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Jérôme Le Roy (La Ferme Digitale-LFDAY) : « L’empreinte environnementale de nos activités est une question centrale pour l’écosystème AgTech »

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Jérôme Le Roy, président de La Ferme Digitale Crédits : © LFD

A l’occasion du LFDay, l’événement annuel dédié à l’AgTech prévu le 14 juin 2022 à Paris, Jérôme Le Roy, président de l’association La Ferme Digitale, expose les enjeux de cette manifestation enrichie cette année d’atelier thématiques, portant notamment sur l’impact de l’agriculture et les solutions que les start-up peuvent apporter. La question du financement des start-up est cruciale, celui-ci devant intervenir de façon plus conséquente et au moment opportun afin d’assurer leur décollage lors de la phase de commercialisation. Un thème qui rejoint d’autres enjeux se posant aujourd’hui aux jeunes entreprises innovantes, comme l’internationalisation, la compétition mondiale et l’accélération des phases de développement initial.

Qu’attendez-vous de cette nouvelle édition du LFDay ?

Cette édition va d’abord être la première à se tenir en présentiel après deux ans de pandémie qui nous ont contraint à deux éditions en format numérique. Nous revenons donc à notre rendez-vous habituel qui consiste à réunir tout l’écosystème de l’AgTech au cours d’une même journée à Paris, au Ground Control, près de la gare de Lyon. Mais nous revenons surtout bien plus forts puisque notre événement grandit : nous attendons cette année 1500 participants, contre 1000 les années précédentes et aussi 150 start-up de l’AgTech, de France et d’une quinzaine de pays, alors que nous en accueillions plutôt une centaine l’année dernière. Nous avons choisi pour cette année un thème fédérateur qui permet d’aborder de nombreuses questions et de toucher divers publics, celui de l’empreinte de nos activités.

Quels sont justement les temps forts de cette nouvelle édition du LFDay ?

Cette année, nous avons ajouté des ateliers, une trentaine, sur la question de l’empreinte environnementale, économique et territoriale de nos activités qui est une question centrale pour l’écosystème AgTech. Bien souvent à l'origine de l'idée et de la création de ces start-up il y a cette volonté de viser un impact environnemental et sociétal. Ces ateliers aborderont des thèmes variés : anticiper les adaptations des productions animales et végétales face à des températures extrêmes récurrentes, le cyber risk dans l’AgTech, ou encore la collaboration avec la recherche publique pour booster la R&D. Nous avons aussi de nombreuses personnalités clés qui viendront s’exprimer au cours de keynotes, parmi lesquelles Thierry Blandinières, PDG d’InVivo, Eric Archambeau, cofondateur d’Astanor Ventures, Maarten Goosens, fondateur d’Anterra Capital, Audrey Bourolleau, cofondatrice du campus Hectar ou encore le climatologue Serge Zarka.

Que peuvent trouver les porteurs de projets au LFDay ?

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Nous avons voulu, cette année, faire une place toute particulière à la question du financement des start-up de l’agriculture et de l’alimentation, notamment à travers les fonds à impact qui s’intéressent de près à la réduction de l’impact environnemental des activités humaines, comme par exemple l’agriculture. Ces fonds, de plus en plus nombreux, veulent se tenir au courant, rencontrer les entrepreneurs, et c’est pourquoi nous avons lancé cette année les ateliers qui vont être le lieu privilégié pour des rencontres entre financeurs et entrepreneurs. Il est essentiel pour les startupers de trouver des partenaires financiers pour les accompagner dans la phase de décollage de leur activité.

Quel rôle joue La Ferme digitale, qui porte le LFDay, dans le financement des start-up ?

Le financement des start-up est un enjeu crucial, notamment pour qu’elles puissent passer ce que j’appelle la vallée de la mort : le moment où elles commencent la commercialisation de leur solution, ce qui nécessite des ressources accrues correspondant à un financement de série A. Or les start-up souffrent aujourd’hui d’un sous financement manifeste car les fonds mobilisés ne sont pas assez conséquents et ils ne parviennent pas assez vite pour accélérer les projets. C’est pourquoi La Ferme Digitale a signé à l’occasion du Salon de l’agriculture la feuille de route French AgriTech, qui va permettre de créer des groupes de travail sur le sujet du financement et mieux faire connaître les attentes de notre secteur. La Ferme digitale a d'ailleurs crée depuis cette année une catégorie de partenaires dédiée aux fonds d'investissements

Quelles sont les autres attentes des start-up de l’AgTech française ?

Il y a un très fort besoin de rendre nos start-up plus internationales, alors que seulement 20% d’entre elles se projettent aujourd’hui vers l’export. C’est très important car l’AgTech française fait face à une compétition qui se joue à l’échelle planétaire, et nous devons éviter de nous faire distancer par d’autres pays qui ont aussi leurs points fort sur les données agricoles, la fermentation de précision ou encore l’alimentation végétale. Cela passe par des délais d’homologation plus courts de la part de l’Anses, des tests et expérimentations en plein champ à mettre en œuvre plus rapidement avec les agriculteurs ou encore des transferts de technologies des labos aux entreprises qui doivent se faire plus rapidement. De notre côté, il faut aussi davantage rapprocher les start-up des utilisateurs des produits ou des services : les agriculteurs, les industriels ou les consommateurs finaux pour faire de la France le berceau de l'innovation AgTech et FoodTech.