Régions: Mme Borne ouverte à «des expérimentations», notamment sur l'agriculture
Intervenant le 16 septembre au 18e congrès des Régions de France, à Vichy, la Première ministre Élisabeth Borne s'est dite ouverte à «expérimenter» de nouvelles politiques publiques avec les conseils régionaux, citant notamment l'agriculture. «Certaines régions m’ont déjà fait part de leur volonté de mener des expérimentations sur certaines politiques publiques, a-t-elle déclaré. J’y suis favorable et je souhaite que, dans les prochaines semaines, nous identifions des régions pilotes pour innover dans certains domaines stratégiques comme la transition écologique, la réindustrialisation, la formation ou l’agriculture.» À l’occasion d’un comité État-Régions le 28 juin, le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau et le président de la commission Agriculture de Régions de France Loïg Chesnais-Girard avaient convenu de travailler désormais sur d'autres sujets que la Pac 2023, qui avait monopolisé les discussions depuis deux ans. Sur la table: la transmission, la forêt, le foncier, ou la gestion de l’eau. «Sur l’eau, les conseils régionaux ont envie d’assumer davantage de responsabilités», avait expliqué Loïg Chesnais-Girard à Agra Presse. Depuis cette réunion de juin, les discussions entre M. Fesneau et M. Chesnais-Girard se sont toutefois bornées à des «aspects opérationnels de court terme», en lien avec la Pac 2023, indique-t-on dans l'équipe de l'élu breton.
Aides énergie: les critères d’accès «très probablement» simplifiés (gouvernement)
Le dispositif des aides aux entreprises fortement utilisatrices d’énergie va «très probablement» être encore simplifié, a indiqué la ministre déléguée aux PME, Olivia Grégoire, sur RMC le 19 septembre. Sur l’enveloppe de 3 Mrd€ prévue pour aider les entreprises à payer leurs factures de gaz et d’électricité lorsqu’elles dépassent 3% du chiffre d’affaires, «à peine 50 M€» ont été décaissés, a informé la ministre. «Si les aides ne sont pas décaissées, ce n'est pas de la faute des entrepreneurs, c'est qu'on doit encore simplifier les choses», a-t-elle reconnu, ajoutant que ce serait «très probablement» le cas. Le gouvernement «va travailler sur la thématique des ruptures de contrats» de facture d’électricité, a également précisé Olivia Grégoire. Elle a évoqué la possibilité d’accorder des «délais de paiement pour que nos patrons de PME ne soient pas totalement essoufflés en termes de trésorerie». Quelque 1,5 million de très petites entreprises (TPE) ont accès au tarif réglementé de vente de l'énergie et ne sont pas concernées par ce dispositif d'aides, soulignent nos confrères de l’AFP. Le Medef craint que de nombreuses entreprises ne réduisent ou arrêtent leur production en raison des prix trop élevés de l’énergie.
Endives: la région Hauts-de-France demande de l’aide face à la flambée de l’électricité
Dans un communiqué du 16 septembre, la région Hauts-de-France demande «solennellement» au ministre de l’Agriculture Marc Fesneau de soutenir les producteurs d’endives face à la hausse du prix de l’électricité. Elle requiert «des mesures d’aide» telle que «aides directes, PGE (prêts garantis par l’État) relance, notamment» pour permettre aux endiviers de poursuivre leur activité. La région, «qui produit à elle seule 95% des endives françaises», affirme que «40 à 50% de ses 350 producteurs régionaux» vont devoir renouveler leur contrat de fourniture d’électricité, énergie utilisée en chambre de forçage et en chambre froide. «Les prix de l’énergie sont multipliés par 8 à 10. Une facture de 80 000 € sur une exploitation type en 2022 passerait à 800 000 € début 2023, ce qui est tout simplement insupportable économiquement», affirme la région nordiste dans le communiqué. Elle presse également le secteur de la grande distribution de prendre «toute la mesure des difficultés» des endiviers en répercutant la hausse des charges sur le prix d’achat au producteur.
