Réglement pesticides : la présidente de la Commisison européenne propose le retrait du texte
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a proposé, le 6 février en ouverture de la session plénière du Parlement européen à Strasbourg, le retrait de la proposition de règlement sur l’utilisation durable des pesticides. Cette proposition, a-t-elle souligné, «est devenue un symbole de polarisation», rejetée fin novembre par le Parlement européen. Et «il n’y a plus aucun progrès au Conseil de l’UE non plus, je vais donc proposer au collège de retirer ce texte», a ajouté la présidente de la Commission européenne. Elle assure toutefois que «bien sûr les sujets demeurent. Nous allons réfléchir à un nouvelle approche plus mûrie en concertation avec les parties prenantes». Ursula von der Leyen compte sur le dialogue stratégique sur l’agriculture, lancé fin janvier et dont les conclusions sont attendues pour le mois de septembre, afin de fixer un nouveau cap. La présidence belge du Conseil de l’UE tentait depuis début janvier de sauver le texte. Elle en avait proposée une version allégée supprimant les dispositions visant à fixer des objectifs chiffrés de réduction des pesticides, ainsi que celles limitant leur utilisation dans les zones dites sensibles, et se concentrant sur le déploiement de la lutte intégrée et des molécules de biocontrôle.
Climat : un nouvel objectif européen ambitieux pour 2040 qui épargne l’agriculture
La Commission européenne a proposé, le 6 février, un nouvel objectif climatique pour l’UE à l’horizon 2040, recommandant de viser une baisse nette des émission de gaz à effet de serre de 90% par rapport à 1990 pour atteindre, comme convenu, la neutralité carbone en 2050. Contrairement à ce qui a pu être initialement envisagé, la communication (non contraignante) mise sur la table ne prévoit aucun réel objectif pour le secteur agricole. Bruxelles se contente de vanter les mérites d’une approche globale du secteur alimentaire jugée «plus efficaces que d’examiner le secteur de l’agriculture isolément, car de nombreuses décisions avec un grand potentiel d’atténuation sont prises en dehors des exploitations agricoles» (fabrication d’engrais, réduction du gaspillage alimentaire, choix alimentaires des consommateurs…). La Commission européenne souhaite donc promouvoir des «politiques efficaces qui récompensent les bonnes pratiques» pour réduire les émissions du secteur tout en améliorant l’absorption du carbone dans les sols et les forêts.
UE/Mercosur : l’Allemand Olaf Scholz vole au secours de l’accord commercial
À l’occasion d’une visite diplomatique du Premier ministre français en Allemagne le 5 février, le chancelier allemand Olaf Scholz a réaffirmé, en conférence de presse, son soutien à la conclusion de l’accord de libre-échange entre l’UE et le Mercosur, en opposition à la position de la France que Gabriel Attal a rappelée. «Les négociations avec les pays du Mercosur sont en cours depuis 20 ans déjà. Il n'est pas si étonnant qu'on ait le sentiment qu'elles doivent aboutir et que l'on souhaite qu'elles aboutissent», a insisté Olaf Scholz. Ce discours n’est pas nouveau mais il intervient alors que l’industrie automobile allemande a récemment demandé à séparer certaines parties du texte, dont les négociations commerciales ont été conclues en 2019, afin que les dispositions abaissant les droits de douane puissent s’appliquer plus rapidement. Pour l’heure, face à la contestation du monde agricole dans l’UE et en réponse aux demandes de la France, la Commission européenne a déclaré le 30 janvier, que «les conditions pour conclure des négociations avec le Mercosur ne sont pas réunies» tout en s’engageant néanmoins à poursuivre les discussions techniques.
