Edition du 21 septembre 2022

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DJA: le Grand Est s'apprête à simplifier le dispositif et supprimer la prime bio

Interrogé par Agra Presse le 20 septembre, le président de la commission Agriculture de la région Grand Est, Laurent Wendlinger, a présenté les grandes lignes de ce que devrait être la future Dotation Jeunes agriculteurs (DJA) dans sa région. Principale orientation: la simplification. De 17 majorations possibles dans la programmation actuelle, le montant de base de la DJA (20 000 euros) ne devrait plus être assorti que de trois types de primes dans la prochaine programmation (2023-2027): 11 000 euros pour l'agriculture de montagne, 10 000 euros pour les systèmes de polyculture-élevage, et 3000 euros pour les formations suivies dans les trois ans après l'installation. La bio ne ferait plus l'objet de majoration. «Il faut que les agriculteurs bio vivent par leur filière et non par l'assistanat», justifie Laurent Wendlinger, qui envisage toutefois un accompagnement de la bio au travers des aides à l'investissement. En outre, pour les publics qui ne seraient pas éligibles à l'aide de base en raison de leur âge (p.ex. personne de 45 ans en reconversion), la Région prévoit une aide de 10 000 euros. L'ensemble de la maquette régionale pour la Pac 2023 doit encore être complété dans son volet d'aide à l'investissement. Il devrait faire l'objet d'un vote du conseil régional fin 2022-début 2023.

DJA : la Nouvelle-Aquitaine fonde son dispositif sur sa politique environnementale

«Notre plan stratégique régional s’est construit d’après notre feuille de route Neoterra», souligne Jean-Pierre Raynaud, vice-président de la région Nouvelle-Aquitaine en charge de l’agriculture dans un entretien avec Agra Presse. Adoptée en 2019, cette stratégie de «transition écologique et énergétique» fixe plusieurs objectifs à l’horizon 2030, dont «sortir des pesticides de synthèses», réduire de 30% les prélèvements d’eau en étiage, et atteindre 80% d’exploitations certifiées bio ou HVE. Concrètement, dans le cadre de la Dotation aux jeunes agriculteurs (DJA), la région accordera des aides «à la trésorerie», entre 13 000 € et 17 000 €, assorties de primes pour les installations hors-cadre (5500 €) et pour le bio. La prime bio ira de 2000 € pour la création d’un atelier certifié, à 10 000 € pour les fermes présentant déjà 50% de SAU bio avant reprise, «afin d’éviter le phénomène de déconversion». Sur les 1000 installations annuelles attendues, la région espère que près de la moitié choisira un atelier bio d’ici 2027, contre un tiers actuellement. «Pour obtenir le solde des aides de 20%, les exploitants devront par ailleurs être éligibles a minima à l’écorégime de niveau 2», poursuit Jean-Pierre Raynaud. Les aides à l’investissement, ouvertes aux «nouveaux installés entre 41 et 55 ans», privilégieront par ailleurs les ruminants, «afin d’éviter le retournement des prairies permanentes et de protéger les sols».

Indonésie: l’UE espère conclure un accord de libre-échange d’ici 2024

Malgré des contentieux à l’OMC sur l'huile de palme, l’UE espère «d’ici la mi-2024 conclure un accord de partenariat économique global (CEPA) avec l’Indonésie», a affirmé le 20 septembre le commissaire au Commerce Valdis Dombrovskis, devant la presse réunie à Jakarta en marge de la réunion ministérielle du G20 consacrée au commerce.  «Nous voyons une nouvelle impulsion dans les négociations commerciales (entamées en 2016, NDLR) et nous espérons en profiter», a-t-il ajouté. La prochaine session de négociation se tiendra du 24 au 28 octobre. En parallèle, le commissaire a prévenu qu’«il était important de résoudre les conflits commerciaux par les négociations (…) et par l’Organisation mondiale du Commerce». Dans le cadre de la directive européenne Energies renouvelables, l'UE a décidé de limiter fortement le recours à l’huile de palme dans sa production de biodiesel d’ici 2030. Depuis novembre 2019, elle impose aussi pour une durée de cinq ans des mesures compensatoires définitives antisubventions sur les importations de biodiesel originaire d’Indonésie, allant de 8 à 18% selon les entreprises. Suite à ces restrictions, Jakarta a déposé plainte en 2020 devant l’OMC pour contester ces mesures qu’elle juge «discriminatoires».

