Lait/Chine : vers des droits de douane provisoires sur plusieurs produits laitiers
Les autorités chinoises pourraient ne pas attendre la fin de leur enquête antisubventions pour mettre des droits de douane provisoires sur les produits laitiers européens concernés, selon François-Xavier Huard, p.-d.g.de la Fnil (industriels) et vice-président du Cniel (interprofession). L’enquête antisubventions doit se terminer en février 2026. Ces droits, qui pourraient être de 30 à 50 %, venant s’ajouter aux 15 % déjà en vigueur, auraient pour conséquence de réduire « à la portion congrue » les 50 000 t de crème que les laiteries françaises exportent vers la Chine chaque année. François-Xavier Huard et des représentants de Danone, Savencia et Lactalis ont participé au voyage d’État du président Macron en Chine du 3 au 5 décembre. La filière laitière française a eu davantage de satisfaction sur un autre sujet : la reconduction de l’accord déléguant l’inspection des sites de production de poudre de lait infantile aux agents du ministère français de l’Agriculture, pour le compte des autorités chinoises. Cela évite d’attendre que les agents chinois se déplacent sur les sites français. Cet accord permet de pérenniser des exportations de poudre de lait infantile vers la Chine d’un montant de 250 M€ par an.
UE/Mercosur : les eurodéputés veulent renforcer les sauvegardes agricoles
Les eurodéputés de la commission du Commerce international ont largement adopté (par 27 voix contre 8 et 7 abstentions), le 8 décembre, leur position sur la clause de sauvegarde agricole renforcée de l’accord UE/Mercosur. Pour apaiser les tensions et prendre en considération les demandes agricoles, des modifications ont été adoptées. Les eurodéputés souhaitent ainsi abaisser les seuils de déclenchement des sauvegardes, principales causes du rejet, à une augmentation des importations de 5 % sur une moyenne de trois ans (au lieu de 10 % d’une année sur l’autre). Ils proposent également de réduire à trois mois (au lieu de six) la durée des enquêtes – et même à deux (au lieu de quatre) en cas de produits sensibles. En outre, pour ces mêmes secteurs, ils proposent de réduire le délai de mise en place de mesures provisoires à 14 jours maximum à compter de l’ouverture de l’enquête (contre 21 jours). Les parlementaires demandent également à Bruxelles d’introduire une obligation de réciprocité des normes de production et un dispositif anti-contournement des sauvegardes. Enfin, des amendements visant à intégrer les œufs (catégories A et B et produits à base d'œufs) et les agrumes à la liste des produits sensibles ont aussi été adoptés. Cette position doit, à présent, être finalisée en séance plénière le 16 décembre avant que des négociations interinstitutionnelles avec le Conseil de l’UE n’aient lieu, probablement début 2026.
Réciprocité : Bruxelles va lancer un groupe de travail pour renforcer les contrôles aux frontières
Le commissaire à l’Agriculture rencontrera des représentants du secteur agroalimentaire afin d'examiner la mise en œuvre concrète des contrôles à l'importation, ainsi que les difficultés actuelles et les solutions possibles. Ce dialogue appuiera directement les travaux d'un groupe de travail qui sera lancé début 2026 et qui étudiera comment renforcer davantage les contrôles officiels de l'UE sur les importations, conformément à la Vision pour l'agriculture et l'alimentation. Dans le règlement omnibus de simplification de la législation sur la sûreté alimentaire – dont la présentation est prévue pour le 16 décembre – Bruxelles devrait déjà proposer une mise à jour des procédures encadrant les contrôles officiels aux frontières. La Commission y promet également d’imposer une réciprocité aux produits importés en fixant les limites maximales de résidus (LMR) pour certaines substances interdites dans l’UE au niveau de la limite de quantification. Et une analyse d’impact sur le renforcement de la réciprocité des normes de production de l’UE vis-à-vis des produits importés a été lancée le 25 novembre.
