Edition du 4 octobre 2022

hero

Calamités: vers un calendrier avancé pour «une dizaine» de départements

Réunissant pour la 4e fois cette année un Comité sécheresse, le ministre de l'Agriculture a annoncé un nouvel avancement du calendrier de reconnaissance et de versement des aides au titre des calamités agricoles pour les zones les plus touchées par la sécheresse, a indiqué son équipe lors d'un point presse le 3 octobre, à la veille de son déplacement au Sommet de l'élevage (Cournon, Puy-de-Dôme). Comme demandé par Chambres d'agriculture France (ex-APCA), la prochaine réunion du CNGRA (comité de gestion des risques agricoles) du 18 octobre permettra la «pré-reconnaissance» de zones touchées dans certains départements, en vue d'une reconnaissance «officielle» attendue «début novembre», explique le cabinet de Marc Fesneau. Cela «permettra d'avancer le calendrier de versement des acomptes de 50%» et de verser le solde «d'ici la fin d'année» dans ces départements, «plus ou moins une dizaine», selon de premiers chiffrages. Pour être éligible à cette «pré-reconnaissance», le dossier devrait établir que la zone concernée restera, un mois plus tard, sous la barre des 30% de pertes de récolte, qui le rendent éligible aux calamités. Cette annonce vient remplacer le projet de «fonds d’urgence» évoqué fin août par Marc Fesneau, sur le modèle de celui débloqué face au gel du printemps 2022. «L’objet de ce fonds était de faire la jonction avec le dispositif de calamités, il devient donc caduc avec ce nouveau calendrier», indique-t-on Rue de Varenne.

Prix de l'énergie: les Vingt-sept adoptent des mesures pour contenir la flambée

Les ministres de l’Énergie de l’UE sont parvenus le 30 septembre à un accord sur des mesures d’urgence pour atténuer la flambée des prix de l’énergie. Parmi celles-ci: un objectif contraignant de réduction de la consommation brute d’électricité de 5% pendant les heures de pointe. Ils ne sont, par contre, pas arrivés à un compromis sur la question du plafonnement des prix du gaz. Pour les agriculteurs et les coopératives agricoles, il est essentiel de garantir des conditions permettant de produire à des prix abordables en facilitant l'accès du secteur à l'énergie et en réduisant la volatilité des prix de l'énergie, a réagi dans un communiqué du 1er octobre le Copa-Cogeca. L'organisation rappelle que «la flambée des prix du gaz et de l'électricité affecte particulièrement certains secteurs comme celui des fruits et légumes». Christiane Lambert, présidente du Copa, souligne que les États membres devraient considérer «notre production agroalimentaire européenne comme essentielle en ce qui concerne l'approvisionnement en gaz et dans le contexte des mesures convenues hier sur la réduction de la demande d'électricité».

Aides influenza: manifestation dans le Maine-et-Loire contre des retards de paiement

Dans un communiqué du 3 octobre, la FDSEA et les Jeunes agriculteurs du Maine-et-Loire appellent à manifester mardi 4 octobre à Angers pour dénoncer des «délais de paiement qui s’allongent» concernant les indemnisations liées à l’épizootie d’influenza aviaire du printemps 2022. Les syndicats projettent de «murer» l’entrée du site de FranceAgriMer à Angers avec des caisses à volailles pour symboliser les «caisses qui se vident» dans les élevages. Le dispositif concerné est celui des indemnisations pour pertes économiques (vides sanitaires allongés), pour lequel 430 éleveurs mainoligériens attendent un règlement, précise la FDSEA à Agra Presse. Variant selon les espèces de volailles et le nombre de bâtiments, ces aides peuvent «aller d’environ 10 000 € à 100 000 € et plus chez certains éleveurs», ajoute le syndicat, qui dénonce «un calendrier très indicatif qui n’offre pas de visibilité pour les éleveurs et qui se décale au fil du temps». Le Maine-et-Loire fait partie des départements les plus durement touchés par l’épizootie au printemps 2022, avec 179 foyers en élevages au 23 juin. Cet automne, «l’influenza aviaire fait son retour en Anjou», rappellent les syndicats, avec trois cas confirmés en élevages au 29 septembre.

