Agrafil du 8 avril 2026

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Recherche : inquiétudes pour les futurs fonds dédiés au secteur

Plus d’une vingtaine d’organisations agricoles européennes (Copa-Cogeca, Euroseeds, croplife, europabio…) s’inquiètent, dans une déclaration commune du 7 avril, de la disparition des références à l'agriculture et à la bioéconomie dans le projet de rapport du Parlement européen sur le programme-cadre pour la recherche et l’innovation Horizon Europe 2028-2034. Le rapporteur parlementaire Christian Ehler (Allemagne, PPE), au sein de la commission de l’Industrie et de la recherche (ITRE), propose en effet de renommer le chapitre «Santé, biotechnologies, agriculture et bioéconomie» par le terme plus général de prospérité durable. «Si le changement de nom proposé peut sembler d'ordre technique ou éditorial, il comporte des implications pratiques et politiques importantes», préviennent les organisations agricoles. Alors que la proposition de cadre financier pluriannuel pour 2028-2034 pourrait conduire à une baisse importante de l’enveloppe de la Pac, les fonds consacrés à la recherche ou aux investissements stratégiques sont vus par le secteur agricole comme une bouée de secours. Les eurodéputés de la commission de l’Agriculture devraient, de leur côté, adopter leur avis sur ce dossier lors de leur réunion du 8 avril sur la base du travail mené par le conservateur néerlandais Bert-Jan Ruissen. Il y insiste sur l’octroi de ressources budgétaires spécifiquement à la recherche et à l’innovation dans les domaines de l’agriculture, de la sécurité alimentaire et de la bioéconomie. Mais une fois adopté, son avis sera adressé (parmi d’autres) à la commission ITRE qui a la main sur le dossier.

Cantines/loi d'urgence: l'exclusion des produits hors UE maintenue après l'avis du Conseil d'état

A la veille de la présentation du projet de loi d'urgence en conseil des ministres, le cabinet de la ministre de l'Agriculture a indiqué, le 7 avril, que la mesure visant à interdire les produits non-européens dans la restauration collective publique a été maintenue après l'avis du Conseil d'Etat. L'équipe d'Annie Genevard indique que la plus haute juridiction administrative a proposé de supprimer deux articles du projet soumis par le gouvernement, mais elle n'a pas voulu préciser lesquels. Selon nos informations, le cabinet de la ministre de l'Agriculture n'était pas optimiste concernant l'avis du Conseil d'Etat, et misait sur des avancées en parallèle au niveau communautaire. Les commissaires européens Christophe Hansen (Agriculture) et Stéphane Séjourné (Marché intérieur) ont lancé, le 5 mars, un dialogue sur l'alimentation, dont la première réunion était consacrée aux produits locaux et de saison. Le cabinet a aussi confirmé que le texte prévoit de contraindre les chaines de restauration collective et les enseignes de supermarchés à publier la part de produits durables et de qualité dans leurs achats.

Eau : la réforme de la gouvernance des comités locaux passera par voie réglementaire

Interrogé sur l'avancée de la réforme de la gouvernance des comités locaux gérant les question de l'eau (Sage, Sdage, CLE), annoncée en janvier par la ministre de l'Agriculture, son cabinet a indiqué, lors d'un point avec la presse le 7 avril, que ce dossier serait traité par voie réglementaire, et non pas dans le cadre du projet de loi d'urgence agricole, qui doit être présenté le 8 avril en conseil des ministres: «Un travail est en cours entre les ministères pour voir ce qu'il est possible de faire par décret». À l'occasion d'une conférence de presse le 9 janvier, la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, avait annoncé le lancement d'un « travail sur la représentativité du monde agricole dans les comités locaux gérant les question de l'eau ». Il s'agit d'une demande du syndicalisme majoritaire, exprimée notamment lors du dernier Congrès du maïs le 19 novembre. Après avoir obtenu des avancées dans la loi Entraves, les Irrigants de France souhaitent revoir la gouvernance de l’eau en France, en particulier celle des Sage et des Sdage. Selon le cabinet de la ministre, le travail ne consiste pas seulement à revoir le nombre de sièges, mais parfois à créer des commissions dédiées à l'agriculture.