Bio : la Fnab manifeste devant l’Assemblée nationale le 7 février, le Modef solidaire
Les agriculteurs bio de la Fnab appellent à une mobilisation le 7 février à 13 heures devant l’Assemblée nationale, a confirmé son président, Philippe Camburet, à Agra Presse. Elle entend ainsi «défendre la voie vers une transition agroécologique ambitieuse» comme le rapporte France info. La fédération reste sur sa faim après l'annonce de Gabriel Attal, le 26 janvier suite aux manifestations agricoles, d'ajouter 50 M€ dans les dispositifs d’aide aux producteurs bio pour «accompagner l’ensemble des agriculteurs en difficulté». «Les agriculteurs et agricultrices bio se sentent les grands laissés pour compte de la négociation. Si la demande d’un plan d’urgence bio figurait bien dans les revendications, les bios n’ont pas été défendus à hauteur de leurs pertes réelles», ajoute la Fnab. Elle dénonce aussi la suspension du plan Ecophyto: «Ce plan on l’attendait depuis longtemps notamment parce qu’il devait apporter des réponses à des producteurs qui aujourd’hui sont contaminés par les herbicides de leurs voisins sans être indemnisés». Par communiqué, le Modef a annoncé qu’il se joindrait à cette manifestation. Le syndicat demande particulièrement un soutien renforcé de 271 millions d’euros à la filière et une revalorisation des écorégimes des fermes bios à 145 €/hectare/an.
Bulgarie: des agriculteurs bloquent des dizaines de routes, contre les normes et les importations
Des agriculteurs bulgares ont manifesté le 6 février dénonçant à leur tour les importations d'Ukraine, des conditions précaires et des normes écologiques européennes jugées excessives. «C'est un enfer! Nous sommes sur la corde raide», a déclaré à l'AFP Ventsislav Mitkov, un petit producteur de céréales de 42 ans venu manifester à Breznik (ouest). «De nombreux agriculteurs risquent la faillite d'ici six mois si nous ne recevons pas les subventions qui nous sont dues et des dédommagements face à la concurrence déloyale ukrainienne». Brandissant le drapeau bulgare et actionnant leurs klaxons, des centaines de tracteurs ont entravé la circulation à travers le pays des Balkans. Les protestataires menacent d'étendre leurs actions dans les prochains jours. Le Premier ministre Nikolay Denkov a promis de «débloquer au plus vite l'aide pour ceux qui en ont vraiment besoin» et de s'entretenir avec Bruxelles. En première ligne, la Commission européenne a enterré mardi un projet législatif visant à réduire l'usage des pesticides, dans un nouveau gage donné aux agriculteurs. La grogne monte aussi contre l'exemption de tarifs douaniers accordée en 2022 aux produits agricoles ukrainiens. Devant l'afflux de céréales bon marché sur le sol bulgare, le secteur dénonce de longue date cette concurrence «faussée», avec déjà des manifestations au printemps 2023.
Grèce/intempéries: les agriculteurs veulent accentuer leur mobilisation
Les agriculteurs grecs ont annoncé le 6 février vouloir accentuer leur mobilisation en bloquant les autoroutes du pays et converger vers Athènes avec leurs tracteurs, une protestation similaire à celle de leurs collègues dans d'autres pays européens. Lors d'un rassemblement à Larissa, chef-lieu de Thessalie (centre), l'une des principales plaines du pays ravagée par les inondations et les feux l'année dernière, les syndicats des agriculteurs ont demandé une réduction des coûts de production, surtout de l'électricité et une exonération de l'impôt sur les carburants, selon l'agence grecque Ana. Les syndicats des agriculteurs réclament également des subventions pour l'équipement et pour les aliments pour animaux ainsi que la renégociation du nouveau pacte agricole européen. La semaine dernière des centaines d'agriculteurs en colère se sont rassemblés avec 300 tracteurs en marge du principal salon agricole, à Thessalonique (nord) pour demander l'accélération du versement des aides financières à ceux touchés par les catastrophes naturelles. Après une première aide d'urgence de 2.000 et 4.000 euros versée respectivement aux agriculteurs et éleveurs l'année dernière, le gouvernement a promis une nouvelle aide qui doit être désormais portée «à 5.000 et 10.000 euros».
