Agrafil du 11 mars 2025

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PPL Entraves : Laurent Duplomb et la FNSEA défavorables à réduire le périmètre

Interrogés séparément par Agra Presse le 10 mars sur la proposition faite ce week-end par le président du groupe Modem Marc Fesneau de réduire le périmètre de la proposition de loi (PPL) sur les Entraves lors de son examen par la commission des Affaires économiques de l'Assemblée, pour permettre aux débats de se conclure durant la semaine du 7 avril en séance publique, le sénateur Duplomb et le président de la FNSEA ont émis des avis négatifs. Arnaud Rousseau répond qu'il n'est « pas favorable » à l'idée, car « le niveau d'attente est immense » chez les agriculteurs. Co-auteur du texte, Laurent Duplomb se félicite de la position de Marc Fesneau sur l'acétamipride, mais « ne comprend pas sa volonté de limiter les sujets de cette proposition de loi ». Il rappelle l'engagement du gouvernement à s'engager « dans un puissant mouvement de débureaucratisation », reprenant les mots du Premier ministre fin janvier. Et de pointer du doigt « des normes que seule la France s’est imposée, qui contraignent nos agriculteurs au point de ne plus pouvoir produire et donc de faire disparaître des productions entières de notre pays, comme la noisette, la cerise et bientôt la pomme ». Pour l'agriculteur de Haute-Loire, « nous ne pouvons plus rester dubitatifs devant l'ampleur des surtranspositions françaises aux règles européennes qui entravent nos productions agricoles, ni trembler pour y apporter une solution. » Interrogé par Agra Presse, le député LR Julien Dive n'a pas souhaité réagir.

Pesticides : nouvelle prorogation d'un an de la durée de validité des certiphytos (JO)

Dans un décret paru au Journal officiel le 9 mars, le ministère de l’Agriculture a annoncé la prorogation pour un an de la durée de validité du certificat individuel de produits phytopharmaceutiques (Certiphyto). Le dispositif devait expirer le 2 mai 2025, et est désormais prolongé jusqu’au 1er mai 2026. Il s’agit de la deuxième prolongation consécutive. L’an dernier, les autorités justifiaient cette décision par le fait qu’elles ne voulaient pas engendrer « des situations de blocage qui empêcheraient les agriculteurs d’acheter et d’utiliser des produits de protection des cultures ». Depuis 2015, tous les professionnels utilisant des produits phytosanitaires doivent être détenteurs d’un certificat délivré par la Draaf au préalable. Mais un conseil stratégique sur les pesticides (CSP) avait été instauré par la loi Egalim, et rendu obligatoire au 1er janvier 2024, lors du renouvellement du Certiphyto. Face à l’échec du CSP, le Premier ministre d’alors, Gabriel Attal, avait annoncé sa suppression « dans sa forme actuelle » en février 2024.

Sulfoxaflor : Corteva va saisir le Conseil d’État pour rétablir ses AMM (presse)

Le fabricant de pesticides Corteva va faire appel de l’annulation des autorisations de mise en marché (AMM) de deux de ses produits, le Closer et le Transform , rapporte le média Contexte le 10 mars. La firme prévoit de saisir le Conseil d’État. « Le vrai sujet, c’est la remise en cause de la méthodologie de l’Anses », estime Corteva. Le 28 février, la Cour administrative d’appel de Marseille avait avait confirmé l'annulation d’AMM pour ces deux produits contenant la substance active sulfoxaflor, se réjouissait alors l’association de défense de l’environnement, Générations futures. La Cour d’appel a estimé que la procédure d’évaluation des effets des deux insecticides était « incomplète », selon l'ONG. Elle a aussi estimé que la méthodologie suivie par l’Anses « n’a pas permis d’établir de manière suffisamment concrète et précise » que leur utilisation « n’aurait pas d’effet inacceptable » sur les abeilles. Une décision de justice dont s’était réjouie l’Unaf (apiculteurs), car elle « remet clairement en cause la méthode d’évaluation théorique et lacunaire de la toxicité, communément admise par l’Anses ».