Flambée des engrais: certains éleveurs «n’ont pas les moyens d’acheter» (Yara)

Yara, leader mondial des engrais minéraux azotés, a alerté le 20 septembre sur une «destruction de demande», la hausse des prix faisant que «des zones, comme celles d’élevage, n’ont pas les moyens d’acheter de l’azote». «On arrive à des niveaux de prix qui font que certains pans de l’agriculture ne peuvent plus investir dans ces intrants», a déclaré Nicolas Broutin, président de Yara France. Les achats d’engrais azotés ont déjà plongé de 15% sur la dernière campagne, d’après lui, et «un scénario à peu près identique» est en cours. Dans un marché «extrêmement tendu», des ruptures d'approvisionnement d'engrais ne peuvent pas être «complètement exclues», a-t-il aussi rappelé. Et de rappeler que «65 % de nos capacités de production sont à l'arrêt» sur le Vieux Continent «pour une durée indéterminée». Si les usines françaises du groupe «tournent à plein», grâce à l'importation d'ammoniac (produit précurseur des engrais), Yara rappelle qu'environ 60% des engrais azotés utilisés en France (tous fabricants confondus) sont importés d'usines étrangères. Ils proviennent notamment de l'usine Yara de Tertre, en Belgique, qui représente entre 20% et 25% des volumes du groupe pour l’Hexagone, et va cesser complètement la production «dans les prochains jours», a indiqué Nicolas Broutin. Par ailleurs, l'industrie connaît des «difficultés à trouver des camions» pour livrer les agriculteurs.

Engrais: Poutine accuse l'Europe de bloquer le don de 300.000 tonnes aux pays pauvres

Le président Vladimir Poutine a accusé le 20 septembre l'UE de bloquer le don de 300.000 tonnes d'engrais russes aux pays qui en ont le plus besoin, au moment où Moscou se plaint d'obstacles aux exportations de la part des Occidentaux. «Le comble du cynisme, c'est que même notre offre (...) de transférer gratuitement 300.000 tonnes d'engrais russes bloqués dans les ports européens en raison des sanctions vers les pays qui en ont besoin reste toujours sans réponse», a déploré M. Poutine lors d'une cérémonie de remise des lettres de créance à une vingtaine d'ambassadeurs. «C'est clair: ils ne veulent pas laisser nos entreprises gagner de l'argent», a-t-il regretté. Avant d'ajouter: «Mais nous voulons donner (ces tonnes d'engrais) gratuitement aux pays dans le besoin», a-t-il fait valoir. La Russie, puissance céréalière mondiale, ne peut vendre sa production et ses engrais en raison des sanctions occidentales touchant notamment les secteurs financiers et logistiques. En 2021, la Russie était le premier exportateur d'engrais azotés et le deuxième fournisseur d'engrais potassiques et phosphorés, selon l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO).

