Broyage des poussins mâles: le décret est paru, interdiction au 31 décembre
Annoncé depuis 2019, le décret interdisant le broyage routinier des poussins mâles dans la filière des poules pondeuses est paru au Journal officiel le 6 février. Les couvoirs devront justifier pendant l'année qu'ils ont bien commandé des machines «permettant de déterminer le sexe de l'embryon au plus tard le quinzième jour d'incubation». Ces matériels sur 21 doivent fonctionner «au plus tard le 31 décembre 2022». Une amende est instituée pour les contrevenants. Cinq couvoirs spécialisés dans la fourniture de poules pondeuses aux éleveurs sont concernés. Comme attendu, l'interdiction d'abattre les poussins ne concerne pas les lignées destinées à la reproduction, ni le marché spécifique de l'alimentation animale. Les couvoirs pourront aussi continuer d'éliminer les mâles «accidentellement non détectés». Compte tenu de la «bonne volonté» de la filière, le président de l'interprofession de l'oeuf (CNPO), Philippe Juven s'attend, d'après l'AFP, à une «compréhension de la part des pouvoirs publics» si les délais ne sont pas tenus. Le décret aurait pu être «plus ambitieux», a confié à l'AFP la directrice de l'ONG welfariste CIWF France, Léopoldine Charbonneaux, qui souhaitait que l'Etat fixe comme objectif «à plus long terme» d'ovosexer avant le septième jour, pour s'assurer que les embryons sont éliminés avant d'être sensibles à la douleur.
Produits laitiers : les cours du beurre et de la poudre de lait s’envolent (Cniel)
Entre septembre et janvier 2021, les prix de la poudre de lait écrémé et du beurre ont connu une hausse d’environ 40%, observe le Cniel (interprofession) dans une vidéo présentant la conjoncture du mois de janvier, soit une augmentation de 1 000 €/t pour la poudre et de 1 500 €/t pour le beurre. «Cette augmentation récente des cours est à mettre en liaison avec une évolution peu dynamique de la production laitière dans les grands bassins exportateurs mondiaux», analyse Benoît Rouyer, expert au Cniel. «La production laitière a diminué en Nouvelle-Zélande et dans l’Union européenne, tandis qu’elle s’est stabilisée aux Etats-Unis», développe-t-il. En France aussi, la production est en baisse (de 1% en moyenne sur 2021) et le recul s’est accentué ces derniers mois. En novembre, le prix standard du lait conventionnel était de 354 €/1 000 l (+8%/novembre 2020). Les coûts de production en élevage ont, eux, augmenté de 12% sur un an, selon l’indice Ipampa de l’Idele (institut de l’élevage). «Dans ce contexte inflationniste, les prix des produits laitiers en magasin ont relativement peu évolué ces derniers mois», souligne Benoît Rouyer. La hausse, variable selon les produits, oscille 0 et 2% en un an, ce qui laisse craindre «un risque de compression des marges de certains opérateurs», explique l’expert.
Egalim 2: premières annonces de signatures d’accords dans le secteur laitier
La centrale d’achat Envergure (Carrefour et Système U) et la coopérative laitière Sodiaal (Candia, Entremont, Yoplait) déclarent, dans un communiqué du 4 février, avoir finalisé un accord dans le cadre des négociations commerciales 2022. «Ces accords porteront le prix du lait à 400€/l», précisent les partenaires. Cela représente une augmentation de «25 €/1000 l» pour les adhérents de la coopérative sur «la part de la collecte GMS France concernée par cet accord». Le 28 janvier, le groupe Savencia (Caprice des Dieux, Elle & Vire, Tartare) et la centrale d’achat Auxo (Casino, Intermarché, Netto) avaient annoncé, dans un communiqué, la signature d’un accord «qui, par la hausse des prix d’achat des marques Savencia de fromages, de beurres et de crèmes, permettra à Savencia de s’engager sur une revalorisation du prix du lait aux producteurs». Sur la «quote-part concernée dans la collecte de Savencia», le prix du lait payé est relevé «à hauteur de 401€/1 000 l».
