Edition du 06 oct

hero

Assurance prairies: la FNSEA adoucit son discours sur les satellites

«Les données satellites [utilisées pour évaluer les pertes dans le cadre de l’assurance des prairies] sont l’avenir», a déclaré Christiane Lambert lors d’une conférence de presse le 5 octobre au Sommet de l’élevage. «Elles sont imparfaites aujourd’hui, mais on en a besoin.» Le 27 septembre, les associations spécialisées de ruminants de la FNSEA avaient estimé que ces cartographies «ne représentent pas la réalité» des pertes causées par la sécheresse cette année. «Les gens qui travaillent sur ces cartes nous disent qu’ils ont besoin de deux à trois ans pour les améliorer», a noté la présidente de la FNSEA. Dans l’intervalle, un décret est attendu prochainement pour encadrer les recours que pourront demander les agriculteurs en cas de désaccord avec les données satellitaires. Sur ce sujet, «nous avons été entendus» par le ministre de l’Agriculture lors de sa visite au Sommet de l’élevage le 4 octobre, s’est félicité Patrick Bénézit, secrétaire général adjoint de la FNSEA. «Avec les paramètres actuels (déclenchement de l’assurance à partir de 20% de pertes, de la solidarité nationale à partir de 30%, NDLR), et si les données sont conformes au terrain, l’assurance prairies peut être une source de solution importante.»

Vin: rebond des ventes de champagne, dopées par l’après-Covid

Les expéditions de champagne connaissent un fort rebond, dopées par l’après-Covid, a indiqué le 6 octobre le SGV (vignerons). «On a eu très peur de la crise Covid en se disant: "Les gens vont arrêter de consommer du champagne". (…) Ça a été peut-être l’effet inverse» pour ce vin répondant à une tendance de «plaisir accessible», a déclaré le président Maxime Toubart, lors d’une conférence de presse. Les expéditions de champagne marquent un «fort rebond» en 2021, avec 322 millions de bouteilles (contre 244 millions en 2020 et 297 millions en 2019). Elles restent bien orientées sur les huit premiers mois de 2022, supérieures (en glissement annuel) de 9,2% par rapport à 2021 et de 15,5% par rapport à 2019. C’est l’export (55% des ventes) qui fait figure de locomotive, avec des expéditions en hausse de 13% sur la même période, comparée à 2021, et de 26,7%, comparée à 2019. La croissance du champagne est moins soutenue en France, débouché sur lequel les expéditions progressent (en glissement annuel) de 3,5% entre janvier et août 2022. Interrogé sur les volumes disponibles, Maxime Toubart a rassuré: «Il n’y a pas de pénurie» de champagne. Le vignoble affiche un rendement 2022 entre 14 000 et 15 000 kg/ha. Sachant que le rendement commercialisable est de 12 000 kg/ha, une reconstitution de la réserve collective est annoncée.

Maïs: l’Anses rend un avis sur le S-métolachlore, Générations futures dénonce un «tour de passe-passe»

Dénonçant «un remarquable tour de passe-passe réalisé par l’Anses», Générations futures alerte dans un communiqué du 5 octobre sur la révision des seuils de deux métabolites du S-métolachlore, herbicide principalement utilisé en maïs. Les seuils sont passés de 0,1 µg/l à 0,9 µg/l depuis un avis publié le 30 septembre par l’agence sanitaire. Or, selon les estimations de l’ONG, avec ce changement de seuil, 97% des eaux distribuées déclarées auparavant non conformes à cause de cette molécule redeviendraient «conformes». Dans les deux avis rendus fin septembre, l’Anses s’appuie sur de nouvelles données fournies par Syngenta, l’entreprise détentrice de l’autorisation de mise sur le marché, pour écarter le potentiel génotoxique de deux métabolites. Considérant par ailleurs l’absence d’effets reprotoxiques, cancérogènes, ou de perturbation endocrinienne, l’Anses a donc classé, en conclusion, les métabolites comme «non-pertinentes» pour les eaux de consommation humaines au sens de la Direction générale de la santé, repoussant le seuil de concentration autorisée à 0,9 µg/l. Car la limite de 0,1 µg/l, rappelle l’agence dans ses avis, «ne repose pas sur des fondements toxicologiques», mais sur une directive européenne concernant l’ensemble des molécules pertinentes. Générations futures indique qu’elle compte suivre le dossier «de près» et «agir – juridiquement s’il le faut»