États-Unis : Trump annonce le déblocage d’une aide de 12 Md$ pour les agriculteurs
Le président américain Donald Trump a annoncé, le 8 décembre, le déblocage d’un plan d’aide de 12 milliards de dollars (Md$) destiné aux agriculteurs américains. Et le locataire de la Maison Blanche de préciser que cette mesure sera financée par « une petite partie des centaines de milliards de dollars que nous percevons en droits de douane ». Ce plan doit justement permettre aux agriculteurs américains d’améliorer leur trésorerie dans un contexte où la politique commerciale agressive de l’administration américaine engendre des retombées importantes sur le secteur. Dans le détail, 11 Md$ seront versés dans le cadre d’un soutien temporaire aux agriculteurs, le milliard restant étant réservé aux cultures qui ne seront pas incluses dans ce programme. Le versement devrait intervenir « d’ici la fin du mois », promet la secrétaire américaine à l’Agriculture, Brooke Rollins. En parallèle, cette dernière a annoncé, le 5 décembre, la mise en place de mesures en matière d’assurance récolte destinées à simplifier les démarches administratives pour les agriculteurs et à élargir son accès.
Négociations commerciales : vers une hausse des prix contenue, selon Intermarché
Les différentes évolutions des coûts des matières premières devraient aboutir à une « hausse contenue » des prix, selon Thierry Cotillard, président du Groupement Mousquetaires (Intermarché). Dans la Tribune Dimanche du 7 décembre, il a évoqué notamment la baisse des prix « de certaines matières premières, comme le plastique ou le verre », ainsi que le recul du prix du blé, « d'où une baisse du prix de la farine et des pâtes ». Cette déclaration du p.-d.g. d’Intermarché n’est pas de bon augure pour les industriels et agriculteurs, alors que les négociations commerciales viennent de débuter le 1er décembre. Jean-François Loiseau, président de l’Ania (industriels), a tenu à rappeler le 2 décembre que « certaines matières premières agricoles sont encore à des prix très élevés (cacao, café) » et que « certains industriels travaillent avec des marges de 1 à 3 % de résultat net ». En 2025, à l’issue des négociations commerciales, les industriels de l'agroalimentaire avaient obtenu 1,5 % de hausse moyenne des prix, alors qu'ils demandaient une augmentation moyenne de 5,7 %. La signature d’une charte industriels-distributeurs le 30 novembre pourrait cependant améliorer le déroulement des négociations, sans présager de leur résultat en termes de hausse des tarifs.
Pratiques commerciales déloyales : Bruxelles consulte pour la révision de sa directive
Après avoir publié une évaluation de sa directive, la Commission européenne a ouvert le 5 décembre, pour une durée de 12 semaines (jusqu’au 27 février), une consultation publique concernant la lutte contre les pratiques commerciales déloyales dans la chaîne alimentaire. Les résultats devraient alimenter la future révision des règles de l’UE dont la proposition est attendue pour le troisième trimestre 2026. Concrètement, Bruxelles identifie deux domaines d’action pouvant justifier la modification de la directive : le renforcement de l’application et le traitement des performances inégales de la directive. Pour ce faire, l’exécutif européen prévoit, notamment d'améliorer le cadre d’introduction des plaintes et de mettre en place des mécanismes de lutte contre les représailles. Il souhaite également réexaminer le degré d’harmonisation des règles ou encore introduire de nouvelles pratiques commerciales déloyales pour lutter contre la vente à perte. Au-delà de cette consultation, un dialogue sur la mise en œuvre de la directive, qui sera présidé par le commissaire à l’Agriculture Christophe Hansen, devrait voir le jour au cours du premier trimestre de 2026.
Émissions industrielles : Bruxelles prépare des mesures de simplification pour les éleveurs
Dans le cadre de son paquet omnibus de simplification sur la législation environnementale, qui sera présenté le 10 décembre, la Commission européenne devrait proposer un allègement des procédures pour les éleveurs dans le cadre de la directive Émissions industrielles. Les agriculteurs « seront exonérés des déclarations sur l’utilisation de l’eau, de l’énergie et des matériaux », peut-on lire dans le projet de texte consulté par Agra. Et les États membres pourront fournir davantage d’informations au nom des agriculteurs. Adoptée en 2024, la révision de cette directive prévoit une baisse des seuils d’entrée dans le dispositif pour les porcs, les volailles, les poules pondeuses et les élevages mixtes. Mais ces nouvelles règles seront applicables au plus tôt entre 2030 et 2032, en fonction de la taille des exploitations. Le projet omnibus prévoit également des procédures simplifiées et accélérées des évaluations environnementales pour les demandes de permis. Ce paquet est une première étape qui devrait être suivie d’autres simplifications de la règlementation environnementale de l’UE en 2026 : règlementation sur la restauration de la nature, directive-cadre sur l’eau, directive Nitrates ainsi que celles relatives aux Oiseaux et Habitats.
