Pénalités logistiques: le gouvernement brandit la menace d’une interdiction
Le gouvernement n'exclut pas d'aller «au-delà d’un moratoire» sur les pénalités logistiques appliquées par la grande distribution aux industriels, ont informé les ministères de l’Agriculture et de l’Industrie lors d’un point presse, le 30 septembre. Les ministres «se réservent le droit» de réfléchir à une interdiction de ces sanctions, ou du moins à «faire évoluer» et «plus encadrer» ces pratiques, a précisé le cabinet de Marc Fesneau. «Les pénalités logistiques sont une spécificité française dont on se passerait bien.» Le gouvernement avait annoncé, la veille, la mise en place d’un moratoire. Cette mesure, non contraignante, est déjà effective. Elle durera «le temps de traverser, au moins, la crise énergétique que nous vivons», précise la rue de Varenne. Le gouvernement parle d’une «démarche d’étouffement des industriels par la distribution qui ne prend pas en compte les difficultés que peuvent rencontrer les producteurs industriels, et dans une moindre mesure celles des producteurs agricoles». Il appelle la DGCCRF à «la plus grande fermeté». «D’autres voies et moyens pourraient être mis en œuvre pour éviter que les pénalités logistiques ne continuent à représenter une rente sur le dos des industriels», avertit le ministère de l’Agriculture.
Influenza aviaire: la France en risque «modéré», nouvelles mesures de surveillance
Après quasiment quatre mois en risque «négligeable», l’ensemble du territoire métropolitain vient de passer en risque «modéré» pour l’influenza aviaire, d’après un arrêté paru au Journal officiel le 1er octobre. Une décision motivée par la «dégradation de la situation sanitaire» dans les élevages, la multiplication des cas en faune sauvage et l’accroissement saisonnier du risque, a expliqué le ministère de l’Agriculture le 30 septembre à la presse. Ce changement de statut implique la mise à l’abri de toutes les volailles dans les zones à risque particulier (ZRP, soit les zones humides et couloirs de migration). Le ministère a également annoncé la mise en place d’autocontrôles afin «d’organiser une surveillance renforcée». Ces tests seront volontaires dans les ZRP (décidés par les organisations professionnelles), mais ils seront «rendus obligatoires par l’État dans tous les élevages situés à 20 km des foyers». Il s’agira d’analyses de l’environnement, de prélèvements avant mouvements d’animaux et de tests systématiques sur les oiseaux morts. Depuis le 1er août, date du début de la saison de comptage 2022-2023, la France a dénombré 18 cas confirmés en élevages, 14 en faune captive et 99 en faune sauvage (bilan du ministère au 29 septembre).
Sécheresse: réunion au ministère lundi, la Conf’ chiffre sa demande d’aide à l’actif
Un comité sécheresse se tiendra lundi 3 octobre dans la matinée, a indiqué le cabinet du ministre de l’Agriculture à Agra Presse le 30 septembre, confirmant une information de la Confédération paysanne. Il s’agira de «faire le point sur la situation et sur la mise en œuvre des dispositifs d’aide», selon la Rue de Varenne. Outre les aides déjà débloquées (exonération de la TFNB, avances d’aides Pac, calamités agricoles élargies), Marc Fesneau s’est dit prêt, dans son discours au Space le 13 septembre, à «mettre en œuvre des dispositifs complémentaires» si besoin. En particulier, le ministre avait indiqué, fin août, être «en train de réfléchir avec la Première ministre à un fonds d’urgence» similaire à celui débloqué face au gel du printemps 2022. Dans le cadre de ces discussions, la Confédération paysanne porte une demande d’aide à l’actif, qu’elle a chiffrée à 1,2 milliard d’euros (Md€) lors d’une conférence de presse le 30 septembre. L’enjeu, selon Nicolas Girod, porte-parole national de la Conf’ : «N’oublier personne», avec une aide de 5000 euros par actif non salarié (hors grandes cultures, viticulture et élevage hors-sol) «versée très rapidement et instruite par les DDT, pas par les chambres d’agriculture». «Certains expliquent qu’il y a entre 2 et 4 Md€ de pertes de chiffre d’affaires pour le seul secteur de l’élevage», ajoute-t-il. Dans ses échanges avec le cabinet, cet agriculteur jurassien dit toutefois avoir «senti un frein du côté de la capacité de financement».
