Agrafil du 7 juin 2024

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Syndicalisme: l’éleveur bovin bio Pierrick Horel élu président de Jeunes agriculteurs

Lors du congrès de Jeunes agriculteurs, le 6 juin au Futuroscope (Vienne), Pierrick Horel, éleveur d’aubrac bio installé, a été élu président du syndicat. Auparavant secrétaire général, il est engagé chez JA depuis son installation en 2010 dans les Alpes-de-Haute-Provence. Dans son discours, le nouveau président a indiqué sa volonté de travailler sur un projet «JA 2026» doté de quatre axes: «valoriser notre action jusque dans les cours de ferme»; «revoir nos méthodes de communication»; «proposer une nouvelle offre syndicale»; «faire comprendre aux jeunes le sens de l’engagement que nous incarnons». Son mandat sera aussi marqué par les élections des chambres d’agriculture, en janvier 2025, pour lesquelles les JA feront une nouvelle fois liste commune avec la FNSEA. Sur le fond, lors de l’annonce de sa candidature fin mai, M. Horel mettait en avant «les questions de revenus et plus largement les nouveaux profils d’agriculteurs», ainsi que les «valeurs» de «l’exercice du métier» et de la «dignité». Pierrick Horel succède à Arnaud Gaillot, également éleveur bovin, qui n’a pas souhaité se représenter à la fin de son mandat. Quant au nouveau secrétaire général, il s’agit de Quentin Le Guillous, qui était lors du mandat précédent (2022-2024) secrétaire général adjoint, en charge de l’environnement et des filières.

Syndicalisme: en congrès, JA appelle à «moderniser la gouvernance agricole»

Dans son rapport d’orientation adopté le 5 juin en congrès, JA appelle à «moderniser la gouvernance agricole». Une proposition phare est d’instaurer une règle de non-cumul des mandats présidentiels dans les OPA (organisations professionnelles agricoles). «Il n’est plus concevable qu’un responsable professionnel puisse arborer plusieurs casquettes simultanément, selon le document. Le cumul des postes exécutifs brouille le message syndical, ne permet pas à l’individu d’assumer pleinement ses missions et entretient un flou qui peut rapidement laisser la place à la suspicion» sur les compensations perçues et de «potentiels conflits d’intérêts». Son interdiction doit s’appliquer «au sein d’un même réseau, entre les organisations, et avec toute structure ayant des intérêts communs», précise le document, proposant qu’en soient exemptées les petites structures (en nombre d’adhérents, chiffre d’affaires, rayonnement géographique). JA demande aussi «une rationalisation des instances agricoles», face à leur «trop grande rigidité» due, selon le syndicat, à un «millefeuille d’instances dont l’utilité est loin d’être évidente». «Il est urgent de procéder à une fusion, voire suppression d’instances pour gagner en efficacité. Cela peut se concrétiser par la dissolution de commissions, d’instances, comités superflus.»

Foie gras: débouté en première instance sur la pratique du gavage, L214 fait appel

«Le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté le recours en responsabilité contre l’État déposé par L214» afin d’interdire le gavage des palmipèdes pour la production de foie gras, a annoncé l’association le 6 juin, jour du verdict. D’après l’ONG abolitionniste, les juges ont considéré que le droit français permet de répondre à «l’interdiction d’alimenter les animaux de façon qui leur cause des souffrances inutiles», instaurée par la réglementation européenne. Dans un communiqué, L214 dénonce «une décision ahurissante qui ignore le droit européen et la souffrance des animaux» et indique faire appel. Selon elle, le verdict «ignore le droit européen et les études scientifiques qui soulignent les intenses souffrances endurées par les oies et les canards gavés lors de la production de foie gras». L214 estime que le gavage est contraire à la directive européenne de 1998 sur la protection des animaux d'élevage. «Cette interdiction n'est pas transposée, les dispositions répressives [françaises] ne permettent pas de sanctionner les mauvais traitements qu'engendre le gavage», a soutenu l’avocate de l'association Hélène Thouy (et par ailleurs tête de liste du Parti animaliste aux élections européennes) lors de l'audience du 16 juin.