PLF: l’Agence bio espère pérenniser l’enveloppe du fonds Avenir bio

Lors d’un rendez-vous avec Marc Fesneau le 3 mars, les représentants de l’Agence bio se sont inquiétés d’une éventuelle réduction de l’enveloppe du fonds Avenir bio, visant à accompagner la structuration des filières. Passé de 8 M€ en 2020 à 13 M€ en 2021 grâce à France Relance, le financement pourrait revenir à son niveau initial dans le cadre du projet de loi de finances (PLF) pour 2023. «La surface bio a continué d’augmenter pour atteindre 2,8 Mha, et nous avons besoin des outils pour transformer les produits de ces nouvelles surfaces», défend Laure Verdeau, directrice de l’Agence bio. Et malgré la poursuite de la réduction des ventes de produits bio en 2022, le nombre de candidatures déposées auprès du fonds aurait doublé cette année, pour atteindre 24 dossiers. Lors de leur rendez-vous avec le ministre, les représentants de l’agence ont par ailleurs à nouveau plaidé en faveur d’une augmentation de leur budget de promotion, afin d’amplifier la campagne #BioRéflexe lancée au printemps pour un budget total de 1,2 M€. «Nous avons besoin de stimuler la demande», appuie Laure Verdeau. «Si demain nous atteignons les objectifs de 20% imposés par Egalim, voire la même cible dans la restauration commerciale, le marché sera assuré.»

Prix du porc: l’Allemagne dégringole de 10 ct€/kg, fin de la hausse en France

L’Allemagne, deuxième producteur européen de porcs, a fini la semaine dernière avec une baisse sévère de sa cotation officielle de 10 ct€/kg, rapporte le Marché du porc breton (MPB) dans une note parue le 3 octobre. En France, la séance du lundi 3 octobre au MPB s’est achevée sur un cours inchangé à 2,053 €/kg. «Cette stabilité ne s’était pas produite depuis le 13 juin, le cours du porc ayant progressé de 35,5 centimes depuis lors», rappellent les analystes de Plérin. Sur le marché breton, «la demande de ce début de mois reste correcte tandis que les offres demeurent sous les niveaux des années antérieures», explique le MPB. Ce n’est pas le cas en Allemagne, où «l’offre saisonnière en hausse traditionnelle à cette période de l’année se heurte à une demande sans aucun ressort.» La chute du prix allemand a entraîné «les cours belges et néerlandais dans sa chute», mais pas le prix d’acompte danois qui, «positionné bien plus bas, résiste encore». Dans le sud de l’Europe par contre, «l’extrême faiblesse de l’offre permet, pour le moment, la stabilité des prix», note le MPB.

Légumes: le bénéfice net de Bonduelle chute de 38%

Le bénéfice net de Bonduelle a baissé de 38% durant l’exercice décalé 2021-2022 pour atteindre 35,4 millions d’euros (M€), a indiqué le groupe spécialiste du légume industrie en conférence de presse le 3 octobre. Comme annoncé début août, la marge opérationnelle courante est moindre que prévu. Elle recule à 2,4% sur le nouveau périmètre du groupe, c’est-à-dire hors activité longue conservation (conserves et surgelés) en Amérique du nord, dont Bonduelle s’est séparé à hauteur de 65% au mois de juin. Pour le prochain exercice 2022-2023, Bonduelle table sur une hausse de son chiffre d’affaires de 8 à 11% et sur une marge opérationnelle courante d’environ 2,5%. Pour rétablir sa rentabilité, Bonduelle compte affermir sa capacité à «bien acheter, bien négocier, bien contrôler [ses coûts]» au vu de l’inflation et revaloriser les prix de vente au consommateur, a indiqué son directeur général Guillaume Debrosse. Surtout, Bonduelle compte sur le redressement amorcé de son activité frais en Amériques du nord (salades, bowls, salades en kit), qui enregistre une baisse de chiffre d’affaires de 11%. Les difficultés rencontrées par cette branche ont conduit à une dépréciation d’actifs de l’ordre de 137 M€.

Emploi: Wizifarm disparaîtra fin 2022, mais ses services lui survivront

Réunis en assemblée générale extraordinaire le 12 septembre, les actionnaires de la start-up WiziFarm, spécialiste du pourvoi en main-d’œuvre agricole, ont décidé «d'arrêter juridiquement» la SAS d’ici «fin 2022», annoncent-ils dans un communiqué le 3 octobre. Selon eux, «le modèle économique n’a pas pu être atteint ou trouvé». Les salariés de WiziFarm «ont été reclassés, pour partie, au sein des entités du groupe FDSEA de la Marne», qui fait partie des actionnaires de la start-up. Concernant l'activité, c'est l'entreprise TER’Informatique, éditeur de logiciels du même groupe, qui «diffusera l'ensemble des produits de la marque WiziFarm», précise le communiqué. Pour une partie des services, la maintenance sera «externalisée [et] effectuée par deux anciens collaborateurs de WiziFarm, ayant créé leur propre entreprise». À l'origine de la campagne de communication Des bras pour ton assiette au début de la pandémie de Covid, la start-up WiziFarm avait connu un vrai succès avec sa plateforme gratuite. Mais, devenu payant ensuite, le service «a moins bien marché», confiait son fondateur Jean-Baptiste Vervy en mars. WiziFarm compte huit actionnaires à son capital (dont les FDSEA de la Marne, de l’Aube, de Saône-et-Loire, des Savoie, des Deux-Sèvres, et la FRSEA Centre-Val de Loire).

