Agrafil du 9 décembre 2024

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UE/Mercosur : les négociations commerciales finalisées, des garanties sur le climat

Après 25 ans de négociations, l’UE et les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay) ont officiellement annoncé le 6 décembre à Montevideo (Uruguay), avoir finalisé leurs discussions en vue d’un accord de libre-échange. «Aujourd'hui, une étape historique est franchie» a déclaré la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Et d’ajouter qu’il s’agit d’une « victoire pour l'Europe» et d’un «accord gagnant-gagnant». Après une première conclusion en 2019, des négociations s'étaient engagées afin de répondre aux préoccupations liées au développement durable. Dans le détail, Bruxelles envisage cet accord comme «l’un des accords les plus ambitieux en matière de développement durable» qui va même «au-delà de certains de nos accords les plus récents», citant le Ceta et l’accord avec le Chili. Par rapport au texte de 2019, celui de 2024 fait de l'accord de Paris «un élément essentiel de la relation UE-Mercosur». Cela signifie que des avantages commerciaux pourront être suspendus «si l'une des parties enfreint gravement l'accord de Paris ou décide de s'en retirer». En outre, il prévoit «des engagements concrets» pour mettre fin à la déforestation d’ici 2030. Il contient de nouvelles dispositions sur les marchés publics, les droits à l'exportation et les véhicules mais rien de nouveau concernant le secteur agricole.

UE/Mercosur : «un accord équilibré» pour l’agriculture, selon Bruxelles, le même qu'en 2019

«A nos agriculteurs : nous vous avons entendus, nous avons écouté vos préoccupations et nous agissons en conséquence», a indiqué Ursula von der Leyen le 6 décembre lors de l’annonce de l’accord. Et d’ajouter : «Cet accord comprend des garanties solides pour protéger vos moyens de subsistance». Dans le détail, les dispositions sont les mêmes qu’en 2019 pour le secteur agricole, notamment en termes de contingents tarifaires. La Commission européenne estime que le résultat est équilibré entre la création de nouvelles opportunités pour les intérêts agricoles offensifs et la protection des produits sensibles. Bruxelles considère disposer des assurances selon lesquelles les marchés agricoles sensibles ne seront pas perturbés grâce à «un accès limité» aux produits (représentant un faible pourcentage de la consommation), «une ouverture progressive» des volumes des contingents tarifaires et des mesures de sauvegarde bilatérales qui pourront s’activer en cas de hausse des importations «ou même de risque avéré». Et si jamais malgré ces garanties, des difficultés venaient à apparaître dans le secteur agricole à la suite de la mise en œuvre progressive, elle pourrait être amenée à créer «un fonds de réserve d’un milliard d’euros». Par ailleurs, Ursula von der Leyen affirme que «nos normes européennes en matière de santé et d’alimentation restent intouchables».

UE/Mercosur : le labyrinthe communautaire de la ratification va s’ouvrir

Après l’annonce de la conclusion des négociations le 6 décembre, va dès à présent s’ouvrir, la longue phase d’approbation du texte. Dans un premier temps, celui-ci va passer par un processus de vérification juridique en coopération avec les pays du Mercosur. Il sera ensuite traduit dans toutes les langues officielles de l'UE puis soumis au Conseil de l'UE et au Parlement européen. Pour l’heure, la Commission européen n’a pas souhaité communiquer tant sur la base juridique que sur la qualification de l’accord. Deux options sont sur la table : un accord mixte unique ou bien un paquet politique composé de deux accords juridiquement distincts. Le choix d’une option plutôt que l’autre pourrait faire basculer les modalités de scrutin au sein du Conseil de l’UE de l’unanimité (accord unique) à la majorité qualifiée (accord commercial intérimaire). Et la question de l’accord UE/Mercosur demeure sensible dans les capitales. Paris, Varsovie, Vienne et le Parlement néerlandais ont d’ores et déjà exprimé leur opposition à l’accord en l’état. La position de l’Italie, qui a émis des réserves sur l’agriculture, pourrait s’avérer importante pour obtenir une minorité de blocage dans le cadre d’un vote à la majorité qualifiée (55% des Etats membres représentant 65% de la population de l’UE). L’instabilité politique actuelle en France pourrait également jouer un rôle puisque le Conseil de l’UE est l’enceinte où siègent les ministres.

