Trois ans après la mise en œuvre de la réforme de l’assurance récolte, le taux de couverture des exploitations agricoles demeure insuffisant et très contrasté selon les filières, dans un contexte de multiplication des aléas climatiques, constate la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, réunie le 8 janvier. Instaurée par la loi de mars 2022, la réforme visait à généraliser la souscription des exploitants agricoles à l’assurance multirisques climatique des récoltes, en contrepartie d’un soutien renforcé de l’État. Si la part des surfaces assurées a progressé, passant de 17 % en 2022 à 23,4 % en 2023, la dynamique s’est essoufflée en 2025. « Les taux de couverture restent très éloignés des objectifs prévus par le législateur », souligne les rapporteurs David Taupiac (Liot, Gers), Thierry Benoît (HOR, Ille-et-Vilaine) et Julien Brugerolles (GDR, Puy-de-Dôme). Ils appellent à « une évaluation plus complète de la loi ». Elle sera conduite « à partir de mars 2026 », a confirmé Annie Genevard, ministre de l’Agriculture, en séance. Selon les premières conclusions, l’assurance récolte est « bien calibrée » pour les grandes cultures, mais demeure peu attractive pour d’autres filières, tel le maraîchage et l’apiculture. L’assurance prairie concentre une large part des difficultés, en raison du recours à un indice de production des prairies (IPP) qui « ne reflète pas les pertes réellement subies », alimentant un sentiment de défiance chez les éleveurs.
Abonné
Plus d’articles sur ce thème
La pomme française, à la peine sur tous les fronts
Longtemps premier fruit consommé en France, la pomme perd du terrain sur tous les fronts. Entre 2010 et 2025, les…
Influenza aviaire : le niveau de risque abaissé et les éleveurs soulagés
La vague d’influenza aviaire semble passée et le niveau de risque a été abaissé à « modéré ». Place aux ultimes…
Porc : Cirhyo prend ses marques au Marché de Plérin
Depuis son communiqué du 16 avril annonçant la présentation d’un premier lot de Cirhyo au Marché du porc…