Taxes américaines: Trump revient sur les droits canadiens et ceux sur la potasse
« Les États-Unis ont accepté de suspendre les droits de douane sur les exportations canadiennes conformes à l’ACEUM (accord Canada-Etats-Unis-Mexique) jusqu'au 2 avril », a annoncé le 6 mars sur le réseau social X, le ministre canadien des Finances, Dominic LeBlanc. Et d’ajouter : « En retour, le Canada ne procèdera pas à la deuxième imposition de droits de douane sur les 125 milliards de dollars de produits américains jusqu’au 2 avril, pendant que nous continuons à travailler à lever tous les droits de douane ». Cette mesure intervient alors que Donald Trump avait indiqué plus tôt, sur son réseau Truth Social, le report des droits supplémentaires pour le Mexique. En parallèle, face aux inquiétudes du monde agricole, l’administration Trump a révisé à la baisse les droits sur les importations de potasse du Canada et du Mexique, qui ne sont pas déjà couvertes par l’ACEUM, de 25% à 10%. Cette annonce « est une étape essentielle pour aider les agriculteurs à gérer et à sécuriser les coûts des intrants clés au plus fort de la saison des semis, tout en renforçant les relations commerciales agricoles à long terme », a déclaré la secrétaire d'État américaine à l’Agriculture, Brooke Rollins.
Lait/bois: Trump menace le Canada de hausses des droits de douanes imminentes
Après avoir exempté une partie des produits canadiens des droits de douane la veille, le président américain Donald Trump a déclaré le 7 mars être prêt à mettre en place «dès» ce jour des droits de douane réciproques sur les produits laitiers si Ottawa n'abaisse pas les siens sur cette catégorie. «Le Canada nous escroque depuis des années avec des taxes de 250% sur les produits laitiers et le bois d'oeuvre, cela ne se reproduira plus. Nous allons leur imposer exactement le même tarif, à moins qu'ils ne l'abandonnent. C'est ce que la réciprocité signifie et nous pouvons le faire dès aujourd'hui ou attendre jusque lundi ou mardi», a déclaré M. Trump devant la presse dans le bureau ovale. «Nous allons facturer la même chose, ce n'est pas juste. Cela n'a jamais été équitable et ils ont mal traité nos agriculteurs», a insisté le président américain. L'accès des produits laitiers américains au marché canadien avait fait l'objet d'un contentieux, dans le cadre de l'accord de libre-échange Canada-Etats-Unis-Mexique (ACEUM), Washington accusant Ottawa de ne pas respecter ses obligations en la matière. Mais la décision d'un groupe de règlement, une procédure prévue par l'accord, avait donné fin 2023 raison au Canada, qui limitait volontairement le contingent tarifaire de lait américain, soit la quantité de produits laitiers entrant sans être taxés dans le pays.
Guerre commerciale: la riposte chinoise sur les produits agricoles entre en vigueur
Acétamipride: Fesneau ouvert à une dérogation «circonscrite dans le temps et les usages»
Son avis pourrait être décisif dans ce dossier compte tenu de la composition de l'Assemblée nationale. Interrogé par Agra presse le 8 mars, le président du groupe Modem, Marc Fesneau, indique qu'il n'est «pas opposé à une dérogation de type Denormandie pour l'acétamipride, pour peu que circonscrite dans le temps et les usages». Pour l'ancien ministre de l'Agriculture, le dossier des «impasses techniques réelles comme pour la noisette» est une «urgence» à traiter. Avec l'appui déjà annoncé d'un autre ancien ministre de l'Agriculture, Stéphane Travert (Renaissance), cette mesure inscrite dans la proposition de loi (PPL) Entraves a désormais des chances d'être adoptée à l'Assemblée - tout comme la fin de la séparation de la vente et du conseil des pesticides. Toutefois, Marc Fesneau critique la stratégie choisie dans ce dossier de l'acétamipride : «avoir tout misé là-dessus pour la récolte 2025, via une réautorisation par une proposition de loi, quand on sait l'instabilité de l'Assemblée nationale, ce n'est pas responsable, ni respectueux des agriculteurs. Il y a d'autres alternatives sur lesquelles il faudrait travailler en parallèle». Pour rappel, au Sénat, le gouvernement et les parlementaires de droite avaient trouvé fin janvier un terrain d'entente sur le dossier de l'acétamipride ; la ministre de l'Agriculture avait donné un avis de sagesse pour qu'une dérogation puisse être prise à titre exceptionnel, prononcée par décret et sous conditions.