UE/Mercosur: dénonciation unanime de l'accord par les syndicats agricoles français

L'alliance syndicale agricole majoritaire française FNSEA-Jeunes agriculteurs (JA) a estimé le 6 décembre que la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen avait «trahi les agriculteurs européens» en annonçant la conclusion de l'accord de libre-échange avec des pays du Mercosur. «Cette validation est non seulement une provocation pour les agriculteurs européens qui appliquent les standards de production les plus élevés au monde, mais aussi un déni de démocratie alors que la quasi-unanimité de nos parlementaires français se sont exprimés contre cet accord», affirment les organisations dans un communiqué. Pour elles, «Von der Leyen trahit les agriculteurs européens». Dans un communiqué, la Confédération paysanne estime que «cette signature est un coup de poignard pour les paysans et paysannes de France, d'Europe et d'Amérique du Sud. Nous avons démontré que ces accords de libre-échange tirent les prix vers le bas et organisent la course au moins disant social et environnemental. Ils se font au détriment du revenu paysan et de l'intérêt général.» Dans un message sur le réseau X, la Coordination rurale a rappelé son «opposition depuis l'origine, sans ambiguïté».

UE/Mercosur : colère des syndicats agricoles européens, satisfaction des secteurs viticole et laitier

L’annonce de la conclusion des pourparlers entre l’UE et le Mercosur, le 6 décembre, a déclenché des réactions antinomiques au sein du secteur agroalimentaire européen. Pour les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca), «cet accord aura de lourdes conséquences sur l’agriculture familiale dans toute l’Europe». Elles regrettent le message envoyé par le nouveau collège des commissaires au secteur agricole européen, seulement six jours après leur entrée en fonction. Pour protester contre l’accord, elles annoncent l’organisation d’une "action flash" le 9 décembre à Bruxelles. Même sentiment pour la Coordination européenne Via Campesina - dont fait partie la Confédération paysanne - qui estime que «la signature de l’accord UE/Mercosur est un manque total de respect envers les agriculteurs». Et d’ajouter «nous savons que les garde-fous ne fonctionnent pas actuellement et que la concurrence déloyale persiste, tandis que les pertes des agriculteurs ne cessent d'augmenter». A contrario, le secteur des spiritueux (Spirits Europe) et de l’industrie laitière (European Dairy Association) se félicitent de la finalisation d'un accord qui pourrait bénéficier à leurs filières. Ces organisations appellent maintenant à «une entrée en vigueur rapides de l'accord pour libérer tout son potentiel».

UE/Mercosur: manifestation de la Conf' à Chambéry en soutien aux agriculteurs interpellés

Près de 150 sympathisants de la Confédération paysanne, ont manifesté le 7 décembre au soir à Chambéry en soutien à leurs militants, dont au moins un de Savoie, interpellés deux jours plus tôt lors d'une action contre l'accord UE-Mercosur à Paris. «Non à la criminalisation de l'action syndicale», dénonçait une banderole derrière laquelle ont défilé des adhérents de la Confédération, mais aussi de la CGT, de La France Insoumise, d'Attac et du syndicat enseignant FSU. Les manifestants entendaient protester contre la dérégulation des marchés et en particulier l'accord commercial de libre-échange UE-Mercosur. Cinq militants du syndicat, dont Thierry Bonnamour, co-porte-parole de la Confédération paysanne de Savoie, ont été interpellés jeudi lors d'une action syndicale contre une réunion européenne de grands acteurs du commerce de céréales au Grand Palais à Paris. Selon la Confédération paysanne, trois des cinq gardés à vue ont été libérés vendredi soir, tandis que deux devaient être déférés devant un juge pour des dégradations présumées. Ils seront jugés en février prochain devant le tribunal correctionnel de Paris. Dans l'attente, ils sont placés sous contrôle judiciaire, a précisé samedi soir le parquet de Paris.