Acétamipride : des «accroches» dans la loi d'urgence pour y insérer une réautorisation

Interrogé sur la possibilité d'insérer la réautorisation de l'acétamipride dans le projet de loi d'urgence agricole, le cabinet de la ministre de l'Agriculture a indiqué, lors d'un point avec la presse le 7 avril, à la veille dans la présentation du texte en conseil des ministres, que les parlementaires «pourront avoir le débat s'ils le souhaitent». Et d'ajouter : «Il y a des accroches dans le texte». Autrement dit, les amendements que les parlementaires pourront déposer en vue d'insérer une réautorisation de l'acétamipride dans le texte ne devraient pas être rejetés au motif qu'ils n'ont pas de rapport avec le projet de loi. La question se posera puisque le Conseil d'Etat n'a pas retoqué la proposition de loi Duplomb 2. Les sénateurs à l’origine du texte, qui vise la réautorisation dérogatoire de l’acétamipride et du flupyradifurone, ont « totalement » repris les recommandations formulées par le Conseil d’État dans son avis du 26 mars, ont-ils annoncé en conférence de presse le 2 avril. Parmi les principales modifications, les sénateurs ont élargi le champ de l’avis scientifique préalable de l’Anses à l’ensemble des cultures concernées (betteraves, pommes, noisettes, cerises). En début d'année, le Premier ministre, Sébastien Lecornu, avait émis le souhait de ne pas insérer les dispositions de la PPL Duplomb 2 dans le texte initial de la loi d'urgence. Il ne s'était toutefois pas prononcé sur le fond du texte.

Pesticides : la réautorisation de l’épandage par drone en consultation publique

Comme attendu depuis de longs mois par la FNSEA, le ministère de l’Agriculture soumet à consultation publique, du 2 au 23 avril, la réautorisation de l’épandage de pesticides par drone. Il s’agit des textes d’applications relatifs à la loi du 23 avril 2025. Cette mesure concerne les produits phytos relevant du biocontrôle, de l’agriculture biologique et des produits à faible risque, selon le projet d’arrêté. L’usage des drones est limité aux parcelles agricoles présentant une pente supérieure ou égale à 20 %, aux bananeraies et aux vignes mères de porte-greffes conduites au sol. Une précédente expérimentation, menée entre 2019 et 2021 dans le cadre d’Egalim, avait montré pour ces trois cas « des avantages manifestes pour la santé et l’environnement à la pulvérisation par drones par rapport à la pulvérisation terrestre », rappelle le ministère. La loi du 23 avril 2025 ouvre par ailleurs la possibilité de réaliser de nouveaux essais d’une durée maximale de trois ans, sur d’autres types de parcelles ou de cultures et pour les mêmes catégories de pesticides. Un projet de décret en définit les conditions d’autorisation et modalités de mise en œuvre ; précise les modalités de suivi et transmission des résultats à l’Anses en vue de leur évaluation.

Pesticides : prison ferme pour trafic contre un fournisseur et un maraîcher

Le 7 avril, le tribunal correctionnel de Marseille a condamné l’apporteur d’affaires Alain Hebrard et le maraîcher Didier Cornille (SCEA Reveny) à deux ans d'emprisonnement, assorti pour moitié d'un sursis simple, pour un trafic de pesticides. La peine de prise a été assortie d’amendes : 100 000 € (la moitié en sursis), et de 5 ans d’interdiction d’exercer toute activité en lien avec le milieu agricole pour le premier, 150 000 € d'amende, le tiers en sursis, avec une interdiction de percevoir des aides publiques liées à la PAC pendant un an pour le second. Poursuivis à leurs côtés, trois exploitants des Bouches-du-Rhône ont été condamnés chacun à un an d’emprisonnement assorti du sursis et des amendes allant de 30 000 à 80 000 € assorties de sursis partiels. Leurs deux sociétés ont été condamnées à des amendes allant de 50 000 à 200 000 € assorties de sursis partiels et à une interdiction de percevoir des aides de la PAC pendant un an. Deux exploitants de la Drôme ont aussi été sanctionnés par des amendes de 10 000 € à 50 000 € et leurs sociétés, entre 20 000 € et 30 000 €, assortie de sursis partiel. L’un d’entre eux, fournisseur de Grand Frais, a écopé de 6 mois d'emprisonnement avec sursis. Entre 2018 et 2024, Alain Hebrard a fourni des produits phytosanitaires, venant notamment d'Espagne, ne bénéficiant pas d'autorisation de mise sur le marché et interdits en France. 