Porc : le prix du porc a décroché de 1,3 ct€/kg au marché de Plérin ce lundi
Lors de sa séance du lundi 8 décembre, le marché au cadran de Plérin a enregistré une « baisse substantielle » de 1,3 ct€/kg, qui a fait atterrir le prix moyen à 1,477 €/kg, rend compte le Marché du porc français (MPF), sur fond de crise sanitaire en Espagne. Le premier producteur et exportateur européen de porcs, voit ses marchés vers les pays tiers suspendus à cause d’un foyer de PPA (peste porcine africaine) révélé à la fin novembre. Après des enchères convergentes vers 1,49 €/kg le jeudi précédent (4 décembre), les abatteurs ont à nouveau divergé dans leurs propositions d’achat, entre ce niveau et 1,470 €/kg. Le compte-rendu du MPF invoque tout particulièrement la chute du prix espagnol au marché de Mercolleida, de 10 ct€/kg lundi 1er décembre, puis de nouveau 10 ct€/kg jeudi 4 décembre ; soit deux baisses dépassant « la baisse maximale habituelle de 6 centimes », selon les observateurs du MPF. Une chute attribuée à la grande prudence des abatteurs espagnols, qui voient tarder l’application des accords de régionalisation conclus avec les principaux pays importateurs, tandis que leurs capacités de stockage s’amenuisent. Si le prix est stable en Allemagne, la crise espagnole semble déjà se répercuter aux Pays-Bas et au Danemark, signale aussi le MPF.
Alimentation : un substitut au sucre issu de la fermentation végétale
Les laboratoires Innovi (groupe Anjac) ont présenté, le 4 décembre au Palais Brongniart (Paris), leur substitut au sucre Süvy, obtenu après sept années de recherche et développement, rapporte un communiqué du 5 décembre. Il repose sur deux familles de matières premières approuvés par l’Efsa : l’érythritol, obtenu par fermentation de fruits (raisins, pastèques, poires) ou de végétaux riches en sucres simples (maïs) à l’aide du micro-organisme Moniliella pollinis ; et des fibres solubles, principalement du polydextrose, issu de glucose végétal. « Grâce à notre process, nous avons trouvé le moyen pour que les cristaux issus de ces sucres fermentés ne cristallisent plus et s’insèrent dans les fibres. Résultat : on se retrouve avec un soluté haute concentration, qui, lorsqu’il est utilisé, procure une saveur sucrée qui dure dans le temps, avec des fibres qui permettent d’avoir un indice calorique et glycémique très bas », précise Alexandra Fregonese, présidente et fondatrice d’Innovi, à Agra innovation. Les capacités industrielles de l’entreprise sont en cours de déploiement, avec l’objectif d’atteindre 50 000 t en 2026, 400 000 t en 2028 et 1 Mt en 2030. « Ce sont des volumes comparables aux grandes filières des matières premières, avec une ambition claire : remplacer le sucre dans l’alimentation mondiale », affirme l’entreprise.
Affichage environnemental : Sodexo déploie le Green-score dans ses restaurants d’entreprises
Le groupe Sodexo a annoncé, dans un communiqué du 8 décembre, la généralisation de l’affichage du Green-score (anciennement Éco-score) dans ses restaurants d’entreprise en France. Cet indicateur environnemental, matérialisé par un logo en forme de feuille, attribue une note de A+ à F à chaque recette selon son impact écologiques. Ce score de référence s’appuie sur la base de données environnementales Agribalyse conçue par l’Ademe et l’Inrae, qui correspondent à l’analyse du cycle de vie (ACV) des produits alimentaires. Afin de prendre en compte certains effets sur l’environnement qui ne sont pas bien couverts par l’ACV (biodiversité p.ex.), ainsi que les spécificités de chaque produit au sein d’une même catégorie, le score de référence est modulé avec un système de bonus-malus. À titre d’exemple, « un malus est donné aux produits contenant des ingrédients ayant des effets négatifs importants sur la biodiversité et les écosystèmes, comme l'huile de palme dont la production est responsable d'une déforestation massive », souligne le projet Open Food Facts, l’un des acteurs ayant participé à développer le Green-score. « Cette initiative s’inscrit dans (…) un objectif clair : réduire l’empreinte carbone de 70 % de [nos] plats sous les 0,9 kg de CO₂e d’ici 2030 », souligne Sodexo.
