Edition du 28 septembre 2022

hero

Qualité de l’air: le gouvernement détaille son projet de trajectoire pour le secteur agricole

Le projet d’arrêté établissant le plan national de réduction des émissions de polluants (Prepa), soumis à consultation le 27 septembre par le ministère de la Transition écologique, établit une feuille de route pour l’agriculture. Comme le rappelle une présentation jointe à la consultation, le gouvernement vise dans le cadre du Prepa une réduction de 13% des émissions d’ammoniac entre 2005 et 2030. Or, comme le rappelle ce même document, l’agriculture est de loin la principale émettrice d’ammoniac, et elle devra réduire son bilan de près de 40 000 kt en dix ans. Cette trajectoire, comme le montrent les projections du ministère, correspond au scénario «avec mesures supplémentaires» (AMS). Dans l’arrêté en consultation, le ministère de la Transition écologique espère donc mobiliser les aides à tous les échelons pour investir «dans les couvertures des stockages d’effluents, dans les matériels d’épandage moins émissifs, dans les outils de l’agriculture de précision». Autre piste: «favoriser le critère qualité de l’air dans l’écoconditionnalité de dispositifs de soutien». Également, et conformément à la loi Climat: «envisager une redevance sur les engrais minéraux». Pour améliorer la qualité de l’air, le ministère s’intéresse aussi aux pesticides, en prévoyant le lancement de travaux par l’Anses pour définir des valeurs de référence «dans le compartiment aérien dans l’optique de définir des valeurs de gestion».

Prix du gaz : Bruxelles souhaite accélérer la production d’engrais verts

Face à la réduction de la production européenne d’engrais azotés liée à l’envolée des prix du gaz dans le contexte de la guerre en Ukraine, «l’UE compte à moyen et long terme accélérer la transition vers des pratiques de fertilisation plus durables» a prévenu le 26 septembre à l’occasion d’un Conseil agricole, le commissaire à l’Agriculture Janusz Wojciechowski. À cette fin «nous souhaitons, dans le cadre des plans stratégiques nationaux de la Pac, donner la priorité à la fois à l’agriculture de précision, pour optimiser l’efficacité de l’utilisation des engrais, à la plantation de plantes fixatrices d'azote, à l'amélioration de la réutilisation des nutriments provenant des déchets et des sous-produits et à la réduction des pertes en nutriments». Avant de préciser que «du point de vue de l'énergie et de l'industrie, nous devons intensifier nos plans concernant le développement de l'ammoniac vert, produit avec de l'hydrogène et des énergies renouvelables». En attendant, l’UE a commencé à diversifier ses sources d’approvisionnement en augmentant ses importations d’urée. La Commission européenne a d’ailleurs proposé le 19 juillet dernier de suspendre les droits de douane (compris entre 5,5 et 6,5 %) pour les importations d’ammoniac et d’urée utilisés pour la production d’engrais azotés dans l’UE, jusqu’à fin 2024. Janusz Wojciechowski a appelé le Conseil à approuver rapidement cette mesure.

Fruits et légumes: Fesneau fixe le calendrier et les objectifs du «plan souveraineté»

A l'issue d'une réunion avec les professionnels de la filière, le ministre de l'Agriculture a présenté, dans un communiqué le 27 septembre, le calendrier, la méthode et les objectifs du «plan souveraineté» dédié aux fruits et légumes, annoncé en mars dernier par Julien Denormandie dans le cadre du volet agricole du Plan de résilience aux conséquences de la guerre en Ukraine. L'objectif affiché par le nouveau ministre de l'Agriculture: «donner un cadre stratégique et des leviers d’actions opérationnels afin que la filière fruits et légumes puisse inverser la tendance des courbes de production à horizon 2030 et répondre à ces défis». Quatre axes de travail sont fixés, assortis chacun d'un groupe de travail: «protection des cultures» ; «compétitivité, investissements et innovation» ; «recherche, expérimentation, formation et renouvellement des générations», «dynamisation de la consommation de fruits et légumes dans le modèle alimentaire». Ces groupes de travail se réuniront «d'octobre à la fin de l'année», pour «aboutir début 2023 à la validation du plan et la mise en œuvre des premières actions.» Ce plan fait partie d'une série de cinq annonces faites dans le cadre du volet agricole du plan de résilience, visant à «accélérer les transformations de long terme». Les quatre autre sont les suivantes : un «plan souveraineté azote» ; le «renforcement du plan protéines végétales» dans le cadre de France 2030 ; un plan d'accélération des énergies renouvelables et la décarbonation de l’amont agricole.