Engrais/cadmium : vers un remboursement du dépistage de l'exposition

Les représentants des biologistes médicaux et l’Assurance maladie ont trouvé un accord sur le tarif du dépistage de l’exposition au cadmium en laboratoire de ville, ouvrant la voie à son remboursement dans les prochains mois, a appris l'AFP le 7 avril auprès des syndicats. En juin 2025, Yannick Neuder, alors ministre de la Santé, avait promis que le dépistage de ce métal toxique - auquel les Français sont fortement contaminés en mangeant notamment des céréales ou du pain, du fait de l’utilisation des engrais phosphatés en agriculture - serait rapidement remboursé en médecine de ville pour les personnes à risque, comme il l’est déjà à l’hôpital. Contactés par l’AFP, deux syndicats de biologistes médicaux ont confirmé cette information à l’AFP. Syndicats et Assurance maladie ont fixé une limite: si le nombre de dépistages du cadmium prescrits par les médecins dépasse le volume des dépistages du plomb, ils devront se revoir pour en diminuer le tarif, a-t-il précisé.

Ovins/caprins : traçabilité renforcée en raison des maladies « dans les pays de l’Est » (JO)

Un arrêté paru au Journal officiel le 4 avril renforce la traçabilité des mouvements d’ovins et de caprins en raison des « risques de maladies de catégorie A dans les pays de l'Est ». Du 28 avril au 28 mai inclus, les détenteurs de ces petits ruminants doivent déclarer les mouvements d’animaux dans un délai de 48 heures, au lieu de sept jours en temps normal. Sont concernés les mouvements d’entrée et de sortie des élevages, centres de rassemblement et marchés de bétail vif, ainsi que les départs pour l’abattoir et l’équarrissage. Au moins trois maladies de catégorie A (éradication obligatoire et immédiate) sont actuellement présentes dans les pays de l’Est. La clavelée, qui touche les ovins et caprins, est très présente en Grèce (1 600 foyers depuis le 1er juillet 2025), ainsi que dans d’autres pays de la région. Quant à la fièvre aphteuse, très contagieuse pour de nombreuses espèces d’élevage, elle a été détectée en Grèce (île de Lesbos) et dans les deux parties de Chypre (Turquie et UE). Enfin, avec moins d’une dizaine de cas, la peste des petits ruminants semble moins active ; la situation reste toutefois « incertaine » dans les Balkans (Albanie, Croatie, Kosovo), où la plateforme française ESA suspecte une « circulation à bas bruit ». La France n’importe pas ni ovin ni caprin de ces régions.

Lait : en mars, le prix du beurre se stabilise, celui de la poudre remonte

Selon le dernier bilan de conjoncture laitière publié par le Cniel (interprofession) le 7 avril, il apparaît que les cours du beurre tendent à se stabiliser « autour de 4500 € la tonne » depuis ces dernières semaines, après une forte baisse. Autre produit industriel, la poudre de lait écrémé, dont « le prix a sensiblement progressé depuis la fin de l’année 2025 pour se situer désormais à 2700 € la tonne, un niveau qui n’avait plus été atteint depuis le début de l’année 2023. » La collecte de lait en France reste très dynamique. « En rythme journalier, elle affiche une croissance de 2,2% sur l’ensemble de l’année 2025 comparativement à 2024. Cette tendance se poursuit sur le début de l’année 2026, sachant que le contexte sanitaire du début 2025 était particulièrement préoccupant et avait induit une baisse assez nette de la production dans plusieurs bassins laitiers. » Les autres grands bassins exportateurs laitiers sont aussi orientés à la hausse en termes de volumes. Pour les prochaines semaines, le Cniel estime que « le maintien de cette fermeté des prix (…) reste néanmoins incertain, car il n’y a pas de signes de fléchissement de la production laitière en Europe. »

Alimentation animale: la Chine réduit sa dépendance au soja grâce à la fermentation (presse)