PPL Entraves : craintes d'obstruction, Genevard promet des «conditions satisfaisantes» d'examen
Contacté par Agra presse le 7 mars, le président de la FNSEA Arnaud Rousseau précise ses craintes relatives au calendrier d'examen de la proposition de loi (PPL) sur les Entraves, appuyées le même jour par un communiqué de plusieurs associations spécialisées (betteraves, fruits, fraises, légumes, kiwi…) ; le syndicat a appris récemment que le texte serait examiné après le projet de loi sur la Simplification, autrement dit autour du jeudi 10 avril. Cette situation expose l'examen du texte au risque d'être interrompu avant son achèvement, surtout en cas «obstruction» de la gauche, dont il est attendu qu'elle s'oppose au texte. Dans ce scénario d'examen inachevé, la lecture reprendrait probablement en juin lors de la semaine gouvernementale suivante. La FNSEA souhaiterai que la PPL puisse être examinée avant le PJL, mais ce texte risquerait alors le même sort. «La proposition de loi Entraves est inscrite la semaine du 7 avril conformément à l'engagement qui avait été pris avant le Salon de l'Agriculture, explique la ministre de l'Agriculture Annie Genevard à Agra presse. Le projet de loi Simplification était inscrit la même semaine et commencera ce lundi. Je veillerai, si l'examen du projet de loi Simplification devait prendre davantage de temps, à ce que le texte soit débattu dans des conditions satisfaisantes».
PPL Entraves: Fesneau propose d'en réduire le périmètre en commission
Face au risque d'obstruction de l'opposition contre la proposition de loi Entraves, le président du groupe Modem, Marc Fesneau, estime que la faute en revient à ses auteurs et promoteurs : «Quand vous ouvrez autant de chantiers complexes et objets de multiples dissensions comme l'OFB, l'Anses, la gestion de l'eau, les ICPE, les phytosanitaires, dans une seule proposition, vous en faites un totem. Dans une assemblée sans majorité, il suffit à l'opposition de déposer 800 amendements, et c'est fini. Ceux qui ne voient pas cela pêchent soit par amateurisme, soit par hypocrisie», explique-t-il à Agra presse le 8 mars. Accusé à demi-mot de vouloir retarder l'examen du texte, Marc Fesneau s'en défend: «Personne ne bloque le calendrier qui est à la discrétion du gouvernement. Ce texte devait être examiné au mois de juin, comme cela nous avait été annoncé par le gouvernement. Ceux qui ont fait pression au Salon pour l'examiner la semaine du 7 avril se retrouvent, comme il était à prévoir, face à la réalité d'une temps parlementaire insuffisant». L'ancien ministre de l'Agriculture «souhaite trouver un chemin pour le texte soit examiné. Ce qui signifie qu'il est temps que l'on se mettre autour de la table, pour réduire le périmètre en commission. Et supprimer ce qui n'est pas acceptable pour une majorité. En l'état, ce texte susciterait au minimum quatre jours d'examen!»
OFB: l’intersyndicale suspend le mouvement et l’appel à la grève du 25 mars
«Nous suspendons le mot d’ordre intersyndical et l’appel à la grève prévue le 25 mars», annoncent les syndicats de l’Office français de la biodiversité (OFB) aux agents de l’établissement public dans un mail envoyé le 7 mars, qu’Agra Presse a pu consulter. La grève des missions de police, réunions et formations liées au monde agricole - cœur du mot d’ordre syndical depuis le début du mouvement le 17 janvier - n’ont donc plus cours. A l’origine de ce changement, l’intersyndicale (SNE-FSU, FO, CGT, Unsa, EFA-CGC) se réjouit d’un courrier de Matignon au directeur général de l’OFB, daté du 27 février, dans lequel le Premier ministre assure de sa «confiance» et «dénonce les dégradations, menaces et attaques répétées» contre l’établissement public. «Ce courrier du Premier ministre, bien qu’il ait tardé à venir, peut être considéré comme un début de réponse à une partie des revendications», indique l’intersyndicale dans son mail. Les syndicats voient aussi «comme une main tendue» l’engagement de Matignon à reprendre le dialogue social sur l’attractivité des postes des agents de l’OFB : l’amélioration du «quasi statut de l’environnement», et la mise en place du «service actif pour les inspecteurs de l’environnement» pour améliorer les conditions de retraite. Deux chantiers que l’intersyndicale appelait, dans son mot d’ordre, à démarrer avant le 31 mars.