Engrais russes : l’AGPB appelle Bruxelles à des mesures pour maintenir la compétitivité

Les producteurs de blé français souhaitent obtenir de Bruxelles des garanties pour les producteurs de grandes cultures à la suite de la publication de sa proposition de sanctions des importations russes (et bélarusses). Dans un communiqué de presse publié le 10 mars, l’AGPB (FNSEA) appelle la Commission européenne à lever les taxes sur les engrais (hors Russie et Belarus), à suspendre les droits antidumping contre Trinidad-et-Tobago et les États-Unis, mais aussi à reporter à juillet 2026 l’application des sanctions à l’encontre des engrais russes. « Sanctionner la Russie, oui… Mais il est nécessaire d’agir dans le bon ordre : l’Europe doit s’assurer au préalable de notre capacité de production agricole dans des conditions économiquement supportables afin de garantir sa souveraineté alimentaire face aux menaces géopolitiques actuelles », indique Éric Thirouin, président de l’AGPB. Une position qui fait écho aux lignes rouges publiées le 27 février par les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca). La proposition de la Commission européenne doit encore être validée par le Conseil de l’UE (à la majorité qualifiée) et le Parlement européen.

Intrants : Corteva veut doubler ses ventes de biosolutions et développer le « faible impact »

Corteva Agriscience nourrit de fortes ambitions pour son développement : la firme prévoit d’investir entre 8 et 9 milliards de dollars (Md$) d’ici 2030 dans des produits innovants. « Chaque année, nous investissons 1,4 Md$, dont la moitié pour les biosolutions », confie Sylvain Bedel, directeur général de Corteva France, à Agra Business. Les biostimulants et les produits de biocontrôle constituent une piste stratégique pour la firme, qui souhaite voir leur part doubler dans son chiffre d’affaires, alors qu’ils ne représentent aujourd’hui que 10 %. Pour les élaborer, Corteva compte explorer sa base de données de bactéries, héritée de Dow, DuPont et Pioneer. La firme se lance également sur le marché des phytosanitaires « à faible impact ». Dès la prochaine campagne, un herbicide betterave à moins d’un gramme de matière active par ha et par passage devrait être commercialisé. « Nous avons dans nos tuyaux quatre nouvelles molécules insecticides, deux herbicides, un fongicide et un nématicide, tous à bas impact », ajoute Sylvain Bedel. Enfin, Corteva espère une autorisation rapide des semences NBT en Europe, alors qu’elle a obtenu plusieurs homologations aux États-Unis, pour les semences de maïs et de tomates. (Elena Blum)

Pesticides : le chiffre d'affaires de l'industrie des adjuvants à la baisse sur un an

Lors d'une visioconférence le 10 mars, l'AFA (Association française des adjuvants) a annoncé une baisse du chiffre d’affaires de l’industrie de 4 % en 2023-2024, à 44 millions d’euros. La raison : le recul de l’usage des produits phytosanitaires, compte tenu des conditions climatiques difficiles (pluviométrie élevée), qui ont empêché des traitements, et provoqué un net repli des surfaces de céréales. Toutefois, l’organisation se réjouit de la résistance de l’activité. En effet, la baisse du chiffre d’affaires n’est que de 4 %, contre 11 % pour le secteur des produits phytosanitaires, expliquent les représentants. Par ailleurs, en tendance de fond, le chiffre d’affaires de l'industrie progresse de 21 % lors des cinq dernières années. Pour 2024-2025, les conditions de cultures de céréales sont pour le moment meilleures que l’an dernier à pareille époque, permettant une hausse de l’usage d’herbicides en automne, selon l’AFA. Toutefois, l’essentiel des adjuvants est utilisé au printemps en céréales, rappellent les représentants de l’association. Tout dépendra donc des conditions climatiques dans les prochains mois. « Des opportunités de croissance s’esquissent pour les années à venir. Les adjuvants sont des leviers d’optimisation des traitements agricoles simples à mettre en œuvre », conclut un communiqué.