Risques climatiques: le gouvernement officialise les paramètres présentés au CNGRA
Le décret officialisant les paramètres du futur dispositif de gestion des risques a été validé par les membres du CNGRA (Comité national de gestion des risques en agriculture), annoncent les ministères de l’Economie et de l’Agriculture dans un communiqué le 30 septembre. Les membres du CNGRA avaient jusqu’à 10h, ce même jour, pour se prononcer sur le texte. Comme annoncé dans nos colonnes (voir Agrafil du 30 septembre), le décret instaure un taux d’indemnisation publique dégressif pour les non-assurés, passant de 45% en 2023 à 40% en 2024, puis 35% en 2025. Ce taux est de 90% pour les agriculteurs ayant une assurance multirisques climatiques (MRC). Le seuil de déclenchement de la solidarité nationale est fixé à 50% pour les grandes cultures (dont cultures industrielles et légumes) et pour la viticulture, et «à 30% pour les autres productions notamment l’arboriculture et les prairies». Le décret officialise l’application pleine et entière d’Omnibus pour toutes les filières (seuil et franchise subventionnable minimale de 20%, taux de subvention de 70% à la prime d’assurance). Il «intègre également la clause de revoyure annoncée par le président de la République à Terres de Jim, au-delà de 680 millions [d’euros]». Avec ce paramétrage, le gouvernement estime être «au rendez-vous» du choc assurantiel demandé par le Caf. Mais le futur dispositif de gestion des risques «doit s’accompagner d’une nécessaire adaptation des filières et des investissements pour rendre toutes les exploitations plus résilientes au changement climatique», souligne le communiqué.
Phytos: du soja fluo lorsqu'il est malade, une techno qui peut «changer» l'agriculture (Agfunder)
Pour les analystes d'AgFunder, cette technologie peut «changer l'industrie agricole». La start-up californienne InnerPlant a annoncé le 19 septembre avoir levé 16 millions de dollars (M$) pour commercialiser des variétés d'un soja génétiquement modifié pour lui permettre de devenir légèrement fluorescent lorsqu'il est attaqué par une maladie fongique. L'intérêt est de permettre une détection très précoce des attaques par imagerie – satellite ou embarquée sur des machines agricoles – et un traitement très localisé. La technologie a intéressé le leader mondial du machinisme agricole, John Deere, dont la société de capital risque a participé au tour de table. En 2017, John Deere a racheté pour 350 M$ la start-up Blue River technologies, spécialiste de la pulvérisation de précision assistée par reconnaissance visuelle, technologie que le groupe intègre désormais à ses machines. InnerPlant espère débuter des essais en 2023, et commercialiser sa première variété de soja en 2024, d'abord auprès d'un club de 75 agriculteurs, ayant déboursé 500 dollars pour être les premiers testeurs de cette technologie, a indiqué sa cofondatrice Shely Aronov, dans un entretien accordé au média américain TechCrunch.
Kiwi: une récolte 2021-2022 «passable» affichant des prix «record»
En conférence de presse le 30 septembre, l’AOPn Kiwi de France (qui représente «la moitié» de la production française de kiwis) a présenté le bilan de la saison 2021-2022, et les perspectives pour la prochaine campagne. Côté volumes, la production nationale 2021 (récoltée en octobre-novembre et commercialisée jusqu’en mai) a atteint près de 45 000t, dont 5000t pour le kiwi jaune. Un résultat «assez passable» vu le gel 2021, a commenté le président de l’AOPn François Lafitte. Côté valorisation, la commercialisation s’est déroulée «dans de bonnes conditions» après un démarrage «un peu lent» dû à la présence du kiwi néo-zélandais. Le prix moyen au producteur a atteint «des records», oscillant «entre 1,60 et 1,80 euro le kilo» pour un kiwi standard et atteignant «1,90 à 2,10 euros le kilo» pour les kiwis sous signes de qualité (IGP, Label rouge). «Même les produits bio se sont bien maintenu» avec un prix moyen «de 2,10 euros voire 2,50 euros le kilo pour certains producteurs», s’est réjoui François Lafitte. Concernant la production 2022, l’année a été «très compliquée» à cause des aléas climatiques (gel, canicule, sécheresse). «On espère, au mieux, faire à peu près le même chiffre que l’année dernière, soit 45 000t», a indiqué M. Lafitte.