UE/Mercosur: des manifestants de la Coordination rurale au marché de Rungis

Quelques agriculteurs de la Coordination rurale (CR) sont entrés le 5 décembre au matin dans le pavillon de la viande du marché d’intérêt national de Rungis, en marge d'une manifestation visant à dénoncer l'accord de libre-échange UE/Mercosur. Une vidéo, diffusée sur le réseau social X par le syndicat, montre une quinzaine de militants, bonnet jaune du syndicat vissé sur la tête et blouse blanche, marcher dans une allée du pavillon de la viande, en jetant un œil aux étiquettes sur les carcasses. Un peu plus tôt, vers 4h, une soixantaine de militants – la majeure partie venus en car affrété par la section du Loir-et-Cher – étaient arrivés «aux portes de Rungis», a expliqué à l'AFP Edouard Legras, président de la CR de ce département. Après un «jeu du chat et de la souris» avec les forces de l'ordre, «une partie de la délégation a pu rentrer vers 5h en accord avec la direction» du site, a-t-il ajouté. Contacté par l'AFP, le marché de Rungis – qui se présente comme le plus grand marché de produits frais au monde - n'a pas donné suite dans l'immédiat. De son côté, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen est arrivée au Sommet du Mercosur à Montevideo (Uruguay), estimant que la «ligne d'arrivée de l'accord UE-Mercosur [était] en vue», malgré l'opposition de la France et de la Pologne.

Censure du gouvernement: des agriculteurs de la FNSEA visent des permanences de députés

Des agriculteurs de la FNSEA s'en sont pris à plusieurs permanences de députés ayant voté la motion de censure, le 5 décembre au soir en Nouvelle-Aquitaine, et d'autres actions similaires étaient attendues le 6 décembre pour protester contre une vacance de gouvernement «inadmissible». En Charente-Maritime, les permanences de trois députés - Fabrice Barusseau (NFP) à Saintes, Benoît Biteau (Verts-NFP) à Rochefort et Pascal Markowsky (RN) à Royan -, ont été vandalisées, selon la préfecture, qui évoque «des déversements de déchets, l'inscription de tags et l'utilisation de mousse expansive pour sceller l'entrée des locaux». Estimant «légitime» que les agriculteurs expriment leur «désespoir», le préfet Brice Blondel rappelle dans un communiqué qu'«aucun élu (...) ne doit être inquiété en raison de ses opinions». «On s'est attaqués aux députés qui ont voté la motion de censure et qui foutent en l'air tout le travail fait jusqu'à présent pour les agriculteurs», a précisé à l'AFP Cédric Tranquard, président de la FDSEA de Charente-Maritime. «RN, NFP... On ne fait pas de traitement de différence, on ne fait pas de politique, nous», a-t-il ajouté. L'élu RN Pascal Markowsky, dont la permanence «a été la cible d'un déversement de purin», a dit sur X comprendre «la détresse des agriculteurs, confrontés à des difficultés sans précédent» et entendre «leur désespoir».

Censure du gouvernement: le budget agricole sera maintenu «en volume», assure Potier (PS)

Alors que le président du Groupe socialiste Boris Vallaud  s'est dit, le 6 décembre, prêt à négocier avec les centristes et Les Républicains en vue de former un nouveau gouvernement, le député socialiste Dominique Potier assure que le budget agricole sera maintenu «en volume» par rapport à celui qui a été discuté à l'Assemblée avant la censure. Dans le cadre d'une loi de finances débattue en début d'année prochaine, «je ne doute pas que l’ensemble des forces politiques convergeront en ce sens», assure le spécialiste des questions agricoles. «Au monde agricole, je dis: ne doutez pas de la solidarité nationale. Nous veillerons à ce qu’elle soit orientée de façon équitable et sois économiquement plus efficace. Et nous ferons tout notre possible pour compléter les crédits manquants pour l’adaptation au dérèglement climatique et pour faire face à crise sanitaire dans l’élevage». Quant aux promesses non budgétaires faites par les gouvernements précédents, «ils seront naturellement arbitrés en vue de  l’intérêt général», estime-t-il. Visé lui-même par des actions du syndicalisme majoritaire ces dernières heures, le député de Meurthe et Moselle rappelle notamment«l’engagement constant» contre l'accord UE/Mercosur. Il souhaite aussi «mettre en garde contre le risque d’une grande confusion. L’expression démocratique ne peut être sous contrainte de la force. La motion de censure porte sur un enjeu majeur. Pour les socialistes, elle doit permettre de libérer l’exécutif de sa dépendance à l’extrême droite et réparer le désordre généré par la dissolution.»