Syndicalisme: la Conf' déplore une erreur de symbole aux Terres de Jim
«Nous trouvons étrange que le président ait voulu s’adresser à l’ensemble de la profession agricole en participant pour la deuxième année consécutive à un événement de Jeunes Agriculteurs», réagit Nicolas Girod, porte-parole de la Confédération paysanne, après les annonces d’Emmanuel Macron aux Terres de Jim. Son syndicat, souligne-t-il, a d’ailleurs été invité aux Terres de Jim, non pas par l’Élysée, mais par les services de Jeunes agriculteurs. «Ce sont de nouveaux gages favorables offerts au syndicalisme majoritaire», regrette Nicolas Girod. Ayant confié ses reproches au ministre Marc Fesneau lors d’un échange téléphonique, la Conf’ invitera à son tour le président à sa Fête de l’agriculture paysanne à Ruages (Nièvre) les 23 et 24 septembre, un événement dédié au photovoltaïque et à l’alimentation. «Alors que le photovoltaïque au sol pourrait intégrer le projet de loi énergie du gouvernement et faire l’objet d’une proposition du Sénat, nous voudrions l’encadrer pour éviter la concurrence avec le foncier agricole et l’installation», souligne Nicolas Girod. Malgré ses déceptions en matière de signal politique aux Terres de Jim, la Conf’ plancherait déjà aussi sur ses propositions pour la concertation à venir autour du renouvellement et la future loi d’avenir agricole, notamment sur le foncier, l’augmentation des moyens du réseau Adear, et la révision de la fiscalité agricole.
Méthanisation: manifestation en Loire-Atlantique contre le plus gros projet de France
Une manifestation a rassemblé 350 personnes le 17 septembre à Corcoué-sur-Logne, au sud de Nantes (Loire-Atlantique), pour dénoncer le plus gros projet de méthaniseur de France destiné à produire du biogaz à partir de déchets organiques, a constaté une journaliste de l'AFP. Les manifestants, qui avaient défilé une première fois en février 2021, étaient 500 selon les organiseurs et 350 selon la gendarmerie. Ils ont déambulé en musique dans les rues ensoleillées du village, derrière une banderole proclamant «Stop méthanisation XXL» et avec des pancartes, dont une montrant une vache transformée en bonbonne de gaz et recouverte du mot «non». Des drapeaux d'Attac et d'EE-LV étaient aussi visibles. Julien Durand, agriculteur retraité de Notre-Dame-des-Landes et acteur emblématique de la lutte contre le projet d'aéroport abandonné dans le nord du département, était également présent. Le méthaniseur géant Métha Herbauges est porté par la coopérative d'éleveurs bovins Coop d'Herbauges et la société danoise Nature Energy. L'objectif est de transformer près de 500 000 tonnes de matières organiques par an (effluents d’élevage et cultures intermédiaires).
Évènementiel: avec 90 000 visiteurs, le Space «retrouve sa dimension internationale»
Le Space, salon international de l’élevage qui s’est tenu à Rennes du 13 au 15 septembre, a réuni 90 108 visiteurs dont «8406 internationaux de 120 pays», indiquent ses organisateurs dans un communiqué le 19 septembre. Près de 1200 exposants ont fait le déplacement. «Le salon a retrouvé toute sa dimension internationale après deux années qui avaient fortement limité les déplacements des professionnels étrangers», se félicitent-ils. En 2021, première année où le salon avait ouvert sur trois jours au lieu de quatre, le Space avait accueilli moins de 75 000 visiteurs. L’édition 2022 était placée sous le signe du climat et du lancement d’un nouvel «Espace jeunes» dédié à l’installation/transmission. Le prochain Space se tiendra du mardi 12 au jeudi 14 septembre 2023.
Influenza aviaire: un foyer confirmé dans un élevage d’Indre-et-Loire
Un foyer d’influenza aviaire hautement pathogène (H5N1) a été confirmé le 17 septembre dans un élevage de 36 000 volailles situé à Céré-la-Ronde, à une quarantaine de kilomètres à l’est de Tours, a annoncé la préfecture d’Indre-et-Loire le 19 septembre. «L’abattage des animaux présents dans l’élevage a été réalisé dans les plus brefs délais», précisent les autorités. L'exploitation compte «10 000 canards sur site, et 26.000 faisans et perdrix sur un site du Loir-et-Cher», précise le quotidien local La Nouvelle République. Les services de l’État ont instauré une zone de protection (3 km) et une zone de surveillance (10 km), dans lesquelles éleveurs et particuliers doivent mettre leurs volailles à l’abri. Les mouvements de volailles y sont par ailleurs interdits. D’après le ministère de l’Agriculture, il s’agit du 12e foyer en élevage depuis le retour de la maladie à la mi-mai, les autres cas ayant été observés dans l’Ain, l’Ille-et-Vilaine, la Manche, la Meuse, le Morbihan, et la Somme. La Rue de Varenne comptabilise 97 cas en faune sauvage sur la même période. Fait nouveau cette année, l’épizootie ne s’est pas éteinte cet été, signe d’une probable endémisation de la maladie.