Directive pesticides: Générations Futures très inquiète du projet de Bruxelles
Générations Futures dénonce dans un communiqué du 4 février le projet de révision de la directive européenne sur les pesticides qui «compromet les objectifs de réduction des pesticides» prévus par la stratégie de la ferme à la table. Le premier projet de ce texte attendu pour la fin du mois de mars prévoit de transformer la directive actuelle en un règlement afin d’harmoniser la mise en œuvre des règles au niveau européen. Mais pour l’ONG la principale «désillusion» réside dans le fait que la Commission ne fixe pas d'objectifs contraignants de réduction des pesticides aux Etats membres. L’objectif de réduction de 50 % de l’usage et des risques liés aux produits phytosanitaires n’étant fixé qu’à l’échelon européen. Génération futures regrette également que les principes agronomiques de lutte contre les ravageurs (variétés résistantes, désherbage mécanique, rotations longues etc.) ne soient pas rendus obligatoires. Un point positif néanmoins pour l’ONG : l'interdiction des pesticides dans les zones publiques et dans les sites Natura 2000.
Nitrites: les députés adoptent la proposition de loi sur la réduction des additifs nitrés
Réunis en séance publique le 3 février, les députés ont adopté la proposition de loi (PPL) sur la «consommation de produits contenant des additifs nitrés», qui prévoit que le gouvernement fixe une «trajectoire de baisse de la dose maximale» de ces produits au plus tard un an après sa promulgation. Le texte a été adopté par 94 voix pour, seul Loïc Prud'homme (La France insoumise, Gironde) ayant voté contre. Les députés ont repris sans modification la version de la commission des Affaires économiques, qui avait remplacé le 26 janvier l'interdiction des nitrites dans la charcuterie initialement prévue par un engagement de réduction. D'après la PPL, le gouvernement devra présenter dans les six mois un rapport au Parlement sur l'impact sanitaire de ces additifs suspectés de favoriser le cancer colorectal (basé sur l'avis de l'Anses attendu d'ici juin). Ce rapport portera aussi sur les «dispositifs d’accompagnement» prévus pour les fabricants de charcuterie. Réagissant dans un communiqué le 3 février, la Fict (charcutiers industriels) «se félicite que l’Assemblée nationale remette la science au cœur des décisions de santé publique».
Vétérinaires: vers la généralisation de la possibilité de soutien des collectivités
Réuni en commission mixte paritaire (CMP), le 31 janvier, le Parlement est parvenu à un accord sur le projet de loi 3DS (différenciation, décentralisation, déconcentration et simplification de l’action publique locale), confirmant la généralisation à tout le territoire national du dispositif permettant aux collectivités territoriales d’allouer des aides aux vétérinaires et aux étudiants vétérinaires exerçant sur les animaux d’élevage. L’article 34 bis AA du texte validé par les députés et les sénateurs prévoit la modification du code général des collectivités territoriales et l’abrogation de l’article L. 241-13 du code rural et de la pêche maritime qui restreignaient l’accès au dispositif aux zones «caractérisées par une offre insuffisante de soins et un suivi sanitaire insuffisant des animaux d'élevage, dans les zones rurales à faible densité d'élevages». Ce dispositif, créé par la loi Ddadue de décembre 2020, a pour objectif de lutter contre la désertification vétérinaire en donnant la possibilité aux collectivités territoriales et à leurs groupements de soutenir financièrement les vétérinaires et les étudiants vétérinaires. Le projet de loi 3DS sera examiné le 8 février à l’Assemblée et le 9 février au Sénat, en vue de son adoption définitive.
Porc: la Fict (charcutiers industriels) veut plus de moyens humains pour l'export
Alors que l'engorgement du marché européen provoque une grave crise du secteur porcin, la Fict (industriels de la charcuterie) appelle, dans un communiqué du 2 février, à «muscler» les moyens humains administratifs dédiés à l'export. Le développement des exportations «serait une contribution essentielle pour résoudre la crise», considère son président Bernard Vallat dans un entretien à Agra Presse. «Mais la barrière principale est d'ordre sanitaire.» Au niveau des administrations centrales (ministère de l'Agriculture, FranceAgriMer) et des ambassades, le président de la Fict estime nécessaire de «doubler le nombre de fonctionnaires» affectés à l'export pour «rattraper notre retard». Dans les services déconcentrés, son syndicat propose le recrutement de «référents régionaux parfaitement formés et totalement mobilisables» pour deux missions: «signer en temps et en heure les certificats sanitaires» nécessaires pour exporter; «recevoir les inspecteurs des pays tiers» venus inspecter les établissement agréés. «La Chine a agréé une dizaine d'établissements charcutiers français, mais une trentaine en Italie et une quarantaine en Espagne. Notre action politique a été moins efficace que celle des nos concurrents», déplore M. Vallat, qui se dit «prêt à discuter d'un partage des coûts» avec les pouvoirs publics.