Nutrition animale: les achats en soja bloqués par le réglement déforestation, s'alarme la filière

Le Snia (fabricants privés d’alimentation animale) et la Coopération agricole (LCA) demandent d’urgence une clarification des conditions d’application du règlement européen sur la déforestation importée (RDUE) devant entrer en vigueur le 30 décembre 2024. Du fait du flou réglementaire, selon un communiqué de LCA, «il est aujourd’hui quasi impossible d’acheter du soja pour 2025, quelle que soit la qualité requise (standard, non OGM, bio)». Le communiqué du Snia explique que «la majorité des importateurs, fournisseurs, ont suspendu leurs cotations». Les fabricants assurent être prêts à garantir des aliments dont le soja a été cultivé dans des zones non-déforestées depuis 2020, conformément au RDUE. Le Snia et LCA invoquent la charte Duralim, observée depuis 2018, et le manifeste «Zéro déforestation importée» signé en 2022 par les deux organisations. Concrètement, le Snia demande aux autorités des précisions sur, d’une part, les éléments de preuves devant accompagner chaque lot de matières premières et, d’autre part, les modalités pratiques de contrôle des déclarations de diligence raisonnée (collecte des données, évaluation documentée du risque de déforestation et plan de réduction de ces risques).

Importations ukrainiennes: entrée en vigueur des nouvelles mesures commerciales

La prolongation pour une année (jusqu’au 5 juin 2025) des mesures commerciales autonomes pour l’Ukraine, entérinée le 13 mai par les colégislateurs européens et publiée au Journal officiel de l’UE le 29 mai, est entrée en vigueur le 5 juin. Ces mesures permettent de suspendre les droits de douane et les quotas sur les exportations ukrainiennes vers l’UE. Elles contiennent également des dispositions visant à protéger le secteur agricole de l’UE via un mécanisme de sauvegarde renforcé et un système de «frein d’urgence» pour les œufs, la volaille, le sucre, l’avoine, le maïs, les gruaux et le miel. Longtemps au cœur des controverses, le blé et l’orge ne sont finalement pas inclus dans ce dispositif. En parallèle, Bruxelles devrait prochainement engager des consultations avec Kiev afin de réfléchir à «des solutions à plus long terme dans le cadre de l’Accord d’association UE-Ukraine». Se félicitant de leur mise en œuvre, le vice-président exécutif de la Commission européenne en charge du Commerce international, Valdis Dombrovskis, déclare que «ces mesures ne sont pas seulement un geste de solidarité et de stabilité: elles sont une bouée de sauvetage économique».

Sucre: Bruxelles soumet les importations d’érythritol chinois à enregistrement

Dans un règlement d’exécution publié le 6 juin au Journal officiel de l’UE, la Commission européenne invite les autorités douanières européennes «à prendre les mesures appropriées pour enregistrer les importations d’érythritol» en provenance de Chine. Cet enregistrement a pour objectif de permettre la mise en place de mesures antidumping de manière rétroactive, dans l’hypothèse où l’enquête y ferait droit. Il prendra fin neuf mois après la date d’entrée en vigueur du règlement (le 7 juin). L’enregistrement de l’érythritol, un édulcorant sucre-alcool (polyol) à quatre carbones obtenu à partir de sucre ou de glucose, est la conséquence d’une demande déposée le 10 avril par Jungbunzlauer S.A, seul producteur européen de ce produit, dans le cadre d’une procédure qui a été ouverte par Bruxelles le 21 novembre 2023. Le dossier de l’érythritol fait partie des nombreux produits chinois sur lequel l’UE a récemment lancé des procédures de défense commerciale, à l’instar de la lysine ou des voitures électriques.

Stratégie nutrition/climat: travaux «quasi terminés», consultation «à l'issue de l'été» (SGPE)

À l'occasion d'une conférence publique en ligne sur le réseau Linkedin le 6 juin, le secrétaire général à la planification écologique (SGPE) Antoine Pellion a indiqué que les «travaux de préparation» de la Stratégie nationale nutrition climat (Snanc) étaient «quasi terminés», et qu'une consultation publique devrait s'engager «à l'issue de l'été». Le haut fonctionnaire a indiqué le levier de la consommation de la viande comme majeur pour baisser les émissions, sans aller jusqu'à prôner les régimes végétariens ou annoncer des mesures contraignantes ou fiscales. «Un régime omnivore à 75 grammes permet d'abaisser très fortement l'emprunte carbone», a-t-il expliqué. Et d'ajouter, promettant des publications à venir sur le sujet: «Si on respecte ce qui est bon pour notre santé, on atteint les objectifs environnementaux, cela suffit». En terme d'action publique, le haut fonctionnaire évoque «un sujet d'information, d'affichage environnemental, de formation, d'éducation et d'accompagnement». En février, le Haut conseil pour le climat (HCC) a émis plusieurs recommandations, notamment «d’agir sur l’offre» de la transformation, de la grande distribution et de la RHD «afin qu’elle soit moins riche en produits d’origine animale».