Les aliments protéiques et les acides aminés essentiels obtenus par fermentation de matières végétales permettent à l’élevage chinois de moins dépendre du tourteau de soja importé, rapporte l'agence Reuters le 7 avril. Parmi les avancées, l’agence mentionne les aliments sans soja pour poulets et canards fabriqués par l’agroindustriel New Hope Liuhe à partir de lentilles d’eau. Elle mentionne aussi l’usage d’acides aminés ayant permis à Muyuan Foods, premier éleveur de porcs au monde, de réduire la part de tourteau de soja dans ses aliments de 10 % il y a six ans à 7,3 % aujourd'hui, selon Zhang Meng, directeur de la division alimentation de l'entreprise chinoise. Reuters retire de ses entretiens auprès de dizaines de producteurs de bétail et d'aliments, de chercheurs d'Etat et d'experts du secteur, que Pékin avance plus vite que prévu dans le déploiement de nouvelles technologies et la promotion des aliments fermentés. Selon les experts la part d’aliments fermentés en élevages industriels en Chine progresserait de 8% actuellement à 15 % prévus en 2030. La Chine pourrait ainsi réduire son tonnage de soja importé de 6,3% alors qu’elle les a vu croître de 6,5% en 2025. 

Luzerne déshydratée : la phase d’érosion de la sole française est terminée (profession)

Lors d’une conférence de presse tenue à Paris le 7 avril, La Coopération Agricole (LCA) Luzerne de France a estimé que la phase d’érosion de la sole française de luzerne déshydratée est terminée. « Le marché est apuré. Il n’y a plus de stocks aussi abondants dans les fermes françaises », s’est exprimé Pierre Bergoc, directeur général de France Luzerne, union de coopératives comprenant également la filiale commerciale Désialis, et représentant le plus important acteur de la commercialisation de la filière. Cette épuration du marché a notamment été permise par la stratégie développée par l’union de coopératives, se basant sur une reconquête des parts de marché perdues sur le marché européen. « Nous avons été agressifs au niveau des ventes. Nous sommes proches de notre record de 2018 », ajoute le directeur général. De son côté, Olivier Morant, président de LCA Luzerne de France, indique s’attendre à ce que les surfaces se stabilisent en 2026, pour grimper légèrement en 2027, « après avoir légèrement reculé entre 2024 et 2025, de 3 % », pour tomber à 66 500 ha, comme cela était prévu l’an dernier. La production hexagonale s’est affichée en 2025 à 725 000 t (775 000 t en 2024). Olivier Morant a rappelé que le secteur visait « 70 000 ha en 2030, comme évoqué lors du congrès mondial de la luzerne à Reims fin 2025 », et même « 80 000 à 90 000 ha en 2035 ».

Luzerne déshydratée : la filière française mieux protégée qu'ailleurs du prix de l'énergie

Lors d'une conférence de presse organisée à Paris le 7 avril, La Coopération Agricole (LCA) Luzerne de France a expliqué que la guerre au Moyen Orient, provoquant une hausse des coûts de l’énergie, affecte la filière hexagonale, mais bien moins que ses concurrents européens (Espagne, Italie etc.). « Nos usines de déshydratation sont largement décarbonées. Contrairement à d’autres pays, nos sites tournent à 100 % », précise Yann Martinet, directeur de LCA Luzerne de France. Ainsi, la France espère tirer au maximum son avantage compétitif sur le marché européen de la luzerne déshydratée, d’autant que l’Italie et l’Espagne sont davantage tournés vers le grand export. « Nous n’excluons pas de nous tourner à 100 % vers les clients européens en cas de prolongement du conflit », précise Pierre Bergoc. Mais « nous n’excluons absolument pas les autres débouchés du grand export, notamment les pays asiatiques […] Nous espérons placer quelques volumes en Chine, ayant obtenu l’autorisation d’y exporter en 2025 », pointe-t-il. Pierre Bergoc, directeur général de France Luzerne et de Désialis, représentant le plus important acteur de la commercialisation de la filière luzerne déshydratée, a indiqué avoir renforcé sa présence commerciale en Europe, via « l’embauche en janvier 2026 d’un commercial en Allemagne ». Un communiqué de LCA Luzerne de France précise que l’équipe commerciale des Pays-Bas a aussi été renforcée.