Lactalis perquisitionné mardi dans une enquête pour fraude fiscale aggravée
Le siège de plusieurs sociétés du géant mondial du lait Lactalis a été perquisitionné le 6 février dans le cadre d'une enquête du parquet national financier (PNF) ouverte pour fraude fiscale aggravée et blanchiment de fraude fiscale aggravée, a indiqué une source judiciaire à l'AFP, confirmant une information du Monde. Une source proche du dossier a précisé qu'elles avaient visé le siège du groupe à Laval (Mayenne), ses bureaux à Paris et l'hôtel particulier de son dirigeant, Emmanuel Besnier, également situé dans la capitale. Les enquêteurs s'intéressent aux années 2009-2020: le montant des droits susceptibles d'avoir été éludés sur cette période est «évalué à ce stade à plusieurs centaines de millions d'euros», selon la source judiciaire. S'agit-il d'une fraude fiscale massive ? «L'enquête a justement pour objet de vérifier si une fraude a été commise et, le cas échéant, d'évaluer plus précisément le montant des droits éludés», a souligné la même source. Le PNF a ouvert une enquête en 2018 pour blanchiment de fraude fiscale aggravée «portant sur des suspicions de minoration de son bénéfice imposable par le groupe Lactalis», a indiqué la source judiciaire. Ces investigations ont ensuite été étendues aux chefs de fraude fiscale aggravée après la réception par le PNF, en 2019, d'un signalement de la Confédération paysanne puis, en 2022, de dénonciations fiscales obligatoires émanant de l'administration fiscale, explique la source judiciaire.
Négociations commerciales : Bercy a identifié 124 contrats ne respectant pas Egalim
Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a annoncé, le 5 février, avoir identifié 124 contrats, signés entre industriels et distributeurs dans le cadre des négociations commerciales, qui ne respectent pas la loi et a envoyé des injonctions pour contraindre les entreprises concernées à s'y conformer. Le gouvernement a annoncé vouloir renforcer le contrôle des contrats signés dans le cadre des négociations commerciales, afin de s'assurer qu'ils sont en conformité avec la loi Egalim. Des contrôles sur l'origine française des produits ont aussi été lancés. Sur «1000 contrats signés» entre les «grands industriels» et les «cinq grands distributeurs», «124 contrats ne respectent pas les règles de la loi», a affirmé Bruno Le Maire dans l'émission C à vous, diffusée sur France 5. «J'ai donc envoyé des injonctions à tous les industriels et tous les distributeurs» dont les contrats ne sont pas conformes, a poursuivi le ministre. Les entreprises concernées ont «quinze jours» pour se conformer à la loi, menace Bruno Le Maire qui rappelle que l'amende encourue peut aller «jusqu'à 5 millions d'euros», promettant de rendre publics leurs noms. Le patron de Système U Dominique Schelcher a déclaré, le 6 févier sur Radio Classique, s'attendre à recevoir une amende, tout en précisant: «pour l'instant, à ma connaissance, nous ne faisons pas partie des 124».
Biocontrôle/biostimulants: Fesneau annonce une enveloppe de 60 M€
A l’occasion de la séance de questions au gouvernement le 6 février, le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau a annoncé le lancement «dans quelques semaines, ou quelques jours» d’un programme consacré au biocontrôle doté de 60 millions d’euros (M€), dont 42 M€ de fonds publics et 18 M€ de fonds privés. Selon M. Fesneau, les firmes doivent pouvoir «entrer dans la logique» afin d’apporter «les solutions dont ont besoin les agriculteurs». Développé dans la cadre de France 2030, avec l’aide du ministère de la Recherche, le programme vise «à encourager les biostimulants et les outils de biocontrôle», précise M. Fesneau. Parallèlement à ces annonces, le ministre de l’Agriculture a souhaité que l’innovation en matière d’alternatives puisse s’accompagner d’une rapidité d’homologation. «Nous avons besoin d’accélérer le déploiement des innovations, soit par l’expérimentation, soit par la généralisation, au niveau national ou européen», a soutenu M. Fesneau. L’objectif étant qu’une alternative, dès qu’elle est trouvée, soit «très rapidement» mise à disposition des agriculteurs. L’annonce du ministre de l’Agriculture intervient alors que l’élaboration du plan Ecophyto 2030, qui doit fixer la méthode de baisse d'usage des pesticides, a été «mise en pause» par le gouvernement, pour être présenté au Salon de l'agriculture.