Engrais azotés: la taxe Tibica «toujours à l'étude», mais «pas sur la table» (SGPE)

À l'occasion d'une conférence publique en ligne sur le réseau LinkedIn le 6 juin, le secrétaire général à la planification écologique (SGPE) Antoine Pellion a expliqué que le projet de taxe incitative à la baisse d'impact climatique de l'azote (Tibica) continuait à être «étudiée», mais qu'elle «n'est pas sur la table aujourd'hui». L'idée figurait il y a quelques mois parmi les «15 leviers pour la planification écologique de l'agriculture» proposés par le SGPE; en juin 2023, le cabinet d'Agnès Pannier-Runacher, alors ministre de la Transition énergétique, avait indiqué à Agra Presse que des travaux interministériels étaient en cours pour répliquer, dans le monde des engrais, le principe de la taxe incitative à l’incorporation de biocarburants (Tirib). Mais, quelques mois plus tard, à l'occasion du salon Terres de Jim le 10 septembre, en amont des débats budgétaires, le ministre de l'Agriculture Marc Fesneau avait répondu à Agra Presse, au sujet des suites données à ce projet par le gouvernement: «Vous pouvez oublier». Un abandon dû notamment à la baisse de la consommation d'engrais azotés sur les années 2022 et 2023, en raison d'un «effet prix» et à la «situation économique», a indiqué le SGPE ce 6 juin. La ferme France avait frôlé la pénurie à l'hiver 2022-2023. Sur l'année 2023, les indices de prix ont toutefois été divisés par deux, revenant aux niveaux de fin 2021.

Décarbonation du machinisme: le SGPE «privilégie plutôt» le biocarburant au biogaz

À l'occasion d'une conférence publique en ligne sur le réseau LinkedIn le 6 juin, le secrétaire général à la planification écologique (SGPE) Antoine Pellion a indiqué que le gouvernement ne souhaitait pas que «l'usage mobilité du biogaz» soit «totalement généralisé», au risque de ne «pas avoir assez de biomasse». Pour le haut fonctionnaire, il faut «privilégier pour la décarbonation des engins agricoles les biocarburants, qui peuvent être de 2e/3e génération plutôt que la question du biogaz, notamment parce que par ailleurs pour le biogaz, il faut développer fortement l'infrastructure». Et de rassurer: «Nous ne sommes pas sur le point de lancer une campagne de mutation massive des engins agricoles au biogaz, où l'on forcerait chaque agriculteur, quand bien même il n'aurait pas de méthaniseur». À l’occasion d’une réunion de travail avec les représentants des filières de producteurs de biocarburants et de consommateurs de biocarburants le 26 octobre, Agnès Pannier-Runacher, alors ministre de la Transition énergétique, avait annoncé vouloir élargir la distribution du biogazole décarboné XTL aux usages non routiers. C'était avant que le gouvernement ne revienne sur son projet d'augmenter progressivement la taxation du gazole non routier (GNR).

Egalim: l’une des entreprises visées par la DGCCRF s’est remise en conformité avec la loi