OFB: les syndicats vont aller au Conseil d’Etat contre le port d’arme «discret»
L’intersyndicale (SNE-FSU, FO, CGT, Unsa, EFA-CGC) de l’Office français de la biodiversité (OFB) va déposer «un recours contentieux devant le Conseil d’Etat» contre le port de l’arme discret notamment par étui "inside", apprend-on auprès du syndicat Unsa Ecologie le 7 mars. Ce recours sera déposé «très bientôt», précise son secrétaire général Eric Gourdin. L’information a été confirmée par la CGT Environnement. Le recours vise à «l’annulation de la circulaire interministérielle du 3 décembre, qui introduit le port d’arme «discret» pour les contrôles menés par l’OFB dans le domaine agricole» contextualise le responsable CGT à l’OFB, Sylvain Michel. Les agents de l’OFB demandent l’annulation de cette mesure depuis le lancement de la grève des contrôles le 17 janvier. Ils considèrent en effet que c’est «une inégalité de traitement des citoyens et inapplicable en pratique. Malgré le tout récent changement du mot d’ordre de l’intersyndicale appelant à mettre fin à la fin de la grève des contrôles, vu le réchauffement avec Matignon (voir par ailleurs), cette revendication sur le port de l’arme n’a pas été pris en compte par François Bayrou, a indiqué Eric Gourdin.
Biodiversité/climat : la végétation de bordure de champs a évolué en dix ans (étude)
La végétation des bordures de champs a évolué en dix ans : c’est la conclusion d’une étude menée par des chercheurs de l’Inrae et de l’Anses sur 500 parcelles agricoles en France hexagonale, publiée dans Ecology Letters fin février. L’objectif était de comprendre les effets du changement climatique et des pratiques agricoles sur ces plantes. Alors que, sur ces parcelles, la température moyenne a augmenté de 1,2 °C et que l’humidité des sols a diminué de 14 %, «les communautés de plantes des bordures de champs ont changé en conséquence pour inclure davantage d’espèces dotées de stratégies de tolérance à la chaleur et à l’aridité, au détriment d’espèces capables de résister aux perturbations liées aux pratiques agricoles». En parallèle, les pratiques agricoles «n’ont pas significativement changé» à part «une légère baisse de la fréquence des fauchages des bordures de champs». Côté solutions, pour préserver les capacités d’adaptation de cette végétation, l’étude évoque les «pratiques d’atténuation du changement climatique» comme les couverts végétaux et l’agroforesterie, mais aussi «la réduction d’usages d’intrants en agriculture».
Bio : huit régions poussent pour continuer leur aide au maintien en 2025
Dans un courrier adressé le 6 mars au commissaire européen à l'Agriculture, Christophe Hansen, le président de la commission agriculture de Régions de France, Loïg Chesnais-Girard, demande s'il est techniquement possible que les régions puissent utiliser les reliquats d'aides Feader de la programmation 2014-2022 (souvent constitués d'aides à la conversion en bio non consommées) pour verser à nouveau une aide au maintien en agriculture biologique (Mab) sur l'année 2025. Dépossédées d'aides surfaciques du second pilier (bio, Maec) sur la programmation actuelle, certains régions avaient continué de verser des aides au maintien en bio jusqu'en 2024 au titre de la précédente programmation, alors que l'Etat avait de son côté arrêté de les co-financer depuis 2017. En vertu du règlement Restore, adopté en décembre, les régions peuvent utiliser les reliquats 2014-2022 du second pilier pour aider des agriculteurs touchés par des catastrophes naturelles ou des crises sanitaires. Selon l'élu breton, huit régions sont intéressées pour utiliser ces fonds pour mettre en place une dernière année d'aide au maintien à l'agriculture biologique (Mab). Le ministère aurait «confirmé la validité de cette proposition», mais l'aurait bloquée au motif que le paiement ne pourrait être effectué avant le 31 décembre. Les régions demandent donc au commissaire s'il existe une possibilité «d'engager les dépenses avant le 31 décembre 2025 mais de n'effectuer le paiement qu'après cette date».