Obligation de débroussaillement: arrêté en consultation, le rôle des préfets précisé
Le gouvernement a mis en consultation, jusqu’au 26 février, un projet d’arrêté fixant le cadre des obligations légales de débroussaillement (OLD) auxquelles sont soumis les propriétaires de terrains bordant des forêts «identifiées à risque d’incendie». Le texte précise «notamment leur articulation avec la protection de la faune et de la flore sauvages», d’après sa notice explicative. Il revient aux préfets de département de fixer les modalités de débroussaillement, afin de les «adapter au contexte local». Afin de limiter l’impact sur la faune et la flore, le texte prévoit que le représentant de l’État «prescrit» des «mesures d’évitement et de réduction» (interdiction de débroussailler au-delà d’une certaine surface et durant certaines périodes, débroussaillement progressif, etc.). Quand ces mesures sont appliquées, les débroussaillements sont «réputés réduire le risque d’atteinte aux espèces protégées et à leurs habitats de sorte qu’il ne soit pas suffisamment caractérisé», stipule le projet d’arrêté. Parmi les mesures annoncées le 1er février à la suite des manifestations, le gouvernement a promis de «mettre fin aux incohérences et injonctions contradictoires», notamment sur les OLD : malgré l’obligation de débroussaillement pour «prévenir les incendies», les propriétaires courent un «risque d’amende (…) pour destruction d’habitat» d’espèces protégées.
Chlordécone : les ouvriers agricoles antillais contaminés présentent leurs revendications
Le Collectif des ouvriers agricoles empoisonnés par les pesticides, dont le chlordécone, de Guadeloupe et de Martinique (COAADEP) a présenté son manifeste et ses revendications lors d’une conférence de presse à Paris le 6 février. Il demande la prise en charge par l’État de tous les frais médicaux des ouvriers agricoles en activité ou en retraite et l’indemnisation des préjudices corporel et moral ainsi que la mise en œuvre d’une campagne de dépistages sanguins chez cette population. Le collectif ne considère pas suffisante la nouvelle étude de suivi annoncée par Santé Publique France, ni les différents plans Chlordécone de l’État. La reconnaissance des pathologies en tant que maladie professionnelle, «au cas par cas, et par des médecins experts» est aussi demandée. Le COAADEP réclame par ailleurs un suivi des victimes et de leurs ayants-droit : installation de centres de recherches, de dépistage et de soins dédiés, mise en place de structures d’accompagnement psychologique et nutritionnel. L'interdiction totale de l’utilisation de pesticides dans l’agriculture, la décontamination des populations et la dépollution des sols et de l’eau sont aussi réclamées. Plusieurs députés ultramarins et métropolitains, dont Fabien Roussel (Gauche démocrate et républicaine - Nupes) et Sandrine Rousseau (Ecologistes-Nupes) étaient présents pour soutenir le COAADEP. Selon une étude Santé Publique France de 2018, 95% des Guadeloupéens et 92% des Martiniquais seraient contaminés au chlordécone.