Ukraine : 11 Mt de produits agricoles exportés via les «Voies de solidarité» depuis avril

11 Mt de produits agricoles ukrainiens ont été exportés via les «Voies de solidarité» depuis avril, a indiqué le 20 septembre la Commission européenne. Avant d’ajouter qu’«en août, 2,6 Mt ont été exportés soit une hausse significative par rapport aux 1,3 Mt du mois d’avril». Pour continuer sur cette lancée, elle a également souligné l’importance d’investir dans de nouveaux équipements tels que du matériel roulant, matériel de transbordement et de renforcer les infrastructures de transport de l’Ukraine (rail, ports, voies navigables). Concernant le défi posé par la différence d’écartement des voies, considéré comme un véritable goulot d’étranglement, Bruxelles entend inscrire l’Ukraine dans le réseau transeuropéen de transport (RTE-T). Pour financer tous ces projets, la Commission réfléchit également à utiliser différents outils dont l’instrument européen de voisinage, le Mécanisme pour l’interconnexion en Europe ou encore le fonds de cohésion. Par ailleurs, dans la perspective de fluidifier le flux de transport et d’augmenter la capacité de ces corridors de solidarité, l’Ukraine adhérera à partir du 1er octobre à la convention douanière relative à un régime de transit commun.

Céréales : dix organisations se portent parties civiles dans le procès du train vandalisé

Dix organisations agricoles ont annoncé le 20 septembre s’être portées parties civiles dans le procès de l’attaque d’un train de céréales cet hiver. Objectif : réaffirmer leur «soutien aux entreprises victimes de cet acte de vandalisme» et réclamer « une condamnation ferme par la justice », selon un communiqué commun du réseau de la FNSEA, de La Coopération agricole, avec aussi Intercéréales (interprofession) et Nutrinoë (nutrition animale en Bretagne). Le 19 mars, une cinquantaine de militants, réunis à l'appel du Collectif «Bretagne contre les fermes usines», avaient bloqué, à Noyal-Pontivy (Morbihan), un train de marchandises destiné à une usine voisine d'aliments pour bétail, appartenant à Sanders, filiale du groupe Avril. Les militants pensaient intercepter une cargaison de soja, avaient-ils expliqué, alors qu'il s'agissait de blé. «L'attaque de ce train a généré la perte d'un tonnage important de blé et un lourd préjudice financier», avait réagi la préfecture qui avait «condamné avec la plus grande fermeté cet acte».

Énergie: le gouvernement a «bon espoir» d’avancer sur le plafonnement du prix du gaz

Le ministre de l’Industrie Roland Lescure a «bon espoir» d’avancer sur le plafonnement du prix du gaz avec l’Union européenne d’ici la fin du mois, a-t-il déclaré le 20 septembre, à l’occasion d’une audition par la commission des Affaires économiques de l’Assemblée. La Commission européenne a présenté, début septembre, une série de mesures visant à réduire les prix de l'énergie, et notamment à plafonner les prix du gaz russe. «La seule manière de plafonner le prix du gaz en France, c’est de s’assurer qu’on puisse le faire en Europe», rappelle Roland Lescure. Contrairement à l’Espagne, qui a pu mettre en place unilatéralement un dispositif de plafonnement, les prix français sont connectés au reste de l’Europe. Autre négociation en cours avec Bruxelles: la prolongation du dispositif d’aides aux entreprises très consommatrices et l’assouplissement des critères d’accès. Concernant la disponibilité du gaz cet hiver, le ministre s’est voulu rassurant: «Nos réservoirs de gaz sont pleins. Nous (préparons) de potentiels plans de rationnement et de délestage, mais, je le répète, l’objectif majeur est de l’éviter.» L’industrie agroalimentaire — qui demande à bénéficier d’une protection — attend encore les arbitrages du gouvernement sur ces deux sujets: approvisionnement et aides.