Fièvre aphteuse: après l'Allemagne en janvier, un foyer confirmé en Hongrie
Un foyer de fièvre aphteuse a été confirmé en Hongrie dans une ferme située près de la frontière slovaque et à 50km de l'Autriche, a indiqué la plateforme d'épidémiosurveillance Esa le 7 mars. «A ce jour, l’origine de la contamination n’est pas connue. Le sérotype en cause n’a pas encore été identifié». Selon l'Esa, la maladie n'avait pas été détectée dans le pays depuis 50 ans. D'origine virale, cette épizootie très contagieuse pour les animaux mais inoffensive pour les humains a refait son apparition près de Berlin en janvier, une première dans l'Union Européenne depuis 2011. L'Allemagne peut toujours vendre à ses voisins européens de la viande produite en dehors des zones à risque mais, pour les autres pays, tout dépend de l'accord commercial en place. Le Royaume-Uni a ainsi suspendu ses importations de bovins, porcs et ovins, la Corée du Sud et la Mexique annonçant aussi des restrictions. En 2001, jusqu'à 10 millions d'animaux avaient été abattus au Royaume-Uni pendant une épidémie de fièvre aphteuse qui avait coûté à l'économie britannique près de 10 milliards d'euros.
Loup: le déclassement du statut entre en vigueur, mais pas encore dans l’UE
Le déclassement du statut de protection du loup en Europe, le rétrogradant d'espèce de faune «strictement protégée» à «protégée», est officiellement entré en vigueur le 7 mars, a annoncé le Conseil de l'Europe. Une décision qui ne s'appliquera pas dans trois pays lesquels ont notifié des objections: la République tchèque, Monaco et le Royaume-Uni. Ce déclassement avait été convenu lors d’un vote le 6 décembre, sur proposition de l’UE, dans le cadre de la Convention de Berne relative à la conservation de la vie sauvage et du milieu naturel en Europe. Dans la foulée, la Commission européenne a immédiatement annoncé proposer un amendement à la directive Habitats afin d'adapter les annexes correspondantes (transfert depuis de l’annexe IV vers l’annexe V). Cela donnera, souligne Bruxelles, «aux États membres une plus grande flexibilité dans la gestion de leurs populations locales de loups, afin qu'ils puissent prendre des mesures bien adaptées aux circonstances régionales». Mais les États membres devront continuer de maintenir un état de conservation favorable des loups sur leur territoire. Le texte est désormais entre les mains du Parlement européen et du Conseil de l’UE qui devraient l’adopter dans les prochains mois. Les Etats membres auront ensuite 18 mois pour transposer, s’ils le souhaitent, cette modification dans leur droit national.
Algues vertes: la mort du sanglier en septembre est bien due à la pollution
Le parquet de Brest a annoncé, le 5 mars, que la mort d’un sanglier le 3 septembre sur la plage de Saint-Maurice à Morieux (Côtes-d’Armor) est bel et bien due à la pollution aux algues vertes, rapporte l’AFP le même jour. Le rapport d'autopsie «a conclu à un décès de l'animal consécutif à l'inhalation d'H2S, gaz émanant de la putréfaction des algues vertes», a indiqué le procureur de la République de Brest Camille Miansoni dans un communiqué. Initialement compétent sur cette affaire, le parquet de Saint-Brieuc s’est dessaisi du dossier en novembre, au profit du pôle régional environnemental du tribunal judiciaire de Brest, a indiqué le magistrat. C’est sur cette même plage que 36 sangliers avaient été retrouvés morts en août 2011, à la suite de quoi l’Institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris) avait estimé «hautement probable» que ces décès étaient dus aux algues en décomposition. Présentes en mer à l'état naturel, les algues vertes prolifèrent dans les baies bretonnes. Elles sont nourries par les excès de nitrates via la fertilisation azotée, et, pointent certains, par les eaux usées.