Bovins viande: clarification sur Egalim 2 et les coopératives au congrès de la FNB
L'application de la loi Egalim 2 aux coopératives était au cœur des discussions de l'assemblée générale de la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA), les 2 et 3 février à Aurillac (Cantal). Afin de mettre en œuvre la contractualisation, obligatoire depuis le 1er janvier pour certaines catégories de bovins viande, les coopératives devaient modifier leur règlement intérieur pour produire des «effets similaires» aux dispositions des lois Egalim 1 et 2 (construction du prix basée sur des indicateurs de coût de production et/ou de marché, pondération de ces indicateurs). «Aujourd'hui, il n'y a pas de coopérative ayant intégré tous les enjeux de la similarité», affirme le président de la FNB, Bruno Dufayet, à Agra Presse, invitant «les éleveurs adhérents à proposer des contrats [de vente] s'ils n'ont pas reçu d'informations à ce jour». Contacté par Agra Presse, le président de la Coopération agricole Pôle animal, Bruno Colin, assure que «toutes les coopératives vont se mettre en conformité». Au-delà de la mise à jour du règlement intérieur, les coopératives ont un an pour adapter les contrats d'adhésion avec leurs membres. La Coopération agricole prévoit une réunion le 8 février pour «re-sensibiliser toutes les coopératives».
Lait: des élus locaux se mobilisent pour les salariés de l’usine Candia de Campbon
Après l’annonce, le 1er février, de la fermeture de l’usine Candia de Campbon (Loire-Atlantique) appartenant au groupe Sodiaal, deux courriers ont été adressés au Gouvernement par des élus locaux pour interpeller les ministres sur le sort des 161 salariés du site. Dans un premier courrier, la députée Audrey Dufeu (LREM), la sénatrice Laurence Garnier (LR), la mairie de Campbon et la communauté de communes sollicitent «l’aide» du ministre de l’Économie Bruno Le Maire pour «envisager un avenir à ce site industriel» et les accompagner dans «la recherche d’un repreneur potentiel». Le sénateur Yannick Vaugrenard (PS) propose, lui, «que le groupe Sodiaal soit astreint à maintenir son appareil de production tant que les éventuelles propositions de rachat n’auront pas été évaluées», dans une lettre envoyée au Premier ministre Jean Castex. Enfin, le conseil régional a contacté le groupe agroalimentaire LSDH pour contribuer au reclassement des effectifs de Candia en les recrutant au sein de sa nouvelle usine d’emballages et de conditionnement de lait UHT, en construction près de Cholet (Maine-et-Loire). «On ne reprendra pas la totalité du personnel, mais il y a là-bas des compétences qui sont intéressantes pour les métiers qu’on veut faire demain», a déclaré le d.g. de LSDH, Emmanuel Vasseneix, en conférence de presse.
Nutriscore: le ministre de l'agriculture italien en appelle à Macron
Vent debout contre Nutri-Score, le gouvernement et les producteurs de vin en Italie ont dénoncé, le 5 février, le projet des concepteurs du système d'étiquetage alimentaire français d'y inclure les boissons alcoolisées et demandent au président Emmanuel Macron de prendre position. «Je voudrais savoir ce que Macron pense de la dernière proposition avancée par les concepteurs du Nutri-Score, qui suggèrent maintenant d'apposer un F noir sur toutes les boissons qui contiennent une quantité même minime d'alcool. Le président français est d'accord ?» s'est interrogé le secrétaire d'Etat à l'Agriculture, Gian Marco Centinaio. Il a fustigé «l'énième folie» d'un étiquetage qui pénalise «les aliments naturels et sains comme l'huile d'olive» ainsi que «les produits à dénomination d'origine» tirés de «l'excellence des territoires». L'Italie est le premier producteur de vin du monde devant l'Espagne et la France, selon l'Organisation internationale de la vigne et du vin (OIV). Le ministre de l'Agriculture, Stefano Patuanelli, a rencontré vendredi son homologue slovène Josze Podgorsek et lui a demandé de soutenir l'Italie qui craint que le Nutri-Score, lancé en France en 2017, ne devienne une norme européenne.
Syndicalisme: la Conf' renouvelle son Salon à la ferme
Comme en 2021, la Confédération paysanne organisera du 22 février au 8 mars prochain son «Salon à la ferme». Organisé avec la Fédération associative pour le développement de l’emploi agricole et rural (Fadear) et les Amis de la Confédération paysanne, cet évènement sera placé «sous le thème du renouvellement des générations», indique le syndicat dans un communiqué. Près de 200 fermes dans toute la France ouvriront leurs portes, et seront recensées sur une carte disponible sur le site internet du syndicat. Un événement «à destination du grand public, des professionnels et des élus».