Luzerne déshydratée : un projet de recherche sur de nouvelles variétés fin 2026

Lors d’une conférence presse à Paris le 7 avril, La Coopération Agricole (LCA) Luzerne de France a annoncé qu’un projet de recherche afin de développer de nouvelles variétés de luzerne débuterait fin 2026. Il serait géré par un consortium de semenciers, théoriquement concurrents, mais qui mettrait en commun des outils afin de le mener à bien. « Ces outils seraient notamment la sélection assistée par marqueur et le phénotypage haut débit », indique Honoré Labanca, responsable R & D de LCA Luzerne de France. Les objectifs sont multiples : améliorer les taux de protéine, les rendements, la résistance aux maladies et la production de semences. Par ailleurs, le syndicat vante les mérites de la luzerne déshydratée dans l’alimentation des caprins, démontrés via une étude conduite avec l’Inrae. Plus en détail, après deux essais en 2022 et 2024, un nouvel essai a été réalisé en 2025, précise LCA Luzerne de France. Il en résulte une hausse de la production fromagère de 100 g/chèvre/jour, permettant un gain supplémentaire de 80 000 €/an pour un éleveur produisant à la ferme. Enfin, l’organisation a rappelé les résultats d’une étude également menée avec l’Inrae entre 2020 et 2025, et présenté lors du congrès mondial de la luzerne à Reims fin 2025, présentant les vertus de la luzerne en matière de décarbonation. D’après elle, la culture permettrait de stocker 6,7 tonnes de Co2eq par hectare et par an.

Soja : BASF annonce l’obtention d’une dérogation pour un herbicide

Dans un communiqué du 7 avril, l’agrochimiste BASF a annoncé l’obtention d’une dérogation pour un de ses herbicides, utilisable sur les cultures de soja en France, et vendus sous deux marques. « Le ministère de l’Agriculture accorde une autorisation dérogatoire pour l’utilisation des herbicides Isard et/ou Spectrum sur la culture du soja afin de répondre à l’urgence phytosanitaire liée à la pression croissante des adventices », peut-on lire dans le communiqué. L’herbicide en question, à base de diméthénamide-P, et à effet racinaire, est applicable en post-levée. La demande avait été portée par la filière soja, via l’institut technique Terres Inovia, précise BASF. La dérogation est valable sur la période allant du 20 mars au 18 juillet 2026. La dose maximale recommandée par BASF pour les marques Isard/Spectrum « est comprise entre 0,7 et 0,9 L/ha, selon le type de sol ». L’entreprise ajoute que « parce que chaque parcelle a ses spécificités, la dose ainsi que les éventuels partenaires en mélange et/ou en programme devront être adaptés à la flore présente ». Pour rappel, les producteurs de céréales et d’oléoprotéagineux souffrent actuellement d’un manque de solutions herbicides. Arvalis alertait lors du SIA 2026 sur la progression du problème des adventices en céréales.

Grandes cultures: lancement d'une offre commune d'Arvalis, l'ITB et Terres Inovia

Dans la foulée du projet Syppre (systèmes de culture innovants), trois instituts techniques des grandes cultures, Arvalis (céréales), Terres Inovia (oléoprotéagineux), et l'ITB (betterave) annoncent, dans un communiqué paru le 7 avril, le lancement d'une offre commune «pour accompagner les acteurs économiques et les organismes de conseil dans leur transition vers des systèmes de production durables qui tiennent compte de la performance et de la rentabilité.» Cette nouvelle offre sera disponible à horizon 2027 et prendra la forme d’un «accompagnement sur mesure des acteurs économiques et des organismes de conseil, en fonction de leurs objectifs d’amélioration». Le dispositif «inclura le diagnostic des systèmes existants, la co-construction de trajectoires de transition pour progresser vers plus de multi performance, un appui technique, notamment par la formation des équipes et la mise à dispositions d’outils de suivi.»