Adaptation/climat : la version finale du Pnacc dévoilée par Pannier-Runacher

La ministre de la Transition écologique Agnès Pannier-Runacher a présenté la version finalisée du Pnacc-3 (troisième Plan national d’adaptation au changement climatique), le 10 mars en conférence de presse. Concernant l’agriculture, elle a cité parmi les mesures nouvelles ou affinées le lancement d’une étude sur « les conséquences de la montée du niveau de la mer et du recul du trait de côte pour l’agriculture » (impacts sur la ressource en eau dans les territoires littoraux). Cette donnée devra être « gérée et partagée par les collectivités » et « les organisations syndicales », précise le Pnacc, « en permettant aux professionnels (maraîchers, éleveurs et irrigants) » de s’adapter « en réorientant leurs itinéraires techniques de production ». Autre mesure citée : « un plan de communication pour éclairer le consommateur » afin qu’il privilégie « les productions respectueuses du bien-être animal, de l’environnement et durables ». Au plan plus général, Pannier-Runacher a évoqué la « territorialisation » du Pnacc (notamment via les Cop territoriales) ou encore sa volonté de donner pour les collectivités une « valeur juridique » à la Tracc, la trajectoire de réchauffement de référence sur laquelle repose le Pnacc-3, soit +2°C en 2030, +2,7°C en 2050 et +4°C en 2100.

Influenza aviaire : les Pays-Bas lancent un « projet pilote » pour vacciner les volailles

Le gouvernement néerlandais et la filière avicole ont lancé le 10 mars un « projet pilote » de vaccination contre l’influenza aviaire, d’après un communiqué de presse. Avant d’envisager de déployer cette mesure dans tout le pays, le vaccin sera utilisé dans un seul élevage de poules pondeuses, « avec une possibilité d'extension à plusieurs exploitations ». Le projet durera « jusqu'au début de l'année 2027 ». Une « approche progressive » qui vise deux objectifs : « étudier comment le marché réagit à la commercialisation des produits » et « acquérir de l'expérience dans la mise en œuvre du programme de surveillance ». Alors que la filière hollandaise est très orientée vers l’export, les pouvoirs publics marchent sur des œufs : la mise en place de la vaccination peut provoquer la fermeture de débouchés, certains pays tiers s’inquiétant du risque d’introduction de la maladie. Les œufs des poules vaccinées dans le cadre du projet pilote « seront vendus exclusivement aux Pays-Bas », précise d’ailleurs le ministère hollandais de l’Agriculture. Aujourd’hui, un seul pays exportateur a mis en place une vaccination massive : la France, qui vaccine tous ses canards depuis octobre 2023. Avec à la clé plusieurs embargos, dont certains sont levés ou en passe de l’être.

Lait : en Vendée, la coopérative centenaire ULVV placée en liquidation

Après 133 ans d’existence, l’Union laitière de la Venise verte (ULVV) vient d’annoncer sa liquidation, avec poursuite d’activité jusqu’au 10 avril. « Après l’affaire du lait contaminé de Lactalis, la réglementation est devenue plus drastique », explique Lauriane Turgné, directrice générale. En 2017 et 2018 nous avons engagé des travaux de rénovation importants. « Puis le Covid est arrivé, et nous avons perdu plusieurs débouchés, en France et à l’international. » De 13 M€ avant la crise sanitaire, le chiffre d’affaires est tombé à 9 M€. L’entreprise a accumulé 2,6 M€ de dettes, et s’est lancée en 2023 dans une procédure de sauvegarde, puis en 2024 dans une recherche de repreneur. Si l’un des concurrents de ULVV s’est montré intéressé, son dossier n’a pas été considéré comme suffisamment sérieux par les banques. La liquidation de la coopérative, avec maintien de l’activité pour écouler les stocks et rembourser en partie les dettes, a été acceptée par le tribunal de commerce le 6 mars. Les 22 salariés seront licenciés économiques ; quant aux 44 adhérents, répartis sur 21 points de collecte, ils ont d’ores et déjà des pistes pour poursuivre leur activité. « Nous avons organisé une réunion avec différents collecteurs du secteur, et signé aux éleveurs des autorisations pour être collectés par d’autres entités », précise Lauriane Turgné. (Elena Blum)