Œufs: vers un léger recul de la production mondiale, à cause de l'influenza

Fait «inédit», la production mondiale devrait reculer de 0,3% en raison de l'influenza aviaire, selon les prévisions de l'Itavi (institut technique), rapportées en conférence de presse le 5 octobre par l'interprofession de l'œuf (CNPO). Les États-Unis sont les plus affectés (-4,7%) par le virus, devant l'Union européenne (-3%). Selon le CNPO, 100 millions de poules pondeuses ont été touchées dans le monde en lien avec l'épizootie, dont 35 millions rien qu'aux États-Unis. La France est le pays le plus touché en Europe, avec 4,5 millions de poules pondeuses et poules concernées. La production française devrait fléchir de 8% en 2022, selon les prévisions de l'Itavi, pour s'élever à 14,5 milliards d'œufs. À quelques jours de la Journée internationale de l'œuf, le 14 octobre, l'interprofession a rappelle que 1500 milliards d'œufs étaient produits chaque année dans le monde, dont près d'un tiers en Chine. L'Inde et l'Union européenne se classent au pied du podium, loin derrière, avec respectivement 8 et 7,5% de la production.

Maïs: une production française historiquement basse en 2022, à 10 Mt

En raison de la sécheresse, la production française 2022 de maïs – grain, fourrage, semence et doux – a été la plus mauvaise enregistrée depuis 2003, avec environ 10 millions de tonnes (Mt), a révélé Maïz’Europ (filière maïs) lors d’une conférence de presse le 5 octobre. Un niveau très en deçà des 14 Mt produits en moyenne ces cinq dernières années. Dans la quasi-totalité des zones de production, les vagues de chaleur, la sécheresse et le déficit hydrique ont été particulièrement délétères pour la culture. Résultat: des rendements «décevants» (79 q/ha en moyenne nationale, contre 97 q/ha en moyenne quinquennale) et une surface de 1,34 million d’hectares, réduite de 70 000 ha de transfert en maïs fourrage. Du côté du maïs semence, le résultat attendu devrait se situer entre 70 et 75% des objectifs de production. «Je n’ai jamais connu une année aussi mauvaise», a précisé Pierre Pagès, président de la FNPSMS (semenciers). Jusqu’à présent les cours du maïs ont été maintenus, mais la filière craint leur baisse prochaine avec la concurrence du maïs ukrainien et des autres céréales, les difficultés des industries liées à la hausse des coûts de production, mais aussi la baisse de la consommation des ménages.

Engrais: Bruxelles proposera un plan européen d'ici la mi-octobre

Pour juguler l’envolée des prix des engrais liée à ceux du gaz (principal intrant) dans le contexte de la guerre en Ukraine, «une communication sur les engrais sera prochainement proposée (d'ici la mi-octobre, NDLR)», a déclaré le 6 octobre le commissaire à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, devant les eurodéputés réunis en plénière à Strasbourg. Elle couvrira à la fois «la dimension interne et externe (par exemple, l’Afrique), la sécurité alimentaire et le verdissement», poursuit-il. Dans son document, l’exécutif européen entend notamment réduire l’utilisation d’engrais chimiques au profit d’alternatives plus écologiques (par exemple le lisier issu de l’élevage). Les États membres seront appelés prochainement à revoir leur plan stratégique national (PSN, déclinaison de la future Pac) afin intégrer cette nouvelle donne. Ce travail permettra d’évaluer notamment «quelle est la part donnée à l’agriculture de précision ou encore à l’utilisation rationnelle des engrais traditionnels», précise le commissaire. Avant d’assurer que «cette communication visera à défendre la production européenne d’engrais tout en réduisant sa dépendance vis-à-vis du gaz russe.»