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Romaric Janssen (Dry4Good) : « Les ingrédients obtenus par le séchage de précision constituent d’excellentes alternatives aux additifs »

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Romarcic Janssen, cofondateur de Dry4Good. Crédits : © Dry4Good

La start-up Dry4Good a inauguré le 1er décembre son site industriel pilote de Cergy (Val d’Oise) permettant de produire des ingrédients végétaux alternatifs aux additifs habituellement utilisés, obtenus en circuit court et grâce à un mode de production économe en énergie. Grâce à un process exclusif et breveté de séchage de précision, de nombreux fruits, légumes, aromates et champignons peuvent devenir des ingrédients destinés à l’agroalimentaire, à la nutraceutique et à la cosmétique. La végétalisation en cours de ces industries ouvre des opportunités aux produits de Dry4Good. Romaric Janssen, co-fondateur de cette start-up fait le point sur cette nouvelle technologie et ses développements à venir.

Expliquez-nous en quoi consiste la technologie de séchage de précision que vous avez-mise au point ?

Notre technologie dite de séchage de précision permet d’extraire l’eau des végétaux à température ambiante afin de les réduire à l’état de poudre qui peut être utilisée comme ingrédient par les industriels. L’intérêt de cette technologie exclusive, protégée aujourd’hui par deux brevets, se situe à plusieurs niveaux : elle est éco-efficiente, elle permet de préserver les qualités organoleptiques des végétaux, et les ingrédients obtenus constituent d’excellentes alternatives aux additifs habituellement utilisés. Je tiens à souligner que nous produisons des ingrédients et non pas des additifs, dont de nombreux industriels cherchent à se passer. Nous ne faisons pas non plus de fractionnement des matières premières pour obtenir des ingrédients séparément.

Pouvez-vous nous citer des exemples d’application de vos ingrédients ?

Par exemple, une laiterie qui fabrique des yaourts utilise parfois des colorants pour ses yaourts aux fruits. Avec notre ingrédient à partir d’une poudre de fraises, elle peut obtenir la couleur de fraise sans utiliser un colorant de synthèse, tout en apportant le goût et les nutriments d’origine. C’est un grand progrès et cela répond aux demandes formulées par les consommateurs finaux et les industriels. Nos ingrédients peuvent ainsi remplacer des colorants, des arômes ou des texturants. L’industrie agroalimentaire est en quête de ces ingrédients, notamment les fabricants de substituts végétaux aux protéines animales, qui veulent aboutir à des recettes avec peu d’ingrédients, et surtout des ingrédients naturels et végétaux. Nos ingrédients constituent donc une solution dans le cadre d’une démarche clean label.

Quelles matières premières se prêtent le mieux à votre process de séchage de précision ?

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Nous avons actuellement 25 références à partir de fruits, légumes, aromates et champignons, mais aussi à partir d’épluchures et de pépins de fruits. Notre idée est de tester d’autres matières premières végétales. Nous regardons aussi les coproduits de l’industrie agroalimentaire, qui présentent des débouchés vers l’alimentation humaine ou la cosmétique. Notre démarche consiste aussi à travailler à l’échelle locale, afin de créer des produits à partir des productions issues des terroirs proches de l’usine. Nous avons ainsi 40 partenaires fournisseurs, agriculteurs et coopératives.

Quelles opportunités s’ouvrent à vous avec le site industriel que vous inaugurez ?

Nous avons débuté il y a trois ans et demi au sein du laboratoire de la Turbine, l’incubateur Pépinière Hôtel d’Entreprises de Cergy Pontoise, avant de nous doter d’un équipement pilote. Mais aujourd’hui, il s’agit de notre premier site industriel pilote, d’une capacité de transformation de 2 tonnes de produits bruts par jour, ce qui permet d’obtenir environ 50 tonnes de produits finis par an. Il s’agit d’un site de 1000 m2, très modulaire, pour nous permettre de tester le maximum de possibilités et de matières premières, afin de dimensionner parfaitement le site industriel dont nous voulons nous doter à l’avenir. Ce site de Cergy Pontoise représente un investissement de 4 millions d’euros, financé en partie grâce à une levée de fonds de 5 millions d’euros au total, en capital, en dette et en subvention.