Néonicotinoïdes: feu vert des Vingt-sept pour ramener les LMR à zéro

Les États membres ont donné le 27 septembre leur feu vert porter ramener à zéro – ou plus exactement «au niveau le plus bas qui puisse être mesuré avec les technologies les plus récentes» – les limites maximales de résidus pour les deux insecticides néonicotinoïdes thiaméthoxame et clothianidine. Ces nouvelles règles s’appliqueront aussi aux importations de denrées alimentaires et aux aliments pour animaux. Il s’agira donc d’une des premières mesures miroirs adoptées unilatéralement par l’UE. Compte tenu de leur impact négatif sur les pollinisateurs et «suite à l’interdiction de l’utilisation en extérieure de la clothianidine et du thiaméthoxame dans l’UE, il est nécessaire de veiller à ce que les produits de base importés ne contiennent pas non plus de résidus de ces molécules», justifie la Commission européenne. Le règlement doit encore être formellement validé par le Conseil de l’UE et au Parlement européen d’ici deux mois, et il pourra donc être adopté début 2023. Ensuite une période de transition de deux ans sera accordée.

Influenza: l’avis de l’Anses sur la mise à l’abri attendu «cet automne» (Synalaf)

L’avis de l’Anses sur l’évolution des modalités de mise à l’abri des volailles en période à risque d’influenza aviaire est «annoncé pour cet automne», indique le Synalaf (volailles Label rouge) dans un communiqué le 27 septembre. Ce travail vise notamment à répondre à la demande du syndicat d’une «adaptation des actuelles mesures de mise à l’abri», rappelle le Synalaf. Un deuxième rapport est prévu pour «mars 2023» qui portera sur «l’opportunité de définir des modalités de prévention différentes en fonction des périodes de l’année», a précisé le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau dans une vidéo projetée lors de l’assemblée générale du syndicat, le 22 septembre à Pau. «Peu d’acteurs remettent en cause le dispositif, c’est plutôt sa durée qui pose question», avait indiqué le cabinet du ministre de l’Agriculture en juillet, lors de la présentation de la feuille de route 2022 pour l’influenza. À cette occasion, la Rue de Varenne avait précisé vouloir «travailler à revoir les indicateurs qui permettent de définir les périodes à risque». Au lieu d’un seul niveau de risque au plan national, l’idée serait de «mieux prendre en compte les spécificités des territoires et des modes de production».

Sucre : Tereos se sépare de son directeur général, quelques mois après son arrivée

Ludwig de Mot, qui avait été nommé en avril directeur général du groupe sucrier Tereos, quittera ses fonctions le 30 septembre prochain, en «commun accord» avec le conseil d'administration, selon un communiqué publié le 27 septembre. Tereos a connu une grave crise de gouvernance en 2020 et des changements de management successifs. Le groupe a annoncé en août une évolution de sa gouvernance, indiquant avoir décidé de «passer d'un mode conseil de surveillance et directoire, à un conseil d'administration composé de 9 membres, chargé de l'intégralité des activités du groupe». Mettant en avant «une meilleure efficacité», la coopérative s'était ainsi dotée d'un conseil coopératif, composé de 18 coopérateurs, chargé d'examiner et d'assurer la gestion des activités agricoles, industrielles, commerciales et financières liées aux cultures des coopérateurs. Le communiqué du 27 septembre indique que «le conseil d'administration et Ludwig de Mot ont décidé, d'un commun accord, de ne pas reconduire ses fonctions de directeur général de Tereos en tant que manager de transition. Il quitte ses fonctions le 30 septembre». Gérard Clay, président du conseil d’administration, le remplace «par intérim».