Prix du lait: les producteurs FNSEA tapent (encore) sur Sodiaal et Leclerc

«Malgré ses grandes annonces et promesses, la première coop’ laitière française n’est tout simplement pas à la hauteur des enjeux de la filière et déçoit ses producteurs à chaque annonce», affirme la FNPL (producteurs de lait, FNSEA) dans un communiqué le 3 octobre, mettant une nouvelle fois en cause Sodiaal. Selon nos confrères de Réussir Lait (article payant), la coopérative affiche un prix du lait conventionnel d'octobre en hausse à 434 €/1000 l en moyenne nationale (38/32), contre 420 €/1000 l pour les mois de juillet, août et septembre. Cette hausse est «loin de satisfaire» le syndicat, qui incite depuis le mois d’août ses adhérents à alerter le médiateur des relations commerciales (voir Agrafil du 23 septembre). «L’écart se creuse avec nos voisins européens, c’est tout simplement inacceptable», ajoute la FNPL qui fustige également la grande distribution, en particulier le groupe Leclerc. «Si certains autres ont compris le message de nos mobilisations estivales, Leclerc de toute évidence continue à tirer les prix vers le bas et fragilise les bons élèves», considèrent les producteurs. Michel-Édouard Leclerc a suscité à plusieurs reprises la polémique en remettant en cause, lors d’interventions médiatiques, la légitimité des hausses demandées par ses fournisseurs lors des «renégociations» commerciales.

Bioénergies: le biofioul F30 autorisé à la vente

Comme annoncé, la mise sur le marché du fioul domestique F30 a été autorisée par un arrêté paru au Journal officiel le 2 octobre. Initialement prévu en 2024, le lancement de ce biofoul – contenant jusqu’à 30% de colza cultivé en France –, a dû être anticipé. En effet, un décret gouvernemental est entré en vigueur le 1er juillet qui interdit l’installation de nouvelles chaudières consommant des combustibles dont les émissions de gaz à effet de serre sont supérieures ou égales à 300 g CO2e/kWh PCI. L’objectif étant d’accélérer la disparition des chaudières fonctionnant au fioul 100% fossile au profit de solutions de remplacement comme le biofioul. Le F30 respecte le plafond d’émissions de CO2 fixé par ce décret et peut donc alimenter les chaudières biocompatibles neuves. Il pourra également être utilisé dans les chaudières actuellement en service, à condition qu’elles soient adaptées techniquement. La distribution du F30 va désormais pouvoir s’organiser. Selon la FF3C (distributeurs), le nouveau biocombustible liquide sera disponible progressivement sur l’ensemble du territoire national au cours de l’automne 2022.  L’annuaire des distributeurs de F30 sera quant à lui disponible dans les prochains jours sur le site Biofioul.info.

Relations commerciales: la Coopération agricole et Système U signent une convention

La Coopération Agricole (LCA) et le distributeur Système U signent une convention cadre dans laquelle ils s’engagent «à renforcer leurs liens avec pour ambition d’établir des relations saines, pérennes et créatrices de valeurs pour participer à coconstruire l’alimentation française de demain», notamment en matière de relations commerciales, annonce un communiqué commun du 3 octobre. Les deux organisations – qui ont en commun leur modèle d’entreprise coopératif – veulent, via ce partenariat, agir en «promouvant les produits des coopératives agricoles françaises dans une logique de filière», en «facilitant les relations commerciales entre les coopératives agricoles et les enseignes de la coopérative Système U» et en «valorisant l’ancrage territorial des entreprises afin de mieux répondre aux attentes des consommateurs». Lors d’un point presse, le 30 septembre, le ministère de l’Agriculture citait Système U parmi les bons élèves en matière de pratiques de pénalités logistiques. Depuis le printemps, le distributeur n’inflige plus de pénalités logistiques à ses fournisseurs lorsqu’il s’agit de PME.  Avec environ 10% de parts de marché, Système U est quatrième dans le classement des acteurs de la grande distribution. Quant aux 2200 coop’ agricoles, elles représentent 40% de l’agroalimentaire français.