Oléagineux/porc : Pékin impose des taxes sur les importations canadiennes

À la suite de la publication des résultats de son enquête, Pékin a annoncé, le 8 mars, son intention de sanctionner les importations canadiennes en réponse aux mesures d’Ottawa sur les véhicules électriques chinois. Ainsi, à compter du 20 mars, l’empire du Milieu imposera un droit de 100 % sur l'huile de canola, les tourteaux et les pois, ainsi qu’un droit de 25 % sur le porc originaire du Canada. « Les nouveaux droits imposés par la Chine sur l’huile et le tourteau de canola canadiens auront un impact dévastateur sur les producteurs de canola et sur l’ensemble de la chaîne de valeur à une époque où les échanges commerciaux et l’incertitude géopolitique sont accrus », a réagi Chris Davison, p.-d.g. du Conseil canadien du canola (interprofession). Et d’ajouter : « Nous exhortons le gouvernement fédéral à s’engager immédiatement auprès de la Chine en vue de résoudre ce problème ». L’interprofession canadienne avance que, en 2024, les exportations totales de canola vers la Chine ont été évaluées à près de 5 milliards de dollars (Md$), dont 2 Mt de tourteau de canola (soit 918 M$ en valeur), et 15 351 t d’huile de canola (20,6 M$ en valeur).

Céréales/mycotoxines : l’agence européenne de l’environnement tire la sonnette d’alarme

La hausse des températures due au changement climatique accroît le risque d'exposition humaine aux mycotoxines, alerte l’agence européenne de l’environnement dans une analyse présentée le 10 mars. En effet, les événements météorologiques extrêmes, tels que les fortes pluies ou les sécheresses prolongées, augmentent le stress auquel les plantes sont exposées, rendant les céréales, en particulier le maïs, plus vulnérables aux infections fongiques, et donc à la contamination par les mycotoxines produites par des champignons. La principale source d'exposition aux mycotoxines est l'alimentation, principalement par la consommation d'aliments contaminés (en particulier les céréales et leurs dérivés). Un récent projet de recherche européen a montré que 14 % de la population adulte en Europe était exposée à des niveaux de mycotoxine déoxynivalénol (DON) considérés comme nocifs pour la santé humaine. L'Agence européenne de l'environnement recommande une approche européenne pour limiter cette exposition qui passe en particulier par la sélection de cultures résistantes aux infections fongiques, l’adoption de bonnes pratiques agricoles (rotation des cultures), ainsi que le recours à des méthodes de contrôle biologique et à des modèles prédictifs.

Céréales : fusion d’opérateurs brésiliens pour gérer plus de 800 000 ha de terres

D'après un article du média brésilien Exame datant du 7 mars, un des leaders brésiliens de la production de grains (essentiellement soja, maïs et coton), SLC Agricola, a racheté son concurrent Sierentz Agro Brasil, pour un montant de 135 millions de dollars. SLC Agricola exploiterait actuellement environ 743 000 ha de terres, contre 96 000 ha du côté de Sierentz Agro Brasil. La transaction permettrait donc au premier de contrôler plus de 800 000 ha. Deux tiers de ces surfaces seraient louées, et un tiers seraient en possession propre du producteur. Les dirigeants de SLC Agricola ont expliqué que cette stratégie de location de terres permet d’assurer une croissance sans immobilisation majeure de capitaux. Ils ajoutent espérer dépasser 1 million d'ha exploités dans les années à venir. En plus de l’acquisition de Sierentz, SLC Agrícola a également élaboré une proposition de rachat de 33 000 ha gérés par un autre opérateur local, Terrus, qui appartenait à Sierentz Agro Brasil. Pour rappel, le Brésil constitue un des principaux producteurs et exportateurs de soja et de maïs.

Photovoltaïque : la filière solaire appelle le gouvernement à revoir son arrêté tarifaire

La filière du solaire a appelé le 6 mars le gouvernement à revoir sa copie, après l'avis rendu par le Conseil supérieur de l'énergie sur un « projet de révision » d'arrêté tarifaire dit « S21 », qui détermine les conditions d'éligibilité pour que les installations photovoltaïques puissent bénéficier de l'obligation d'achat. La filière appelle le gouvernement à « prendre en compte » les modifications suggérées « à une très large majorité » par le Conseil, instance consultative associant les parties prenantes du secteur de l'énergie dans la construction de la politique énergétique. Objectif : « Éviter un arrêt brutal du déploiement des toitures solaires et des ombrières photovoltaïques », plaident Enerplan et le Ser dans un communiqué. Le CSE « revient tout d'abord sur la volonté du gouvernement d'instaurer une dégressivité brutale du tarif S21 », et appelle « à maintenir un tarif fixe de 95 €/MWh jusqu'à ce qu'un nouveau dispositif de soutien alternatif soit effectivement mis en place », soulignent les deux organismes représentant le secteur. Ces modifications visent à « garantir un développement plus maîtrisé du segment solaire S21 tout en évitant, comme y conduiraient les propositions initiales du gouvernement, un quasi-moratoire de fait », estiment Enerplan et le Ser.