Cyclone à La Réunion: Valls annonce des «avances pour les agriculteurs»
Après le passage du cyclone Garance, qui s'est abattu sur la Réunion le 28 février, le ministre des Outre-mer, Manuel Valls, a annoncé le 7 mars des «avances pour les agriculteurs afin d'éviter les trous dans la trésorerie». Selon le préfet de La Réunion, Patrice Latron, Garance a fait deux fois plus de dégâts sur les exploitations agricoles que le cyclone Belal, un an plus tôt. «Belal, c'était 50 millions de dégâts. Là, on va s'approcher des 100 millions d"euros», a estimé le préfet. Le ministre des Outre-mer est venu «constater les dégâts, s'imprégner des images et annoncer tous les dispositifs à mettre en oeuvre pour la reconstruction». Manuel Valls a notamment annoncé que «les dispositifs de catastrophe naturelle et de calamité agricole» seraient «rapidement mis en oeuvre pour débloquer les assurances et les aides de l'État». La commission catastrophe naturelle se tenait ce 7 mars au ministère de l'Intérieur. Le ministre des Outre-mer s'est rendu sur une exploitation maraîchère dans l'est avant d'échanger avec les représentants des filières agricoles. Selon Olivier Fontaine, président de la chambre d'agriculture de La Réunion, «toutes les exploitations sont touchées. Il y a énormément de dégâts dans le nord, dans le sud et dans l'ouest».
Vignes en friche: l'Assemblée adopte la PPL à l'unanimité, pour mieux cibler les sanctions
Les députés ont voté le 7 mars à l'unanimité la proposition de loi (PPL) Modem pour mieux protéger les vignes contre la flavescence dorée, en adaptant l'arsenal juridique pour contraindre plus efficacement les propriétaires de friches infestées à les arracher. Actuellement, ceux qui y contreviennent s'exposent à une peine jusqu'à six mois d'emprisonnement et 150.000 euros d'amende. «Mais ces sanctions ne sont jamais prononcées en raison de leur disproportion» de l'aveu même de la ministre, qui ajoute que les délais de traitement des procédures sont longs, les tribunaux tendant «à prioriser l'examen de dossiers plus sensibles (et) plus graves». Le texte vise à «adapter l'arsenal législatif» afin de «punir moins dur, pour cibler plus efficacement». Ainsi, la PPL prévoit que les propriétaires contrevenants soient punissables d'une amende de 1.500 euros et 3.000 euros en cas de récidive. Une contravention plus facilement applicable et donc considérée comme plus dissuasive par les législateurs. Le texte prévoit également la création d'une mesure de police enjoignant les propriétaires récalcitrants à agir. Si «le propriétaire ne se conforme pas à l'injonction dans le délai qui lui sera laissé, il pourrait alors être passible d'une sanction de nature délictuelle», selon Mme Genevard.
Nutri-Score: Foodwatch enjoint le gouvernement à «suivre les recommandations scientifiques»
Le gouvernement, qui temporise dans la mise en place d'une nouvelle version de l'étiquetage nutritionnel Nutri-score, devrait «suivre les recommandations scientifiques au lieu de n'écouter que les intérêts privés» des agro-industriels, a lancé le 7 mars l'association de consommateurs Foodwatch. La ministre de l'Agriculture Annie Genevard «se fait la porte-voix des arguments des lobbies laitiers et bloque une mesure de santé publique attendue et prête depuis un an», a déclaré Audrey Morice, chargée de campagne chez Foodwatch, dans un communiqué. «C'est irresponsable», poursuit-elle, appelant "le gouvernement français à se ressaisir et à suivre les recommandations scientifiques au lieu de n'écouter que les intérêts privés». La ministre de l'Agriculture, interrogée cette semaine au Sénat par Jean-Claude Anglars, élu LR de l'Aveyron (Occitanie), a assumé n'avoir «pas signé» un arrêté faisant entrer en vigueur un nouveau mode de calcul de cet étiquetage nutritionnel, plus sévère avec les produits transformés par l'industrie agroalimentaire. Ce nouveau mode de calcul avait été avalisé par l'équipe gouvernementale «il y a déjà plus d'un an», a indiqué Mme Genevard. L'élue de la région du fromage Comté reproche à l'indicateur de donner une mauvaise note aux produits issus des «magnifiques salaisons françaises».