Interrogée par Agra Presse, la DGCCRF (Répression des fraudes) précise que «quatre enquêtes ont été engagées auprès de quatre acheteurs afin de leur demander de conclure des contrats» conformes à la loi Egalim (obligation de contrat entre un agriculteur et son premier acheteur). Une entreprise a déjà été visée par une injonction de mise en conformité «dont l’effectivité est en cours d’examen». Pour les trois autres entreprises, dans le cadre de la procédure contradictoire qui précède une éventuelle injonction, «les acheteurs ont transmis de nouvelles propositions de contrats qui ont été faites aux producteurs qui, pour certains, ont accepté et pour d’autres refusé», précise la DGCCRF. «Pour l’un des acteurs, les propositions étaient satisfaisantes, celui-ci s’est donc mis en conformité. Pour les deux autres, les suites sont en cours de validation», complète-t-elle. Dans un communiqué du 6 juin, le député Grégoire de Fournas (Rassemblement national) affirme avoir pris connaissance, dans le cadre de la commission d’enquête parlementaire sur la souveraineté alimentaire, d’une «note» adressée au ministère de l’Économie dans laquelle la DGCCRF «propose» de ne pas sanctionner deux des trois industriels visés. Les sanctions financières «n’interviennent qu’en cas de non-respect des injonctions de remise en conformité», rappellent les Fraudes. Fin mai, le groupe Bigard a reconnu faire partie des entreprises visées.

Viticulture: vers une «évolution» des règles de travail en période de fortes chaleurs (SGPE)

À l'occasion d'une conférence publique en ligne sur le réseau LinkedIn le 6 juin, le secrétaire général à la Planification écologique (SGPE) Antoine Pellion a indiqué que des «discussions vont s'engager» pour faire «un peu évoluer» les «règles de travail dans les périodes de fortes chaleurs», citant le cas de la viticulture, «où les périodes des vendanges se font de plus en plus tôt et peuvent se faire sous fortes chaleurs». Le haut fonctionnaire évoquait le troisième plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC 3), qui doit être mis en consultation publique au mois de juin. En mars, le ministre de la Transition écologique Christophe Béchu avait prévenu que la consultation publique du PNACC serait suivie ultérieurement de «volets sectoriels (dont agricole, NDLR) qu’il faudra qu’on continue à préciser». Au cours des dernières vendanges, les vignobles champenois et bordelais ont connu des décès de salariés saisonniers durant les fortes chaleurs – le parquet de Reims avait notamment ouvert une enquête mi-septembre sur l'un de ces cas. Interrogé par Agra Presse en octobre, le ministère du Travail indiquait réfléchir à une disposition renforçant les pouvoirs de ses inspecteurs qui pourraient suspendre l’activité en cas d’exposition du travailleur à de très fortes chaleurs et/ou de canicule et en l’absence de mesures de prévention adaptées.

Vin: les interprofessions du Languedoc-Roussillon créent un pôle technique régional

Les trois interprofessions viticoles du Languedoc-Roussillon (CIVL, CIVR et Inter Oc) ont créé le 17 mai un pôle technique commun «Vigne et vin» au sein de leur fédération InterSud, annoncent-elles dans un communiqué le 5 juin. Objectif: «Produire des raisins pour des vins qui se vendent bien», résume le vigneron Jean-Benoît Cavalier, président de la nouvelle structure. L’approche est transversale, avec «un ancrage amont» – à la production – et «une visée aval» – à savoir la mise en marché, souligne le communiqué. Cela se traduit notamment par la mise en commun des données commerciales et économiques. Le pôle vise à piloter et mettre en œuvre les actions et projets R&D de la filière viticole régionale. Il est créé pour répondre au mieux à «la double crise historique que traverse la filière: un modèle de consommation en profonde mutation et un changement climatique qui fragilise sa capacité de production». Une feuille de route doit être produite «dans les prochaines semaines», incluant les aspects relatifs au matériel végétal (cépages tolérants aux maladies, à la sécheresse mais aussi clones, porte-greffes), à l’irrigation, la gestion du carbone ou encore les innovations produits.

Climat: The Shift Project publie son rapport intermédiaire sur l’agriculture

Le cabinet de conseil The Shift Project a publié son rapport intermédiaire pour la décarbonation de l’agriculture le 6 juin. Le document vise à «établir un dialogue» avec les parties prenantes, en premier lieu les agriculteurs sollicités via une grande consultation lancée la veille, en vue de formuler des recommandations en novembre, a indiqué la coordinatrice Clémence Vorreux. Ce rapport intermédiaire propose un «chiffrage des contraintes physiques actuelles et futures» sur l’agriculture sous la «double contrainte carbone» (émissions de gaz à effet de serre et dépendance aux énergies fossiles). Il fait le point sur les leviers qui permettent de réduire les émissions directes (qui pèsent 77 MteqCO2 ) et indirectes (20 MteqCO2). De plus, il examine trois projections de transformation de l’agriculture française en 2050: l’une donne priorité à l’autonomie alimentaire, l’autre à la production de bioénergie, la troisième à la sécurité alimentaire mondiale. Le but est d’atteindre l’objectif de la stratégie nationale bas carbone (-46% d’émissions en 2050), mais ce n’est pas le cas «à ce stade», car il faut travailler «les hypothèses» et leviers retenus, a exposé l’ingénieur projet Corentin Biardeau-Noyers lors d'une visioconférence. Un autre rapport sur l’alimentation est prévu en 2025.