Lait: les industriels demandent un «bouclier énergétique» pour protéger la filière

«Il nous apparaît primordial de mettre en place un bouclier énergétique pour protéger l’industrie laitière», a affirmé le p.-d.g. de la Fnil (industriels «privés») François-Xavier Huard, le 20 septembre, en conférence de presse. La fédération estime qu’une réduction dépassant 5% de l’approvisionnement en énergie aboutirait à une baisse de 50 à 60% de la collecte laitière. «Au-delà de 10% on ne peut plus faire fonctionner les pasteurisateurs», explique François-Xavier Huard. Dans l’incapacité de transformer le lait, les laiteries devraient freiner la collecte. Les prix de l’énergie atteignent des niveaux «stratosphériques», rappelle-t-il, et le dispositif d’aides pour les entreprises fortement consommatrices a «raté sa cible». «Beaucoup d’entreprises ne remplissent pas le critère des 3% (facture d’énergie par rapport au chiffre d’affaires, ndlr) parce qu’elles ont d’autres activités», précise-t-il. De concert avec l’Ania (industries alimentaires), la Fnil demande à «faire bouger les lignes des critères (définis dans le plan d’aide, ndlr) au niveau français et européen» ; un «plafonnement en urgence temporaire des prix de l’énergie pour les entreprises agroalimentaires» et une «accélération du volet décarbonation de France 2030» pour équiper les entreprises d’alternatives au gaz, comme les chaudières biomasse.

Charcuterie : la flambée de l'énergie engendre un surcoût de 227 M€ chez les industriels

La hausse des prix de l’électricité et du gaz engendre un surcoût de 227 millions d’euros (M€) par rapport à 2021 pour l’industrie de la charcuterie, a indiqué la Fict (industriels) lors de ses Assises, qui se sont tenues le 20 septembre à Paris. D’après un sondage auprès de ses adhérents, la fédération estime que l’énergie représente en moyenne 5,1% du chiffre d’affaires des industriels, contre 1,8% en 2021. «Les ménages passeront entre les gouttes. Mais pour les entreprises qui doivent renégocier leur contrat [de fourniture d’énergie] pour 2023, malheureusement, il n’y a guère de solution à court terme», déplore Philippe Chalmin, président du Cercle Cyclope. S’y ajoute, pour les charcutiers industriels, la hausse des matières premières carnées (+64% pour le porc depuis janvier), qui représentent la moitié de leur coût de production, ainsi que les augmentations des prix du transport, des emballages, ou encore de la main-d’œuvre. «Il y a urgence à trouver une issue très rapide et positive aux renégociations commerciales en cours pour préserver la viabilité de nos entreprises», martèle le directeur de la Fict Fabien Castanier.

Photovoltaïque: la Conf' réaffirme son opposition à tout projet sur des sols agricoles

Réagissant à la récente déclaration d'Emmanuel Macron lors des Terres de Jim en faveur d'un encadrement de l'«agrivoltaïsme» au travers de la future loi sur l'accélération des énergies renouvelables (AER), la Confédération paysanne a publié une lettre ouverte destinée au président de la République, dans laquelle elle réaffirme son opposition frontale à tout projet de photovoltaïque sur des sols agricoles. Sur le fond, le syndicat minoritaire estime que «les gisements photovoltaïques sur les toitures et les espaces artificialisés sont largement suffisants pour répondre à la demande d’électricité renouvelable». Pas besoin de recourir au foncier agricole selon la Conf', qui dénonce par ailleurs des effets négatifs: «artificialisation qui porte atteinte à la vocation nourricière de la terre, précarisation des paysans et paysannes, manne financière générant des conflits d’intérêt, perte de la qualité de vie au travail, dégradation des paysages, menace pour la biodiversité…» Bien que le terme d'agrivoltaïsme ait récemment faire l'objet d'une définition de l'Ademe, le syndicat minoritaire dénonce «une notion marketing qui vise à légitimer un opportunisme foncier et financier dans un contexte économique et climatique difficile à supporter pour le monde paysan».

Céréales : Isabelle Tailhan rejoint l’interprofession comme d.g. adjointe

Intercéréales (interprofession) a annoncé le 20 septembre la nomination d’Isabelle Tailhan comme directrice générale adjointe. Elle sera particulièrement en charge des filières, selon un communiqué. Isabelle Tailhan était jusque-là délégué filières Grandes cultures au sein de FranceAgriMer.