Censure du gouvernement, Mercosur: le mouvement «va se durcir», selon les JA

La mobilisation des agriculteurs «va se durcir» dans les prochains jours, notamment pour protester contre la vacance gouvernementale qui reporte la concrétisation des promesses qui leur ont été faites, a indiqué à l'AFP le numéro deux de Jeunes agriculteurs, allié du syndicat majoritaire FNSEA. «Avec la censure (du gouvernement de Michel Barnier) et (la présidente de la Commission européenne) Ursula Von der Leyen partie en Uruguay» dans le but de conclure un accord de libre-échange avec des pays du Mercosur, «les actions vont évoluer, se durcir», a déclaré le secrétaire général de JA, Quentin Le Guillous. Fin novembre, l'alliance syndicale majoritaire FNSEA-JA avait annoncé un troisième round de manifestations pour les 9 et 10 décembre. Les deux premiers étaient axés sur l'opposition à la signature d'un accord de libre-échange avec le Mercosur et la dénonciation des «entraves» à l'exercice du métier. Le dernier devait se concentrer sur la défense d'un meilleur revenu. «On n'oublie pas le revenu. On prévoit des visites de GMS (grandes et moyennes surfaces) pour dénoncer les prix trop bas (pour rémunérer selon eux correctement les producteurs) et contrôler l'origine des produits», a expliqué M. Le Guillous. 

Pays de la Loire : baisse drastique des subventions pour les syndicats et OPA

Dans un article paru le 27 novembre, nos confrères de Ouest France indiquent les subventions aux syndicats agricoles sont touchées par les coupes budgétaires opérées par le conseil régional des Pays de la Loire - dominé par la droite - dans le cadre de son budget 2025. C’est la vice-présidente à l’agriculture, Lydie Bernard, qui leur aurait fait cette annonce. La FRSEA ne pourrait ainsi plus compter sur les 90 000 € qui lui étaient alloués jusqu’à présent. JA, Confédération Paysanne et Coordination rurale perdent eux respectivement 40 000€ de subventions. «On va perdre autour de 40 000 €, soit le tiers de notre budget de fonctionnement», déplore Hugo Davy, président des JA Pays de la Loire, dans les colonnes du quotidien régional. Pour la Confédération Paysanne, c’est la moitié de son budget qui est en jeu. Selon le syndicat, les organisations de développement agricole sont également concernées. Les subventions seront d’abord divisées par 2 en 2025 puis totalement supprimées en 2026. Pour le réseau bio, la baisse des sommes allouées par la région se chiffrerait à 400 000 € sur un total de 800 000€. Toujours selon le syndicat, l’association Solidarité Paysans verrait, elle, la totalité de ses subventions supprimées dès 2025. (Tanguy Dhelin)

Céréales: l’activité des ports ralentie par la mauvaise récolte

La mauvaise récolte 2024, à environ 10 Mt en deçà des années normales, affecte les exports français, ont indiqué les professionnels présents à la Bourse de commerce européenne. «La production part d’abord à la consommation domestique, pointe Delphine Drignon, responsable marchés européens pour Intercéréales. Puis nous fournissons nos partenaires européens, et l’export aux pays tiers arrive en dernier». Une situation qui pèse sur les activités portuaires, notamment sur la façade atlantique. «La moyenne d’export du port de Rouen est autour de 8 Mt de céréales par an, explique Manuel Gaborieau, délégué commercial d’Haropa - Port de Rouen. Cette année, nous serons plutôt autour de 4 à 5 Mt». Henri Chotard travaille pour Sica Atlantique, opérateur portuaire du port de la Pallice, à la Rochelle. Il explique: «nous avons perdu entre 20 et 35% de notre activité. La récolte est mauvaise et la qualité peu propice aux cahiers des charges de nos clients». Le groupe dispose de plusieurs filiales, ce qui lui permet de faire face à cette baisse d’activité. «Pendant que nous ne chargeons pas de bateaux, nous entretenons, améliorons et modernisons nos outils logistiques, afin d’être dans les meilleures conditions pour reprendre les activités, dès la fin de la campagne», ajoute Henri Chotard. (Elena Blum)

Céréales : COC va reverser le résultat de la coop à ses adhérents, 40% de celui du groupe