Biosourcé: le secteur demande une stratégie industrielle européenne

Dans une lettre ouverte du 6 juin, les membres de l’Association chimie du végétal (ACDV) plaident auprès des futurs eurodéputés en faveur d'«une stratégie industrielle cohérente pour les filières de la chimie biosourcée» au niveau européen. L’association française regroupe 65 entreprises impliquées dans le secteur industriel de la chimie végétale, qui fabrique des ingrédients, produits ou matériaux à partir de végétaux. Ses adhérents demandent aux futurs élus un ensemble d’initiatives pour soutenir leur secteur: lancement d’un grand emprunt communautaire pour financer l’innovation dans le domaine de la chimie biosourcée, incitations fiscales et réglementaires, concurrence équitable, labellisation, etc. L’objectif est que l’Union européenne s’engage à aider la filière de la chimie végétale à substituer «encore plus» de carbone fossile d’ici 2050. Dans sa lettre, l’ACDV rappelle l’importance de cette «défossilisation» de la chimie, sans laquelle «il sera difficile d’atteindre les objectifs de décarbonation de l’UE». Comme elle le souligne, «1,5 million de tonnes de CO2 (environ 475 000 tonnes équivalent pétrole) sont déjà évitées chaque année en France grâce aux produits biosourcés issus de la chimie du végétal».

Fraises: les producteurs français appellent les GMS à leur faire de la place en rayon

Alors qu’un pic de production est attendu à partir de la semaine 24 (du 10 juin), l’AOPn Fraises Framboises de France appelle à la mobilisation des consommateurs et de la grande distribution pour la fraise française, d'après un communique du 6 juin. La campagne a commencé tardivement en raison de mauvaises conditions météorologique, comme l’indiquait une note des services du ministère de l’Agriculture (Agreste): «Les volumes de gariguette, notamment en provenance du Sud-Ouest, ont été importants sur la première quinzaine d’avril. Un creux de production a été observé ensuite en raison d’une météo moins favorable au mûrissement du fruit dans tous les bassins de production.» Un faux départ qui expliquerait que la fraise peinerait à trouver sa place en grande distribution face à l’arrivée des premiers fruits à noyau. Les producteurs français lancent un appel urgent aux GMS pour qu'elle laissent de la place aux fraises françaises dans leurs rayons, afin de permettre l'écoulement des volumes importants prévus dans les prochaines semaines. «Nous appelons les consommateurs à se tourner plus que jamais vers le produit français dont l’offre s’annonce abondante dans les prochaines semaines», affirme Émeline Vanespen, directrice de l’AOPn Fraises Framboises de France.

Pommes: au Royaume-Uni, Aldi investit 880 M€ chez son unique fournisseur

Unique fournisseur en pommes et poires du distributeur Aldi depuis 2023 au Royaume-Uni, le producteur anglais AC Goatham & Son a signé le 30 mai un accord engageant sur deux décennies et abondé à hauteur de 750 millions de livres Sterling (881 M€), rapporte le site spécialisé Produce Business UK. Ce partenariat concerne la création d’un verger de pommes (variétés Gala et Braeburn) de 80 ha à Gravesend, dans le Kent (sud), dont la production sera entièrement dédiée au distributeur pour approvisionner ses magasins dans l’ensemble du pays. AC Goatham & Son prévoit également de planter 40 ha de pommiers supplémentaires par an, exclusivement pour Aldi. Ross Goatham, directeur général d'AC Goatham & Son, a déclaré: «Il s'agit d'un véritable témoignage du travail que nous avons accompli pour créer quelque chose de véritablement collaboratif, une première pour le Royaume-Uni. Cela nous donne la confiance nécessaire pour investir en garantissant la durabilité et la viabilité» de l’entreprise. Travaillant avec Aldi depuis 2016, le producteur lui fournit environ 250 millions de pommes et de poires chaque année. Selon le BAPL (British Apples & Pears Limited, l’équivalent de l’ANPP en France), Aldi était en 2023 le premier client de la production britannique de pommes.