Maïs: les importations d'Ukraine n’affectent pas les producteurs européens, selon J.Wojciechowski

Alors que les producteurs roumains et polonais s’inquiètent de l’affaiblissement de leur compétitivité en raison de l’importation des céréales ukrainiennes (moins chères) via les «Voies de solidarité»*, le commissaire à l’Agriculture Janusz Wojciechowski a indiqué le 26 septembre lors d'une conférence de presse à l’issue du Conseil agricole, que «ces flux n’affectaient pas négativement la situation des agriculteurs, ni les prix. Nous suivons de près la situation». Preuve que cela ne l’inquiète pas outre mesure, l’UE devrait selon ses dires, importer au moins 20 Mt de maïs pour compenser la baisse de la récolte européenne. «À cet égard, les importations de maïs en provenance d’Ukraine joueront un rôle majeur, notamment pour alimenter le secteur de l’élevage», souligne-t-il. En août, Bruxelles a prévu une baisse de production de près de 14 % et d’après ses dernières estimations, la baisse devrait être encore plus importante en raison de conditions météorologiques défavorables.
*initiative lancée fin mai pour faciliter les exportations de céréales ukrainiennes par les voies terrestres via l’UE

Maïs: une production de semence «entre 70 et 75%» par rapport aux objectifs

La FNPSMS (interprofession) situe la récolte de semences de maïs «entre 70 et 75%» par rapport aux objectifs, a-t-elle indiqué le 27 septembre, pointant les effets d’un temps sec et chaud cet été. «Un manque de volume inédit» caractérise cette année la production de semences de maïs, selon un communiqué. En France, elle «serait située entre 70% et 75% des objectifs», indique la FNPSMS, prévoyant «sur certaines variétés des risques de tensions en termes d’approvisionnement». La sécheresse est en cause mais «avant tout les vagues de chaleur successives à partir de mi-juillet, en pleine période de pollinisation, qui ont largement pénalisé les fécondations, dans toutes les zones de production». En Roumanie et en Hongrie, respectivement 2e et 3e producteurs de l’UE, les rendements seraient aussi fortement touchés, d’après le communiqué. La FNPSMS alerte par ailleurs sur «une augmentation sans précédent des coûts de production et un manque de disponibilité de main d’oeuvre saisonnière». Et d’appeler à une «juste valorisation des semences de maïs».

Prairies: la météo compromet la reprise du pâturage dans certaines régions (Idele)

Conséquence de la sécheresse, les troupeaux ont dû être affouragés de façon anticipée pour une grande partie des élevages cet été et désormais les températures fraîches et le manque de pluie pourraient repousser la reprise du pâturage dans certaines régions, apprend-on dans la dernière note agroclimatique de l’Idele. En Bretagne, la saison pourrait être compromise: si les prairies de la première région laitière du pays ont reverdi grâce aux précipitations du mois d’août, la pousse d’herbe reste cependant insuffisante. Dans les Pays de la Loire, les éleveurs prévoient de faire revenir leurs animaux au pâturage à la mi-octobre «pour préserver au mieux les prairies qui redémarrent péniblement». Dans les Hauts de France — où le déficit fourrager est de 90% entre la mi-juin et la fin août — les animaux «ont commencé à pâturer timidement mais restent complémentés à 80%». Le pâturage devrait «pleinement reprendre fin septembre début octobre jusqu’à début décembre si la portance le permet». A contrario, la région Paca, qui avait mal démarré l’année avec une sécheresse mortifère pour les prairies, connaît «une belle arrière-saison». Les précipitations et les chaleurs de fin d’été ont permis à l’herbe de bien repousser et les animaux n’ont pas eu à redescendre prématurément des estives comme redouté.