A l’occasion de son assemblée générale le 6 décembre, Centre Ouest Céréales (COC) a fêté ses 30 ans, durant lesquels la diversification s’est affirmée. «Aujourd’hui, le groupe se porte bien avec un fonds de roulement de près de 54,3 M€, constate Ulrich Housseau le directeur général. Oui, sur l’exercice 2023/24, le chiffre d’affaires est en baisse, de 16% à 386 M€, mais le résultat net atteint 16,2 M€ pour le groupe et 1,1 M€ pour la coopérative qui elle, dégage un CA de 242 M€.» Dans un contexte tendu pour les trésoreries de ses 2000 adhérents, COC a décidé de leur reverser 100% du résultat net de la coop et 40% de celui du groupe. Sa filiale industrie (COCI), qui porte l’activité de l’usine de Chalandray, fonctionne à plein régime: 240 000 tonnes de graines d’oléagineux triturées pour une production de 145 000 t de tourteaux, 50 000 t d’ester éthylique dont du biodiesel et 32 000 t d’huile alimentaire. COC, c’est aussi, depuis cette année, des prestations de services en triage de semences et lavages de panneaux photovoltaïques via sa filiale Copresto et sa prise de participation dans la startup Cyclair, spécialisée dans le désherbage mécanique robotisé. En juillet 2024, COC est également entrée au capital d’Aquitabio, l’entité dédiée au bio qui rassemble une douzaine de partenaires, pour «structurer cette activité» d’à peine 7000 t.  (Anne Gilet)

Blé dur : les projets de la filière pour relancer la production avec le gouvernement

Près d’un an après le lancement du plan Blé dur, la filière a déposé plusieurs projets auprès de la DGPE (ministère de l’Agriculture) et la DGPR (Environnement), que Frédéric Gond, président du comité de pilotage blé dur, détaille pour Agra presse. «Nous souhaitons que les deux obtenteurs, RAGT Semences et Florimond Desprez, développent un panel de solutions génétiques, pour répondre à des besoins en termes de changements climatiques, de décarbonation, d’adaptation aux besoins des industriels mais aussi de diversification des territoires, pour pouvoir notamment produire du blé dur plus au nord». Pour décarboner la production, la filière souhaite améliorer sa compréhension de l’absorption de l’azote par le blé dur, pour en réduire les apports tout en préservant la protéine. L’interprofession demande aussi la création d’outils de sécurisation: «il existe des assurances sur la perte en quantité, mais pas sur la dégradation de la qualité, qui est le problème majeur en blé dur, explique Frédéric Gond. Nous visons également 15% de contractualisation tripartite, entre agriculteurs, organismes stockeurs et industriels.» Le budget global, de 43 M€, devrait provenir des ministères pour 11 M€, mais aussi d’Arvalis, des obtenteurs, et des industriels. (Elena Blum)

Porc : l’Efsa recommande les filets à insectes contre la PPA dans les zones infectées

Dans une récente synthèse, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a évalué les facteurs de risque et mesures protectrices contre la peste porcine africaine (PPA). En analysant 24 études réalisées dans des zones infectées d’Europe, l’Efsa retient notamment l’intérêt de poser des filets anti-insectes sur les ouvertures des bâtiments, en plus des mesures adéquates de biosécurité. Certaines mouches piqueuses des ruminants ou chevaux pourraient en effet être transmettre la maladie. Toutefois leur rôle reste incertain et «doit faire l'objet d'études plus approfondies», considère l’Autorité. Encore plus évidente se révèle la nécessité, dans une zone infectée, de protéger les stocks de litière et d’éloigner les épandages d’élevages voisins. En revanche, les tiques n’ont jamais été mises en cause en une décennie, constate le rapport. Enfin, pour empêcher les sangliers infectés d’envahir une région, les barrières naturelles et zones urbaines s’avèrent effectives, de même que les grands grillages et fils électriques, le rapport donnant en exemple la clôture réalisée en 2019 entre la Belgique et la France.