Vin : les ventes de crémant ont continué de grimper en 2024, tendance « favorable » en 2025

En hausse depuis près de dix ans, les ventes de crémant ont continué de grimper en volume l’an dernier, et la tendance pour 2025 s’annonce « favorable », a indiqué le 10 mars la FNPEC (producteurs et élaborateurs). Elles atteignent 114,5 millions de bouteilles en 2024 (contre 108,1 millions l’année précédente), selon un communiqué. « Hors parenthèse du Covid, la croissance des ventes de crémant se montre régulière dans la durée avec une progression de l’ordre de 5 à 7 % par an depuis près de dix ans », souligne la fédération. En France comme à l’export, la dynamique est la même, avec un ratio « relativement stable » de 60 % et 40 %. Tous les circuits dans l’Hexagone progressent, y compris en grande distribution. À l’export, « la tendance devrait rester favorable en 2025, avec des opportunités notamment dans l’espace rhénan, au Royaume-Uni ou en Australie », selon le communiqué s’appuyant sur un rapport de Business France. Une ombre au tableau est la production de crémant qui a baissé en 2024, à près de 888 000 hl (-15 %). Ce repli apparaît toutefois moins marqué par rapport à celui de l’ensemble de la vendange (-23 %), touchée par de multiples aléas climatiques.

Fruits et légumes : nouvelle condamnation d’un réseau de vente à la sauvette

Dans un communiqué de presse le 10 mars, la fédération Saveurs Commerce (primeurs) se félicite de la condamnation, le 17 février, d'un réseau de vente à la sauvette de fruits et légumes dans le 18e arrondissement de Paris.  Cette décision de justice conforte celle intervenue le 12 juin dernier, qui avait déjà condamné un autre réseau de trafiquants à de lourdes sanctions. « Après trois ans de procédure, cette nouvelle condamnation marque une étape importante dans la lutte contre ces pratiques illégales », se félicite le syndicat professionnel. À l'issue de l’enquête, les forces de l'ordre ont pu identifier et démanteler un réseau de vente  impliquant quatre personnes. Elles ont été condamnées à des peines de prison allant de huit à quatre mois fermes non aménageable, pour trois d’entre eux, et quatre mois de prison avec sursis pour le dernier. Trois interdictions de quitter le territoire pendant cinq ans ont par ailleurs été prononcées pour trois d’entre eux. Le dernier a interdiction de paraître au MIN de Rungis pendant une durée de cinq ans. « Ces décisions de justice marquent la fin d’une certaine indulgence à l’égard de ce trafic et confirment par la gravité des sanctions la prise en compte du préjudice subi par les primeurs parisiens », précise Saveurs Commerce.

Asperges vertes : en Espagne, une production annoncée en forte hausse pour 2025

La récolte d’asperges vertes en Espagne devrait atteindre les 60 000 t cette année, marquant ainsi une progression de 15% des volumes par rapport à l’année 2024, rapporte l’Association interprofessionnelle espagnole de l’asperge verte (IEAE) sur son site internet le 5 mars. Cependant, la profession reste très prudente quant au déroulé futur de la campagne. En particulier, les producteurs rencontrent  des difficultés récurrentes en termes de main-d’œuvre. « La production atteindra son pic dans les semaines à venir, mais son succès dépendra en grande partie des conditions météorologiques et de la disponibilité des travailleurs », souligne l’interprofession, qui représente 96 % de la production et 90 % de la commercialisation. En Espagne, la culture de l’asperge verte représente plus de 10 000 ha, essentiellement situés dans la région de Grenade (Andalousie), première province productrice, avec 6 500 ha. Elle représente 65 % des surfaces nationales et 60 % des volumes. La province prévoit une production de 35 000 tonnes pour cette année. L’année dernière, la faible pluviométrie accumulée depuis 2020, ainsi que les effets de la sécheresse, avaient réduit la récolte de 30 à 35 %.