Bovins/MHE : le ministère précise le fonds d’urgence de 50 M€, ouvert aux négociants
Le fonds d’urgence de 50 M€ annoncé le 26 janvier par Gabriel Attal en réponse à la MHE (maladie hémorragique épizootique) est ouvert aux «éleveurs et commerçants en bestiaux», précise le ministère de l’Agriculture dans un communiqué le 5 février. Cette enveloppe vise à «apporter une aide de trésorerie exceptionnelle aux acteurs professionnels» ; ceux-ci ont été «durement touchés par la maladie», qui a provoqué d’importants impacts sanitaires et des restrictions de mouvements d’animaux. Ce dispositif – distinct de l’indemnisation des pertes dues à la MHE – est ouvert depuis lundi 5 février. Dans les départements les plus affectés par la maladie (09, 31, 32, 40, 64, 65), l’ensemble des élevages bovins sont éligibles. En dehors de ces départements et pour les exploitations de petits ruminants, le fonds est réservé aux exploitations «ayant été confirmées foyer par analyse PCR entre le 19 septembre 2023 et le 31 décembre 2023». Concernant les négociants, sont éligibles les entreprises touchées par la fermeture temporaire du marché italien et «ayant une activité significative» dans l’un des huit départements du Sud-Ouest où la maladie a sévi (09, 31, 32, 40, 64, 65, 81, 82), ainsi que «les opérateurs commerciaux de bovins impactés par la fermeture du marché algérien».
Salon de l'agriculture: les organisateurs testent un espace clos dédié aux professionnels
Plus de trente ans après que le Salon du machinisme agricole a quitté la porte de Versailles pour Villepinte, les organisateurs du Salon de l'agriculture ont annoncé, le 6 février à l'occasion d'une conférence de presse, que la prochaine édition accueillera, pendant trois jours, un espace dédié aux professionnels. Intitulé Sia' Pro et annoncé fin septembre, il sera situé dans le hall 4 et devrait accueillir une salle de conférence de 200 places, une salle de prise de parole et des stands, où exposeront une dizaine de marques (Inrae, Delaval, Marechalle pesage...). Si le hall 1 – dédié à l'élevage – accueillait déjà des stands dédiés à la fois au grand public et aux professionnels (p.ex. interprofessions, grande distribution), ainsi qu'un groupe de stands – autour du ring d'exposition des animaux – visant exclusivement les professionnels, le Sia' Pro sera clos, et réservé exclusivement aux professionnels, avec contrôle d'accès à l'entrée. Les organisateurs du Salon de l'agriculture, destiné au grand public avec 600 000 visiteurs attendus, estiment que 60 000 d'entre eux viennent également pour des raisons professionnelles, notamment les agriculteurs, et 30 000 pour des raisons exclusivement professionnelles comme les entreprises de restauration. Le Sia' Pro visera plutôt le public des agriculteurs et chefs de cultures, avec des thématiques de conférence autour des énergies renouvelables, de la transmission des exploitations et des nouvelles technologies.
Salon de l'agriculture: les organisateurs veulent mieux encadrer la consommation d'alcool
Alors que la précédente édition du Salon de l'agriculture avait été marquée par des images de jeunes gens enivrés, qui avaient fait le tour des médias, les organisateurs prévoient, pour la prochaine édition, qui débute le 24 mars, de mieux «encadrer» la consommation d'alcool. «Ces images ne nous conviennent pas du tout. Comme il est difficile d'interdire, nous voulons encadrer», a expliqué Valérie Le Roy, directrice du Salon de l'agriculture. «Nous allons mettre au point des actions de prévention, et éventuellement des sanctions.» Concrètement, les organisateurs entendent «faire respecter la loi», en rappelant d'abord aux exposants qu'ils ne peuvent servir d'individus manifestement ivres, puis en adressant des «avertissements» aux contrevenants, et enfin en fermant temporairement les stands d'exposants récidivistes, de plusieurs heures à plusieurs jours. Cette édition verra également le grand retour des «désoiffeurs» le week-end, ces agents «chargés d'identifier les personnes trop alcoolisées, de les réhydrater et de les raisonner», selon le dossier de presse. Le président du Salon Jean-Luc Poulain, dont ce sera la dernière édition, s'attend à un «salon studieux», même s'il «sera une caisse de résonance des problèmes agricoles». «Je souhaite que les politiques» ne soient pas dans «la récupération facile du malaise agricole, mais porteurs d'échanges et de solutions au-delà de leurs propres intérêts politiques», a-t-il conclu.
