale est envisageable. Nous ne sommes pas dans une position figée. »
Ministère de l'Agriculture : papy-boom et délégation grèvent les compétences agricoles des agents
Dans un rapport sur la gestion de l'expertise du ministère de l'Agriculture, paru le 2 octobre, le CGAAER constate que l'administration est confrontée à deux phénomènes qui, « à l'échelle d'une génération », ont des « conséquences négatives lourdes » sur les compétences agricoles et agroalimentaires des agents : le papy-boom et l'essor de la délégation. Le papy-boom « a fragilisé la transmission naturelle de savoirs et savoir-faire, les jeunes en situation d’en bénéficier n’étant pas assez nombreux », constatent les hauts fonctionnaires ; la « simple diffusion des compétences au sein des communautés » ne suffit plus, et le tutorat peine à pallier faute de moyens suffisants. Ensuite, l'évolution des missions et le développement de la délégation entraîne une « diminution des occasions d’entraîner et améliorer [les] compétences techniques » des agents. Et de citer la fin des « missions d'ingénierie publique », des « avertissements agricoles », ou de l'« instruction des dossiers Feader ». Pour résoudre ce problème, les auteurs du rapport proposent notamment un « comité stratégique de l'expertise », sous la présidence du secrétariat général du ministère, pour définir les besoins d'ici cinq à dix ans.
Assemblée nationale : Travert retourne à la présidence de la Coméco
L'ancien ministre de l'Agriculture Stéphane Travert a été réélu, le 2 octobre, à la présidence de la commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale. Le député EPR (macroniste) de la Manche avait déjà occupé ce poste en 2024. En charge du secteur agricole, la commission des Affaires économiques est le passage obligé des textes législatifs avant leur examen en séance plénière. Elle a également un rôle de contrôle de l'action du gouvernement par des missions d'information sur des sujets précis.