Horticulture : en Espagne, forte progression des exportations en 2024, craintes pour 2025

Les exportations espagnoles de fleurs et plantes en 2024 se sont élevées à 700 millions d'euros (M€), ce qui représente une croissance de 13 % par rapport à 2023, rapporte la Fepex (exportateurs espagnols) le 7 mars. Les fleurs coupées ont porté cette progression, avec des exportations d'une valeur de 79 M€, soit 28 % de plus qu'en 2023 : 14,8 M€ pour les roses et 10,6 M€ pour les œillets, principales fleurs exportées. Les performances sont aussi notables pour les plantes : les produits d'extérieur, avec 246 M€, ont été les plus exportées (+14 %), suivis des arbres et arbustes (114 M€, +12 %) et les plantes d’intérieur (77 M€, +5 %). Le secteur des feuillages s’est aussi bien comporté, avec 52,2 M€ (+22 %). Seul secteur en baisse : celui des bulbes, qui recule de 8 %, à 8,7 M€. « L'évolution positive ne devrait pas se poursuivre en 2025 », souligne cependant la Fepex.  La Communauté de Valence (27 % des exportations totales) devrait être en retrait à la suite des dommages causés par les intempéries l’automne dernier. Elles ont touché plus de 1 Mm2 de pépinières et plus de 600 000 m2 de serres. Le préjudice avait été évalué à plus de 150 M€. 

Élections chambres : Luc Smessaert élu président de la chambre de l’Oise

Lors de la session d’installation de la chambre d’agriculture de l’Oise le 6 mars, Luc Smessaert a été élu à la tête de l’institution, annonce-t-elle dans un communiqué le 10 mars. « Agriculteur en Gaec polyculture élevage lait, viande », selon son profil sur le réseau social X, M. Smessaert est vice-président national de la FNSEA. Fait remarquable : contrairement à la tendance nationale, le syndicat majoritaire a progressé entre les deux scrutins dans son département, avec 72,03 % fin janvier, contre 71,32 % six ans plus tôt. Le nouveau président succède à Hervé Ancellin, qui reste au bureau (au poste de secrétaire adjoint). Au moins deux autres responsables nationaux de la FNSEA ont été réélus présidents de chambres : Jérôme Despey dans l’Hérault et Yannick Fialip en Haute-Loire. Parmi les nouveaux entrants, deux anciens membres du bureau national des Jeunes agriculteurs ont été élus : il s’agit de François Rihouet, à la chambre de la Manche, et d’Aurélien Clavel, en Isère. Autre élection notable : celle de Giles Brenon, ancien président de Gaec & sociétés, comme président de la chambre de l’Ain.

Agroalimentaire : affaiblissement de la compétitivité des IAA bretonnes

« L’industrie agroalimentaire poursuit son érosion et la Bretagne s’inscrit nettement dans cette tendance » : voici le constat dressé par l’ABEA (entreprises agroalimentaires bretonnes) dans sa dernière note de conjoncture au sujet d’un panorama économique des IAA bretonnes réalisé par la Banque de France, à la demande de la région Bretagne. D’après cette étude réalisée auprès de 606 entreprises, « l’évolution de la valeur ajoutée des IAA bretonnes n’est que de +2,4 % entre 2022 et 2023, alors qu’elle est de +6,4 % pour les IAA au national sur la même période. La Bretagne a donc quatre points de retard par rapport à la moyenne des IAA françaises », relève l’ABEA. Elle explique cette situation par le poids plus important des matières premières pour les industriels bretons, comparé à l’échelle nationale. Autre indicateur : le taux de marge brute d’exploitation, qui se replie pour les IAA bretonnes entre 2020 et 2023 (de 4,2 % à 3,9 %), alors qu’il reste stable au niveau national (5,2 %). Autant de signes qui témoignent « d’une dégradation structurelle », témoigne Marie Kieffer, déléguée générale de l’ABEA, citée par Les Marchés.

Erratum sur le président du conseil spécialisé Viandes blanches de FranceAgriMer

Contrairement à ce qui a été indiqué par erreur dans l'Agrafil daté du 10 mars, Xavier Van Den Bossche est nommé président du collège des représentants de la production agricole dans le conseil spécialisé FranceAgriMer Viandes blanches - et non président du conseil spécialisé lui-même. Il remplace François Valy, nommé président de ce conseil en octobre.