Échalotes: les producteurs bretons s’organisent pour demander une IGP
Constitué «il y a un an», le collectif de l’échalote traditionnelle de Bretagne (101 producteurs adhérents, 14 négociants) va remettre un dossier de demande d’indication géographique protégée (IGP) à l’Inao «à la fin du mois», a indiqué son président Bernard Cadiou le 19 septembre. «L’idée de départ est de valoriser notre savoir-faire local en différenciant notre produit de l’échalote de semis, l’échalote industrielle», a expliqué M. Cadiou. En Bretagne, la culture d’échalote se fait par plantation de bulbes qui donnent eux-mêmes quatre à dix bulbes, a précisé l’ingénieure agronome chargée du dossier IGP, Camille Le Monnier. Elle est produite dans les communes du Finistère et des Côtes-d’Armor situées «à moins de 20 km à vol d’oiseau de la Manche ou de l’océan Atlantique», critère géographique qui figurera dans le cahier des charges déposé à l’Inao. La densité de plantation, également fixée dans le cahier des charges, visera à obtenir des calibres «entre 22 et 55 mm (…), sachant que le calibre préférentiel se situe entre 30 et 40 mm», a précisé l’ingénieure. Le collectif, qui pèse «plus de 20 000 t d’échalotes, soit 70% de la production bretonne», espère obtenir l’IGP d’ici «quatre ou cinq ans», selon M. Cadiou.
Grandes cultures: les prévisions de rendements européens continuent de chuter
Le service de prévisions de la Commission européenne révise une nouvelle fois en baisse les rendements des grandes cultures d’été dans l’UE, a-t-il indiqué le 19 septembre, conséquence d’une sécheresse prolongée. Le rendement européen du maïs grain est prévu à 6,39 t/ha (contre 6,63 t/ha en août), les pommes de terre à 33,4 t/ha (contre 34,2 t/ha), les betteraves à 73,2 t/ha (contre 75,3 t/ha), le tournesol à 2,05 t/ha (contre 2,06 t/ha), le soja à 2,40 t/ha (contre 2,46 t/ha), selon le bulletin Mars. Particulièrement affectés par la sécheresse, le maïs grain, le tournesol et le soja s’écarte largement de leur moyenne quinquennale (respectivement -19%, -13%, -17%). En Italie, les pluies ont apporté un certain soulagement dans le nord-est, mais le centre et le nord-ouest ont «continué de souffrir d'une faible humidité du sol et d'une disponibilité réduite de l'eau pour l'irrigation», détaille le bulletin. Au Benelux, en Allemagne de l'ouest et en Croatie, les conditions de sécheresse se sont poursuivies jusqu'aux premiers jours de septembre, avec «des impacts négatifs sur le maïs grain, le maïs ensilage, la betterave sucrière et la pomme de terre». En Hongrie et en Roumanie, deux vagues de chaleur consécutives ont eu «un impact négatif sur les cultures d'été déjà affaiblies». En Espagne, les conditions de sécheresse perdurent, suscitant «des inquiétudes pour la prochaine saison».
Santé: l’Anses recommande la reconnaissance de deux cancers liés à l’amiante
Dans un avis publié le 19 septembre, l’Anses recommande la création de tableaux de maladie professionnelle pour le cancer des ovaires et le cancer du larynx provoqués par l’exposition professionnelle à l’amiante. Saisie sur cette question en novembre 2018 par la DGT (Direction générale du travail), la DSS (Direction de la sécurité sociale) et le SAFSL (Service des affaires financières, sociales et logistiques), l’agence sanitaire estime que «le lien causal est avéré» entre ces deux cancers et l’exposition à l’amiante, explique-t-elle sur son site web. La création de tableaux de maladie professionnelle permettrait de faciliter les démarches des victimes sur lesquelles pèsent, pour l’heure, la charge de la preuve. «Cette reconnaissance apparaît d’autant plus importante que les patients, comme les médecins, ne font souvent pas le lien entre la survenue de ces cancers et l'exposition à l’amiante», explique l’Anses. «Il appartient désormais à l’État de décider de la création de ces tableaux, dans les régimes général et agricole, après avis des commissions de maladies professionnelles», précise l'agence.