Exportations : lancement d’un collectif pour inclure l’export dans les enjeux de souveraineté
Le CNPA (Centre national pour la promotion des produits agricoles et alimentaires*) a annoncé, le 6 février, en conférence de presse, la création du collectif «Export et souveraineté alimentaire» et le lancement d’une «campagne de mobilisation» autour de ces enjeux. «La capacité de notre pays à exporter est un enjeu majeur de notre souveraineté alimentaire», déclare le président du CNPA, Jérôme Despey. Le collectif organisera un colloque national et des réunions régionales en 2024. Il publie une étude menée par le cabinet Asterès démontrant les liens entre la performance des entreprises à l’export et leur compétitivité sur le marché intérieur. Dans un contexte de déclin de la position de la France sur les marchés à l’export, l’étude portant sur 12 000 entreprises montre que la hausse ou la baisse des exportations influe fortement sur l’activité des entreprises et, par répercussion, sur leur compétitivité. Une variation de 10% de l'activité export induit, par exemple, «une hausse ou une baisse de 11,5% du bénéfice, de 6,6% des capitaux propres et de la dette et de 4,9% de la masse salariale». «En produisant et en exportant plus, les entreprises de la filière seraient en capacité de fournir à meilleur prix le consommateur français, ce qui renforcerait leurs positions sur le marché intérieur», conclut Asterès. * Ania, Anivin de France, Chambres d’agriculture, CNIPT (pommes de terres fraîches), CNMCCA (mutualité, coopération et crédit agricoles), FNSEA, Inaporc, Interbev, Intercereales, Interfel (fruits et légumes frais), La Coopération agricole, Medef
Cidre : la filière cherche à développer de nouveaux moments de consommation
A l’occasion de sa conférence de presse annuelle à Paris le 6 février, l’Unicid (Union nationale interprofessionnelle cidricole) a annoncé qu’elle lancerait en mars prochain avec FranceAgriMer une étude sur la consommation de cidre chez les Français. Les résultats sont attendus avant l’été et devrait permettre à l’interprofession de définir une nouvelle stratégie. L’idée est de poursuivre les efforts sur la désaisonnalisation de la consommation: «Nous désirons aller vers d’autres moments, alors que la grande distribution cantonne souvent les mises en avant de nos cidres à la période de la Chandeleur et de l’Épiphanie», a expliqué Jean-Louis Benassi, directeur d’Unicid. L’interprofession réfléchit donc à développer un nouveau moment: «la période de mai, époque où nos vergers sont en fleur, par exemple. Il s’agirait aussi de mettre en avant le dynamisme des producteurs qui lancent actuellement de nouvelles offres: cidre houblonné, cidres de garde…» complète-t-il. Pour la filière cidricole française il y a aussi le défi d’augmenter les volumes achetés: avec 675 000 hectolitres consommés en 2023, elle n’a pas retrouvé son niveau d’avant la crise sanitaire (775 000 hectolitres en 2019). Pouvant mettre en avant son faible taux d’alcool, le cidre entre cependant en forte concurrence avec les bières artisanales dans les linéaires.