Agriculture régénérative : Maïsadour vise 1 200 ha en 2026 grâce à un prime et aux clients
En 2025, Maïsadour a fait cultiver 850 ha de maïs en agriculture régénérative et souhaite en faire cultiver 1 200 ha en 2026 grâce au versement d’une prime de 100 €/ha et à une plus-value commerciale restant à engendrer, a expliqué à Agra Presse Jean-Louis Zwick, directeur du pôle agricole. La coopérative en attendait 10 000 t pour 2025, dont une moitié de maïs de type waxy (recherché en amidonnerie) et l’autre moitié de maïs grain pour l’alimentation animale. Cependant, les mauvaises conditions ne lui ont permis de collecter qu’environ 8 000 t (autant en waxy qu’en variétés standard). Les agriculteurs estiment supporter un surcoût de 160 €/ha ; et le coût total, comprenant l’encadrement, reviendrait à quelque 200 €/ha, estime Jean-Louis Zwick. Afin de couvrir les surcoûts de l’agriculture régénérative et la prime versée aux agriculteurs, le groupe souhaite faire participer ses clients, amidonniers ou acheteurs de volailles ayant consommé pour partie du maïs issu d’agriculture régénérative. Cette participation pouvant passer par les prix de vente des volailles Fermiers du Sud-Ouest ou les foies gras Delpeyrat. La coopérative est aussi demandeuse de communication, d’aides de la Pac ou des collectivités françaises.
Glyphosate: une influente étude en faveur de son inocuité retirée après des années d'alertes
Une influente étude affirmant que le glyphosate ne présente aucun risque grave pour la santé a été récemment retirée pour suspicion de conflits d’intérêts, 25 ans après cette publication qui a entre-temps guidé nombre de décisions politiques malgré des alertes quant à la probité de ses auteurs. Si des chercheurs ont salué cette rétractation, sa lenteur interroge quant à l’intégrité de la recherche menée autour de l’ingrédient clé du Roundup, herbicide le plus vendu dans le monde. Publié en 2000 dans le journal Regulatory Toxicology and Pharmacology, l’article désormais retiré figure parmi les plus cités sur le glyphosate, notamment par de nombreuses autorités gouvernementales qui en réglementent l’usage. Dans sa note de rétractation publiée la semaine dernière, le journal cite toute une série de lacunes « critiques » : omission d’inclure certaines études sur les dangers liés au cancer, non-divulgation de la participation de salariés de Monsanto à son écriture et non-divulgation d’avantages financiers perçus par les auteurs de la part de Monsanto. Elsevier, l’éditeur du journal, a assuré à l’AFP que la procédure de réexamen de l’étude a été entamée « dès que le rédacteur en chef actuel a pris connaissance des préoccupations concernant cet article, il y a quelques mois ». Dès 2002, une lettre signée par une vingtaine de chercheurs dénonçait déjà « des conflits d’intérêts, un manque de transparence et l’absence d’indépendance éditorial » au sein de la revue scientifique, en mentionnant Monsanto.