Transfert DGCCRF/DGAL: la CFDT Spagri pessimiste quant aux conditions d’accueil
«Pour la CFDT, la venue d’agents CCRF (Concurrence, consommation et répression des fraudes, NDLR) serait un gros "plus", mais les échos que nous avons du terrain restent très pessimistes au regard des conditions d’accueil proposées», indique la CFDT Spagri (ministère de l’Agriculture) dans un compte rendu de réunion en date du 16 septembre relatif à la création d’une police unique de la sécurité sanitaire par la fusion des équipes de la DGCCRF (ministère de l’Économie) et de la DGAL (Agriculture). Pour que les agents de Bercy rejoignent les DRAAF – antennes régionales de Varenne –, «il faudrait que le MASA (ministère de l'Agriculture, NDLR) lève toutes les craintes en matière de rémunération, de carrière et de missions, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui», estime le syndicat. Selon la CFDT, la direction générale de la DGAL est, elle, «très optimiste» sur l’arrivée «en nombre» d’agents CCRF. «Les postes vont être pourvus et pour la plupart avec des agents CCRF», aurait affirmé la directrice Maud Faipoux. Initialement prévue au 1er janvier 2023, la réforme pourrait intervenir «dans les premiers mois de 2023» après la formation des agents. Un arbitrage doit être rendu par le cabinet de la Première ministre sur le calendrier.
Police de l'environnement: pour FO, Gérald Darmanin «réinvente ce qui existe déjà»
En annonçant dans les colonnes du JDD la création de 3000 postes de "gendarmes verts" fin août, «le ministre de l’Intérieur réinvente ce qui existe déjà ou ce qui a existé dans le passé», déplore la branche des personnels de l’environnement de Force ouvrière (Snape-FO) dans un communiqué du 19 septembre. Le syndicat rappelle que l’Office français de la biodiversité (OFB) compte déjà 1800 agents, estimant que «ses prérogatives pourraient être élargies pour répondre parfaitement aux ambitions du gouvernement». Mais pour l’heure, le Snape-FO compte actuellement «presque 400 agents techniques ou techniciens de l’environnement de moins aujourd’hui qu’il y a dix ans au ministère de la Transition écologique». Alors que les recrutements se font également sur des contrats à durée déterminée, et que les concours sont «de plus en plus rares», le syndicat verrait donc d’un mauvais œil que les effectifs de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (Oclaesp) soient renforcés de 3000 agents «pour lui donner un maillage supérieur à celui de l’OFB». «Il serait incohérent d’ouvrir les vannes d’un côté (“gendarmes verts”) et de continuer à fermer le robinet de l’autre (OFB et Parcs nationaux) », résume le syndicat.
Cabinet de Marc Fesneau: Hadrien Jaquet nommé conseiller «filières animales»
D’après un arrêté paru au Journal officiel le 16 septembre, Hadrien Jaquet a été nommé conseiller «filières animales, santé et bien-être animal» au cabinet du ministre de l’Agriculture Marc Fesneau. M. Jaquet est docteur en médecine vétérinaire (Vet’Agro Sup Lyon) et titulaire d’un certificat d’études approfondies en santé publique vétérinaire (École nationale des services vétérinaires). Après une expérience à la DDPP de l’Oise (préfecture), il est entré au ministère de l’Agriculture en mars 2019. Il y a exercé les postes d’adjoint au chef du Bureau de la synthèse budgétaire, puis de chef du Bureau de la qualité, de la performance et du pilotage des services, selon sa page LinkedIn. «Au printemps 2022, il a piloté la coordination de la cellule de crise influenza aviaire de la direction générale de l’alimentation (DGAL)», indique le ministère de l’Agriculture sur son site web. Hadrien Jaquet remplace Urwana Querrec, promue directrice adjointe du cabinet le 9 septembre.
Volaille: Sébastien Verdier élu président de l’association de promotion APVF
Sébastien Verdier a été élu président de l’Association de promotion de la volaille française (APVF), annonce l’organisation – qui gère notamment le logo «Volaille française» – dans un communiqué le 19 septembre. M. Verdier justifie de «plus de 25 ans d’expérience au sein du groupe LDC», leader européen de la volaille, notamment comme directeur marketing de la marque Le Gaulois. Il succède à Christian Ragaigne, qui a présidé l’APVF pendant cinq ans. Au cours de son mandat, Sébastien Verdier compte «accroître la reconnaissance et la notoriété du logo «Volaille française», valoriser les nombreuses avancées et les engagements des différentes filières membres de l’APVF, contribuer aux plans de soutien tactiques pour faire face aux différentes crises, lutter contre le phénomène des importations». Créée en 2008, l’APVF regroupe 14 organisations de la filière volailles.