Prairies: les images satellites «ne représentent pas la réalité» (éleveurs de ruminants)

Dans un communiqué du 27 septembre, les associations spécialisées d’éleveurs de ruminants de la FNSEA estiment que les mesures satellitaires utilisées dans le cadre de l’assurance des prairies «ne représentent pas la réalité». «Les cartographies [satellitaires] publiées font état d'une pousse de l'herbe cumulée favorable dans la majorité des territoires», dénoncent la FNB (bovins viande), la Fnec (caprins), la FNO (ovins) et la FNPL (producteurs de lait), illustrant leur propos d’une carte siglée «Airbus» publiée sur le site Pleinchamp le 26 août. Des résultats qui ne prennent pas en compte, selon les AS animales, la sécheresse et les canicules de cet année, qui a provoqué de nombreuse «ruptures de pâturage». «Comment pourrait-on justifier l'usage de tels outils, incohérents, dans les dispositifs actuels et futurs de gestion des risques climatiques?», s’interrogent les éleveurs. «L’utilisation d'outils indiciels et satellitaires sera un avantage certain pour l'avenir, dès lors qu'ils auront prouvé leur efficacité et leur fiabilité», affirment les associations spécialisées, appelant à privilégier dans l’immédiat «la réalité des expertises de terrain».

Sofiprotéol augmente son capital de 145 M€ pour «accélérer ses investissements»

La société de financement et de développement Sofiprotéol (Avril) augmente son capital de 145 M€ pour «accélérer ses investissements dans les filières agricoles et agroalimentaires», a-t-elle annoncé le 27 septembre. Cette opération lui apporte «des moyens étendus au service de sa mission : accompagner le développement des entreprises des secteurs agricoles et agroalimentaires, en France et en Europe, tout en soutenant les transitions agricole, alimentaire et environnementale», selon un communiqué. Ont souscrit à l’augmentation de capital, aux côtés d’Avril : l’Anamso (multiplicateurs de semences oléagineuses), Crédit Mutuel Arkea, la FNA (négoce agricole), la Fnams (multiplicateurs de semences), la FNLS (légumes secs), Groupama, le GTOM (transformateurs d'oléagineux), Idia Capital Investissement (Crédit Agricole), Natixis, le Snia (nutrition animale) et Terres Univia (interprofession des huiles et protéines végétales). Sofiprotéol affiche trois axes prioritaires en support des entreprises: mener des opérations structurantes pour le développement des filières ; soutenir l’innovation et la compétitivité de l’agriculture française ; contribuer au développement d’une alimentation plus saine et plus durable.

Phytos : Elicit Plant et Phyteurop signent un accord sur la production de biostimulant

La start-up Elicit Plant va augmenter la production de son biostimulant grâce à un partenariat signé avec le fabricant Phyteurop (InVivo), ont-ils annoncé le 27 septembre. Cet accord répond à la «très forte croissance» attendue pour un biostimulant à base de phytostérols, indique le président d’Elicit Plant Jean-François Déchant, dans un communiqué commun. Il prévoit que Phyteurop Industries le formule sur le site de Montreuil-Bellay (Maine-et-Loire), où une nouvelle unité dédiée aux biosolutions doit voir le jour. Elicit Plant a démarré «il y a quelques mois» dans l’Hexagone la commercialisation de ce biostimulant pour le maïs et le soja, qui permet de mieux gérer le stress hydrique. La start-up vise «plusieurs millions d’hectares cultivés à l’échelle mondiale dans les prochaines années», ayant notamment obtenu en avril une AMM (autorisation de mise sur le marché) au Brésil et en Ukraine.