Port de Dunkerque : Nord Céréales veut « équilibrer les activités import et export »
Après un exercice 2024-2025 acté comme « le plus difficile depuis 30 ans » et des volumes d’exportation réduits à 606 237 t (dont 61 % de blé), contre 2 Mt en moyenne les années précédentes, Nord Céréales (7,94 M€ de chiffre d’affaires, contre 15,1 M€ en 2023-2024) souhaite « continuer à diversifier ses activités pour atténuer les fluctuations des marchés historiques ». L’objectif à terme : « Équilibrer les deux activités export et import en développant la seconde », a expliqué Joël Ratel, le directeur général (désormais remplacé par Charles Descamps) lors de l’assemblée générale du 5 décembre. Le Silo 9 (30 000 t réparties en huit cellules de stockage), inauguré en septembre 2025, devrait permettre d’y arriver, ouvrant la voie « de la diversification durable », à commencer par « le développement de nouveaux marchés comme la production de pellets de bois, le séchage de maïs, mais aussi de nouvelles filières comme l’importation de tourteaux de tournesol ou de soja pour sécuriser l’approvisionnement des industriels de la région ». Pour l’exportation, le port de Dunkerque espèce reconquérir des marchés exigeants à l’image du Maroc ou de l’Égypte, tout en se positionnant sur l’Afrique de l’Ouest et l’Asie. (Anne Gilet)
Tomates : l’Europe, un marché à 1 milliard d’euros pour le Maroc (presse)
Le Maroc aurait exporté vers l’UE pour 1,05 Md€ de tomates pendant la campagne de commercialisation 2024-2025, selon l'agence Ecofin, qui reprend données de l’office statistique européen (Eurostat) le 8 décembre. Un niveau qui confirme la place de troisième exportateur mondial du royaume chérifien, derrière le Mexique et les Pays-Bas. Entre octobre 2024 et septembre 2025, les expéditions marocaines de tomates vers l’UE ont totalisé 573 730 tonnes, en hausse de 8 % d’une année sur l’autre. La filière renoue ainsi avec la croissance après un léger coup d’arrêt en 2023-2024, qui avait vu ses volumes de vente vers l’UE baisser de 2 % pour s’établir à 528 875 t. La France demeure la principale destination de la tomate marocaine au sein de l’UE. En 2024-2025, l’Hexagone a représenté 75,45 % des achats en volume, soit 432 931 t. Des chiffres à mettre en perspective avec les dernières données de FranceAgriMer qui indiquent une baisse des importations françaises de tomates marocaines en un an sur la période de janvier à septembre. Derrière la France se trouvent l’Espagne (15,57 %) et les Pays-Bas (8 %). Au-delà, l’Irlande et l’Allemagne s’avèrent des marchés européens complémentaires pour la tomate marocaine.
Grèce : des agriculteurs bloquent l’accès aux aéroports en Crète, des heurts avec la police
Des dizaines d’agriculteurs grecs ont bloqué, le 8 décembre, les deux aéroports internationaux de l’île de Crète pour réclamer le versement d’aides européennes en retard. Des heurts ont même éclaté entre les agriculteurs et les forces antiémeutes grecques à l’aéroport de La Canée. Armés de pierres et de bâtons, les manifestants ont saccagé des véhicules de police positionnés pour tenter d’empêcher les manifestants d’atteindre l’aéroport, indique l’AFP. Depuis début décembre, des milliers d’agriculteurs bloquent des routes avec leurs tracteurs, principalement dans le centre et le nord du pays, pour réclamer le versement des aides et exiger des compensations à la suite de l’abattage de plus de 400 000 moutons et chèvres pour empêcher la propagation d’une épidémie de variole ovine. Le tout dans un contexte d'une vaste fraude aux subventions agricoles européennes révélée au printemps. Selon les autorités grecques, ce sont plus de 30 M€ de subventions de la Pac qui auraient été détournées par des personnes réclamant une aide pour des terres qu’elles ne possédaient pas ou exagérant la taille de leurs troupeaux.