Traitement anti-obésité: 10 à 12% des Américains en consommeraient (étude)
« Cela fait plus d'un an que l'industrie alimentaire s'est enfin réveillée face aux menaces et aux opportunités offertes par la nouvelle classe de médicaments anti-obésité tels qu'Ozempic, Wegovy et Zepbound » résume Nicholas Fereday, analyste à Rabobank, dans une note publiée en décembre. 10 à 12 % des Américains en consommeraient, selon certaines estimations, dans un pays où l’obésité adulte atteint 40 %. Des médicaments qui selon N. Fereday pourraient devenir « un élément permanent du paysage alimentaire ». Leur impact sur la consommation reste mal connu, bien que des données existent. Par exemple, une étude de PwC publiée en octobre 2024 estime qu’en moyenne les utilisateurs de médicaments GLP-1 [analogues de l’hormone de satiété GLP-1] « ont dépensé environ 11 % de moins pour la plupart des catégories d'aliments », en particulier « les en-cas sucrés et salés et les produits de boulangerie ». De plus, les entreprises avec une « clientèle très concentrée » (un relativement petit groupe de gros consommateurs) sont « plus susceptibles d’être affectées par les changements de comportement liés aux GLP-1 ». Pour rappel, en 2023, le distributeur américain Walmart avait fait du bruit en révélant que ses clients achetant des « coupe-faim » (qu’il vend également) consommaient moins.
Machinisme: un trafic de GPS agricoles démantelé, trois voleurs arrêtés
Ils dérobaient des GPS agricoles, notamment dans les fermes du sud-ouest: trois Roumains ont été arrêtés cette semaine, a appris l'AFP le 8 mars auprès de la gendarmerie, qui a démantelé ce trafic. «Le phénomène impacte particulièrement l'Occitanie et le Gers, mais on le retrouve aussi dans les zones rurales du pays, ça pourrit la vie des agriculteurs, les tracteurs sont immobilisés», a déclaré à l'AFP un des enquêteurs. Les gendarmes de la section de recherche de Toulouse et de la Brigade de recherche du Gers ont remonté la piste des voleurs, jusqu'à Poitiers, où ils résidaient. De Poitiers, le trio menait ses opérations dans divers départements. Le butin était aussitôt déposé dans des box de stockage, loués dans différente villes, pour brouiller les pistes. La destination des équipements volés et saisis dans cette opération, estimée à 720.000 euros, n'est pas formellement établie mais dans ce type de trafic, «le matériel est généralement envoyé vers la Roumanie, puis réexpédié vers les pays de l'est et les Etats-Unis», selon la même source. «L'analyse des équipements agricoles (saisis) a permis de confirmer qu'ils avaient été déclarés volés dans les départements du Gers, des Landes, de l'Yonne, de la Vendée et de la Seine-et-Marne», a détaillé un communiqué de la gendarmerie. «Le nombre total de GPS agricoles dérobés serait estimé à plus de 100, portant le préjudice à plus d'1,5 million d'euros», précise le communiqué.
Entreprises de travaux agricoles : forte baisse d'activité en 2024, selon la FNEDT
Lors d’une conférence de presse tenue le 7 mars à Arles, le président de la FNEDT (entreprises de travaux agricoles et forestiers) Philippe Largeau, a déclaré prévoir une baisse moyenne du chiffre d’affaires des entreprises du secteur «de 20 % en 2024». Le niveau exact n’a pas été communiqué, et sera connu l’an prochain, précise l’organisation. Le dirigeant précise que les situations sont très variables selon les secteurs géographiques et d’activité: «on constate des reculs allant de 5 % à 80 %». L'effritement du chiffre d'affaires s'explique par la météo particulièrement difficile en 2024, réduisant notamment les surfaces de céréales récoltées, et donc les demandes en prestations de récolte. Plus en détail, les entreprises de travaux forestiers auraient été les plus touchées. Néanmoins, celles du secteur agricole ont également souffert. Philippe Largeau rappelle que les exploitations céréalières situées au sud de la Loire ont été singulièrement frappées par la baisse des rendements. Face aux difficultés de la filière, le dirigeant appelle les entreprises « à rester à l’écoute des agriculteurs en difficulté », mais aussi de facturer les prestations de manière à « sécuriser la pérennité du secteur ».
Viandes blanches : Xavier Van Den Bossche nommé président du conseil spécialisé FranceAgrimer
Par un arrêté du 4 mars, la ministre de l'Agriculture a nommé Xavier Van Den Bossche à la présidence du conseil spécialisé Viandes blanches de FranceAgrimer. Il remplace le président de la fédération nationale porcine (FNP), François Valy. Xavier Ven Den Bossche est également éleveur de porc, et président de la section de Seine-Maritime de la FNP.
Addendum à l'agenda de la semaine agricole du 10 mars 2025
Jeudi 13 mars :
La LPO organise une cérémonie funèbre pour la biodiversité à Rochefort (Charente-Maritime)