Espagne/sécheresse: les organisations agricoles interpellent le ministère de l’Agriculture

Les principales organisations agricoles espagnoles – Coag (majoritaire), Asaja (jeunes agricoles), UPA (agriculture familiale) –, ainsi que les coopératives, ont interpellé le ministre de l’Agriculture afin d’organiser d’urgence une rencontre sur le sujet de la sécheresse, rapporte le site Efeagro le 6 juin. Elles indiquent que les pertes, toutes cultures comprises, «dépassent 70% par rapport à une année normale dans certaines régions» et que les agriculteurs subissent la situation pour la troisième année consécutive. Les céréales, les noix et les cultures ligneuses des zones arides (vignobles, oliviers et arbres fruitiers) sont les plus touchées dans les provinces de Saragosse, Teruel, La Rioja, Lérida, Castellón, Valence, Alicante, Albacete, Murcie, Almería et Grenade. Selon l'UPA, «le sud et l'est de l'Espagne se trouvent depuis trois ans dans une situation critique, avec des pertes de récoltes, la mort des vignes et des amandiers et l'absence de pâturages pour le bétail». Les organisations indiquent qu’elles demandent au ministère d’agir auprès de la Commission européenne afin que les aides d'État ou régionales qui pourraient être approuvées ne comptent pas dans le régime des minimis.

Agroalimentaire: Terrena autorisé à racheter Tipiak, Alain le Floch d.g. par intérim

L’achat de Tipiak par Terrena a été finalisé après l’autorisation de l’Autorité de la concurrence accordée fin mai. La coopérative agricole est devenue actionnaire majoritaire du spécialiste de l’épicerie et des plats cuisinés. Annoncée fin 2023, l’opération intervient pour donner un second souffle à Tipiak. L’entreprise a vécu une année 2023 difficile marquée par l’inflation alimentaire et la perte d’un important client sur la partie «froide». Son chiffre d’affaires (225,4 M€) a baissé de 5,8% par rapport à 2022 et elle a enregistré une perte nette de 10,4 M€. En attendant l’arrivée d’un nouveau d.g., prévue avant la fin de 2024, c’est Alain Le Floch, jusqu’alors d.g. de Terrena, qui assurera l’intérim (à partir du 10 juin). Le dirigeant de 67 ans a notamment travaillé pour Poulain, Vivescia ou encore Schweppes.

Distribution: Biocoop nomme un ancien de Naturalia et Monop' à sa direction

Dans un communiqué paru le 6 juin, le conseil d'administration de Biocoop (distributeur spécialisé bio) annonce avoir nommé Franck Poncet à la direction générale, où il remplace Patrick Ribot, en poste par intérim depuis septembre. Franck Poncet connait la filière bio pour avoir été nommé directeur général de Naturalia en 2014, puis président en 2018. Il a ensuite président Monop', et le directoire d'Emova group (fleuristes).

Retrouvez l'agenda de la semaine agricole du 10 juin 2024

Lundi 10 juin
Conférence de presse d'Axema (machinisme)
Audience en Cour d'appel de Paris sur l'affaire Chlordécone

Mardi 11 juin
Conférence de presse d'Inaporc
Valorex lance un réseau de fabricants d'aliment dédié au méthane entérique
Conférence sur les marchés mondiaux de la viande et du lait, par l'Idele
Journée portes ouvertes de l'Iteipmai (PPAM), dans la Drôme

Mercredi 12 juin
Début de l'examen de la LOA au Sénat, en Coméco
Assemblée générale d'Inaporc, à Angers
Journée de terrain des filières cerise et raisin de table organisée par les AOPn, dans le Vaucluse

Jeudi 13 juin
Congrès des vins IGP, à Arles
Conférence de presse de la FFS (spiritueux)
Conférence de présentation du Sommet de l'élevage 2024
Visioconférence du Haut conseil de la coopération agricole
Conférence de l'Agence bio sur les chiffres annuels
Conférence de l'Anses sur les perturbateurs endocriniens

Vendredi 14 juin
Conférence de presse de l'Unilet (légumes transformés)