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Caroline Sorlin, Chief Venture Officer (Bel) : « Le Groupe Bel se dote d’une cellule de veille de l’écosystème des start-up alimentaires »

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Caroline Sorlin, Chief Venture Officer du Groupe Bel Crédits : © Groupe Bel

Le Groupe Bel vient d’annoncer une « collaboration stratégique » avec la start-up américaine Superbrewed Food, spécialiste de la fermentation de biomasse. En clair, le groupe laitier et végétal français teste en exclusivité mondiale sur ses gammes de fromages traditionnels ou végétaux ces nouvelles protéines qui pourraient remplacer plusieurs ingrédients, apporter de nouvelles fonctions aux produits déjà sur le marché et servir de base au développement de produits innovants. Ce partenariat s’inscrit plus largement dans une politique de Bel consistant à repérer toutes les innovations alimentaires à l’échelle mondiale avant qu’elles n’arrivent sur le marché afin d’en étudier les applications pour des produits existants chez Bel ou à développer. Les point avec Caroline Sorlin, Chief Venture Officer du Groupe Bel et Anne Pitkowski, directrice Recherche et applications du groupe Bel.

Quels sont les contours de la collaboration stratégique que vous annoncez avec Superbrewed Food ?

Caroline Sorlin : Nous avons signé un accord nous donnant l’exclusivité mondiale pour tester sur nos fromages la protéine mise au point, grâce à la fermentation de la biomasse, par Superbrewed Food. Nous sommes donc les seuls à pouvoir réaliser ces tests sur des fromages, qu’ils soient confectionnés à partir de lait ou de protéines végétales. Nous allons avancer main dans la main avec ce partenaire et partager au fil de nos découvertes les résultats obtenus. Cette collaboration avec un groupe comme Bel, de niveau mondial, au savoir-faire unique dans les fromages et en accélération sur le végétal, apporte beaucoup à une start-up comme Superbrewed Food.

Comment allez-vous tester cette nouvelle protéine ?

Anne Pitkowski : Nous allons tester ce nouvel ingrédient dans notre centre de recherche et développement de Vendôme. Le but est de regarder ce que peut apporter cet ingrédient protéique riche en nutriments, fabriqué à partir de microorganismes qui transforment les fibres végétales. Même si Superbrewed Food a fait ses propres essais, nous allons pouvoir faire des tests sur nos produits, en fonction de leur composition initiale et voir comment celle-ci pourrait évoluer en ayant recours à cette nouvelle protéine. C’est-à-dire dégager un intérêt d’un point de vue nutritionnel et fonctionnel, pourquoi pas remplacer certains ingrédients comme des additifs, et surtout, pour atteindre nos objectifs ambitieux de réduction de l’impact environnemental de nos activités. Nous sommes persuadées que cet ingrédient présente un grand potentiel, notamment grâce à sa fonctionnalité et son goût très neutre, ce qui est difficile à trouver sur le marché actuellement.

Quelle est l’issue de cette phase de test ?

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Anne Pitkowski : L’enjeu est de vraiment tester dès maintenant et sur un maximum d’applications. Notre objectif est de développer une gamme complète de produits avec la protéine de Superbrewed Food. Toutefois, nous pourrions le faire, dans un premier temps, seulement sur le marché américain, où Superbrewed Food a obtenu cette année le statut GRAS de la FDA. La start-up prévoit cette mise sur le marché au premier semestre 2023. Pour l’Union européenne, un dossier a été déposé auprès de l’EFSA. Le processus peut prendre de 18 à 36 mois.

Quelle est la politique du Groupe Bel vis-à-vis des start-up du secteur alimentaire ?

Caroline Sorlin : Le Groupe Bel s’est doté d’une structure transverse, au service du business, dédiée à la veille de l’écosystème des start-up alimentaires que nous appelons « Bel Ventures ». L’objectif est avant tout d’identifier les meilleures solutions portées par les start-up en fonction de nos objectifs, notamment de réduction de l’impact environnemental de nos activités et d’amélioration de la nutrition. Nous avons des défis immenses devant nous, en ce qui concerne les ressources naturelles, leur disponibilité, et notre capacité à nourrir une population mondiale qui atteindra bientôt le seuil des 10 milliards d’êtres humains. Nous devons donc aller très vite, être à l’écoute des innovations disruptives qui apparaissent dans le monde entier et qui peuvent apporter des réponses à ces enjeux. C’est le cas de Superbrewed Food.

Bel Ventures pourrait-il aussi entrer au capital de start-up ?

Caroline Sorlin : La prise de participation au capital n’est pas une fin en soi pour Bel Ventures, même si nous ne nous l’interdisons pas. Il y a deux ans, le Groupe Bel a ainsi pris une participation au capital de l’israélien Yofix qui développe des probiotiques véganes et sans soja. Et nous travaillons en ce moment de façon très active pour pouvoir annoncer au second semestre 2022 de nouvelles initiatives de la part de Bel Ventures.