NGT : l'Inrae s'oppose à la brevetabilité des NGT-1 (presse)

A l'occasion d'une conférence de presse le 30 mars, l'Inrae a affiché une position sans équivoque sur la question de la brevetabilité des plantes issues des nouvelles biotechnologies (NGT), rapportent nos confrères de Réussir dans une article paru le 2 avril. « Pas de brevet sur les plantes NGT-1 », a déclaré Pierre-Benoit Joly, directeur de recherche, qui estime « regrettable » le changement de position du Parlement européen sur le sujet, qui s’était initialement opposé aux brevets sur les plantes issues de nouvelles techniques génomiques. L'institut scientifique reprend les arguments de certains semenciers, craignant que les brevets ne menacent la viabilité du certificat d'obtention végétale (COV). L'innovation serait réservée à quelques semenciers internationaux, et remettrait en cause le principe d'exemption du sélectionneur, d'après le scientifique. Il appelle par ailleurs à instaurer des dispositifs de biovigilance des plantes NGT-1, pour « pouvoir très rapidement repérer les problèmes et éventuellement les corriger ». Ajoutons que certains semenciers opposés aux brevets évoquent une solution proposée début 2025 par l’université allemande Humboldt de Berlin, évoquant la possibilité de rendre gratuites les licences créées par les brevets, revenant à vider de sa substance le principe même de brevetabilité.

Fraise : concentration des volumes en vue, l'AOPn demande une mobilisation de la GMS

Dans un communiqué de presse le 7 avril, l’AOPn Fraises de France appelle à une mobilisation collective après les fêtes de Pâques. « Le retard de la saison cette année, combiné à la hausse soudaine des températures, entraîne une concentration inédite des volumes cette semaine et la semaine prochaine. Ce pic de récolte des gariguettes coïncide avec l’arrivée massive des premières fraises rondes ainsi qu’un pic de fraises espagnoles, ce qui inquiète les producteurs quant à l’écoulement des volumes », explique Emeline Vanespen, directrice de l’AOPn, pour qui la grande distribution doit se mobiliser pleinement pour valoriser l'origine France sur ses étals. Des enseignes comme Auchan ont déjà pris des engagements concrets en mettant en avant la fraise française avec des opérations promotionnelles régulières et ciblées (en semaine 15 : fraises rondes à 3€29 la barquette de 500g et promotions en gariguettes selon les régions). Les producteurs avaient anticipé un pic après Pâques (le 5 avril), contrairement à l’an dernier où il était intervenu plus tôt. La production de fraises en 2025, estimée à 70 200 tonnes, a été en baisse de 2 % sur un an selon l’analyse des services du ministère de l’Agriculture (Agreste)

Frelon : trois syndicats apicoles déçus des moyens et du ciblage du plan national

Réagissant à la présentation le 27 mars du plan national de lutte contre le frelon asiatique, doté de 3 millions d'euros, trois syndicats spécialisés (l'Unaf, le SNA et la FFAP), accompagnés de l'ONG Terres d'abeilles, dénoncent, dans un communiqué le 7 avril, un dispositif «incomplet et insuffisant». Les quatre structures dénoncent « l'absence criante d'un financement pluriannuel durable », «très loin des 110 millions d'euros jugés nécessaires pour protéger les ruches et sauver les exploitations». «Aucune mesure concrète proposée pour protéger les ruchers, aucun financement envisagé pour les apiculteurs et apicultrices, aucune réponse apportée face aux pertes massives du cheptel», regrettent-t-elles. En effet, ce plan n’évoque pas le système d’indemnisation des pertes économiques subies par les apiculteurs, prévu par la loi. Le 9 décembre, la ministre Annie Genevard avait indiqué qu’« il faut un correctif législatif pour faire aboutir la chose » car le FMSE (fonds sanitaire professionnel) ne s’y prête pas. Par ailleurs, les quatre structures saluent le volet dédié à la recherche, mais demandent la rédaction d'un appel à projets exclusivement consacré à la recherche appliquée.

Climat : légère baisse des émissions agricoles en 2025, proche de la trajectoire SNBC 3

