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Lucas Lefebvre (La Fourche) : « La mécanisation du traitement des commandes permettra de faire face au nombre croissant d’adhérents »

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Les cofondateurs Boris Meton, Lucas Lefebvre et Nathan Labat. Crédits : © La Fourche

Le distributeur en ligne de produits biologiques La Fourche vient d'annoncer une levée de fonds de 26,5 millions d’euros destinée à faire face à ses charges opérationnelles, mais aussi à mécaniser son entrepôt pour traiter plus de commandes, à développer sa marque propre, à étendre la livraison zéro déchet et à recruter plus de clients prêts à s’abonner pour pouvoir commander en ligne. Lucas Lefebvre, cofondateur de directeur général de La Fourche, détaille ces objectifs et les moyens qu’il va mobiliser pour les atteindre.

Comment s’organise la levée de fonds que vous annoncez ?

Nous venons de mobiliser 26,5 millions d’euros pour La Fourche, dont 24 millions d’euros essentiellement en capital auprès du fonds Auraé, fond à impact français nouveau venu au tour de table, et des fonds Erve et Anterra Capital, investisseurs historiques. Nous avons aussi mobilisé 2,5 millions d’euros à l’occasion d’une levée obligataire sur la plateforme de financement participatif Litaa.co, opération qui a concerné 1600 investisseurs participants.

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Commet vont être utilisés ces fonds ?

Comme nous ne sommes pas encore rentables, les fonds vont servir à financer la croissance nécessaire pour arriver à la rentabilité, mais aussi pour des projets bien précis. Par exemple, nous allons pouvoir réaliser un investissement phare qui va consister à mécaniser la préparation des commandes pour faire face au nombre croissant d'adhérents. Aujourd’hui, les produits sont acheminés auprès des préparateurs sur des convoyeurs. Nous avons donc déjà un processus semi-automatisé, mais nous allons franchir un pas supplémentaire en nous équipant d’automates qui vont remplir des bacs avec les produits. Cette étape va nous permettre de consacrer 3 fois moins de temps pour préparer les commandes, en prenant beaucoup moins de place et surtout en éliminant les erreurs dans les commandes. Cet équipement prendra place dans notre entrepôt de région parisienne à Mitry-Mory, sur 15000 m2, et permettra de traiter 80% des produits vendus. Il sera opérationnel en septembre 2024.

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D’autres projets vont-ils pouvoir prendre forme grâce à cette levée de fonds ?

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La livraison zéro déchet va pouvoir être étendue à plus de régions car aujourd’hui, seulement 50% du territoire peut en bénéficier. Le but est d’arriver à 90% du territoire à la fin 2025, ce qui demande un gros effort pour trouver les prestataires logistiques capables de répondre à cette demande dans chaque région, car aucun prestataire ne peut y répondre dans toute la France. Il s’agit de livrer les clients avec des bacs réutilisables, récupérés lors de chaque livraison, de collecter les emballages en kraft de la précédente livraison et enfin de proposer la livraison à domicile sur rendez-vous. Nous étendons aussi la livraison de produits frais aujourd’hui limitée à l’Île-de-France et que nous allons proposer aux grands centres urbains. Et nous allons aussi renforcer nos investissements en publicité et marketing, surtout pour recruter de nouveaux adhérents.

Combien de clients avez-vous aujourd’hui ?

Nous avons, à fin février 2024, 117 000 adhérents qui paient 59 euros par an pour pouvoir commander sur notre site, un chiffre qui croît de 5000 à 10 000 adhérents par mois. Ils commandent en moyenne une fois par mois et dépensent à chaque fois environ 100 euros.

Quels sont les leviers pour arriver à ce que La Fourche atteigne la rentabilité ?

Notre chiffre d’affaires est en forte croissance, alors que la consommation bio recule, ce qui prouve qu’il est possible de se développer en vendant de produits biologiques au meilleur rapport qualité/prix/engagement. Avec des marges réduites, notre premier levier de rentabilité sont nos volumes de vente. Nous prévoyons une forte hausse de l’activité au cours des prochains mois de manière à atteindre 100 millions d’euros de chiffre d'affaires à fin 2025, qui devrait être notre premier exercice rentable. La croissance a été soutenue puisque le chiffre d’affaires est passé de 30 millions d’euros en 2022 à 53 millions d’euros en 2023. Par ailleurs, la fidélisation est un point important et c’est pourquoi tous nos efforts en marketing portent sur le recrutement de nouveaux abonnés. Et finalement, nous lançons des essentiels du quotidien de nos clients comme les couches bébés à notre marque. Nous développons de plus en plus de produits à notre marque, nous en avons déjà 300 et nous en lançons 120 de plus en 2024. 

D’autres projets à plus long terme ?

Oui, La Fourche s’est implantée il y a 18 mois en Allemagne, un marché à fort potentiel pour notre modèle puisque la logistique y est plus abordable, le marché bio plus mature et les clients davantage habitués à faire leurs courses en ligne. Nous accélérerons sur ce marché une fois que la France sera rentable, avec l’idée de s’étendre à l’Autriche et la Suisse alémanique.