Viande: en Savoie, L214 conteste la réouverture anticipée de l’abattoir de Maurienne

Dans un communiqué du 5 décembre, L214 annonce le dépôt d’un référé-suspension contre un arrêté de la préfecture de Savoie qui a levé plus tôt que prévu la suspension de l’abattoir de Maurienne, épinglé par l’association pour des manquements à la réglementation sur le bien-être animal. Le 15 novembre, après la publication d’une vidéo de L214, la préfecture a publié un arrêté suspendant l’agrément de l’abattoir pour trois mois. Les pouvoirs publics fixaient alors quatre conditions à sa réouverture: transmission des «modes opératoires normalisés», programmation et description du contrôle interne, transmission du plan de maintenance du matériel d’étourdissement et définition des conditions d’abattage. Le 1er décembre, la préfecture de Savoie a fait paraître un nouvel arrêté levant temporairement la suspension de l’usine et fixant les quatre mêmes conditions pour une réouverture définitive. «Le préfet fait fi de ses propres mesures», résume L214, estimant que les «dysfonctionnements» n’ont «pas été résolus par l’abatteur». À la veille des fêtes de fin d’année, «tout porte à penser que ce sont les intérêts économiques de quelques-uns qui ont suscité cette réouverture précipitée», avance son cofondateur Sébastien Arsac, cité dans le communiqué.

OFB: sa légitimité doit être renforcée, estiment les sénateurs en commission

La Commission du développement durable du Sénat estime que l’Office français de la biodiversité (OFB) «doit réussir sa mue administrative» et mettre en place «de manière encore plus volontariste» des actions de pédagogie pour asseoir sa «légitimité», depuis sa création en 2020, dans un communiqué le 4 décembre. «Nous avons besoin d’un opérateur chargé de préserver la biodiversité et de lutter contre les atteintes à l’environnement, qui altèrent la qualité des eaux, la santé humaine et la résilience des activités économiques» affirme la commission sénatoriale, à la suite de l’audition du directeur général de l’OFB, Olivier Thibault, le même jour. Pour les élus, le port «discret» de l’arme de service, préconisé dans un rapport d’information du sénateur Jean Bacci (Var, LR) et repris dans une récente circulaire du gouvernement à l’OFB et aux préfets, «n’est toutefois pas le remède à tous les maux». «La perception parfois négative que l’armement des agents suscite doit inciter à une réflexion plus large sur l’acceptation de la norme environnementale dans notre société : au-delà des postures, il s’agit là du véritable noeud du problème, qui excède largement la responsabilité de l’OFB», estiment les sénateurs.

Inde: tirs de gaz lacrymogènes pour arrêter une marche d'agriculteurs en colère

La police indienne a tiré des gaz lacrymogènes vendredi pour empêcher des agriculteurs de franchir des barricades dans le cadre d'une marche vers New Delhi afin de réclamer des prix garantis pour leurs récoltes, une revendication de longue date. Les agriculteurs ont appelé cette semaine à une "March to Delhi" (une marche vers Delhi) en espérant rencontrer le même écho que celle de 2021 lorsqu'ils avaient réussi à forcer les barrages policiers pour prendre d'assaut l'emblématique Fort rouge de la capitale indienne. Pour empêcher leur avancée, de lourdes barricades en béton et des rouleaux de barbelés ont été érigés à Shambhu, à environ 200 kilomètres au nord de la capitale, à la frontière entre les Etats du Pendjab et de l'Haryana. Les autorités ont également suspendu les services d'Internet mobile le long de leur itinéraire afin d'empêcher toute communication entre les manifestants. Les agriculteurs réclament une loi fixant un prix minimum pour leurs récoltes, ainsi que d'autres concessions, notamment l'annulation des prêts et de plus importantes compensations pour les terres acquises par le gouvernement il y a plusieurs années. 

Pommes de terre : Philippe Quennemet, nouveau président du GIPT (interprofession)

Le Conseil d’administration du Groupement interprofessionnel de la valorisation de la pomme de terre (GIPT) a élu le 6 décembre Philippe Quennemet comme président pour un mandat de deux ans renouvelable.  Il succède à Arnaud Delacour qui occupait cette fonction depuis 2021. Âgé de 45 ans et responsable approvisionnement en pommes de terre des usines du groupe Altho, Quennemet est administrateur du GIPT depuis huit ans au titre de la Fédération des transformateurs de pommes de terre (FNTPT) dont il a été le président depuis 2020. Par ailleurs, il représente les transformateurs de pommes de terre au sein de la section Pomme de Terre de Semae depuis plus de 15 ans. «Dans un monde qui évolue constamment et rapidement, nous devrons être réactifs pour conforter la place de nos entreprises en Europe et accueillir de nouvelles entreprises sur notre territoire», a déclaré le nouveau président du GIPT à la suite de son élection.