Céréales: production mondiale record attendue pour les cultures secondaires (FAO)
Dans un bulletin sur l’offre et la demande de céréales publié le 2 février, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) estime que la production mondiale de céréales secondaires (maïs, sorgho, orge, millet...) est en passe d’atteindre «son niveau le plus élevé jamais enregistré», atteignant 1 523 Mt en 2023-2024, soit 3,82 % de plus par rapport à la campagne précédente. L’estimation de la FAO intervient à la suite de nouvelles données officielles provenant de plusieurs pays producteurs (Canada, Chine, États-Unis et Turquie), où des rendements en hausse et des superficies récoltées plus importantes que prévu ont entraîné un relèvement des estimations portant sur la production de maïs. Plus largement, la production mondiale de céréales pour la campagne actuelle devrait atteindre «un nouveau niveau record», s’établissant à 2 836 Mt, soit 1,2% de plus qu’en 2022, selon la FAO. Les prévisions concernant la production mondiale de blé ont notamment été remontées de 1,4 Mt et portés à 788,5 Mt pour 2023-2024. L’amélioration des perspectives de production s’expliquerait par des rendements du blé, et une superficie récoltée, supérieurs aux attentes. «Cela devrait compenser la réduction des prévisions concernant la production de blé au Brésil, due aux effets des vagues de chaleur et des précipitations excessives», précise la FAO.
Eau : les pénuries plus graves qu’estimées, en raison des pollutions liées aux engrais (étude)
Les pénuries d’eau dans le monde pourraient concerner 3 milliards de personnes de plus en 2050, en raison notamment des pollutions liées à l'utilisation des engrais par l'agriculture, rapporte une étude publiée dans la revue scientifique Nature Communications le 6 février. Pour mener leurs recherches, les scientifiques ont analysé les bassins et sous-bassins versants de rivières du monde entier pour mesurer non seulement la quantité d'eau – comme c’est généralement le cas –, mais aussi sa qualité. L’étude estime ainsi que 2 517 sous-bassins dans le monde était confrontés à un problème de pénurie d’eau en 2010, contre seulement 984 selon les évaluations classiques qui s’appuient sur la quantité. Le chiffre pourrait grimper à 3 061 en 2050. «Nous montrons que la pénurie d'eau va croître à l'avenir et pas seulement en raison du changement climatique et de l'augmentation des prélèvements», explique Benjamin Bodirsky, agroéconomiste à l'Institut de recherche de Potsdam et co-auteur de l’étude à l'AFP. «Nous montrons aussi que la production agricole en hausse constante, ainsi que les eaux usées non traitées, conduisent également à une pénurie d'eau propre», ajoute M. Bodirsky. C’est pourquoi l’étude recommande de réduire l’utilisation d’engrais, en prenant toutefois garde d'éviter les effets indésirables sur l'approvisionnement alimentaire.
Santé animale : encore une Française candidate au poste de d.g. de l'Omsa
La directrice générale adjointe de la DGAL (ministère de l’Agriculture) Emmanuelle Soubeyran est candidate au poste de directrice générale de l’Omsa (Organisation mondiale de la santé animale), informe le ministère dans un communiqué le 6 février. Une candidature «soutenue par les 27 États de l’Union européenne». L’élection aura lieu le 28 mai à Paris, lors de la 91e session générale de l’organisation, qui fêtera son centenaire cette année. Dans son dossier de candidature, Emmanuelle Soubeyran fixe trois priorités pour l’institution: «affirmer le leadership de l’Omsa et son rôle incontournable dans la gouvernance sanitaire mondiale»; «appuyer le réseau des services vétérinaires nationaux»; et faire de l’Omsa «une organisation agile, innovante et inclusive». N°2 de la DGAL (direction de l’alimentation) depuis juin 2021, Emmanuelle Soubeyran occupe à ce titre le poste de CVO (cheffe des services vétérinaires) et représente la France à l’Omsa. Cette vétérinaire de formation a notamment dirigé l’école d’ingénieurs VetAgro Sup et été conseillère au cabinet de Michel Barnier lors de son passage Rue de Varenne. L'actuelle d.g. de l'Omsa est la française Monique Eloit, élue en 2015, également ancienne cadre de la DGAL, tout comme son prédécesseur Bernard Vallat.
Précision : vin/Egalim
La Cnaoc (vignerons d’appellation d’origine) nous fait préciser que seuls «certains vignerons» expriment leur volonté d’application d’Egalim, et non la Cnaoc en tant que telle, comme pouvait le laisser supposer l’Agrafil daté du 2 février.