Végétaux sauvages : le label Végétal local veut couvrir tout le territoire d'ici dix ans
Végétal local, le label de l’Office français pour la biodiversité (OFB), a présenté ses réalisations et ses pistes pour l’avenir à l’occasion de son dixième anniversaire, en novembre. Pour la prochaine décennie, Végétal local entend étendre sa couverture sur l’ensemble du territoire, et accompagner un recours accru aux végétaux locaux dans les programmes de renaturation et de restauration écologique. Pour l'heure, le label est présent dans 11 aires biogéographiques métropolitaines et 12 en outre-mer. Le label est reconnu par différentes politiques publiques (Stratégie nationale biodiversité 2030, Pacte en faveur de la haie). Il fédère désormais 195 collecteurs, producteurs et semenciers en 2025 (contre 11 au départ). Ce sont à 28,1 % des producteurs, à 14,8 % des collecteurs, le reste étant assuré par les collecteurs-producteurs.« Cinq millions d’arbres, d’arbustes, plusieurs tonnes de semences et des centaines de milliers de plantes en godet ont été vendus chaque année durant la dernière décennie », explique le label. De plus, des centaines de chantiers de restauration écologique ont été menés sur le territoire, dont certains notables comme la végétalisation du site de La Bassée par l’établissement public territorial de bassin Seine Grands Lacs (plus de 100 ha).
Ecophyto 2030 : vers la nomination d’un nouveau délégué interministériel (presse)
Le gouvernement est sur le point de nommer un délégué interministériel pour coordonner le plan Ecophyto, indique le média Contexte le 8 décembre. Le candidat envisagé serait Christophe Chassande, délégué interministériel en charge de la gestion de l’eau en agriculture depuis le 23 mai. Interrogés, les ministères de l'Agriculture et de la Transition écologique n'ont pas confirmé. L’objectif du plan Ecophyto 2030 est de diminuer de moitié l’utilisation de pesticides d’ici 2030, par rapport à la moyenne 2011-2013. Pour rappel, le 2 février 2024, en pleine crise agricole, le gouvernement avait mis « sur pause » le plan Ecophyto, avant de le réactiver quelques semaines plus tard en annonçant l’abandon du Nodu, indicateur historique de suivi du plan, remplacé par l’indicateur européen HRI 1, et ce malgré les vives critiques des ONG. Depuis, l’Inrae a fait des propositions pour améliorer le HRI-1, en le faisant évoluer vers un indicateur « agrégé » notamment. Le précédent coordonnateur interministériel du comité d’orientation stratégique (COS) d’Ecophyto était le préfet Pierre-Étienne Bisch, nommé en décembre 2018. Auditionné le 12 octobre 2023 à l’Assemblée sur l’échec des précédents plans Ecophyto, il avait souligné le besoin d’une feuille de route « personnelle » et du « volontarisme des autorités publiques » pour pouvoir avancer.
Bio : l’Agence bio cherche son nouveau directeur (JO)
Le ministère de l’Agriculture a publié un appel à candidatures pour diriger l’Agence bio, poste dont les fonctions « seront prochainement vacantes », selon un avis publié le 7 décembre au Journal officiel. Les intéressés ont « un délai de trente jours » pour envoyer leur candidature. Le ministère de l’Agriculture, qui exerce la « tutelle principale » sur l’Agence bio, proposera un directeur/directrice qui sera ensuite nommé par le conseil d’administration du groupement d’intérêt public. Le poste est à pourvoir « pour une durée de cinq ans, renouvelable une fois ». Pour l'heure, ce poste est occupé par Laure Verdeau, nommée en janvier 2021 après être passée par BPI France. L’Agence bio a vécu une période mouvementée en 2025. En octobre, on apprenait qu’elle continuera finalement d’exister en 2026, après des mois de doute sur son sort, à la suite d’un rétropédalage de la ministre de l’Agriculture Annie Genevard en janvier. En avril, la ministre avait été soupçonnée de racisme après avoir demandé des changements de dernière minute dans un spot TV de l’Agence bio, ce que son cabinet avait récusé.
Vin : la coopérative dioise Jaillance élit Patrick Berthet comme président
La cave coopérative Jaillance, basée à Die (Drôme), vient d’élire Patrick Berthet comme président, a-t-elle annoncé le 8 décembre dans un communiqué de presse. Il succède à Olivier Rey, en poste depuis une dizaine d’années. Patrick Berthet cultive, avec son fils Mathieu, 23 ha de vignes entre Menglon, Châtillon-en-Diois et Recoubeau. Leader de la clairette de Die, Jaillance a dégagé 30,7 M€ de chiffre d’affaires en 2024.
Erratum à l'agenda de la semaine
Jeudi 11 décembre
Terres Inovia (oléopro) présente ses ambitions stratégiques pour les années 2025-2035