En 2025, les émissions de gaz à effet de serre (GES) du secteur agricole ont diminué de 1,2 %, en raison de la baisse du cheptel bovin, tandis que la hausse des apports d’engrais entraîne une augmentation des émissions des cultures, indique le Citepa (pollution climatique) dans son baromètre 2025 publié le 8 avril. Elles s’établissent à 75 millions de tonnes de CO2 équivalentes (Mt CO2e), contre 76 Mt CO2e en 2024. Dans le détail, les émissions de méthane issues de l’élevage ont diminué de 2,5 % en un an, tandis que celles de protoxyde d’azote ont diminué de 2,2 %. à l’inverse, les émissions de protoxyde d’azote des cultures suivent une hausse de 1,5 %, en lien avec une hausse des apports d’engrais minéraux, en partie compensée par une baisse des apports organiques issus des élevages (pâture et épandage). Selon l’association, cette évolution reste « globalement en ligne » avec la trajectoire de la SNBC 3, publiée en décembre 2025 et dont l’adoption est prévue au printemps 2026. Tous secteurs confondus, le Citepa anticipe une baisse de 1,5 % des émissions de GES en 2025, après une baisse de 1,8 % en 2024, après à une réduction plus significative de 6,8 % en 2023. Un rythme « insuffisant » pour répondre aux objectifs du troisième projet de Stratégie nationale bas carbone (SNBC 3), qui suppose une diminution moyenne annuelle de 4 % des émissions de GES pour atteindre les cibles climatiques de la France à l’horizon 2030.

Agroalimentaire : les ventes de conserves en recul de 0,5% en France en 2025

Les ventes d’aliments en conserves en grandes et moyennes surfaces (GMS) ont reculé de 0,5% en valeur à 6 milliards d’euros comme en volume en 2025, selon les données de Woldpanel by Numerator communiquées par l’interprofession de la conserve (Uppia), alors que les ventes de produits alimentaires toutes catégories confondues en GMS ont progressé de 1,7% en valeur en 2025. « On constate un retard sur l’image de la conserve », selon Damien Jeannot, président de l’Uppia, et une communication qui n’a « pas été assez intensive ». Pour remédier à cette situation, l’Uppia a lancé une campagne de communication (digitale et affichage) auprès du grand public l’année dernière. Après avoir constaté par un retour positif auprès de l’opinion en termes d’image de la conserve, elle sera reconduite en 2026 en ciblant prioritairement les plus de 60 ans, « une catégorie acquise qu’il faut conforter », et les familles avec enfants. L’Uppia veut surtout insister sur la qualité des produits appertisés, leur praticité, leur dimension nutritionnelle et leur accessibilité en termes de prix. L’Uppia compte trois collèges : producteurs (adhérents de la Fiac, de la Fict et de Felcoop), fabricants d’emballages (SNFBM) et fabricants de métal (cinq entreprises).

Titres restaurant: l'usage en magasin sera pérennisé au-delà de 2026 (Papin)

L’usage de titres restaurant en magasins sera pérennisé, a assuré Serge Papin dans un entretien au Parisien (édition du 4 avril 2026). Cette extension au-delà de la fin 2026 fait partie d’une proposition de loi devant être déposée « d'ici l'été », a annoncé samedi le ministre du Pouvoir d'achat et du Commerce, qui vise une adoption avant fin 2026. Serge Papin a invoqué une « mesure de pouvoir d'achat » et de « liberté » dans le contexte de guerre au Moyen-Orient. « Soyons clairs, une hausse des prix est inévitable, l'Insee l'évalue à 2 % en juin », a-t-il rappelé. « Mais on sera très loin de l'hyperinflation que nous avons connue sur l'alimentaire entre 2022 et 2024, quand le prix de certains produits avait bondi de près de 20 % », a-t-il insisté. La réforme des titres restaurant, en gestation depuis plusieurs années, avait été détaillée dans ses grandes lignes en juin 2025 par Véronique Louwagie, sa prédécesseuse, mais retardée par les changements de gouvernement. Quant à la possibilité d’utiliser les titres restaurants le dimanche, cette extension passerait par une « mesure réglementaire » en parallèle des débats parlementaires, a précisé le cabinet à l'AFP.

Machines agricoles : Damien Dubrulle, réélu président d’Axema

Dans un communiqué du 7 avril, le syndicat des constructeurs de machines agricoles Axema a réélu à sa tête pour un deuxième et dernier mandat de trois ans Damien Dubrulle. L’organisation rappelle que le président réélu est directeur de l’entreprise Downs, filiale du groupe familiale Dubrulle depuis 2006. « Je remercie le conseil d’administration pour sa confiance. Ma réélection s’inscrit dans une volonté de continuité mais surtout d’engagement dans une nouvelle dynamique pour la filière des agroéquipements et des espaces verts », s’exprime-t-il dans le communiqué